Foot - L1 - Lyon : Houllier : «De la maîtrise»
Le choc de la 18ème journée de Ligue 1 n´a pas eu lieu. Sur un véritable nuage, l´Olympique Lyonnais a balayé, dans son antre de Bollaert son dauphin, le Racing Club de Lens (0-4). Un doublé de Juninho et deux buts de Malouda et Cris ont «suffi» aux bonheurs des protégés de Gérard Houllier, qui, non contents d´avoir affiché une forme technique et physique impressionnante, ont également bénéficié, dans les instants précédant le deuxième but de Malouda, d´une erreur d´arbitrage incroyable à ce niveau de la compétition. Quand tout va bien, c´est décidemment jusqu´au bout pour cet OL qui continue, sans attaquants de formation, de matraquer le championnat de France avec quarante-neuf points, seize victoires, un nul et une défaite.
«Gérard Houllier, quelle est votre réaction après ce nouveau succès de l´OL ?
Déjà, je voudrais dire qu´avoir un public comme ça, pour Lens, quand son équipe est ballottée et en difficulté, c´est, sans jeu de mots, une mine d´or. J´avais dit avant de venir ici que, quand on a entraîné le Racing Club de Lens, on est marqué à vie. Je tire à ces supporters un grand coup de chapeau. Ceux à qui je tire également un grand coup de chapeau, ce sont mes joueurs. Aujourd´hui, c´était le match de la solidarité et du sang froid. L´état d´esprit de l´équipe est presque symbolisé par le fait qu´on ne lâche rien alors qu´on mène 4-0. Que ce soit à l´entraînement ou en match, il y a de la qualité, de l´intensité.
A ce rythme-là, vous aurez 50 points à la trêve !
J´espère bien qu´il y aura plus. Je voulais démontrer avec l´équipe que le cru 2006-2007 est meilleur que le cru 2005-2006. Il y a des raisons à cela. On a progressé, on est plus murs. Il y a plus de calme, d´assurance, de sang froid technique. Les joueurs qui vont revenir vont vite se mettre au diapason. Contre nos adversaires directs, la saison dernière, même si nous avions terminé avec 84 points, on n´avait pas battu Bordeaux, Lens ou Lille et nous avions fait match nul à Marseille. Cette année, on les a battu. De plus, notre mois de décembre n´avait pas été bon au niveau de la qualité du jeu. Là, c´est le cas. Je n´ai pas un groupe important en quantité mais j´ai un groupe de qualité. L´attitude, on l´a. Et tout ce qui détermine un résultat, c´est l´attitude.
Vous gagnez 4-0 avec beaucoup d´absents en attaque.
(sourire) Je confirme les souhaits. Ce n´est pas pour Gérard Houllier. On peut s´en sortir bon an, mal an, en championnat. Mais, si la situation se présente telle qu´elle est avant une grosse échéance, un match important de Ligue des Champions, on peut être en difficulté. Il est donc de mon devoir de dire qu´il y a danger. Là, il n´y avait ni Benzema, ni Fred, ni Carew, ni Wiltord. Je tire donc à un coup de chapeau à Malouda (NDLR : qui a évolué en pointe), qui s´est sacrifié au sens propre comme au sens figuré, car ça a été dur pour lui !
Expliquez-nous ce qui vous a incité à aligner Malouda en pointe, avec Clerc et Källström sur les côtés.
A la fois la connaissance de l´adversaire, qui a beaucoup d´atouts dans le domaine athlétique, mais également parce que je le sentais comme ça. D´ailleurs, Lens n´a pas eu beaucoup d´occasions. Maintenant, quand la situation est débloquée par le coup franc de Juninho, ce n´est plus pareil. Il y a du sang froid technique, de la maîtrise. Mais ce n´était pas évident. C´était un peu une configuration Ligue des Champions. On joue à l´extérieur, devant un gros public et vous devez hausser votre niveau de jeu, sortir des arguments du niveau de la Ligue des Champions. L´un des joueurs de Lens (NDLR : Daniel Cousin, cette semaine), a dit que ce serait un match de Ligue des Champions. Nous, on ne l´a pas dit mais on l´a fait, et bien. Avec fierté et plaisir. On l´a fait.»
