Kiev 0-3 Lyon
Lyon, le sens du collectif.
Vainqueur du Dynamo Kiev (0-3) mercredi, Lyon a démontré à la fois la qualité et la profondeur de son effectif. Un paramètre qui explique en grande partie le début de saison parfait du club rhodanien, où les joueurs ont compris que l´intérêt collectif devait primer sur l´intérêt individuel.
C´est un bilan terrifiant. En allant s´imposer à Kiev, au terme d´une rencontre maîtrisée de bout en bout, Lyon a signé sa dixième victoire d´affilée. Comme Bordeaux (2-1), Nice (4-1), Troyes (2-0), le Real Madrid (2-0), Lorient (3-1), Lille (4-1), le Steaua Bucarest (3-0), Sochaux (1-0) et Saint-Etienne (2-1) avant lui, le club ukrainien, dont l´expérience en Coupe d´Europe ne se dément pourtant pas, n´a jamais été en mesure d´inquiéter les Gones. La qualité du collectif rhodanien semble plus impressionnante que jamais. Mais ce qui frappe le plus à l´OL, c´est la faculté des joueurs venus du banc à se fondre dans ce collectif. Jérémy Toulalan, Sidney Govou, Tiago ou encore Anthony Réveillère manquaient pourtant à l´appel au coup d´envoi de ce match en Ukraine. Mais ils ont été parfaitement supplées. Encore une fois.
Face à Kiev, l´OL a même pu compter sur des joueurs considérés comme "remplaçants" pour faire la différence. A commencer par la doublure de Grégory Coupet, Rémy Vercoutre, auteur de plusieurs parades décisives alors que le score était encore de 0-0. Sébastien Squillaci ont largement contribué à l´imperméabilité du bloc défensif lyonnais, alors que Kim Källström, peut-être le meilleur joueur de la rencontre, a été décisif en offrant le break à son équipe d´un but de toute beauté.
~> Le cas Diarra
Pour le milieu suédois, le terme de "remplaçant" n´est peut-être pas forcément approprié, dans le sens où il a participé à la quasi-totalité des matches de l´OL cette saison. Il est pourtant le quatrième homme du milieu à trois de Lyon, derrière Juninho, Tiago et Jérémy Toulalan. A chacune de ses apparitions, l´ancien Rennais entre sur le terrain avec l´envie de montrer qu´on peut compter sur lui. Sans jamais revendiquer une place de titulaire pour le prochain match. Son état d´esprit colle parfaitement à la volonté de Gérard Houllier de faire tourner son effectif grâce à un banc de qualité. "Plusieurs nouveaux sont entrés. Nous avons tous envie de jouer. Tout le monde travaille pour tout le monde au sein de l´équipe et nous sommes en confiance", souligne le Suédois.
Cette situation n´est cependant pas facile à assumer pour tout le monde. On en a eu un exemple cette semaine avec les déclarations dans la presse d´Alou Diarra. Rarement utilisé, l´ancien Lensois, arrivé pour pallier le départ de Mahamdou Diarra, craint que son faible temps de jeu ne nuise à sa carrière internationale. "Sa frustration me rassure et je la comprends. Il s´adapte et va progresser", a confié Gérard Houllier, pourtant peu habitué à ce type de dérapage chez ses joueurs, à l´issue de la rencontre.
Le cas de Diarra souligne la difficulté de bâtir une équipe avec une vingtaine d´internationaux, comme c´est le cas à Lyon. Si Gérard Houllier a des qualités indéniables de techniciens, son principal atout reste psychologique. L´ancien sélectionneur arrive, pour l´instant, à gérer les égos de ses joueurs de telle sorte qu´aucune tension n´apparaisse dans l´équipe. "L´affaire Diarra" aurait pu faire croire à un effritement de cette belle cohésion. Mais Lyon ne recrute pas par hasard, et l´ancien Lensois semble avoir tiré les enseignements de ses déclarations malvenues. "Je suis très content d´avoir pu jouer pour la première fois en Ligue des champions avec Lyon et je vais travailler maintenant pour essayer de jouer à Marseille dimanche", a-t-il sobrement indiqué à la fin de la rencontre. Il semble avoir compris qu´à Lyon, l´intérêt collectif doit prendre le dessus sur l´intérêt individuel.
OL !!
