CM - BRE : Encore loin des étoiles
Le score est quelque peu trompeur. Le Brésil n´a pas volé sa victoire dimanche contre l´Australie (2-0), certes, mais le but de Fred inscrit à la 89e minute donne une ampleur erronée au résultat. Si les Brésiliens se sont qualifiés pour les huitièmes de finale, ils n´ont toujours pas convaincu. La Seleçao a éprouvé les mêmes difficultés que face à la Croatie : un peu de flottement derrière, trop de déchets au milieu et une finition imparfaite. Il a donc suffit d´un but dans les dernières secondes pour effacer certaines impressions et confirmer la fameuse thèse de la montée en puissance. «On a mieux joué que lors du premier match, cela ne fait pas de doutes, a analysé Ronaldinho. Mais on doit encore beaucoup s´améliorer. Maintenant, il faut sortir premier du groupe parce qu´après, ce sera un autre niveau de jeu». Le deuxième but opportuniste marqué par l´attaquant lyonnais sur un contre, une minute et quarante-six secondes seulement après son entrée en jeu, est le plus rapide inscrit par un joueur brésilien découvrant la Coupe du monde.
Accueilli avec un grand soulagement, ce deuxième but est toutefois l´arbre qui cache la forêt. L´Australie faisait en effet le siège du but de Dida et était même à deux doigts d´égaliser. Après le match, toute la sélection brésilienne ne voulait cependant retenir que la qualification et la (légère) bonification du jeu. «On est contents de la qualification, ce fut une victoire méritée. On a su imposer notre jeu, faire circuler le ballon et on s´est bien imposés physiquement. C´est normal qu´on ne soit pas encore au top. On jouera encore mieux le prochain match. Tout ça est normal», a admis le sélectionneur Carlos Alberto Parreira, convaincu que le temps est son allié. Kakà, rare satisfaction du carré magique, a une nouvelle fois été le plus virevoltant. Ronaldinho, lui, n´a toujours pas son rendement catalan. Il reste trop de déchets dans son jeu, qui manque encore de précision.
Ronaldo se reprend, un peu...
Ronaldo, même s´il tente de ne rien laisser transparaître, est toujours dans une situation délicate. Inexistant contre la Croatie, l´attaquant du Real Madrid avait la pression face à l´Australie. Parreira l´avait en effet prévenu qu´en cas de nouvelle partie blanche, il allait prendre la direction du banc. Face aux Socceroos, Ronaldo s´est un peu donné mais a encore vécu une drôle de partie. Ce fut long à venir et pas toujours convaincant. La première demi-heure a duré pour lui une éternité. Son match n´a véritablement débuté qu´à la 28e minute avec une reprise du gauche. Trois minutes plus tard, le sort a semblé s´acharner contre lui. Il trouve enfin le chemin des filets mais l´arbitre avait sifflé un hors-jeu. Il prend une «biscotte» et hypothèque un peu plus son avenir. Le calvaire prend forme. D´autant qu´avant la mi-temps, il se retrouve de nouveau en position de tir mais son pied rate le ballon. On n´est pas loin de l´humiliation. Pourtant, après la pause, Ronaldo entrevoit enfin la lumière. Il n´a certes pas marqué son 13e but en Coupe du monde mais s´est mué en passeur décisif pour Adriano avant d´être remplacé pour les vingt dernières minutes par Robinho, lequel se mit vite en mouvement. Ronaldo, à l´instar de son équipe, n´a pas brillé mais a gagné un peu de répit. Il sera d´ailleurs titulaire jeudi contre le Japon.
Fred rentre encore dans l´histoire.
Il est le Brésilien le plus rapide à avoir marqué pour un joueur qui découvre la Coupe du Monde (1 minute et 46 secondes).
