36e Journée : Le Derby reste le Derby
Bien que déjà champion et soumis à une certaine décompression, l´Oympique Lyonnais ne veut pas rater un dernier rendez-vous : le derby face à l´AS Saint-Etienne, dimanche soir à 21 heures. Car match à enjeu ou pas, la rivalité entre les deux clubs reste indemne.
Lyon veut battre le record de points
Cette semaine, pendant que l´ASSE préparait le derby dans le plus grand sérieux, l´heure était à la décontraction côté lyonnais. Mercredi, les joueurs ont conclu leur séance d´entraînement par un barbecue sur le parking, sous la houlette de Cris et Caçapa, transformés en cuisinier. Comme absents à Monaco dimanche dernier (1-2), les Lyonnais se défendent pourtant de recevoir les Verts un peu par-dessus la jambe. «Ces dernières semaines, nous avons très naturellement perdu de notre concentration après l´acquisition du titre car c´est la compétition qui permet à ce groupe de réaliser de bonnes performances, admet Juninho. Nous aimons tout particulièrement les challenges et réalisons tous nos meilleurs matchs lorsque nous traversons des périodes difficiles.» La réception de Saint-Etienne constitue indéniablement un de ces challenges. Et donne à l´OL l´occasion de fêter son cinquième titre devant son public face à son ennemi juré. D´ailleurs, dès le lendemain de Monaco, Gérard Houllier a décidé d´instaurer une séance à huis clos - une première cette saison en milieu de semaine - pour motiver tout le monde.
De remobilisation, les joueurs n´en auront pas besoin. «C´est un match spécial, que nous voulons absolument gagner, insiste Mahamadou Diarra. Comme le coach nous l´a rappelé : une bonne équipe ne perd jamais deux fois de suite. Nous sommes passés à côté à Monaco, nous n´avons pas le droit de le faire de nouveau contre Saint-Etienne. Nous avons également à l´esprit de remplir d´autres objectifs comme battre le record de points.» Etablir cette performance contre Saint-Etienne, dans la tête des Lyonnais, cela équivaut tous les enjeux pour un derby. Et tans pis si le titre est déjà gagné. «Nous allons ainsi pouvoir jouer libérés, indique Caçapa. La pression sera tout de même bien présente car les supporters ne cessent de nous répéter qu´il ne faut surtout pas perdre ce derby.» La foule des grands jours s´est déplacée toute la semaine à Tola-Vologe. Les vacances scolaires et le soleil n´y sont pas étrangers, l´approche du derby encore moins. «L´engouement est toujours aussi fort», se réjouit Bernard Lacombe.
La grande fête du foot attendue
A Lyon, le conseiller du président Aulas est certainement celui qui parle le mieux de la confrontation OL-ASSE. Il a joué dans les deux clubs et suit maintenant l´évolution de ce rendez-vous avec un peu de recul mais à l´intérieur du club lyonnais. «Prenez les derbys entre l´Inter et le Milan AC ou entre la Lazio et la Roma. Même si toutes ces équipes connaissent parfois des difficultés, ces matches-là sont toujours particuliers et entraînent la même passion. Entre Lyon et Saint-Etienne, c´est la même chose», dit-il avec une pointe de nostalgie. A son époque, le derby ne mettait aux prises que des joueurs du cru. «Cela avait une autre signification. Le derby, on l´avait déjà joué en poussins, en minimes, cadets, juniors. Alors, en seniors, on retrouvait les mêmes joueurs en face.» Néanmoins, la plupart des Lyonnais ont bien intégré l´idée de derby. «Ils savent ce que cela représente, note Lacombe. Juninho, il en a déjà joués un paquet. Greg Coupet, n´en parlons pas. Ni pour Abidal, qui est le plus Lyonnais de tous les joueurs. Pas besoin de les motiver pour un match comme ça.»
L´ancien buteur des Bleus refuse de parler de derby au rabais cette saison, sous prétexte que le titre est déjà gagné. «Le seul petit regret, c´est que ce match n´ait pas lieu lors de la dernière journée : les Verts auraient pu nous faire une haie d´honneur avec le président Caïazzo remettant le trophée à M. Aulas ! » Car enjeu ou pas, la rivalité entre les deux clubs est bien réelle. Au-delà du cliché «Lyon, la bourgeoise», contre «Saint-Etienne, la populaire», ce match est surtout l´opposition entre le club des années 70 et celui des années 2000. A Lyon, on ne se fait pas prier pour le rappeler. «Avant si on voulait voir un match de Coupe d´Europe, il fallait aller à Saint-Etienne, raconte Lacombe. Je n´y ai joué qu´une année (1978-79), mais à l´époque le club avait dix ans d´avance sur tout le monde. Maintenant, pour voir du beau football, on vient à Lyon.» Ambiance, ambiance entre des dirigeants qui se détestent cordialement. «La rivalité fait partie de l´histoire du derby mais doit toujours être accompagnée du respect, indique Juninho. Que le meilleur gagne, tout en espérant que ce sera l´OL.» Autre espoir proclamé par tous : que ce derby débouche sur une grande fête du football, à l´image des deux matches de l´an dernier, conclus sur le score de 3-2. Et ponctués tous les deux par une victoire lyonnaise.
