Cruelles dernières minutes
Le match nul concédé à Gerland laissait entrevoir de l’espoir, beaucoup d’espoir. L’OL n’avait pas hypothéqué ses chances au match aller contrairement aux saisons précédentes. Mais cette fois–ci, l’adversaire était d’un autre calibre.
Juninho, suspendu à l’aller, renforçait le collectif de ce groupe fort d’individualités. « Une grande équipe doit être capable de se passer de grands joueurs » justifiait Gérard Houllier. C’était le cas « Juni » à l’aller, c’est également valable pour Tiago, remplacé numériquement par Govou pour ce match retour. Côté Milanais, Pippo est préféré à Gilardino, trop réservé à Gerland la semaine dernière.
Par le passé, les Lyonnais s’étaient imposés deux fois à San Siro contre l’Inter Milan. C’est un autre Milan que l’OL affronte aujourd’hui. L’affiche présente un Milan indomptable à domicile contre un OL d’attaque à soulever des montagnes, toujours buteur hors de ses bases, pour le plus grand plaisir des 9000 supporters lyonnais présent en Lombardie. « Une rencontre ouverte » promettait Shevchenko… dans l’antre mythique à guichets fermés.
Les Lyonnais, en tenue blanche et rouge, donnaient le coup d’envoi et prenait l’ascendant sur les Milanais. Les occasions les plus nette étaient à leurs actifs et bien que visiteurs, les Gones répondaient coup sur coup aux assauts Rossoneri. Les occasions non cadrées étaient multiples en début de rencontre. Sidney Govou ouvrait le bal et prenait sa chance à une vingtaine de mètres, sans trouver le cadre (14’). Inzaghi coupait un centre de Serginho sans avoir plus de réussite (16’). Au tour de Nino d’inquiéter Dida sur un ballon offert par le gardien brésilien…out. Après un excellent pressing de Fred, Malouda lobait le mètre 95 de Dida de l’extérieur du pied mais ne trouvait toujours pas le cadre (18’). Costacurta entrait en jeu pour suppléer Stam…blessé.
La première occasion cadrée était la bonne. Contre le cours du jeu, Inzaghi plaçait une tête victorieuse après 25 minutes de jeu. Une perte de balle au milieu de terrain s’avérait cruelle pour les Gones quand Serginho en profitait pour offrir un caviar à Pippo, aux 5 mètres 50, qui ne se faisait pas prier pour ouvrir le score.
Ce but était synonyme de vitamine pour les locaux et les remettaient dans le match. Diarra lui répondait quelques minutes plus tard. D’une tête rageuse. Suite à un coup franc de Juninho. Le Malien inscrivait son deuxième but en Champions League cette saison.
Le ballon continuait de voyager d’une surface à l’autre. Seedorf adressait un missile (33’). Sidney adressait le même en direction de la cage de Dida, sans plus de réussite. Juninho envoyait un centre tir sorti par le bout des doigts de Dida (39’). Djila était partout. Il touchait le poteau droit de Dida de la tête sur un corner de Juni et barrait la route à Kakà, à quelques mètres du but de Coupet (40’). Un monstre. Et comme le dit si bien B. Lacombe sur OLTV, « Si cela ne gagne pas le duel, cela débarrasse. ». Inzaghi déclenchait les hostilités face à Cris et récoltait un jaune avant que Mr Hauge ne renvoie les 22 acteurs aux vestiaires.
A la reprise, « Juni » le métronome provoquait et obtenait un coup franc bien placé repoussé par le mur. Abidal y mettait également son grain de sel en attaque et provoquait la colère de Dida (55’). De l’autre côté du terrain, Serginho fusillait Coupet, vigilent, et retombait sur Caçapa. L’envoyant quelques minutes sur la touche... Quelques secondes plutôt. Les minutes s’écoulaient. Les Milanais poussaient. Et Nino revêtait le costume de sauveur en sortant un ballon sur sa ligne de but. Il temporisait, gérait, défendait et attaquait. Il faisait preuve d’une activité phénoménale.
Inzaghi se retrouvait enfermé par Greg avant d’être signalé hors jeu… c’était moins une (78’). Greg soulageait tout le monde dans ses prises de balle et coupait la chique à Sheva et Inzaghi. Antho Réveillère prenait la place de Govou pour retenir les attaques italiennes de plus en plus fréquentes jusqu??� ce que ce diable de Sheva envoyait Coupet au charbon, au bout du temps règlementaire. L’international français touchait déviait ballon et l’envoyait sur son poteau. Le cuir longeait la ligne de but et allait heurter l’autre poteau. Kakà surgissait et finissait le travail pour son 6ème but Européen. Le scénario devenait catastrophe quand Sheva, le Ballon d’Or 2004, crucifiait l’OL et envoyait définitivement le Milan en demie finale.
Quel sort cruel. Le football semble si injuste. Même si l’OL à été grand, en dominant, en prenant l’emprise sur la rencontre. Le réalisme et l’expérience milanaise dans les dernières minutes a fermée la porte aux Gones, défait ce soir, mais déjà prêt à rebondir pour un 5ème titre historique dès samedi. Avec 72 points au classement du championnat français, le rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, puisque l´OL rime avec Europe.