Foot - C1 : Lyon reprend le fil
Favori pour le titre un cran derrière Barcelone, Chelsea ou la Juventus, l´OL reprend son aventure européenne au Philips Stadion, face au PSV Eindhoven qui l´avait éliminé l´an passé en quart de finale (20h45). Deux affiches monumentales auront lieu au même moment : Bayern Munich - Milan AC et Real Madrid - Arsenal.
Plus déséquilibré qu´il y a dix mois
Dans l´esprit de Lyon, ce huitième de finale face au PSV Eindhoven n´est qu´une simple étape, aussi ardue soit-elle sur le papier. «Je ne me fais pas une montagne de l´adversaire, a reconnu ce week-end Gérard Houllier, l´homme qui fut recruté pour bonifier encore le crédit continental de l´OL. C´est le jeu des médias que de gonfler le match. Mais on a autant de chances que l´adversaire et je suis très confiant. » Ironie du destin : c´est face à ce PSV Eindhoven qui l´avait éliminé l´an dernier en quarts de finale (1-1, 1-1, 2-4 t.a.b.) que Lyon doit reprendre le parcours qui doit le mener, si tout va bien, en finale au Stade de France le 17 mai. C´est le petit ingrédient qui manquait pour rendre ce huitième plus enivrant, un an après la mémorable démonstration de force face au Werder Brême au même stade de la compétition (3-0, 7-2). «Il faut évacuer la notion de revanche car on n´est jamais bon dans cette situation, on n´exploite pas au maximum son talent, c´est un argument de cour d´école, prévient l´entraîneur de Lyon. Ce match est avant tout une opportunité d´affirmer nos progrès sur les plans de l´expérience et du mental.» Son prédécesseur Paul Le Guen, pourtant économe de paroles sur le sujet, a prévenu dimanche sur Canal+ qu´il s´agissait là d´un voeu pieux. «Inévitablement, ce sera dans la tête des joueurs. Il ne faut pas se focaliser là-dessus, mais quand ils retrouveront le contexte et le stade, ils y penseront forcément.» Jean-Michel Aulas parle carrément de «règlement de comptes.»
«Ils», ce sont Coupet, Abidal, Cris, Diarra, Juninho, Wiltord et Govou, titulaires au Philips Stadion il y a dix mois et de nouveau de la partie aujourd´hui. Ils devront réussir leur entame, soutenir les regards, faire comme si de rien n´était si les événements s´enchaînent mal, et méditer les souvenirs récents de leur victoire contre Nantes (3-1), dont la première période fut exceptionnellement aboutie au regard des précédents matches de Lyon en 2006. «Ils se sont considérablement renforcés par rapport à 2005, prévient Guus Hiddink, le maître-concepteur de l´équipe batave. Lyon m´impressionne vraiment et partira largement favori, contrairement à l´an passé où j´avais prédit que ce serait du 50-50. Les événements m´ont d´ailleurs donné raison. Lyon, par exemple, est plus fort que le Milan AC que nous avons rencontré en phase de poules. Cette équipe me paraît vraiment peu vulnérable». Il pourrait s´agir d´intox si ces commentaires ne rejoignaient ceux des Lyonnais eux-mêmes et des joueurs néerlandais. «Il faut être honnête, Lyon était la meilleure équipe l´an passé lors des deux matches, reconnaît Damarcus Beasley, le seul à avoir manqué son tir au but à l´époque. Nous avions été supérieurs sur le plan mental. Ce sera encore une bataille. »
Aucune défaite à l´extérieur cette saison
Lyon a les moyens de la relever, malgré une ligne défensive amputée de deux cadres (Caçapa, Réveillère) et suspendue au rendement du revenant Abidal côté gauche. Son expérience européenne a crû avec le recrutement de Tiago et Carew, qui semblent avoir apporté ce qui avait manqué l´an passé au moment d´atteindre le dernier carré : une maîtrise permanente du tempo et un buteur type devant. La dernière vraie défaite de Lyon en Ligue des champions remonte au 23 novembre 2004 à Manchester United (1-2). Depuis, huit victoires et trois nuls lui ont donné un crédit considérable sur le plan international. Cette saison, en 36 matches, Lyon n´a perdu qu´une fois, n´a été muet que deux fois, n´a jamais perdu à l´extérieur. Une défaite ce soir serait une forme de rupture par rapport à l´ordinaire, malgré toute la méfiance que le PSV inspire un an après avoir fait tourner Monaco en bourrique au même stade, contre toute attente (1-0, 2-0). Tout dépend du réalisme que Lyon sera capable d´insuffler à son jeu, dans un tournoi où il faut un «énorme contrôle de soi, de ses émotions et aussi de l´intelligence» prévient Gérard Houllier, comme pour inviter son camp à oublier ce fichu penalty non sifflé sur Nilmar. «L´une des forces du groupe est de ne pas se laisser affecter par les choses que l´on ne contrôle pas».
