Comment noter un tel film ? Impossible. L’œil de la caméra ne dit rien, ne va du côté de personne, comme désabusée, dégoûtée de l’homme, bon ou mauvais. En tant que spectateur, on ne peut même pas dire qu’on est témoin, on est juste là, la bouche grimaçante, comme si on cherchait à avancer dans un chemin de ronces, on transpire à l’intérieur en tentant de se demander pourquoi, mais c’est tout juste si on pense à le faire. Nous sommes face au plus grand fléau de l’humanité ; la volonté que certains auront toujours de vouloir dominer autrui. Ce film montre de telles humiliations, de telles atrocités, dans quel but ? Dire que ce n’est pas parce qu’on est capable d’accomplissements qu’il faut les mettre en œuvre ? Dire que la passion de l’homme pour l’inconnu le poussera toujours vers une autre limite absurde sans qu’il y trouve la paix intérieure ? Je ne suis pas un grand cinéphile. Mais je pense qu’il y a quelque chose à voir avec ça. La nature de l’homme tue l’homme. On sent dans ce film des bourreaux qui ne le sont qu’en apparence. Moi, tout au long du film je n’ai vu que des victimes, des victimes de leurs propres dépendances, de leurs propres vices. J’ai vu des gens possédés par eux-mêmes, preuve en est la structure cyclique du film, qui ressemble à une spirale d’aliéné. L’homme qui ne sait pas se limiter dans la morale devient fou et peut y laisser sa qualité d’homme. L’homme devrait-il donc aller contre sa propre nature pour vivre avec ses semblables ? Peut-être est-ce le message du film, qui soulignerait au passage que c’est absurde et que par conséquent, un message fou était de rigueur.