Après cinq saisons passées dans l’ombre de la Ligue 2, l’AS Nancy Lorraine retrouve la lumière de l’élite cette saison. Avec un effectif sans vedette et des moyens limités, le club lorrain, à l’instar des autres promus, cherchera avant tout à se stabiliser à ce niveau.
Par Emmanuel Quintin
Une irrégularité chronique depuis 20 ans
Cinq ans. Cela faisait cinq longues années que les fans de l’AS Nancy Lorraine espéraient voir leurs protégés retrouver l’élite du football français. Depuis une victoire ( 2-0) face à Auxerre le 13 mai 2000 grâce à un doublé de Tony Cascarino, insuffisant pour se sauver, le public de Marcel Picot a dû se contenter des joutes engagées de Ligue 2. Un échelon auquel le club nancéien est habitué tant il a fait l’ascenseur L1 - L2 depuis 1987. Créé en 1967, l’ASNL avait d’abord rapidement gravi les échelons du football hexagonal. En trois ans, les Lorrains se hissent en première division, puis se dotent d’un complexe sportif parmi les plus modernes pour l’époque. Un centre par lequel passera un certain Michel Platini, à l’aube de sa brillante carrière. Dès 1978, l’ASNL remporte son premier trophée, la Coupe de France, ce qui lui permet de découvrir l’Europe. Solidement installé dans l’élite hexagonale, le club connaît ses premières difficultés au milieu des années 80 et est relégué à l’échelon inférieur en 1987. Commence alors, jusqu’à aujourd’hui, une longue période de hauts ( 5 saisons dans l’élite avec pour meilleur résultat une 11e place en 1998-99) et de bas ( 13 saisons en D2, puis L2).
Après avoir raté la remontée immédiate en 2000-01, le club de l’Est doit se serrer la ceinture et va vivre quelques moments délicats, flirtant même avec la relégation en National lors de la saison 2002-03. Sous la houlette de son ancien buteur, Pablo Correa, passé sur le banc de touche, Nancy va retrouver l’ambition en 2003-04. Après avoir longtemps cru à la montée, l’ASNL doit se contenter de la 6e place en mai 2004. Les dirigeants s’activent donc à l’intersaison pour bâtir une équipe solide pour enfin retrouver l’élite. L’an passé, le club réalise un parcours presque sans faute lors des matches aller ( 12 victoires, 3 nuls et 4 défaites) et compte onze points d´avance sur le quatrième à mi-saison. Malgré une petite baisse de régime par la suite, le club lorrain décroche tout de même le quatrième titre de champion de France de Ligue 2 de son histoire au terme d’une saison dominée de la tête et des épaules.
Un recrutement sage
Même si la montée en L1 apportera de substantielles rentrées d’argent au club, notamment grâce aux droits télés, les dirigeants lorrains n’ont pas fait de folies sur le marché des transferts. Après avoir fait signer leurs premiers contrats pros aux jeunes Ludovic Guerriero, Landry Nguemo, Jérémy Sapina, Rachid Hamdani et Gergely Rudolf, puis après avoir prolongé ceux des anciens, Cédric Lécluse et Frédéric Biancalani, le club nancéien a fait son marché à l’étranger. Le milieu de terrain sénégalais, Abdoulaye Khouma Keita, âgé de 26 ans, fut le premier à poser ses valises au stade Marcel Picot. Puis les dirigeants ont donné une couleur très sud-américaine au recrutement en enrôlant le défenseur central brésilien André Luiz Silva do Nascimento ( Atletico Mineiro), l´arrière droit brésilien Adailton ( Crischiuma) et le milieu offensif uruguayen Adrian Sarkassian ( River Plate de Montevideo). Enfin, le jeune Stéphane Marseille, 18 ans, champion d’Europe des moins de 17 ans en 2004, a également rejoint la Lorraine.
Le recrutement n’est pourtant pas bouclé et Pablo Correa espère encore la venue d’un ou deux attaquants, notamment pour compenser le départ de son buteur fétiche, Laurent Dufresne, pour Valenciennes. «Nous voulons prendre un attaquant de valeur susceptible d´apporter un vrai plus sur le terrain mais aussi d´attirer d´autres joueurs vers l´ASNL», explique l’entraîneur lorrain. «C´est difficile car nous ne voulons surtout pas hypothéquer l´avenir financier du club.» Soucieux de ne pas se tromper, le club veut donc prendre son temps et attendre que le marché se décante. «Après le marché des grands clubs, un second marché va débuter. Nous allons attendre pour négocier dans de bonnes conditions» , déclare le président Jacques Rousselot.
Objectif : ne pas faire l’ascenseur
«Notre objectif est clair : retrouver nos marques en L1 et nous maintenir». Sans surprise, Jacques Rousselot ne promet pas monts et merveilles aux supporters lorrains. Comme tous les promus chaque année, l’objectif de l’ASNL sera avant tout de ne pas redescendre. Pour cela, le club lorrain pourra compter sur un groupe homogène, qui a survolé le championnat de Ligue 2 l’an dernier, et qui a connu peu de changements lors de cette intersaison, et sur un soutien populaire massif ( plus de 10 500 abonnements au début du mois de juillet).
Du gros pour commencer
Les joueurs de l’ASNL vont tout de suite s’apercevoir qu’ils ont gravi un échelon puisque leur saison débutera par la réception de l’AS Monaco, le 30 juillet. La suite ne sera guère plus simple avec des déplacements à Bordeaux ( 2e journée) et à Lyon ( 4e j), et la réception de Lens ( 3e j) et de Rennes ( 5e j) lors des cinq premières journées. Autant dire que les hommes de Pablo Correa devront être prêts dès le début de saison afin de ne pas trop prendre de retard sur leurs concurrents directs dans la lutte pour le maintien. Dans cette optique, le déplacement à Ajaccio, lors de la 6e journée, sera déjà très important pour la suite de la saison.