« Je ne suis pas le maître du monde »
Pierrick TAISNE - mercredi 12 mars 2008 - 12h08
Après un Mercato hivernal très décrié (arrivées des Brésiliens Souza et Everton Santos), le président parisien Alain Cayzac nous parle de sa future stratégie au niveau du recrutement. Yepes, Gouffran ou Hoarau, tout y passe.
Où en êtes-vous dans vos dossiers pour le prochain Mercato ?
On avance sur quelques dossiers. Notre cellule de recrutement travaille.
Avez-vous ciblé vos besoins ?
Oui, on sait où on veut aller. Maintenant, il y a les clubs et les joueurs à convaincre. Je ne suis pas le maître du monde et je ne peux pas exiger la venue d’un joueur. Mais on sait comment on veut améliorer l’équipe. Pedro (Ndlr : Pauleta) partira, il y aura donc un très grand attaquant. Nous avons recruté Hoarau, mais il doit s’adapter à la Ligue 1 et au PSG.
Un défenseur central également ?
On verra. Ça dépend de la suite des évènements.
Où en sont les discussions avec Mario Yepes ?
Il n’y a pas de raison d’en avoir. Il reste plus de trois mois avant le Mercato et la saison n’est pas terminée pour nous. Nous allons vivre une fin de saison difficile. Et suivant la qualification pour l’UEFA ou non, nous pourrions avoir plus de besoins. Des joueurs qui voulaient partir pourraient changer d’avis. On ne peut pas aller beaucoup plus vite. Ce n’est pas facile à gérer car on ne connaît pas le futur. Même si je passe plus de temps sur le scénario possible. Je suis inquiet, je garde la confiance. Nous n’en sommes qu’aux hypothèses. On sait où on veut aller, mais il faut savoir si on peut. Les circonstances passées m’amènent à être prudent…
« Le PSG reste attractif »
Vous pensez à Gouffran ?
Nous avons vécu une mauvaise expérience, mais je ne veux pas m’acharner sur un joueur de 21 ans. Même s’il y a eu une grande déception et une grande frustration. Il faut avoir de l’indulgence par rapport aux joueurs que nous ne connaissons pas bien. Quand on veut se renforcer, on cible, mais il faut que le club soit vendeur et qu’on se mette d’accord sur le prix.
Le PSG attire-t-il encore ?
Malgré cette mauvaise expérience, le PSG reste attractif.
C’est peut-être arrogant de dire ça, mais c’est un fait. On reçoit d’ailleurs beaucoup d’appels d’agents. On a encore beaucoup de succès auprès du public. Même si le club est critiqué, sa notoriété reste sa force. Je n’ai pas de crainte pour attirer les joueurs que nous désirons
. Mais les clubs ne veulent pas forcément vendre.
Allez-vous recruter des joueurs comme Hoarau ?
Nous devons avoir trois profils de joueur. Des joueurs à statut (Pauleta, Rothen, Landreau, Yepes, notamment), des jeunes issus du centre de formation et des jeunes au fort potentiel que nous n’avons pas formé comme Digard, Bourillon et Hoarau. Gouffran serait rentré dans cette catégorie. Tout s’est fait proprement et discrètement avec Le Havre. Il a eu l’élégance de signer pour son club et de venir chez nous après. C’est un cas d’école formidable.
A quoi vous heurtez-vous dans vos recherches ?
Nous devrons faire attention au profil du joueur recherché parce que tous les joueurs qui viennent à Paris font le match de leur vie. Quand on les voit après, ils peuvent être irréguliers. Il faut des joueurs qui aient vraiment envie de venir pour des bonnes raisons et qui soient prêts à résister à la pression. Pas seulement parce que c’est Paris, mais parce qu’ils ont une attirance pour ce club à forte personnalité. Il faut aussi laisser du temps, notamment aux Brésiliens qui arrivent. Ce n’est pas facile car nous sommes dans une ville impatiente, mais nous devons l’apprendre. C’est dans le cadre de notre plan PSG 2010. S’il n’y a pas de catastrophe, on bâtit actuellement sur du solide. Encore faut-il franchir obstacle après obstacle. Rien n’est encore gagné.