CAEN / YOAN GOUFFRAN :
« Je ne regrette pas mon choix »
David DIETZ - vendredi 04 janvier 2008 - 19h59
Conscient d’avoir rompu un accord moral avec les dirigeants du PSG, Yoan Gouffran a calmement expliqué ses raisons de demeurer à Caen vendredi. Le contexte parisien et les bons résultats caennais ont fait pencher la balance.
Quand avez-vous pris la décision de rester à Caen ?
J’avais commencé à réfléchir un petit peu avant le match de Strasbourg (Ndlr : victoire de Caen, 2-0, le 22 décembre dernier) et je me suis vraiment décidé pendant les vacances.
Justement, au terme de ce match contre Strasbourg, beaucoup pensaient qu’il s’agissait de votre dernière sortie à D’Ornano. Vous saviez déjà à ce moment là que vous restiez à Caen ?
J’avais pris une grosse partie de la décision mais j’ai pris le temps des vacances pour être vraiment sûr à 100%.
Avez-vous eu le président du PSG Alain Cayzac au téléphone au moment de cette décision ?
Oui, je lui en ai parlé. J’ai aussi eu le coach (Paul Le Guen) ainsi qu’Alain Roche (responsable de la cellule recrutement du PSG). Je leur ai expliqué ma position. Ça s’est plus ou moins bien passé.
Etaient-ils déçus ?
Oui, forcément parce que je leur avais donné mon accord moral et donc ils ont mal pris ma décision.
Qu’est-ce qui vous a fait prendre cette décision en faveur du Stade Malherbe ? La très bonne position du SMC au classement de L1 en ce moment (4eme) ?
Oui, ça se passe bien en ce moment, tant collectivement qu’individuellement. On fait un beau parcours. C’est mon club formateur et c’est génial. C’est vrai aussi que la position de Paris n’est pas facile. Ce n’est pas évident, à mon âge, d’y aller dans un climat d’hostilité, avec tout ce qui se passe autour. Comme je l’ai dit, je pense que ça n’aurait pas été le meilleur choix pour moi en vue de m’épanouir.
« Un gros soulagement »
Comment cela s’est-il passé avec les dirigeants, l’entraîneur et les joueurs de Caen ?
Franck (Dumas, l’entraîneur) et les dirigeants m’ont toujours laissé le choix. Ils m’ont parlé et m’ont dit que le mieux pour moi, c’était de faire encore six mois ici et voir en fin de saison. Du côté des joueurs, ils ont aussi compris ma position et ils savent ce que le PSG représente.
Pensez-vous un jour jouer au PSG ?
Avec ce qui se passe actuellement, c’est un peu difficile. Mais je ne regrette pas mon choix d’être resté ici.
Pour un jeune joueur comme vous, votre choix est celui de la sagesse. Avez-vous été guidé par des anciens ?
Non, c’est vraiment personnel et je me dis que six mois - voire plus - ça ne peut que m’apporter parce que ça se passe bien pour nous. On s’amuse bien et ça se ressent sur le terrain.
Vous dîtes « six mois voire plus » alors que jeudi, vous disiez six mois tout court. Là encore, vous êtes en réflexion perpétuelle…
Non, c’est simplement que je suis sous contrat jusqu’en 2009 (Ndlr : Gouffran n’a pas prolongé et reste caennais dans les mêmes conditions qu’avant la trêve) et qu’on ne sait pas ce qui peut se passer. Si à la fin de la saison, je n’ai pas de club - ça peut arriver - et bien je continuerais ici.
Si le Stade Malherbe se qualifie pour la Ligue des champions, vous continueriez ici ?
(rires) C’est vraiment voir loin. L’objectif pour le moment, c’est le maintien et on verra comment ça se passe.
Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
C’est un gros soulagement parce que c’est vrai qu’une semaine avant le match de Strasbourg, ça commençait vraiment à beaucoup parler dans les journaux. Ça pèse. Et même si on essaie d’y faire abstraction parce qu’il y a des matchs à jouer, on y pense toujours. Le soir, avant le match, et même pendant le match.
« Je comprends que les dirigeants parisiens aient été vexés »
Rejoindre Paris était pourtant votre rêve.
J’ai toujours supporter ce club et la décision a été difficile à prendre. Je pense que la meilleure solution pour moi, c’est de rester encore un petit peu ici.
Si Paris n’avait pas été dans cette position au classement (16eme), vous y seriez parti ?
Oui parce qu’il y a vraiment tout pour réussir. Mais en ce moment, c’est difficile. Ici, j’ai l’habitude d’être dans un petit cocon familial. Les gens nous supportent et il n’y a que des gens bien ici.
Comment analysez-vous cette première partie de saison ? Vous souhaitiez partir à Paris en août, vos dirigeants ont refusé, puis Caen est remonté au classement et maintenant vous choisissez de rester en Normandie…
Le début de saison a été difficile pour moi au niveau sportif et extrasportif. J’avais envie d’aller au PSG parce que je trouvais qu’ils avaient construit une belle équipe tout simplement. J’avais une chance de jouer là-bas. Les dirigeants ont refusé et je l’ai mal vécu. Au début de saison, je n’ai vraiment pas été bon sur le terrain, c’était difficile pour moi. Mais j’ai gardé confiance en moi, j’ai continué à travailler et depuis deux mois, ça se passe mieux.
Les dirigeants parisiens ont mal réagi à votre choix. Ils estiment que vous avez cassé un accord moral.
Oui, je vous l’ai dit, il y avait un accord moral. Je comprends qu’ils aient été déçus et vexés mais dire du jour au lendemain qu’ils ne veulent plus de moi, c’est un petit peu abuser quand même.
Comment voyez-vous les six prochains mois au Stade Malherbe ?
Déjà, on va essayer de se maintenir le plus rapidement possible. On pourra peut-être viser un peu plus haut ensuite. Personnellement, j’aimerais marquer le plus de buts possible si je continue de jouer attaquant. Passer la barre des dix buts pour une première saison en L1, ce serait bien.
Si vous continuez à jouer attaquant…
Oui, parce que Franck (Dumas) fait l’équipe et peut-être qu’il me remettra à droite.
Ce repositionnement à droite, vous le vivriez mieux qu’en septembre ou octobre (Ndlr : Gouffran avait demandé à jouer en pointe en début de saison ; ce que Franck Dumas a mis du temps à lui accorder) ?
Il n’y a pas de problème. Du moment que je joue, c’est le plus important.
Il a pas tort faut pas lui mettre tout sur le dos faut dire que le club est tellement bidon depuis 2 ans que ca fait peur d´y jouer meme si
