Paris décide de ne rien décider
QUELQUES minutes après une nouvelle défaite contre Toulouse (2-1) samedi à domicile, Alain Cayzac déclarait que « tout ce qui peut-être fait pour sauver le club sera étudié ». Le président allant même jusqu´à lâcher : « Quand on dit toutes les possibilités, ça veut dire toutes... » Son départ ? Celui de Paul Le Guen ? Ou les deux ?
Si, officiellement, hier, rien n´avait encore été décidé, il ne faut toutefois pas s´attendre dans les prochaines heures à de profonds bouleversements.
L´annonce présidentielle a suscité des attentes. Or il semble qu´elle s´apparente davantage à un effet de communication qu´à une réelle réflexion débouchant sur des décisions salvatrices pour le club.
Le Guen va être... recadré. Les dirigeants parisiens vont, selon nos informations, se contenter de recadrer Paul Le Guen en lui demandant de modifier sa méthode et sa façon de communiquer. « Paul doit changer son discours et sa tonalité, il doit parler davantage à ses joueurs, confie un dirigeant. Sa méthode est à revoir. » Les responsables stigmatisent aussi la faillite de son recrutement, qu´il partage avec le président Cayzac. « Paul s´est trompé au niveau des cadres, il n´a pas su faire progresser les jeunes qu´il a choisis et il modifie trop son équipe type, c´est un signe de désarroi. Il faut une révolution sportive », poursuit un autre. Dans cette optique, la solution conduisant à l´aider en lui adjoignant un manager général reste envisagée, mais les candidats ne sont pas légion. Et l´on peut douter que Le Guen goûte une telle perspective.
Une mesurette pour sortir de la crise. Faute de solutions et d´idées, les patrons du PSG ont donc décidé de ne rien changer. Vu de l´extérieur, cela ressemble fort à de l´immobilisme. Le PSG coule et rien n´est fait. A tous les étages du club, personne ne prend la mesure de la crise actuelle et n´en tire les conséquences qui s´imposent. « Je ne sais pas qui va payer, mais si on ne fait rien, on va vers le gouffre, prévient, inquiet, un proche du club. Nous ne survivrions pas à une descente en L 2. » Le PSG est aujourd´hui relégable (18 e ) après une saison passée déjà ratée, ses suiveurs peuvent légitimement se demander si le duo Cayzac-Le Guen est encore en mesure de s´en sortir.
Cayzac veut recruter, Le Guen moins.
Les actionnaires contraints d´investir. A défaut de prendre des mesures radicales, les actionnaires vont être sollicités pour mettre la main à la poche. Alain Cayzac va leur demander une enveloppe plus conséquente que prévu pour recruter cet hiver. « C´est impératif », clame un responsable. Mais cet été déjà, la manne consacrée au recrutement, sans être exceptionnelle, suffisait pour bien se renforcer. Encore aurait-il fallu bien l´utiliser. Dans ce domaine, le PSG pèche depuis plusieurs saisons. Paris achète toujours trop cher des joueurs moyens (Frau, Baning, Camara, Bourillon). Même avec de l´argent, il faut que les décideurs parisiens s´accordent. Cayzac veut recruter, Le Guen moins. Sauf s´il trouve un joueur qui apporte « une vraie valeur ajoutée ». A la vue des performances de l´équipe, il n´en faudra pas qu´un.