Le défenseur du PSG Ceara devrait disputer son premier match au Parc des Princes face à Bordeaux. Le Brésilien revient sur son adaptation au club et précise que loin des stars brésiliennes du passé du club, lui est avant tout un défenseur "sérieux" et "sans pitrerie".
CEARA, comment vous adaptez-vous à Paris ?
C. : L´arrivée a été bonne. Nous avons été bien accueillis. Nous cherchons une maison. Mes enfants (une fille, un garçon en bas âge) et mon épouse doivent se sentir bien pour que je puisse bien jouer comme footballeur. C´est différent ici. Pour dire la vérité, le plus difficile ici, pour nous c´est l´alimentation. Nous, on est habitué à manger des haricots noirs ou marrons, et ici, il n´y en a pas. Mais, on s´arrange. On essaie de s´adapter aux coutumes françaises.
Et dans le football ? Ici, le jeu est plus physique, plus rapide qu´au Brésil ?
C. : Ici, le joueur n´a pas la patience de contrôler le ballon, de le garder et d´attendre le moment juste pour attaquer. Ici, à tout moment, le joueur attaque, attaque. Et, le match devient une sorte de ping-pong, de va et vient. Le ballon va et revient, va et revient... Au Brésil, on donne plus d´importance à la possession du ballon. Le ballon monte vers l´attaque mais peut revenir au défenseur (sans que l´adversaire ne la touche, ndlr). On fait des passes, parfois même pour qu´un joueur se repose, retrouve son souffle pour pouvoir attaquer à plein gaz avec toute sa force. Mais, on s´adapte. Le schéma tactique aussi est différent. Au Brésil, on joue souvent avec trois défenseurs et cinq milieux (3-5-2) ou des latéraux plus avancés. Ici, on joue plus avec une défense à quatre.
Vous pensez vous adapter rapidement ?
C. : L´entraîneur me parle, il m´a demandé certaines choses et j´essaie de faire ce qu´il me dit. Il n´y a pas de problème, on va s´adapter. Le langage du football est universel, et le ballon roule de la même manière partout. Le ballon est rond! Ce qui fait la différence, c´est si le joueur veut s´adapter. Parfois, j´entends des joueurs dire: "Je ne me suis pas adapté". Si tu t´appliques et tu fais des efforts, tu peux t´adapter partout.
Quelles sont vos caractéristiques ?
C. : Je suis un joueur qui utilise plus sa force que sa vitesse. Je suis explosif, je démarre bien. Mais, je suis plus lourd. J´essaie d´utiliser ma force pour prendre l´avantage sur mon adversaire. J´ai commencé arrière latéral mais j´ai aussi joué milieu de terrain défensif ou arrière gauche. Mais, je préfère être à droite.
Les Brésiliens qui ont évolué au PSG Valdo, Leonardo, Rai, Ronaldinho etc... étaient souvent des attaquants ou milieux offensifs...
C. : Oui, les joueurs qui sont passés ici étaient des joueurs du milieu de terrain ou attaquant. Au Brésil, on dit qu´ils n´ont pas beaucoup de responsabilités. Ils peuvent faire ce qu´ils veulent avec le ballon. Moi, non. Comme défenseur, je dois jouer de manière très sérieuse. Je cherche a faire des choses simples et objectives. Contrôler, passer. De temps en temps si c´est nécessaire, je dribble, je centre ou je tire au but. Mais, il n´y a pas la place pour faire des pitreries en défense. Je suis très sérieux.
Vous arrivez à 27 ans. C´est un peu tard, non ?
C. : A 27 ans, j´ai encore quelques années de football devant moi, si Dieu le veut ! Oui, c´est un peu tard mais je crois que c´est le bon moment. Il y a un temps pour tout, et je crois que Dieu a préparé ce moment pour que je vienne en Europe et au PSG. C´est une équipe où il y a un peu de pression de la part des supporteurs. C´est un grand club qui a besoin de titres et je me sens prêt à assumer cette mission.
Jouer en Europe, c´était un rêve ?
C. : C´est une opportunité unique. L´Europe est le centre du football mondial et tous rêvent d´y jouer. Et, encore plus dans un club comme le PSG qui a une dimension mondiale. Même si le club n´est pas au mieux actuellement, il a déjà eu de bons moments et mon objectif avec mes coéquipiers c´est de faire revivre au club ces bons moments. Je suis préparé. Ma famille est bien structurée avec ma femme et mes enfants. Je suis plus conscient de certaines choses, de mes responsabilités en tant que travailleur. Et, grâce à Dieu, je n´ai pas besoin de la vie nocturne. Premièrement, parce que j´ai ma famille, et deuxièmement parce que cela ne plait pas à Dieu. La vie nocturne, n´apporte que des problèmes à l´être humain. Les nuits courtes, l´alcool, cela ne me plait pas.
Vous parlez beaucoup de Dieu. Vous êtes croyant ?
C. : Cela fait 9 ans que je suis évangéliste. J´ai la foi. Je crois beaucoup en Dieu. Je cherche à suivre les règles bibliques, les règles du livre sacré. L´oraison (prière) est une manière de communiquer avec Dieu. Je parle avec lui, je lui expose ma situation, mes difficultés. je fais une oraison avant chaque match pour que Dieu me donne de la force pour que je puisse donner le meilleur de moi-même dans mon travail.
Vous avez remporté le Mondial des clubs contre le Barça de Ronaldinho ancien de l´Internacional et du PSG comme vous...
C. : Ce fût très dur parce que le Barcelone était l´équipe imbattable, la meilleure équipe du monde jusque là. C´était une lutte de David contre Goliath. On voulait les battre et on s´est concentré pour faire un match parfait tactiquement. Si on avait commis une erreur, le Barça avait assez de qualité (technique) pour nous battre. Leur meilleur joueur était Ronaldinho. Le meilleur du monde. Abel Braga (l´entraîneur) avait préparé un système pour que je colle à Ronaldinho, que je ne le lâche pas d´une semelle. Je n´avais jamais joué contre lui, mais grâce à Dieu, j´ai pu le neutraliser et cela nous à aider pour gagner. Je n´ai pas parlé avec lui par la suite. Cela ne s´est pas fait.