Invité à disputer l´Emirates Cup, samedi et dimanche, le PSG a perdu tout son prestige aux yeux des observateurs européens. Le club de la capitale, qui sera confronté à Arsenal et Valence, n´a plus l´éclat de ses heures de gloires dans les années 90.
Ce n´est pas vraiment une surprise: après plus de dix saisons blanches sur le continent, le PSG, l´un des deux seuls clubs français à avoir remporté un trophée européen (la Coupe des Coupes en 1996) ne fait plus rêver hors des frontières. Si le Paris SG, membre du G14, est encore considéré en France comme l´un des trois plus grands clubs avec Lyon et Marseille, et ce malgré des résultats frôlant le ridicule comme lors de la saison précédente, son effacement progressif des compétitions européennes a eu raison de son aura d´antan.
"Pas vraiment d´image en Italie"
"Vous savez, il n´y a pas vraiment d´image du Paris SG en Italie, assure le correspondant en France de la Gazzetta dello sport, Giampetro Agus, on ne parle que de grands clubs, et cela fait quelques années qu´il n´est plus sur le devant de la scène. Le seul club dont on parle en Italie c´est Lyon, et encore, quand il arrive en 8e de finale de C1..." Un stade que le club parisien n´a plus atteint depuis plus de 12 ans (saison 94-95, défaite en demi-finale de C1 face à l´AC Milan).
Le dernier de ces matches références face à l´un des poids lourds européens, remonte à la saison 2004-05, lors de la dernière apparition du club parisien en C1. Même si sa défaite au Parc des Princes face à Chelsea (3-0), qui n´était alors qu´en gestation à l´époque, n´avait rien de déshonorant, elle avait toutefois révélé tout le fossé -depuis élargi- qui le séparait de ces grosses écuries. Et depuis, plus rien, si ce n´est le traumatisme retentissant d´une défaite impensable face au modeste club israélien d´Hapoël Tel-Aviv (4-2) en Coupe de l´UEFA la saison dernière, une soirée indélébile en raison de la mort d´un des supporteurs parisiens.
"Avant on appelait le Parc la "Bombonera" (nom du stade argentin de Boca Juniors). J´ai le souvenir que des grands passionnés de football s´y rendaient souvent comme (Giovanni) Agnelli (ancien propriétaire de Fiat et de la Juventus Turin), qui venait voir des matches au Parc au lieu d´aller au théâtre. Je ne sais pas si cela se fait encore beaucoup."
Ruines
En Angleterre, le constat est tout aussi sévère. "En France, vous le voyez encore comme un grand club mais il est loin loin derrière Lyon maintenant et même Marseille, analyse Martin Lipton, journaliste au Daily Mirror. Personne n´a vu un grand PSG depuis longtemps. Ils ont visiblement des problèmes financiers. Mais si le PSG avait pu garder Ronaldinho, qui sait ?"
Même en Espagne, dont les deux plus illustres représentants, Barcelone et le Real Madrid, furent les victimes du Paris SG des années dorées en Coupe d´Europe, les ruines du club parisien n´intéressent plus personne. "C´est vrai que ces dernières années, le Paris SG a perdu son niveau, et n´a plus de résultats, explique Rodrigo Errasti du quotidien sportif Marca. Le dernier grand souvenir pour les Espagnols reste l´élimination du Barça par le club en quart de finale de la Ligue des champions, mais depuis on ne l´a plus vu."
"Sa défaite contre le Deportivo la Corogne en C1 (4-3) il y a 7 ans était quasiment dans l´ordre des choses", renchérit Rodrigo. "On a un peu parlé du club dans les médias espagnols la saison dernière mais uniquement parce qu´il luttait pour ne pas descendre, cela n´a effectivement pas contribué à parler de lui de façon positive". En clair, il va falloir du temps pour que le Paris SG retrouve un peu de crédibilité.