Luyindula : « Je suis sûr que je retournerai chez les Bleus »
Péguy Luyindula, l’attaquant parisien, s’est confié », dans un long entretien, au quotidien L’Equipe, à deux jours d’un déplacement périlleux à Toulouse pour un PSG sur un rythme de champion depuis quatre rencontres. Prudent devant ce regain de forme qui semble mettre – pour le moment – le club de la capitale à l’abri du danger de la relégation, l’ancien lyonnais et marseillais, qui renaît à Paris, fait également le point sur ses performances, qu’il estime bonnes mais ne reflétant pas encore la totalité de son potentiel, se prenant même à rêver à un retour en Equipe de France.
Il commence tout d’abord par expliquer en quoi il n’a, pour l’heure, pas encore retrouvé son meilleur niveau : « Ce qui me manque, c’est de sentir que j’en ai encore sous le pied. Quand on joue comme moi en ce moment, à l’énergie, on flirte toujours avec une limite qui t’empêche d’anticiper sur certaines actions ou de provoquer. Quand tu en as encore sous le pied, tu t’engages sur toutes les actions parce que tu sais que tu peux aller au bout. Quand tu es à la limite, tu te dis : “ Que va-t-il se passer si je cale dans ma provocation, dans mon un-contre-un ou si je me fais rattraper par l’adversaire ? ” Tu as peur d’avoir une sensation d’inachevé, de geste manqué. »
Il explique son alternance entre attaquant de pointe et second attaquant : « Le coach, que j’ai côtoyé à Lyon (Paul Le Guen) connaît très bien mon jeu. Il sait que je ne suis pas un joueur qu’on enferme dans un style. Ensuite, j’essaie de m’adapter aux joueur s qui m’entourent. À un moment, j’ai entendu dire que je ne pouvais pas jouer tout seul devant. C’est vrai. Si je suis dans une équipe qui balance quatre-vingt-dix ballons devant pour aller les chercher de la tête, je ne pourrai pas jouer tout seul devant… Je n’ai pas honte de l’avouer. Mais si je suis dans une équipe qui joue technique, qui cherche un point d’appui devant, je peux le faire. »
Avant de s’exprimer sur les méthodes de travail de PLG : « Il laisse assez de liberté à son groupe. Il insiste sur les fondamentaux. À partir du moment où il y a cette bonne base, le reste appartient aux joueurs sur le terrain. Tu ne vas pas dire au joueur pendant le match : “ Va à droite ! Va à gauche! ” Moi, ça me convient. Je joue à l’instinct. Le coup du schéma bien huilé, genre l’arrière droit qui passe au milieu, qui décale l’avant-centre, qui cherche la tête de l’ailier gauche, ce n’est pas mon truc. Je n’arrive pas à être bloqué dans un système. Il faut de l’instinct pour déstabiliser les adversaires par rapport aux vidéos qu’ils ont vues sur notre jeu. Pour les surprendre, il faut toujours un joueur qui foute la m…! (Il rit.) »
Mettre Pauleta sur le banc lors des rencontres à l’extérieur ne le complexe pas, bien au contraire : « Au contraire. Pedro est un très grand professionnel. Quand il est sur le banc, je crois qu’il encourage plus que quand il joue ! Devant une telle attitude, ce serait presque une trahison pour moi de sortir un mauvais match. Quand tu penses à tous ses buts, à son statut et que tu le vois garder le sourire même sur le banc… Il n’a vraiment pas mauvais esprit. C’est un exemple. La marque d’un grand joueur. Quand tu es face à un autre attaquant qui fait la gueule, c’est moins agréable. Tu te dis : “ Il veut quoi ? Il veut que je me plante ? ” Le mec, il finit par devenir ton adversaire. Pedro, lui, est toujours resté un coéquipier. »
Il est persuadé que cette expérience parisienne va forcément lui apporter : « Vous savez, je n’ai pas forcément peur de perdre. Pourquoi ? Parce que je sais que je vais gagner à la fin. On a pu dire que j’avais perdu en allant à Marseille. Oui, j’ai perdu, mais je compte bien rattraper ce temps. J’essaie toujours de repartir vers le haut. Après, ce que disent les gens, je m’en fous. Mon père m’a toujours dit : “ Ceux qui parlent ne font jamais rien. ” Et puis, dans la vie réelle, on peut recevoir des coups beaucoup plus durs que dans le foot. »
Si Dhorasoo lui a recommandé de signer à Paris, ce n’est pas cela qui a fait pencher la décision : « Il ne m’a jamais découragé de venir ici. Et même s’il l’avait fait, il sait très bien que, têtu comme je suis, j’aurais quand même signé à Paris. Lui et moi, on est amis depuis longtemps. Quand on était à Lyon, on parlait déjà du PSG. Je savais qu’il rêvait du PSG et il savait que j’en rêvais. À la fin de ma carrière, je serai fier de pouvoir dire à mes enfants : “ J’ai joué au PSG. ” »
Lucide, il revient sur son expérience marseillaise : « On m’a vu différemment de ce qu’il aurait fallu. Et je n’ai pas beaucoup été aidé. J’ai été un peu livré à moi-même. Tant pis pour moi… Ce que je vois, c’est que j’ai quand même fini meilleur buteur de l’équipe avec 10 buts. Je ne pense pas que le meilleur buteur de l’OM, la saison dernière, ait mis plus de 10 buts (2) et je ne me souviens pas qu’il ait été traité comme je l’ai été… J’ai entendu dire que l’OM n’était pas fait pour moi. Peut-être. Mais des choses ont été faites pour qu’il ne soit pas fait pour moi… Il est certain, déjà, que je n’étais pas désiré par tout le monde là-bas. Mais ce n’est pas grave. Ça ne me laisse aucune cicatrice. »
Sauf catastrophe, Paris restera parmi l’élite la saison prochaine, mais… Justement, parfois, il y a des catastrophes. C’est ce qui me fait peur. Alors, il faut assurer le maintien au plus vite et se tourner vers la saison prochaine. Là, il faudra qu’on soit très bons. » «
Pour finir, il confie que l’Equipe de France reste dans un coin de sa tête, et en bonne place dans ses objectifs : « Cela peut paraître prétentieux de ma part, mais je suis sûr que je retournerai chez les Bleus. Après, le plus dur, c’est d’y rester, pas d’y aller. Si c’est pour faire un aller et retour, ça ne sert à rien. C’est comme rentrer dans un resto chic sans avoir les moyens de se l’offrir. (Il sourit.) Le but, ce n’est pas d’aller aux toilettes, de demander un verre d’eau et de repartir. C’est d’y manger ! »