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...Gros plan sur Sébastien Bazin et Colony Capital
Voici quelques mois déjà que Colony Capital , fonds d´investissement US, accompagné de Butler Capital Partners et Morgan Stanley ont trouvé un accord avec Canal + pour devenir les nouveaux actionnaires du Paris Saint Germain Football Club.
Bien qu´actuellement le club parisien vit encore officiellement sous le "régime" Canal + et Pierre Blayau (jusqu´à mi-juin en théorie), les futurs dirigeants s´activent néanmoins en coulisses pour préparer au mieux l´équipe de la saison prochaine. Ainsi, Alain Cayzac, ex-dirigeant historique et prochain dirigeant "réel" du PSG, a par exemple obtenu la prolongation de Pauleta en résistant aux coups de butoir de Jean-Mimi Aulas.
Si l´on connaît très bien Cayzac, on ignore en revanche quasiment tout sur nos actionnaires, dont Colony Capital.
Bien que l´entreprise américaine ne soit pas l´unique actionnaire du club (on a évoqué 20% de parts dans le capital du PSG), il n´en demeure pas moins que Colony Capital devrait prendre un poids important dans les futures décisions du club.
Tâchons donc d´en savoir plus sur ce fonds d´investissements américain, et sur celui qui devrait faire office de patron officieux du club parisien: Sébastien Bazin , président de Colony Capital Europe.
Nommé en 1997 par Tom Barrack, le PDG de Colony Capital, Sébastien Bazin s´est vu offrir la possibilité de monter et de diriger la branche européenne du fonds d´investissements américain.
Ne nous n´y trompons pas, ce n´est pas Tom Barrack, le big boss de la société américaine, qui tirera les ficelles. Le PDG de Colony pensait même que sa société était propriétaire à 100% du PSG « Je veux en faire le club le plus important d’Europe, avec un stade de 90 000 places. déclarait-il à La Gazetto dello Sport peu de jours après l´officialisation de la vente. J’ai un projet immobilier pour Paris, j’ai parlé avec le maire de cette ville . » . Propos immédiatement démentis par Sébastien Bazin. C´est ce dernier qui a été délégué pour s´occuper de la gestion du PSG. C´est également lui qui a nommé un président qui connaît le club par coeur, c´est aussi lui qui a appuyé le maintien de Guy Lacombe comme entraîneur, on peut supposer qu´il a approuvé les venus de Diané et de Landreau.
Avant d´arriver dans le football, Séb´ Bazin (devenons intimes) a déjà fait preuve de sa compétence lors d´investissements précédents:
- Il rachète une tour à la Défense, la revend un an après à la Société Générale.... trois fois son prix initial. Outre cette opération, la branche européenne de Colony s´est spécialisée sur l´immobilier et a réalisé maintes réussites du même calibre que celle réalisée avec la Société Générale.
- Il devient le roi des rumstecks grillés à la sauce échalote en devenant actionnaire majoritaire des restaurants Buffalo Grill. Là où personne n´y croyait, Bazin redonne un souffle à la chaîne de restaurants qui commençait à s´effondrer.
- Il poursuit ses investissements de "capital-risque" en injectant de l´argent dans le groupe hôtelier Accor. Cela a pour conséquence de booster le montant des actions d´Accor.
De l´économie, des finances... On n´y comprend pas grand chose. Accroître la valeur d´une société en train de couler, c´est bien. Mais faire courir Vikash et Nanard, c´est une autre paire de scrotums.
Quel est donc l´intérêt de Colony Capital avec le PSG ?
Un fonds d´investissement a pour spécialité d´acheter des biens ou des entreprises en perte de vitesse pour les revendre à prix d´or afin d´y effectuer un fort bénéfice. Or, le choix du football et plus précisément du PSG se présente comme un pari risqué vu les dettes accumulées par le futur ex-actionnaire (238 millions d´euros!) et les attentes (ou plutôt impatiences) des supporters. Qu´importe, Sébastien Bazin est conscient de la difficulté de la tâche mais il a déjà un plan en tête: « Nous connaissons le chiffre d’affaires à 10 % près. Ce sont les droits audiovisuels, les entrées au stade et le sponsoring qu’il est possible de faire croître. Ensuite, il y a l’achat et la vente des joueurs, plus aléatoires, où certains ont perdu de l’argent en raison des prix de transfert et des salaires mirobolants. Là-dessus, nous serons vigilants . »
On peut donc s´attendre à une gestion aboutie dans le but de limiter les gaspillages... donc de ne pas reproduire les boulettes de l´ère Bietry ou encore Perpère.
Bazin sait aussi que le moyen le plus aisé de faire des bénéfices est d´avoir des résultats. Bien que réticent face aux gros salaires et aux transferts mirobolants, le responsable de Colony Europe ne refusera cependant pas de sortir le chéquier, comme on l´a vu pour la prolongation de Pauleta, à partir du moment où l´intérêt sportif est réel.
Bien qu´il soit encore tôt de juger des actionnaires qui ne sont pas encore officiellement en place, l´optimisme demeure présent par rapport à l´historique convaincant de Colony Capital Europe.