"Tous derrière Fournier !"
15/12/2005
Par ERIC DELTOUR
De Sports.fr
C´est le cri quasi-unanime poussé jeudi, à la sortie de leur entraînement, par les joueurs du PSG, dont plusieurs cadres ont finalement tenu à monter au créneau pour apporter leur soutien à leur entraîneur contesté et menacé, dans la foulée de la victoire (2-0) face à Rennes, par les propos du président Blayau. Même si le sort de Laurent Fournier semble d´ores et déjà réglé en haut lieu, l´effectif parisien l´annonce haut et clair: tous joueront pour "Lolo" samedi, à Ajaccio, pour le compte de la 19e journée de L1.
Laurent Fournier ne croit plus au Père Noël. Présent jeudi soir, en famille, au Parc des Princes, à l´arbre de Noël du comité d´entreprise du PSG, l´entraîneur parisien n´avait aucune raison de croire en une joyeuse fin d´année. Pourtant, l´entraîneur parisien n´est plus seul... Trois jours après sa mise en cause par son propre président, Pierre Blayau, lui signifiant, à mots à peine déguisés, son prochain débarquement lors du mercato, il a reçu jeudi, à l´issue de l´entraînement, l´appui de quelques uns des principaux cadres de son effectif (Letizi, Yepes, Armand, Mendy). Si elle ne semble pas en mesure d´inverser à elle seule une tendance qui paraît désormais irréversible pour le technicien parisien, cette marque de soutien, à deux jours d´un déplacement devenu crucial à Ajaccio, permet à Fournier de garder un atout non négligeable dans sa manche.
Et pourtant, aussi surprenante qu´elle puisse paraître dans la foulée de ce qui a tout de la performance la plus aboutie de l´équipe parisienne cette saison face à Rennes (2-0), samedi dernier, au Parc, l´éviction de celui qui succéda à Vahid Halilhodzic la saison dernière serait d´ores et déjà acquise. Ce mouvement de soutien spontané et médiatisé, qui risque d´être modérément apprécié par Pierre Blayau, n´y changerait rien. La tête de Fournier a été réclamée en haut lieu et le processus est enclenché...
Letizi: "Gagner à Ajaccio pour Lolo"
Le Paris SG peut bien pointer à la veille de la 19e journée de L1 à seulement deux points de cette fameuse deuxième place, décrétée objectif du club par la présidence, Fournier n´a plus la cote. Une situation qui, aux yeux de Lionel Letizi, en tête jeudi au Camp des Loges pour apporter tout son soutien à son entraîneur, s´avère tout simplement "surréaliste". Et le portier parisien, du haut de ses 32 ans et de ses 335 matches de Ligue 1, ne se gêne pas pour le dire: "Je suis le premier supporter de Fournier. Je n´ai jamais lâché un entraîneur et je ne vais pas commencer. On soutient tous Fournier et ce qui se passe ne devrait pas arriver."
Dans la foulée de Letizi, Yepes, Mendy et Armand vont ainsi se succéder pour multiplier les témoignages de soutien envers leur coach. Pauleta, qui s´est déjà largement exposé depuis le début de la saison mais qui fait figure de supporter n°1 de Fournier, a délégué cette fois. Et si l´on excepte les victimes tactiques du début de saison, le front pro-Fournier est quasi-total. En grand habitué des vicissitudes de la vie du club parisien, Letizi, lui, fait référence, comme un avertissement, à une autre période trouble du club, pas si ancienne: "Ce n´est pas la meilleure façon de lui faire préparer un match et ça me rappelle quand (Philippe) Bergeroo a été viré après le match contre Sedan (ndlr: défaite 5-1 du PSG le 5 décembre 2000). La suite a montré que c´était une erreur et j´espère que l´on ne fera pas la même erreur." Pour autant, et tous en sont conscients, leur capacité à empêcher pareille destitution paraît bien faible: "La meilleure façon de soutenir Lolo, c´est de gagner contre Ajaccio. En arriver là, je ne comprends pas..."
Samedi, en Corse, puis quatre jours plus tard à Toulouse, en Coupe de la Ligue, les joueurs du PSG joueront pour tenter de sauver la mise de leur entraîneur. En vain, est-on en droit de penser. Des noms couchés par Pierre Blayau sur sa liste de successeurs possibles de Fournier à la tête du club de la capitale, celui de Guy Lacombe – Le Guen, soucieux de ne pas succéder à un ami, aurait décliné la proposition et Deschamps serait trop cher (200 000 euros mensuel) - aurait, selon Le Parisien, d´ores et déjà les faveurs de la présidence...