Voilà presque vingt ans que le Paris-SG monopolise la représentation francilienne en Ligue 1. Au-delà de la réussite du club du camp des loges, cette suprématie régionale s´explique surtout par l´incapacité sportive et économique de ses proches voisins. Dans l´ensemble des pays du vieux continent, la capitale est le premier pourvoyeur des clubs de l´élite. Les récentes performances de l´USCL pourraient mettre fin à l´exception française et proposer, enfin, une alternative.
Deux décennies sans " concurrence " locale à l´échelon supérieur. Depuis la noyade du Matra-Racing, le PSG s´adonne à une véritable course en solitaire sur les bords de Seine. Lorsqu´en 1990, Jean-Luc Lagardère se retire du Racing, la région parisienne perd son deuxième prétendant au titre de champion national. Paris n´aura plus que le PSG. Et pour longtemps.
Pourtant, avant même que le petit dernier (le PSG a été fondé en 1970) ne soit appelé à jouer le premier rôle, le football francilien se caractérisait déjà par son instabilité. Les centenaires avaient fait leur temps. Le CA Paris et Stade Français ont maintenant disparu. Le Paris FC souffre de ses mariages ratés. En 1972, il divorce du PSG. En 1984, se sépare de Lagardère. Et depuis 1996, il arbore son nom retapé d´un " 2000 ". Mais l´avenir est bien loin de la D1. Le club joue le maintien, chez les amateurs (CFA). Au même titre que le doyen ; le Racing Club de Paris (1882). Entre changements de noms et de propriétaires, l´équipe de Colombes ne reprendra jamais son envol. Pour le reste de la banlieue, pas mieux. Le Red Star, rétrogradé en CFA 2 en 2002, paye pour ses impayés, Noisy-le-Sec (CFA) pour sa fragilité. L´époque des derbys franciliens est révolue.
Paris perdu au milieu de l´Europe
Et si le monopole parisien n´était, en fait, qu´une conséquence du mode de fonctionnement français ? A commencer par la loi. Jusqu´à il y a peu, une ville de moins de 100.000 habitants ne pouvait posséder deux clubs que s´ils étaient séparés par deux divisions. La région parisienne et ses dix millions d´habitants est certes loin de ces préoccupations. Mais jamais les tentatives de renaissance des " anciens " n´ont été soutenues. Alors que dans les années 90 la Mairie parisienne ouvre son cœur - et sa bourse - au PSG, les clubs des alentours croulent sous les dettes. Dans l´indifférence. Finalement, la rivalité OM-PSG suffira au bonheur des supporters. Pour Tapie, l´alternative à l´OM devait être plus politique que géographique. Tapie voyait grand. Son " derby " sera national ; social. Bien différent des derbys traditionnels et mythiques ; des " vrais " comme le dénoncent les puristes. Ceux que l´on retrouve dans les autres championnats européens. Londres héberge, cette saison, cinq représentants de l´élite (du Chelsea de Mourinho, à Arsenal en passant par Tottenham, Charlton ou West Ham). Lisbonne en compte quatre (Benfica, Sporting, Belenenses, Estrela Amadora). Madrid, trois (Real, Atlético et Getafe). Moscou, six (Spartak, Dynamo, FC, Lokomotiv, Torpedo, CSKA). Sans oublier la confrontation idéologique romaine (Lazio, AS Roma) ou le très religieux Celtic-Rangers de Glasgow. Mention spéciale pour la Grèce. Athènes compte en 2005/06 pas moins de huit clubs de Ligue 1 (AEK, Olympiakos, Ionikos, Aigaleo, Panionios, Atomikos, Khalitea, Atromitos et Panathinaikos). Paris est unique. Le PSG s´attire toutes les convoitises. L´illusion de l´exclusivité l´a longtemps emportée sur la possibilité du pluralisme. La victoire du PSG en Coupe des Coupes (1996) masquera un temps les manques d´une région. Mais déjà les crises cycliques s´installent au Parc des Princes. Et quand on perd, c´est connu, on débat.
Un " Paris " trop osé ?
Quand le Paris FC fusionne avec Saint-Germain, en 1970, ses fondateurs spéculent déjà sur les retombées de cette union. Joindre la capitale à la banlieue. Judicieux. Soit un potentiel public, économique et social encore plus important. L´idée porte ses fruits. Juteux. Le Parc des Princes jouit d´un taux d´affluence conséquent. Les chiffres actuels sont éloquents. Les supporters viennent des quatre coins de la région. Voire d´au-delà. Mais dans les tribunes, les guerres éclatent. L´opposition Auteuil - Boulogne fait rage. Un match dans le match, entre membres d´une même équipe. Et ces derniers temps, les conflits s´intensifient. Les résultats ne suivent pas toujours. Le PSG fait parfois honte. Et le malaise est profond. On en vient alors à se demander si le PSG a la capacité, l´image et la vocation à fédérer. Et si cette guerre des clans reflétait un manque ? Celui d´un autre club de premier plan en Île-de-France. Si pour beaucoup cette possibilité est une réalité, peu s´accordent à définir le nom du rival. Cette saison, Créteil-Lusitanos rétorque, résultats en main.
L´alternative
Depuis sa prise de fonctions à la tête des Béliers, Armand Lopes ne s´en est jamais caché. Son objectif, c´est la Ligue 1. En début de saison dernière, il visait la montée sur " deux ou trois saisons. " En 2005/06, il maintient le cap. Contre vents et marées. Au risque des s´attirer les moqueries. De faire rire parfois. Pourtant, depuis le début de l´exercice actuel, l´USCL gagne surtout les éloges. L´USCL gagne, surtout. Sur tous les fronts. Hubert Velud a inculqué la victoire à ses joueurs. Les spectateurs suivent. Et c´est tout un club qui inspire le respect. Un club qui aspire enfin à la reconnaissance. Cette fois, c´est bien parti…
regarder cette article vient du site d l´us creteil lusitanos.On dirait tapie qui parle.