Au quart du chemin
Ainsi va la vie des clubs professionnels. En cette période décisive d’éliminatoires pour la Coupe du Monde 2006 allemande, nombre de techniciens doivent faire face aux départs de leurs internationaux.
Laurent Fournier n’y a évidemment pas échappé. Pour la reprise de l’entraînement après deux jours de repos, l’entraîneur du PSG a retrouvé, ce mercredi matin, un groupe amputé de David Rozehnal, Pedro Pauleta, Mario Yepes, Modeste Mbami, Boukary Dramé ou d’un Vikash Dhorasoo s’ébrouant à une poignée de kilomètres de Saint-Germain, du côté de Clairefontaine, en compagnie de Bleus se cherchant des leaders d’attaque.
Après un footing en forêt, les Rouge et Bleu se livrèrent à un circuit leur permettant d’allier travail de précision, sur des centres, et plaisir, sur des reprises de volées. Un circuit auxquels Bonaventure Kalou, qui soigne des adducteurs douloureux, et Franck Djadjédjé, victime, samedi, à l’entraînement, d’une fracture de la malléole gauche, ne prirent pas part. Bernard Mendy, d’une frappe mémorable, ou Jérôme Alonzo, qui défia notamment Mohamed Benhamou ou Nicolas Cousin, apportèrent un peu de chaleur à une matinée passée dans une fraîcheur et une brume nous rappelant que l’Hexagone bascule doucement mais sûrement dans l’Hiver.
Le groupe parisien boucla sa matinée en procédant à un long travail de musculation et d’étirements, en salle. Sans que l’on ne voit les semaines défiler, il vient, déjà, d’en finir avec le premier quart du championnat. Avec une moyenne de deux points par match (vingt points en dix rencontres) et une seconde place consolidée semaine après semaine, Sylvain Armand et ses équipiers peuvent être satisfaits.
L’ancien Nantais, bien que déçu de ne pas avoir été appelé par Raymond Domenech en Equipe de France suite au forfait de Gaël Givet, espère de façon fair-play que tout se passera bien pour Franck Jurietti, la surprise bordelaise de ce début octobre. Il souhaite également que le PSG poursuive sur la lancée qui est la sienne, même si les absences conjuguées de Pedro Pauleta et d’Edouard Cissé à Marseille, dans quinze jours, rendent la prochaine sortie au Vélodrome plus délicate qu’elle ne l’est habituellement.
«Le bilan est positif, c’est tout ce que nous attendions, nous voulions, nous espérions. Le négatif, c’est simplement le fait que Lyon soit à quatre points. Mais, vraiment, nous sommes en phase avec ce nous voulions faire. Pour le prochain match face à Marseille, Pedro Pauleta sera absent et c’est un vrai handicap. Maintenant, il y a des joueurs qui sont capables de le remplacer et auront le bonheur de jouer au Vélodrome. On n’y a toutefois pas trop pensé pour le moment. Il faudra faire abstraction de cela. A celui qui jouera de remplacer Pedro de la façon la plus positive possible.»
«L’absence de Pedro, poursuit Christophe Landrin, permettra à quelqu’un de prouver ses qualités. Il faut voir le bon côté des choses. C’est comme cela et il faut faire avec !» Plus largement, l’ancien Lillois procède à une analyse du début de saison parisien sensiblement identique à celle de Sylvain Armand. Un début de saison qui n’est d’ailleurs pas sans lui rappeler, par certains aspects «réalistes», celui vécu avec le LOSC en 2004-2005.
«Même si Lyon se détache un peu, on savait que nous serions là. J’avais également parlé de Bordeaux il y a quelques temps. Il n’y a pas de grosses surprises. Nous sommes bien placés, à l’affût de Lyon. Au Parc des Princes, le bilan est presque parfait avec cinq victoires en six rencontres. De plus, il est encourageant de gagner des matchs en étant parfois un peu moins bons. Ce n’est pas non plus la catastrophe. Je vois un parallèle avec Lille dans l’état d’esprit. Si nous gagnons en n’étant pas encore parfaits en termes de qualité de jeu, alors c’est signe de bonnes heures.»
Finalement, les seuls motifs d’insatisfaction pourraient résider dans les suspensions prochaines de Pedro Pauleta et d’Edouard Cissé. Bien malheureux face à Nantes, samedi, le milieu de terrain parisien a écopé de deux cartons jaunes sur, quasiment, ses deux uniques fautes de la partie. «Il faudrait que les arbitres se rendent compte si certains gestes peuvent ou non nuire à l’intégrité physique de l’adversaire, analyse-t-il sans esprit polémique. J’espère simplement ne pas prendre deux matchs de suspension. J’espère également ne pas avoir l’image de bad-boy d’autant que je ne commets pas un attentat comparé aux mauvais gestes que l’on peut voir tous les week-ends. [...] Le positif est qu’il n’y a pas eu de mauvaises conséquences et que l’équipe s’est révoltée. C’est un peu frustrant pour Marseille.» Et de conclure, sourire en coin : «Maintenant, c’est clair, je suis obligé de faire attention !»
Les Parisiens s’entraîneront toute la semaine, à 10h00, et seront au repos dimanche. De quoi recharger les batteries avant de replonger dans le quotidien de la Ligue 1 jusque fin décembre.