En concédant dimanche à Saint-Etienne sa deuxième défaite de la saison (3-0), le PSG a raté l´occasion de montrer qu´il avait les moyens de hisser son niveau de jeu face à un adversaire de calibre supérieur. Au lieu de quoi, il a affiché des limites tant au niveau de son jeu que de son effectif, se montrant incapable d´effacer l´impression mitigée laissée par ses prestations précédentes. Les recrues tardent à atteindre leur plein rendement, le plan de jeu reste assez flou, les supporters attendent une réaction mercredi pour la venue de Lille (8e journée de L1).
On se croirait presque revenu un an en arrière... La sévère défaite concédée par Paris à Saint-Etienne dimanche dernier en clôture de la 7e journée de Ligue 1 a fait planer comme un air de déjà-vu dans le Chaudron de Geoffroy-Guichard. Erreurs individuelles (où sont Rozenhal et Cissé sur les deuxième et troisième buts ?) , duels perdus, absence de fluidité entre les lignes, attaquants esseulés, ce PSG a laissé une fâcheuse impression, en premier lieu à son entraîneur, Laurent Fournier, qui reconnaissait sans mal le "non-match" de ses protégés.
"On n´a pas montré grand chose. Quand on voit un joueur stéphanois gagner un duel contre trois Parisiens, ça fait mal. Quand on ne gagne pas un duel et qu´on se montre passif, on n´a pas grand chose à revendiquer. C´était une soirée sans et on a mérité cette défaite. On avait parlé de suffisance après notre victoire face à Strasbourg, j´avais dit non. Mais là, je dis oui." Fermez le ban, "Lolo" n´est pas content.
Si l´ex-milieu de terrain semble surtout plaider pour l´accident de parcours, un regard sur les prestations du PSG depuis le début de la saison laisse légèrement circonspect face à cette hypothèse. Certes, avec 13 points sur 21 possibles, le bilan comptable est acceptable. Mais Paris a reçu quatre fois sur sept et sans leur faire injure, les adversaires des joueurs de la capitale depuis le début de la saison ne figurent pas parmi les "cadors" de la Ligue 1. Un simple regard sur le classement suffit à le confirmer: sur les sept équipes rencontrées, quatre figurent parmi les cinq derniers (dans l´ordre croissant du classement Strasbourg, Metz, Toulouse et Sochaux), six parmi les dix derniers (si on ajoute Nice, 13e, et Troyes, 11e), un seul parmi les dix premiers, Saint-Etienne. Lors de son premier rendez-vous face à un adversaire a priori plus coriace, Paris a donc chuté et lourdement.
M´Bami: "Les absences de joueurs de qualité ont pesé"
A ce premier bémol peut s´ajouter un autre lié à la manière employée. Si le succès initial face à Metz a semblé lancer le PSG sur de bonnes bases au niveau de la qualité de son jeu offensif, force est de constater que Dhorasoo et ses partenaires n´ont pas particulièrement brillé au Parc devant Toulouse (2-0), Nice (1-2) et Strasbourg (1-0). A l´extérieur, le succès à Sochaux avait donné l´image d´une solidité d´ensemble, le nul à Troyes (1-1) avait été plus heureux, les Parisiens ayant été sérieusement malmenés par le promu.
Bref, une impression mitigée se dégage de ce PSG après 7 journées, alors que le recrutement avait laissé espérer aux supporters spectacle et résultats. Seulement, les nouveaux arrivants tardent encore à apporter une réelle plus-value: Dhorasoo et Kalou alternent le bon et le moins bon, même s´il faut reconnaître qu´ils n´ont pas ménagé leur peine début septembre entre Ligue 1 et rendez-vous internationaux, Landrin semble frappé du syndrome qui a touché avant lui des joueurs comme Armand ou Pancrate, à savoir qu´ils ont du mal à confirmer dans les rangs parisiens les prestations qu´ils livraient dans leur club précédent, tandis que Rozenhal n´a pas encore franchement convaincu en défense centrale au côté de Yepes. Inutile d´évoquer les cas des Uruguayens Bueno et Rodriguez, provisoirement suspendus par la Fifa en raison du litige les opposant à leur ancien club, Penarol.
Un effectif trop limité ?
Bref, la manière laisse à désirer, particulièrement quand Rothen n´est pas là. Avec sa patte gauche, sa technique en mouvement, sa percussion, l´ex-Monégasque a souvent été décisif depuis le début de la saison, ses absences sur des blessures consécutives à de violents tacles adverses laissent indéniablement un vide. "Les absences de joueurs de qualité ont pesé ce soir, on aurait peut-être pu plus garder le ballon. Sans eux, on n´a pas pu exploiter les côtés, écarter le jeu, car nous n´avions pas de joueurs de couloir", soulignait ainsi M´Bami dimanche dans les couloirs de Geoffroy-Guichard.
Des propos qui illustrent l´insuffisance du banc de touche parisien. Dimanche, en l´absence de Rothen, Kalou et Pichot (blessés) et Armand (suspendu), le banc était ainsi composé de Dja Djedje, Drame, Badiane, Semak et Letizi (blessé pendant l´échauffement, ce dernier renonça au dernier moment). Certes, Paris n´a pas de Coupe d´Europe à jouer cette saison mais si blessures et suspensions se multiplient et à moins que les intéressés ne crèvent l´écran, on ne peut pas à proprement parler d´un effectif aux ressources inépuisables.
Malgré cela, le PSG a pris des points, là où la saison dernière, ils les perdaient allègrement (trois nuls contre les trois promus en début de saison, dont deux au Parc), ce qui le met dans une situation moins urgente. Mais Laurent Fournier n´est pas dupe et sitôt la défaite à Saint-Etienne consommée, il appelait ses joueurs à réagir: "Il faut surtout remettre le bleu de chauffe. Nous n´avons pas affiché le véritable visage que le PSG doit montrer." Le public du Parc aura-t-il droit à l´occasion de la venue de Lille à ce fameux vrai visage ? Réponse mercredi soir.