MARTINS, UN VRAI GENTLEMAN
Pour le match décisif qui opposait le Nigeria à l’Algérie, pendant que la plupart des « Super Eagles » étaient concentrés sur le match en évitant tout contact avec la presse, Obafemi Martins, lui, n’a pas manqué de rendre hommage à l’adversaire. Au quotidien local « El-Khabar » il a accordé un entretien dans lequel il gratifie l’amour que les algériens portent au football. « Ce pays a toujours accordé une grande importance à ce genre de rencontres même sans véritable enjeu du fait que le football occupe une importante place dans la société. Ce genre de paramètres est quelque chose que les adversaires craignent car il n’est jamais facile de s’imposer sur une terre de football à proprement dit », ces quelques paroles ont suffi pour constater tout le professionnalisme et le respect qui caractérisent ce joueur.
Les supporters présents dans le stade mettaient l’accent sur le fait qu’il ne fallait pas lâcher Martins d’une semelle. Mais par la suite tous s’accordaient à dire que ce gars-là était à part et qu’il était impossible de pratiquer un marquage efficace sur lui. Une fois balle au pied, il est intouchable et seule une faute permet alors d’arrêter sa fougue. Avec une vitesse d’exécution déroutante, une couverture de balle implacable, une vision de jeu excellente, on se demande bien s’il possède un point faible. Avec ses deux buts inscrits et une passe décisive (sans compter les nombreuses occasions arrêtées par le gardien), il a été de loin celui qui a permis à la sélection nigériane d’empocher les trois points haut la main.
Martins ne se contente pas de faire le spectacle sur la pelouse tout au long des 90 minutes, il le fait aussi après. Ainsi il ne manque pas de saluer ses compatriotes qui se sont déplacés par centaines rien que pour le voir lui et ses coéquipiers. Jusque là, rien d’anormal. Ce qui l’est moins c’est sa faculté à recevoir les éloges du public adverse. Dimanche, il en a surpris plus d’un. Acclamé par une partie des supporters algériens, il a résisté aux forces de l’ordre pour offrir son maillot à un jeune supporter algérien... un privilège auquel même les siens n’ont pas eu droit. Quel geste ! Un geste digne d’un grand gentleman qui fera encore parler de lui longtemps, sur et en dehors du terrain !