« Du Barthez tout craché. » Le titre de Mario Albano dans La Provence est un chef d’œuvre. Les arrêts du gardien marseillais en début de match face aux Suisses en sont également. Comme l’écrit le reporter de La Provence, « c’est là du Barthez tout craché. Savoir s’affranchir du contexte, être capable d’oublier ses gants avant une finale de Ligue des Champions ou son sac à l’hôtel avant un match à Saint-Étienne, c’est tout à fait dans l’ordre des choses pour un footballeur qui n’est dans son match qu’une fois celui-ci commencé ». La semaine a pourtant été agitée pour Barthez. Ses déclarations sur le milieu de « plus en plus pourri », sur l’affaire de son crachat ou sur le déplacement en Israël n’ont pas grandi l’image de l’homme. Mais même au cœur de la tempête, Barthez ne change pas. Il est là, à l’heure aux grands rendez-vous.
Face aux Suisses donc, il a encore justifié sa titularisation à la place d’un Grégory Coupet qui ferait le bonheur de n’importe quelle autre nation. Prompt à sortir dans les pieds, impeccable sur sa ligne, l’ancien portier de Manchester United a démontré qu’il n’avait pas perdu tout son talent. Et dans un match international, on juge un joueur sur son jeu, et non sur ses qualités extra-sportives. Contre Israël, s’il n’écoute pas son for intérieur qui l’appelle à renoncer au déplacement, il sera encore une fois une arme fatale pour les Bleus. Sans lui, deux des trois 0-0 concédés au Stade de France ( contre l´Eire et la Suisse, Coupet gardant la cage contre Israël) auraient tout aussi bien pu être des 0-1 encore plus catastrophiques.
Reste qu’hélas, l’extra-sportif peut rattraper Barthez. Jugé le 7 avril, il risque de prendre six mois de suspension. Outré de l’ampleur prise par l’affaire de son crachat au Maroc sur un arbitre le 12 février, Barthez est resté égal à lui-même, ne s’excusant pas publiquement, se contentant de s’adresser directement à l’homme en noir insulté. S’il prenait un an de suspension, Barthez n’hésiterait pas à prendre sa retraite. Il partirait, peut-être sans un mot et sans regret. Son image de grand champion serait sûrement écornée. Mais lui semble ne pas s’en faire. L’équipe de France perdrait un des derniers Mohicans de la finale du Mondial 1998. Avec Coupet dans l’antichambre, ce départ ne sera sans doute pas aussi néfaste aux Bleus que ceux de Thuram ou Zidane. Mais il faudra malgré tout se souvenir que Fabien Barthez, comme il l’a démontré contre la Suisse, est et restera le meilleur gardien de but de l’histoire de l’équipe de France. Malgré tout.
ça me fait de la peine 