Le vent du boulet
16 mai 2005 - Olivier DE LOS BUEIS
Treizième avec 42 points, Bordeaux, après avoir caressé le rêve européen devra arracher… son maintien lors des deux derniers matchs. A domicile, mais devant un public écoeuré par son équipe, la tâche ne sera pas aussi facile que cela. Surtout contre Monaco puis Marseille.
Désabusés, écoeurés…Les supporters bordelais n’ont cessé cette année de s’adresser à nous par mails. « Dirigeants désespérants, supporters désespérés » était l’un des slogans les plus représentatifs de ces Internautes girondins déçus, une nouvelle fois, de la tournure des événements. La correction reçue à Lyon dimanche ne peut que leur donner raison. Voilà les Bordelais à trois points du premier relégable. Les Aquitains devront prendre des points face à Monaco et Marseille à domicile pour sauver la face à défaut de l’honneur déjà perdu.
Après un début de saison plombé par une litanie de matchs nuls, mais que masquait un classement flatteur, les Bordelais se sont peu à peu enlisés. La défense de fer s’est progressivement délitée, rouillée alors que l’attaque restait de son côté famélique. Du coup, l’ambiance sympa que nous décrivaient en début de saison Camel Meriem et Julien Faubert en a pris un sacré coup. Les plus anciens jetant l’opprobre sur les plus jeunes, les plus jeunes réagissant mal... Quant à certains, en froid avec le club, ils ne font guère mystère de leur désintérêt pour la vie locale, à l’image d’un Jean-Claude Darcheville qui n’a toujours pas digéré qu’on ne l’ait pas soutenu pendant sa blessure…
Au final, les blessures en pagaille n’aidant pas, Bordeaux est passé en quelques mois de la 4eme à la 13eme place au général. Les supporters, excédés, en sont venus à interpeller les joueurs au Haillan pour leur demander de respecter le célèbre maillot au Scapulaire. Mais malgré une réaction face au Saint-Étienne d’Elie Baup, Bordeaux n’a pas su se remettre dans le droit chemin. Avant Lyon, Marc Planus craignait de prendre une valise si tous les joueurs ne faisaient pas les efforts ensemble. Il a vu juste. Désormais, dans un Chaban-Delmas qui pourrait devenir hostile, les Bordelais n’ont plus le choix. C’est la victoire ou la honte. Mais Bordeaux parviendra-t-il cette semaine à réaliser l’union sacrée dirigeants-staff-joueurs-supporters nécessaire ? Réponse samedi soir.