voici l´article entier de l´equipe:
Bordeaux, attention chantier
Les Girondins n’ont pas encore assuré leur maintien, mais s’agitent déjà pour recruter et retrouver leur standing.
BORDEAUX –
de notre envoyé spécial
MARDI SOIR, Jean-Louis Triaud, le président des Girondins, Charles Camporro, le directeur sportif, et Michel Pavon, l’entraîneur, ont eu une importante « réunion de travail ». Les trois hommesont procédé à un« examen général de la saison » afin d’établir un premier état des besoins en termes de recrutement. Douzième avec 40 points, Bordeaux n’est pourtant pas encore assuré de son maintien. Et la gestion d’une fin de saison à double tranchant – déplacements à Ajaccio et Lyon, réceptions d’Auxerre, Monaco et Marseille – conditionne l’avenir immédiat d’un club désireux de retrouver, au plus vite, son standing d’antan.
M 6 PRÊT À INVESTIR
Samedi soir, encore sous le coup de la défaite face à Nantes ( 0-2), Jean-Louis Triaud a rompu avec la langue de bois qu’il maniait jusque-là. « Il n’y a pas 36 solutions, a expliqué le président. Soit Bordeaux s’appuie sur son seul centre de formation,soit il vend des joueurs pour en acheter d’autres, soit M 6 décide d’investir d’avantage. » Interrogé sur le sujet, Nicolas de Tavernost, le président
du directoire deM6, l’actionnaire principal du club, a admis « être prêt à donner un coup de reins, si c’est nécessaire. Que l’on nous présente des choses concrètes pour faire en sorte que nous ayons plus de certitudes sportives et nous aviserons.
On ne peut pas se payer une 3e saison comme celle que nous sommes en train de vivre. Ce n’est pas possible. » Nicolas de Tavernost a rappelé que son groupe avait déjà épongé un déficit de 8,5 millions d’euros pour l’année 2004, mais qu’il n’était pas pour autant « à 1 million d’euros près… » Une somme suffisante pour sortir Bordeaux du ventre mou dans lequel il est en train de s’installer ?
RECRUTER DES LEADERS DE JEU
« Notre onze se meurt, Bordeaux grand cru déclassé ». Cette banderole déployée, samedi soir, dans l’un des virages du stade Chaban-Delmas résume parfaitement la situation. Les supporters s’impatientent et exigent que leur club ne joue plus à cache-cache. Une opinion partagée par Michel Pavon, l’entraîneur, qui ne supporte
plus cette situation « entre deux eaux » et veut à nouveau fréquenter la cour des grands. Il souhaite disposer « de la plus grosse enveloppe possible » pour étoffer son effectif afin qu’il y ait« de la concurrence et que les joueurs ne s’installent
pas dans le confort ». Sa priorité concerne le recrutement « de leaders de jeu » et de joueurs – aumoins un par ligne – ayant « de l’expérience et de la maturité ».
Faut-il en déduire que Camel Meriem – qui intéresserait Monaco – n’a pas su se mettre dans la peau d’un patron et ne serait plus l’axe central de l’équipe de la saison prochaine ? C’est possible. En revanche, les départs de Rio Mavuba et de
Marouane Chamakh, les autres valeurs montantes du club, ne sont pas à l’ordre du jour. Cyril Rool, lui, est en « pourparlers avancés » pour une prolongation de contrat « de deux ou trois ans ». Seules certitudes concernant les départs : le Russe Alexeï Kossonogov, en fin de contrat, ne sera pas conservé, pas plus que le Nigérian Kalu Uché, qui repartira au Wisla Cracovie ( D 1 polonaise). SaintÉtienne
étant assuré de son maintien, le prêt de Pascal Feindouno va se transformer en transfert définitif.
ÉCLAIRCIR L’AVENIR DE PAVON
Le jeudi 17 mars, Jean-Louis Triaud avait pris tout le monde de court en annonçant que Michel Pavonavait signé, courant décembre, uneprolongation
de contrat d’un an, assortie d’une revalorisation salariale. À l’époque de ce renouvellement, les Bordelais étaient septièmes, à trois points de l’Europe. Depuis, ils ont été éliminés de la Coupe de France en 16e de finale par le Paris-SG
( 1-3, a.p.). En Championnat, ils présentent le plus mauvaisbilan de la phase retour ( 13 points pris en 14 matches). L’entraîneur qui avait remplacé Élie
Baup, le 24 octobre 2003, est lié avec les Girondins jusqu’en 2007. Mais que pèse cette garantie contractuelle ? Samedi, RioMavuba a assuré, dans un bel élan de
franchise, que les « joueurs étaient responsables à cent pour cent » du marasme sportif. En début de semaine, Jean-Louis Triaud a rappelé « qu’on changeait d’entraîneur quand le groupe était en situation de divorce avec le technicien en place, ce n’est pas le cas… ». La réalité n’est pourtant pas aussi limpide. Au fil
des échecs et des contre-performances, Michel Pavona lâché des petites phrases lourdes de sens. Après un piètre nul à domicile face à Caen ( 2-2), en février, il a parlé de « trahison ». Par la suite, il a souligné « qu’il donnait beaucoup, mais qu’il ne recevait rien en retour ». L’expression amère du nécessaire apprentissage d’une fonction qui interdit toute forme de complaisance ? Les limites d’un message qui ne passerait plus, voire les premiers signes d’une fracture ? Les joueurs bordelais ont cinq matches devant eux pour répondre à ces questions.