Le président des Girondins, Jean-Louis Triaud ( Panoramic)
Surclassés par Nantes, samedi, sur leur pelouse de Chaban Delmas, les Girondins ne cessent de perdre pied en cette fin de championnat. Alors que le public bordelais réclame la tête de la direction, le président Jean-Louis Triaud évoque déjà la saison prochaine en espérant obtenir de l’actionnaire principal, M6, les moyens nécessaires pour sortir du marasme. Interview
Par Antoine Cassagne-Latute
Notre correspondant à Bordeaux
Sport24.com : Dans quel état d’esprit vous trouvez-vous au lendemain de cette nouvelle claque reçue à domicile ?
Jean-Louis Triaud : C’est un mélange de beaucoup d’insatisfaction et de pas mal d’interrogations. La question qui se pose c’est pourquoi des garçons qui possèdent des qualités techniques incontestables ne parviennent pas à les exploiter en match. Il faut s’interroger sur ce manque de caractère, de personnalité, de confiance et d’expérience dont souffre le groupe. Est-ce qu’il ne manque pas un vrai leader à cette équipe, quelqu’un capable de remettre ses coéquipiers dans le bon sens lorsque les choses tournent mal ? Sur ce point, le déroulement du match de samedi est très symptomatique. On fait une entame plutôt satisfaisante et puis on prend un but et ensuite, plus rien. L’équipe s’est complètement délitée. Ce n’est pas un problème d’envie ou de volonté, les joueurs se défoncent sur le terrain. Mais ils le font dans un désordre total.
Sport24.com : Vous parlez du manque de leaders. Certaines recrues vous ont-elles déçues sur ce point ?
Jean-Louis Triaud : Je l’avais dit en début de saison et je le répète aujourd’hui, nous n’avons pas investi beaucoup et nous nous attendions à vivre une saison de transition. Nous avons tenté un pari risqué en partant avec un groupe inexpérimenté dont nous ne connaissions pas vraiment la capacité de réaction en cas de coup dur. Aujourd’hui, nos craintes se vérifient. L’équipe manque clairement de leader sur le terrain. Personne dans l’effectif n’a la volonté de prendre cette responsabilité ou personne ne sait le faire. Mais l’aspect positif de cette période difficile c’est qu’elle nous donne une idée exacte de la valeur de ce groupe et de ce qui nous manque pour être plus performants. Si nous avions remporté ces deux matches face à Strasbourg et Nantes cela aurait été l’arbre qui cache la forêt. Là, nous ne pouvons pas nous voiler la face.
«Il y a du souci à se faire»
Sport24.com : La capacité de Michel Pavon à faire passer son message est-elle en cause ?
Jean-Louis Triaud : Non. Si l’entraîneur n’est pas suivi dans ses recommandations, c’est que les joueurs n’ont pas la capacité de la faire. Il n’y a pas de volonté de désobéir, ni de rejet vis à vis du discours de Michel Pavon. D’ailleurs je ne suis pas sûr que ces joueurs aient suffisamment de personnalité pour rejeter quoi que ce soit. Preuve qu’il y a du souci à se faire et qu’il faut changer quelque chose.
Sport24.com : Bordeaux doit-il craindre pour son maintien en Ligue 1 ?
Jean-Louis Triaud : Non, je n’ai pas d’inquiétude à ce sujet.
Sport24.com : Vous avez récemment rencontré les dirigeants de M6 pour évoquer la saison prochaine, quel projet leur avez-vous présenté ?
Jean-Louis Triaud : Je leur ai présenté trois scénarios. Soit nous nous appuyons sur le centre de formation, soit nous recrutons en fonction des ventes que nous réaliserons tout en renforçant la formation, soit nous ajoutons à cette deuxième option un budget supplémentaire pour enrichir le groupe. Evidemment, ma préférence va à cette troisième solution.
Sport24.com : Dans quelle mesure peut-on espérer que ce soit également celle des dirigeants de M6 ?
Jean-Louis Triaud : Nous verrons. M6 a une décision à prendre, leur réflexion est en cours. Aujourd’hui, je pense qu’ils sont partagés entre passion et raison. Mais il est évident qu’ils ne peuvent pas se satisfaire de cette situation.
«Je peux comprendre le public»
Sport24.com : Avez-vous fixé le montant précis de l’enveloppe budgétaire nécessaire pour mener la prochaine campagne de recrutement ?
Jean-Louis Triaud : Disons que je n’ai pas fixé de montant maximum. Mais je leur ai effectivement fait part de mes souhaits quant à un montant minimum.
Sport24.com : Que se passerait-il si l’on vous demandait de miser une nouvelle fois sur le centre de formation ?
Jean-Louis Triaud : Ce sont les propriétaires du club, donc s’ils disent qu’il faudra jouer avec le CFA, nous jouerons avec le CFA. Mais il faudra être clair dès le début vis à vis de nos supporters, dire que nous n’avons pas les moyens et que l’objectif du club sera simplement de faire du mieux possible.
Sport24.com : Vous cristallisez sur vous le mécontentement du public bordelais. Comment vivez-vous cette situation ?
Jean-Louis Triaud : Disons que si je devais limiter mon intérêt pour le football à mes sorties du samedi soir, il y a longtemps que j’en aurais eu marre. Heureusement, mes fonctions m’apportent d’autres satisfactions dans la gestion du club au quotidien. Maintenant, je peux aussi comprendre que le public manifeste sa déception. Car on ne peut pas dire que l’on prenne beaucoup de plaisir en ce moment. Sincèrement, si je n’étais pas président du club, il est évident que les résultats et le football pratiqué ne m’encourageraient pas à soutenir l’équipe. Je n’irai probablement pas rouspéter dans les tribunes mais je pense que je préférerais passer une soirée entre amis. Seulement je suis président et je me dois d’être là. Même si c’est parfois très désagréable.
Des paroles des paroleeeeeeeeeeesssssssssssssss lalalala