GIRONDINS. -- Une semaine après la fin du championnat, on n´en sait pas plus sur l´avenir du club. Des questions se posent au sujet du président et de l´entraîneur
Un week-end décisif ? : Alain Goujon
LIGUE 1
Un actionnaire, M6, qui refuse de communiquer pour le moment sur l´orientation et la stratégie à suivre par le club au terme d´une saison au bilan sportif catastrophique. Un président exécutif, Jean-Louis Triaud, qui manie la langue de bois pour ne rien révéler sur la politique sportive à adopter la saison prochaine. Un entraîneur, Michel Pavon, en arrêt de maladie depuis le 10 mai dernier pour une péricardite d´origine virale, qui n´est plus apparu au Haillan depuis le lendemain de la déroute à Lyon et qui n´est toujours pas sorti de son mutisme. En clair, la situation n´a pas évolué aux Girondins une semaine après avoir assuré le maintien en Ligue 1. C´est toujours le flou le plus absolu. Fort heureusement, la campagne d´abonnement pour la saison 2005-2006 n´a pas encore commencé.
Mais que se passe-t-il en coulisse ? Pourquoi les choses traînent-elles ainsi en longueur ? Selon nos informations, des divergences de vue opposeraient les principaux décideurs. Le président répète à l´envi que Michel Pavon, à qui il reste deux années de contrat, continuera d´assurer sa mission en Ligue 1 l´an prochain. D´autres, en plus haut lieu, considèrent que conserver le même organigramme à la tête du club serait incongru, pour ne pas dire plus, après un tel échec sportif. Dans ces cas-là, l´entraîneur est le premier fusible à faire sauter. A moins que ce dernier ne remette de lui-même sa démission. A l´évidence, d´aucuns le souhaitent.
Tant et si bien que plusieurs candidats ont été proposés à la direction du club. Jacques Santini et Rolland Courbis. Le premier, champion de France avec Lyon en 2002, ancien sélectionneur de l´équipe de France, ne semble guère bénéficier d´un soutien inconditionnel. Le second, dont ce serait le retour après des expériences heureuses ( 92 à 94, puis 96-97) conclues par autant de qualifications en Coupe UEFA, aurait l´avantage d´acheter la paix sociale auprès des supporters, des médias et de conserver Michel Pavon dans le staff. Autant d´arguments séduisants capables de convaincre Jean-Louis Triaud.
Les joueurs dans le flou. Sur ce dossier, M6 se montrerait, semble-t-il, plus sceptique. Surtout en prévision du procès sur les comptes de l´Olympique de Marseille qui s´ouvrira en octobre prochain. Mis en examen dans cette affaire, Rolland Courbis sera placé en première ligne pendant trois semaines avec les risques d´une condamnation à la clé. Nicolas de Tavernost a-t-il d´ores et déjà opposé son veto à un éventuel retour de Courbis ? Difficile de savoir. Pour autant, le natif d´Endoume à la gouaille méditerranéenne incomparable a été invité par M6 pour animer, aux côtés d´Alexandre Delperrier, le numéro zéro de la future émission sur le football qui sera diffusée, au terme de chaque journée, à la rentrée. Peut-on imaginer une rencontre impromptue avec M. Tavernost ? Pourquoi pas.
Il n´empêche, le président Triaud, qui a passé la journée de mercredi au siège de la chaîne à Neuilly-sur-Seine, est rentré à Bordeaux par le dernier vol assez éprouvé, voire déstabilisé. Cette entrevue, qui ne devait être qu´une réunion technique sur la situation financière afin d´arrêter les comptes du club au 30 juin, s´est-elle transformée en réunion de crise ? Jeudi matin, Jean-Louis Triaud a annulé une séance de travail au Haillan. L´après-midi, il a omis un rendez-vous médiatique. Faut-il en déduire qu´il est perturbé et qu´il a besoin de quelques jours de réflexion pour faire le point sur sa situation et celle du club ? Pourrait-il être amené à se retirer des affaires pour convenances personnelles, comme ce fut le cas en juin 2002 ? Lierait-il son sort à celui de Michel Pavon si le nom de ce dernier au poste d´entraîneur ne recevait pas l´aval de l´actionnaire ?
Autant de questions sans réponses auxquelles il serait désormais urgent et opportun de répondre. Pour les joueurs qui s´interrogent et veulent en savoir plus sur les intentions du club avant de se décider sur leur propre avenir. Pour les supporters qui attendent avec impatience le signe d´un renouveau pour lutter derechef dans la cour des grands. Pour une ville et une région qui ont manifesté leur soutien total lors des deux ultimes journées de la saison et qui voudraient savoir si le club va recouvrer au plus vite son statut de grand de France. En clair, il est temps de se dévoiler.
Source : Sud Ouest