Go ^^ (Les personnages ressemblent à ceux des mangas, avec des cheveux de toutes les couleurs. =D) C'est également plus poussé psychologiquement. Chaque perso a une histoire. N'hésitez pas à critiquer.(Ici mon style est plus reposant que celui de ma fic) Voici donc l'unique chapitre de ce noble projet qui ne verra jamais le jour. ^^
Chapitre 1
- Donc Voltaire pensa que blablabla…
C’était une journée d’automne. Les feuilles mortes voletaient au gré du vent. Quelques enfants jouaient dans la cour de récréation. Ils se lançaient un ballon aux couleurs vives. Leur voix enjouées résonnaient dans l’air et donnaient envie à ceux qui les observaient de se joindre à eux. Ils dégageaient une impression de bonheur et de joie. Des oiseaux joignirent leur chant à leurs rires. La lumière du soleil, légèrement tamisée par les arbres, se reflétait sur la vitre d’une fenêtre d’école, d’où l’on pouvait observer ce tableau d’enfance innocente et de joie.
C’était le cas d’un jeune homme à la peau mate, dont la teinte tranchait avec ses habits mauves et rouges. Loin de s’intéresser à Voltaire et sa passionnante philosophie, il avait préféré tourner ses yeux aux couleurs de la mer de professeur vers la fenêtre. Réprimant un long soupir d’ennui total, il passa une de ses mains dans ses courts cheveux marines retenus dans un bandeau aux motifs assez originaux. Il jeta un coup d’œil à sa montre : encore vingt minutes. Vingt trop longues minutes à devoir subir la manière de penser de
il-ne-savait-plus-quel-personnage-historique… Réjouissant, comme programme !
Le jeune homme se cala un peu plus confortablement sur son siège. Une douce odeur de tilleul l’enveloppa, comme un parfum maternel. Doux, rassurant… Un peu à l’image qu’il se faisait de sa propre mère. Morte peu après la naissance de son petit frère, il n’avait que quelques vagues souvenirs d’elle. Il ferma les yeux pour se représenter son visage. Tout d’abord, il ne vit rien. Puis des yeux d’une douceur infinie, semblable aux siens, lui apparurent. Une bouche souriante lui vint ensuite, puis une peau d’un teint rosé… ensuite, un visage ovale et gracieux, et enfin, une chevelure bleue sombre, tirant sur le violet. C’était le visage de sa mère, identique à la photo que son père a accroché dans la cuisine. "Ainsi, elle sera toujours là." Lui avait-il expliqué. A ce moment-là, il n’avait que trois ans. Le jeune homme ne l’avait pas compris. Il lui a fallu quelques années de plus pour vraiment saisir le concept de la mort. Tout comme le vide qu’il représentait.
Pas besoin d’être grand philosophe pour ça.
Sur cette pensée et sous le doux regard maternel, bercée par la voix du professeur, le jeune homme s’endormit.
***
Malheureusement, son sommeil ne dura pas longtemps. Réveillé brutalement par un coup de coude de son voisin, le jeune homme ouvrit ses yeux encore embués de sommeil. Il leva vivement sa tête et aperçut le regard du professeur posé sur lui. Absolument pas malveillant, mais assez inquiet. Mais, c’était le professeur Sauron, après tout. Personne n’ignorait qu’il était tout simplement incapable d’être en colère envers quiconque. Heureusement pour lui, l’enseignant savait imposer son autorité sur les élèves, afin qu’ils ne profitent pas trop de sa gentillesse non plus. D’une énorme stature, sa carrure aurait fait fureur dans un club de boxe. Malheureusement pour les boxeurs, Sauron haïssait la violence et préférait se servir de sa force pour effectuer des travaux plus tranquilles, comme transporter des sacs de bétons pour aider à réparer une salle ou pousser de lourdes charrettes. L’enseignant portait souvent des habits bleu ciel, ce qui allait parfaitement avec sa barbe blanche naissante. Le grand-père parfait.
D’une voix où perçait l’anxiété, Sauron lui demanda :
- Chris de la Valeth, vous allez bien ?
Le jeune homme lui répondit, légèrement paniqué :
- Euh, c´est-à-dire que… je n’ai… juste pas entendu ce que vous me disiez, Monsieur.
L’enseignant eut un soupir de soulagement. Evidemment, toute l’école savait qu’il craignait plus que tout qu’un élève ne tombe gravement malade. Il était un peu parano sur ce point-là.
- Ah, si ce n’est que ça… je vous demandais juste si vous connaissiez le vrai nom de Voltaire.
- Euh…
Un petit coup de pied sur le côté de sa jambe attira son attention. Chris baissa légèrement la tête et aperçut une feuille de papier, sur laquelle quelques mots avaient été griffonnés à la hâte, mais pourtant parfaitement lisibles. Le jeune homme répondit avec assurance :
- Son nom était François Marie Arouet.
Sauron approuva avec un petit sourire et un hochement de tête avant de se tourner vers un autre élève pour l’interroger à son tour. Chris se tourna vers son voisin et lui murmura un "merci".
Il articula silencieusement un "de rien" avant de se remettre à lire un livre assez ancien, à moitié caché par le cahier de littérature. Ses yeux noirs parcouraient les mots à moitié effacés par le temps. De temps à autre, il remettait une de ses mèches noires derrière son oreille, d’un geste agacé, le reste de ses cheveux soigneusement retenus en arrière grâce à deux queues de cheval. Il aimait se vêtir de noir et de violet sombre. Chris se dit que Nephe -car c’était son nom- avait bien de la chance. Il était si petit et mince que les professeurs ne le remarquaient jamais, surtout qu’il était assis derrière une personne assez grande et forte répondant au doux nom de Nyarno, un ami, lui aussi. Du coup, Nephe pouvait faire ce qu’il voulait : lire un livre (comme en ce moment), faire ses devoirs à l’avance… en gros, il n’écoutait presque jamais les cours, ce qui ne l’empêchait pas d’avoir d’excellentes notes et d’aider Chris et Nyarno à faire leurs devoirs.
Nyarno, quant à lui, était un de ces hommes qui avaient la force, le cœur et l’exubérance. Ses cheveux verts foncés en bataille contrastant avec ses yeux oscillant entre le rouge et le noir, il était grand et bien bâti. Extraverti, contrairement à ses deux amis, il était très, très expressif. Et parfois, comme le diraient si bien Chris et Nephe, très, très fatiguant. Leur ami avait beau faire des mouvements désordonnés à longueur de journée, chacun d’eux était empreint d’une grâce difficilement imitable, même s’il ne portait rarement autre chose qu’un de ses quinze joggings bruns et usé, tous pareils bien sûr. Ce qui le rendait encore plus fatiguant, vu que le jeune homme aux cheveux verts prétendait s’entraîner à devenir le meilleur danseur du monde. Comment répondre à un tel argument ? C’est ainsi qu’il avait souvent obligé ses amis à le suivre d’un bout à l’autre du collège sous n’importe quel prétexte et en dansant une gigue endiablée, s’il vous plaît. Nyarno avait de l’endurance. Un peu trop pour ses amis. Grand rival de Chris, il lui a nombre de fois proposé des défis divers, plus ou moins dangereux ou ridicules. Nephe se mettait alors volontiers à l’écart pour arbitrer. Pas fou non plus. Nyarno avait deux frères, plus raisonnables que lui, heureusement. L’aîné, Bobby, avait déjà fini sa scolarité. Et comme il désirait rester dans cette école, le directeur, Monsieur Milani, l’avait engagé comme professeur de dessin. Le benjamin s’appelait Erkserra. Il était dans une autre classe, la même que Léow, le frère de Chris.
Il est vrai que l’université de Diamant est assez particulière. C’est une école d’arts, un bâtiment qui regroupe le dessin, la sculpture, le chant, la musique (J’entends par "musique" l’art instrumental), la danse, la littérature et le théâtre. Les élèves suivaient ces cours particuliers en plus des cours normaux. Bien sûr, chacun avait sa préférence. La durée de cette formation artistique dure quatre ans, mais au final, les gens en sortent avec un bagage conséquent. Fondée en 1502, quasiment au Moyen Age par un abbé nommé Saint Pierre Milani, la "Arts University" de Diamant connu un grand succès grâce aux enseignants, choisis par l’abbé lui-même. La gentillesse et le dévouement que ce saint avait porté à ses élèves entrèrent dans la légende. Cinq siècles plus tard, la brillante réputation de l’école ne s’était pas ternie. Reprise par les descendants, directs et indirects du fondateur de l’institution, son renom n’a fait que s’accroître. Evidemment, l’université de Diamant a quelques… rivalités. Celle de Perle, par exemple. Depuis très longtemps, ces deux universités des arts entretiennent une vieille tradition assez (très) vicieuse, née de l’animosité entre la famille Milani qui reprochait au clan des Imhotep d’avoir honteusement volé le bâtiment de la première école d’art, là où reposait leur ancêtre fondateur. A cause de cela, les Milani durent déménager dans un autre pays et construire une autre institution. Grâce à cette querelle, vers la fin de l’année, les meilleurs élèves des deux écoles sélectionnés par leurs professeurs, passaient devant un jury et un public venu de loin pour admirer le spectacle. L’école gagnante ne remportait rien, si ce n’est le plaisir de la gloire, et c’était déjà beaucoup. Pour les artistes, c’est aussi un moyen idéal de se faire connaître.
C’était le rêve de tout élève de participer à ce tournoi. Chris, Nyarno et Nephe n’y faisaient pas exception. Ils travaillaient dur pour ça. S’il leur arrivait de négliger certaines matières, comme les mathématiques ou la littérature, ils s’appliquaient d’autant plus sur leur branche préférée, celle qui conduira leur vie d’artiste. Ils rêvaient de ce moment où ils pourraient vivre de leur art.
Mais en attendant, ce ne sont que des étudiants.
***
DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING !
Les élèves rangèrent précipitamment leurs affaires avant de se précipiter dans le couloir, sous l’injonction désespérée d’un Sauron qui leur demandait pour la énième fois de ne pas courir sous peine de glisser et de se casser la jambe. Comme d’habitude, il ne fut guère entendu petite voix parmi l’énorme brouhaha des étudiants.
- J’me suis trop ennuyéééééé ! Se plaignit Nyarno. Et j’ai des crampes partout !
- Si ça peut te rassurer, moi aussi, lui répondit l’homme aux cheveux bleus. Et toi Nephe ?
Il fit un mouvement négatif de la tête. Le danseur grogna :
- Je savais qu’il n’était pas humain…
Nephe regarda d’un air impassible, drapé dans sa dignité. Puis ses yeux étincelèrent d’une lueur moqueuse. D’une voix qu’il tentait de faire paraître innocente, il lança :
- Dis-moi Nyarno, qui est cette personne que tu as dessinée pendant le cours sur ta feuille d’exercices de littérature, qui traîne encore sur ta table ?
Une rougeur subite s’empara violemment des joues du danseur. Il tenta de cacher sa feuille mais Chris s’en saisit avant lui. Nephe se pencha légèrement afin de contempler le chef d’œuvre.
- Mais… c’est… bien Nayshina, n’est-ce pas ? Demanda Chris, un peu hébété.
- En tout cas, t’es pas si nul que ça en dessin, ajouta Nephe. C’est bien représenté.
Sournoisement, Chris lui murmura :
- Tu as bien des choses à nous dire…
Le feu au visage, Nyarno se leva en disant :
- On en parlera plus tard, hein…
Souriants, ses deux amis le suivirent vers la porte. Ils avaient un cours de musique, il ne fallait pas trop traîner.
Quand ils sortirent de la salle, une jeune fille traversa sous leur nez, dans la direction opposée de celle des élèves.
Elle était très belle. Pas très grande, mais très mince, presque maigre. Ses longs cheveux acajous s’accordaient avec harmonie à ses yeux de couleur émeraude. Son visage aux traits fins et délicats était empreint de noblesse et de douceur. Une aura de gentillesse émanait de la jeune fille, comme une auréole à un ange. Sa robe dans les tons orange contrastait avec sa peau d’un pâle incarnat. Elle semblait fragile, pourtant, on pouvait sentir une grande force en elle, ainsi qu’une pureté sans égale. Mais elle avait l’air si accablée…
La jeune fille se retourna légèrement, comme pour s’excuser. Et son regard vert croisa celui bleu d’un jeune homme ému par sa tristesse.
Sans le savoir, le destin de Marine Milani avait définitivement croisé celui de Chris de la Valeth...
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