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HADOOOKEN CHAPITRE!!!
Projet Orion chapitre 32:
-Moi je dis que cette Lady machin pue la bitch à 300 kilomètres! s'exclama Zeronos juste assez fort pour que seuls ses compagnons l'entendent.
-C'est vrai qu'on se voit en droit de douter de ses intention après s'être fait agresser un nombre incalculable de fois par des brutosaures qui n'avaient visiblement pas envie de savoir si nous étions réellement dangereux avant de nous tirer dessus. répondit Lilian. Cependant ce serait pour nous une bonne occasion de faire comprendre à quelqu'un ici que nous ne sommes pas une menace et que nos seules intentions sont de partir d'ici...
-Mouais... Mais que ça soit clair, au moindre mouvement suspect de cette femme ou d'un de ses soldats, je me transforme, je sors Palkia et je les décime. Je vois venir d'ici que ce n'est rien d'autre qu'une tarée qui veut nous mettre en confiance pour nous buter plus facilement!
-Tu regardes trop de films, je crois... intervint Lucas.
-J'ai quand même passé plusieurs mois dans une dimension à la con, dirigé par un malade mental et fréquemment agressé par un super sayen en armure, avant de découvrir que le scénariste était le méchant et que le méchant de départ n'était qu'un loser qui s'est fait manipuler d'un bout à l'autre! Donc pour ce qui est des retournements clichés et exagérés, j'ai déjà eu ma dose, là j'ai de quoi faire face à ce genre d'éventualité donc je n'hésiterais pas à tout faire péter en cas de problème!
-Sans doute, mais nous sommes dans un monde réel à présent. intervint Pluton de sa voix grinçante. Certes ce n'est pas le bon, mais je ne pense pas qu'on puisse se retrouver face à des situations aussi absurdes que dans le monde virtuel...
-C'EST BON, J'AI PIGÉ!!!
Quelques soldats qui marchaient à côté du groupe se retournèrent, mais semblèrent ne rien voir d'anormal à ce qu'il se passait, ayant sans doute déjà compris au premier regard que Zeronos était un grand râleur et qu'il ne fallait pas s'inquiéter de le voir s'égosiller.
-... Ca n'empêche qu'au moindre souci, tout pète. conclut Zeronos en baissant le ton.
-Allons, cessez de vous chamailler! intervint Sibylle qui s'était arrêtée et qui avait laissé le groupe arriver à sa hauteur. Nous sommes arrivés, il serait préférable que vous vous déstressiez quelque peu. Ainsi, mes soldats vous montrerons vos chambres et feront visiter ma demeure à ceux parmi vous qui se sentent intéressés.
Tous les membres du groupe se penchèrent sur les côtés afin de mieux voir le manoir que Sybille et deux soldats qui l'épaulaient leurs cachaient partiellement en étant dans leur champ de vision. C'était bien plus qu'un manoir, on aurait plutôt dit le château d'un grand seigneur Français... Qui aurait eu l'idée saugrenue de faire construire sa résidence au milieu d'une forêt proche d'une zone occupée par des militaires. Le château de Lady Sibylle était entouré d'une enceinte de murs faits d'un marbre aussi blanc que la neige, et un jardin rempli de fleurs et de statues pouvait être entrevu au travers des grilles dorées...
-Ca m'a l'air très... Noble? hésita Lucas.
-Je trouve cette vision de paix et de luxe un peu hors contexte, ajouta Lilian, mais ça doit être parce que nous nous sommes fait régulièrement attaquer par des militaires ces derniers temps...
-Moi je dis que plus ça a l'air paradisiaque, plus il y a de chances qu'un piège se cache là-dessous... murmura Zeronos pour que seule Pluton l'entende.
-Je t'avoue que je commence moi-aussi à avoir des doutes, j'aurais bien pensé que c'était parce que j'avais passé à peu près autant de temps que toi dans un monde où tous les clichés étaient possibles, mais je dois bien admettre que quand je vois ça, je me demande si les pires stéréotypes de fiction n'ont pas leurs chances d'exister dans la réalité aussi...
-En tout cas je ne pense pas rencontrer un jour un mec en armure qui osera me dire qu'il est mon père dans quelque monde que ce soit...
-Ah, je vois que tu possèdes un peu de culture malgré tout. intervint Louka sur un ton railleur.
-Toi, si tu pouvais cesser de profiter de tes capacités supérieures pour entendre tout ce que je dis et être plus ironique que moi, ce serait sympa. En plus c'est de la triche, moi quand je me fous de la gueule des gens, je le fais à l'ancienne, sans pouvoirs de super-sayen en 64bits.
-Je suis quand même mieux modélisé que ça... Et puis le virtuel est souvent plus agréable à l'oeil que le réel, la preuve, t'es moins réussi que moi.
-Vas te foutre ta structure polygonale là où je pense.
-Dans ta sale tête de gosse prétentieux?
Alors que la dispute interne menaçait de s'éterniser, Marine voulut intervenir de la meilleure manière qui soit: En collant une baffe bien sentie aux deux semeurs de troubles, un avec chaque main. Mais l'espace d'un instant, elle avait oublié les capacités de Louka et sa main passa dans le vide et continua sa course pour s'écraser contre le nez de Zeronos qui reçut en même temps l'autre main de Marine qui lui frappa la joue.
-Ca va pas?! s'écria Zeronos qui se cachait la moitié du visage en gardant ses mains plaquées sur sa joue et son nez.
Marine afficha un air à moitié désolé d'avoir accidentellement infligé le double de sa punition à Zeronos et lui montra rapidement du doigt que le reste du groupe avait déjà avancé de plusieurs mètres vers le château, préférant sans doute laisser les deux rivaux se disputer au milieu de nulle part sans s'y mêler. Zeronos regarda dans la direction indiquée par Marine tandis que cette dernière laissait discrètement échapper le rire qu'elle avait retenu après sa double baffe involontaire.
-Mais... Louka part les rejoindre?! s'indigna Zeronos. Ce crétin cherche les embrouilles, il fuit sa punition alors que moi je me prends des baffes et il s'en va bien tranquille juste après?! Hé, reviens ici que je te donne la torgnole que j'ai eu en trop! hurla-t-il en partant à la poursuite du groupe.
Alors que les deux dresseurs étaient prêts à continuer leur dispute tout en marchant derrière le groupe principal, que Marine avait rejoint d'un pas rapide, Zeronos se tût avant même de prendre la parole en passant les grilles et en voyant le jardin du château dans son intégralité.
-Serais-tu sensible à l'art pour te calmer aussi vite à la vue d'un tel esthétisme? demanda Louka, cette fois sincèrement étonné de la réaction de son sosie-rival venu d'une autre réalité.
-Pas vraiment, c'est juste que...
Zeronos se tût à nouveau et observa très attentivement ce qui l'entourait... Son regard se posa quelques instants sur les statues qui bordaient l'allée menant au château, toutes à l'image de Sibylle, ainsi que sur les servantes vêtues de rose contrastant avec le noir de la propriétaire et de ses soldats, qui s'occupaient du jardin.
-... J'ai comme une impression de déjà vu très, très bizarre... termina-t-il en levant un sourcil.
-Le "déjà-vu" est en quelque sorte un "bug" du cerveau humain, ça ne m'étonnerait pas que la petite cacahuète qui se situe dans ton crâne possède aussi ce défaut.
-Cesse les sarcasmes, tu veux? Je sais ce que je dis... Mais j'arrive pas à m'expliquer pourquoi je m'attends à tout moment à voir apparaître un petit garçon de huit ans avec des cheveux noirs coiffés en queue de cheval...
-Quoi, quand t'avais huit ans, tu vivais dans un château avec des statues de ta mère dans le jardin ainsi que des soldats en noir et des servantes en rose qui se baladent partout?! demanda Louka, peu convaincu de ce qu'il disait lui-même.
-Nan! J'ai jamais été petit, j'ai été créé direct comme je le suis maintenant!
-Bon, tu es juste fou, dans ce cas. Désolé pour toi si tu as été créé ainsi...
Louka fit volte-face et partit rejoindre le groupe qui était déjà entré dans le château, marchant si vite que Zeronos n'eut même pas le temps de réagir qu'il n'avait déjà plus personne devant lui au moment de rétorquer. Remarquant avec un peu de retard que son interlocuteur avait tout simplement échappé à la conversation en marchant, il trembla de colère un instant puis partit rejoindre le groupe à son tour en frappant violemment les pieds au sol à chaque pas, laissant de profondes traces de basket dans la terre.
Une fois le groupe réuni dans le hall d'entrée de la demeure luxueuse, tout le monde resta ébahi en voyant le grand nombre de meubles anciens, de tapisseries et d'autres oeuvres d'art qui décoraient l'intérieur, en particulier le gigantesque portrait de Lady Sibylle qui trônait en haut d'un grand escalier, à l'intersection où il se séparait en deux autres escaliers menant encore plus haut. La pose et l'expression sereine de la dame sur son portrait faisait penser à un tableau sans doute connu dans l'une des réalités d'où venaient les membres du groupe... Ou pas, car personne ne fit la moindre remarque à propos de l'air familier du tableau. Ou alors, peut-être qu'ils étaient trop chamboulés et fatigués pour aborder un tel sujet.
En effet, Lucas baillait régulièrement, Lilian s'était assis contre un mur non sans admirer la décoration d'un air aussi sérieux que d'habitude, mais ses cernes laissaient penser que lui aussi avait ses limites, Roland tanguait légèrement et semblait sur le point de s'endormir debout et Marine s'appuyait sur Ponyta qui, à sa grande surprise, avait eu le droit d'entrer sans qu'on ne fasse de remarque à son sujet. Seuls Louka, Zeronos et Pluton semblaient en assez bonne forme, même si cette dernière était allée s'asseoir sur une chaise à l'écart du groupe.
-Bien, je vois que certains d'entre vous sont déjà disposés à rejoindre leurs quartiers pour passer une nuit de sommeil réparateur? demanda Sibylle au groupe.
-Si ça ne vous gêne pas que vos invités aillent dormir aussitôt, non. répondit Lilian. Même si au fond, j'ai l'impression qu'il ne fait pratiquement jamais nuit ici, donc je ne peux pas connaître l'heure. Encore moins si vous avez un système horaire différent du nôtre... Enfin bref, oui, je suis crevé et je pense que pas mal d'entre nous voudraient bien aller pioncer sans risquer de se faire trouer comme des gruyères par des soldats bien peu subtils.
-Soit, si vous voulez bien vous donner la peine de marcher encore un petit peu afin de suivre mes servantes qui vous emmèneront jusqu'à vos dortoirs...
-Dortoirs? s'étonna Zeronos.
-Oui, je n'ai pas réellement de chambres d'amis, seulement des dortoirs prévus pour mes soldats et mes servantes. Mais ne vous inquiétez pas, un bon quart d'entre eux sont inoccupés, j'ai un peu sur-estimé mes besoins de place... vous pourrez facilement en trouver deux vides, un pour les hommes et un pour les deux demoiselles...
-Ca me paraît honnête. conclut Louka en haussant les épaules. Pour ma part, je ne vais pas aller me coucher tout de suite, vous aviez parlé de nous faire visiter l'intérieur, je suis intéressé.
-Moi aussi, pas sommeil. ajouta Zeronos.
...
Arrivés dans leur dortoir, Lilian, Lucas et Roland purent voir qu'ils avaient exactement la place requise pour dormir là à cinq: deux lits superposés ainsi qu'un matelas, des couvertures et un des coussins stockés dans les armoires que l'on pouvait facilement disposer au sol pour y faire un cinquième lit, certes à l'arrache, mais propre à l'usage. Contre toute attente, Roland choisit lui-même de dormir dans celui-là, laissant les quatre places restantes aux autres, alors que Shaymin venait se blottir à ses pieds. Lucas s'effondra sur l'un des lits au niveau du sol alors que Lilian prit celui juste au-dessus et s'allongea, les bras croisé derrière la tête, attendant de tomber dans les bras de morphée...
Dans un autre dortoir, situé dans l'aile opposée de la demeure, Marine regardait depuis la fenêtre Ponyta qui était partie gambader dans le jardin, et qui s'en tenait à trottiner sur les sentiers afin de ne pas abîmer les fleurs et l'herbe parfaitement entretenus, tandis que Pluton avait timidement étendu des rideaux autour de son lit le temps d'enlever sa combinaison et ses gantelets qui, à son grand désarroi, était tout ce qu'elle avait sur elle à part sa petite culotte noire, ce qui lui fit penser qu'elle aurait peut-être dû investir dans un soutien-gorge, même si il n'y avait à priori presque rien à soutenir...
Elle se glissa sous sa couverture avec la furtivité d'un serpent et se couvrit jusqu'au cou, puis sortit une main de sous les draps, créant des volutes de fumée noire s'étendant du bout de ses doigts jusqu'à atteindre un rideau et l'écarter légèrement afin de voir Marine, qui était toujours appuyée sur le rebord de la fenêtre.
-Tu ne dis toujours rien, n'est-ce pas? siffla-t-elle.
Marine se tourna vers son interlocutrice, surprise qu'elle lui adresse la parole en premier alors qu'elle s'était montrée indifférente aux autres membres du groupe jusqu'à maintenant. De toutes façons, ce n'était pas comme si elle aurait été elle-même capable de lui parler, avec ce fichu mutisme qu'elle ne parvenait pas à surmonter alors que pour elle, le choc était en majeure partie passé.
-Tu n'as pourtant plus l'air aussi choquée que quand tu étais dans cet état végétatif plus qu'inquiétant. Si je comprends bien, c'est le fait d'avoir tué une troupe de soldats qui t'a traumatisée.
Marine regarda le sol et pris une expression quelque peu crispée, gardant toujours de mauvais souvenirs de ce moment.
-Ca prouve que tu es une humaine normale. insinua Pluton en se retournant dans on lit.
Marine releva la tête et lança un regard intrigué à Pluton qui, comme si elle savait que son interlocutrice n'avait pas saisi le sens de sa phrase, répondit à nouveau:
___
Sakoop' (non, ce n'est pas ce que Pluton répond
)
C'est lu... Ca sera bientôt commenté... Y'a pas mal de phôtes quand même, pour le seul point négatif que je pourrai traiter.
Des phôtes?
Bon, faut dire que bosser sur un Word qui switche tout le temps sur English quand j'ai le dos tourné c'est pas pratique, tous les mots que j'écris sont soulignés en rouge
Et bon, je pourrais corriger les problèmes sur bip'.
Je me suis permis de corriger les fautes (d'orthographe uniquement, il reste encore un gros problème logique à rêgler)...
Voilà, et bien que dire, bon chapitre dans l'ensemble. Il fallait s'attendre tôt ou tard à voir débarquer les doubles de nos personnages... Pour l'instant c'est limité, mais par la suite, ca pourrait être quelque chose d'intéressant. Sinon, pour la majeure partie, c'est du Louka fights Zeronos... Le passage avec Marine/Pluton est un peu "philosophique" à mon goût... Good VS Evil, la bataille de l'humanité, bla bla... Pas grand chose à dire de plus, si ce n'est ce problème de cohérence que j'ai évoqué au début et qui peut se rêgler avec une ou deux phrases bien placées... On en reparle en interne sur 'bip...
J'ai oublié de quel problème de cohérence il s'agit ![]()
(je m'immisce)
Je n'ai pas fait gaffe au problème non plus, mais je n'ai pas relu le chapitre de Marine avant. Je commenterai quand j'aurai un vrai clavier sous les doigts.
Shinkuu Gadouken chapitre!
Cette fois c'est pas un à moi, évidemment, mais celui de Drayke_Eternity sur Pokébip, que j'ai corrigé et posté après qu'il l'ait envoyé en MP à notre compte collectif.
Je pense qu'il est bon comme il est avec mes quelques correcs.
Le lien: http://www.pokebip.com/pokemon/index.php?phppage=membres/fanfics/affichage-chapitre&c=14430
Et le chapitre en C/C ici même:
Chapitre 33 : L'homme en noir [Drayke_Eternity]
Le bois était calme en cette douce nuit de pleine lune. Quelques petits pokémons vaquaient a leurs occupations nocturnes dans la faible lueur qu'offrait les rayons lunaires. L'écho de plusieurs voix retentit au loin, faisant sortir le nez d'un Rattata des herbes dans lesquelles il fouillait minutieusement. Il aperçut entre les arbres la lumière vacillante d'un feu de camp.
Curieux, le rongeur fit quelques pas en direction de la lumière et s'immobilisa sur place, tout sens aux aguets.
Soudain, un bruit de pas se fit entendre et une silhouette se découpa dans la lueur des flammes, faisant fuir le petit pokémon qui détala sans demander son reste...
L'individu avança sous les arbres sans ce soucier du dérangement que son passage provoquait. Il ajusta son manteau long et noir qui lui descendait jusqu'au chevilles, la nuit était particulièrement fraîche se soir...
Il s'assit au pied d'un arbre, tout en prenant soin de mettre sa longue tresse sur le coté, et laissa glissé la sangle de son sac qu'il portait en bandoulière. Fouillant ensuite dans ses poches, l'homme en sortit un paquet de cigarettes et un briquet Zippo noir dont les gravures brillaient d'un éclat argenté a la lueur de la lune et s'entrecoupait pour formé la silhouette d'un dragon bien connu, un Dracaufeu ; ainsi que par quatre initiales et deux mots : D.E et F.E, pour toujours...
Après avoir prit une cigarette, L'individu regarda le Zippo quelques minutes et soupira avant d'allumé le tube chargé en nicotine et d'autres substances dangereuses. Il en respira une grande bouffée avant d'expirer la fumée tout en appuyant sa tête contre le tronc végétal, plongeant son regard dans le feuillage de l'arbre...
Il savait que ce n'était pas bien vu de quitter ses compagnons de la sorte, mais il n'y pouvait rien. Il était du genre solitaire, c'était un fait ; et il avait besoin de s'isoler de temps à autre...
Il entendit soudain un pas lourd derrière lui et posa prestement la main sur un des étuis attachés à ses cuisses dans lesquels reposaient des pistolets.
Au travers des ombres déchiquetées que projetait le feuillage des arbres, il distingua vite la forme massive d'un Dracaufeu grâce a la flamme caudale caractéristique que le reptile possédait au bout de la queue. Rassuré, l'homme soupira de soulagement et repris sa position initiale contre le tronc de l'arbre.
Alors que le pokémon arrivait à sa hauteur tout en émettant un faible grognement, l'homme ne daigna même pas lui accorder un regard et se contenta de parler, comme s'il répondait à une question qu'on lui aurait poser...
"Oui, oui... Je vais bien, dit-il. Tu sais que j'ai besoin d'être au calme de temps en temps.. et être avec d'autre personne n'apporte pas la paix..."
Ce à quoi le Dracaufeu répondit avec une série de grognement qui se voulait réprobateur.
"Non, ça na rien a voir avec ce que j'ai dit tout a l'heure... Enfin si... Il est vrai que quand je parle d' "elle", je repense au passé avec une certaine nostalgie..." avoua-t-il.
Le pokemon s'avança et posa sa patte sur l'épaule de l'homme.
"Je vais bien, je te l'ai dit... soupira l'homme. Je veux juste... Rester seul... Réfléchir..."
Alors qu'il prononçait cette demande sur un ton las, un bruissement se fit entendre dans la végétation. Le dracaufeu chercha la source du bruit du regard, l'humain ne penchant que légèrement la tête.
C'est alors qu'au milieux de l'herbe de la forêt, apparut une petite tête surmonté d'une corne et d'une paire de petites ailes en guise d'oreilles ; le tout accompagné de petits points scintillants dans l'obscurité... La tête fut vite rejoint par un corps long, fin et dénué de pattes alors que la créature alla se frotter affectueusement au pattes du Dragon orange, provoquant un soupir de lassitude de ce dernier...
" Et bien, Céleste ? Commença l'homme, a peine perturbé par le nouvel arrivant. Tu ne peut te passé de ton grand frère plus de cinq minutes ? "
Le.. Enfin, la Draco répondit par un bref cri joyeux, semblant tout simplement heureuse d'être auprès de son « grand frère », faisant naître un léger ricanement chez l'humain...
Le trio fut vite rejoint par un oiseau de grande taille qui clopinait sur le sol, faisant preuve de beaucoup moins de discrétion que le Pokémon au corps de serpent qui l'avait précédé. Ce dernier s'arrêta juste entre le Dracaufeu et l'homme tout en se frottant les yeux avec une de ses ailes, témoignant d'un état de fatigue avancé... Personne dans le groupe déjà présent ne sembla s'étonner de voir un Artikodin se présenter a eux, même si celui-ci semblait plus petit que le célèbre oiseau de glace décrit dans les légendes... Il se tourna vers l'individu et émis une série de piaillements sur un ton endormi...
" Oui, oui... On arrive.. Je sais qu'il se fait tard... " répondit l'individu, encore une fois comme si on lui avait posé une question.
Mais alors qu'il se levait, il s'immobilisa, ayant cru voir un petit arc électrique apparaître soudainement a ses pieds avant de disparaître tout aussi brusquement...
Les Pokémons semblaient l'avoir vu également, car il scrutaient a présent le sol comme s'ils se demandaient s'ils n'avaient pas rêvés...
Leurs doutes s'estompèrent lorsque non pas un, mais des dizaines d'arcs électriques se formèrent autour d'eux avec le bruit caractéristique qui les accompagnaient !
L'homme eu tout juste le temps de murmurer un « Qu'est-ce que... » qu'une vive lumière les aveuglèrent, les forçant à fermer les yeux afin de soustraire leurs regards à la douleur...
La lumière ne fit que gagnée en intensité, engloutissant les quatre êtres, avant de disparaître avec eux. Puis ce fut de nouveau le silence dans cette forêt tranquille, seul le bruissement du feuillage arboricole et l'écho des voix venu du feu de camp se faisaient entendre désormais...
La première chose que senti l'homme, c'est une cinglante rafale de vent sur le visage, puis la sensation de chuté dans le vide...
Lorsque la vue lui revint, il vit qui faisait jour, mais surtout qu'il était en chute libre dans le ciel ; dans lequel brillaient trois soleils au-dessus d'une immense forêt...
" C'est quoi ce bordel?!" s'exclama l'homme dont la surprise était plus que compréhensible.
Heureusement, il fut rattrapé par son dracaufeu et, l'espace d'un instant, remercia le bon sens qui lui avait fait prendre des pokémons volants dans son équipe...
Après s'être installé confortablement sur les épaule du Dragon, L'individu regarda autour de lui, encore sonné par ce changement brutal de décor. Il remarqua ainsi qu'ils étaient passé de la nuit au jour, du sol au ciel et surtout que dans ce dernier brillait trois soleil...
Effectuant une rapide analyse, il constata qu'il avait encore son sac avec lui, ses armes et que les trois pokémons étaient là.
" Bon, de trois chose l'une, dit-il. Soit on est morts, et c'est pas l'idée que je me fait de l'au-delà... Soit on fait un rêve collectif... Soit.. on a changé de monde ! et je pencherait pour la troisième solution ! "
Nom: Eternity
Prénom: Drayke
Sexe: Masculin
Age: 23 ans
Fic/Monde d'origine : L'union qui fut condamnée (En cours)/ Monde de l'animé
Histoire : Dans son monde, recherche le ou les responsables de la mort de sa Dracaufeu avec qui il entretenait une liaison amoureuse. Ayant "perdu" une partie des souvenir concernant ce drame, il enquête et lutte, avec l'aide de Sacha Ketchum, sur une nouvelle organisation criminelle qui pourrait bien lui permettre d'assouvir sa soif de vengeance
Description/caractère: Toujours affublé de vêtements noirs dont un long manteau. Cheveux mi-long noirs dont une longue tresse qui part de sa nuque et lui arrive au niveau des genoux. Yeux bleu-gris lui donnant un regard particulièrement froid et perçant.
Se montre antipathique au premier abord, peu se montré sympathique avec le temps. Il devient extrêmement froid et implacable lorsqu'il affronte ses ennemis. Il cache un esprit torturé et un cœur dévoré par la vengeance...
Signes particuliers: Une longue tresse dans le dos. Porte toujours un sac en bandoulière et, attaché à chaque cuisses, deux pistolet automatique. Tous ses Pokémons portent un collier noir autour du cou.
Derniers point, lors de la mort de Flamme, leurs sangs respectifs se sont mélangé et depuis, Drayke a du sang de Dracaufeu dans les veines. Ce qui lui a conféré des aptitudes au-dessus de la moyenne...(force, vitesse, endurance..etc) Lui-même ne se considère plus vraiment comme « Humain »...
Pokémons: Trois lors de son "transfert" inter-dimensionnel. Dévilfire, son Dracaufeu et plus puissant pokémon avec qui il entretient des liens mystérieux et complexes. Céleste la Draco shiney qui éprouve une timidité maladive envers tous les mâles (humain ou pokémon) sauf Drayke et Dévilfire (elle considère se dernier comme un grand frère). Et, pour finir, Sky-ice, Un Artikodin... mais se derniers semble plus petit et plus jeune que le célèbre "Légendaire".
Au même instant, sur les terres d'une Certaine Lady Sibylle d'Azrad, notre groupe de naufragés inter-dimensionnel profitent de l'hospitalité de leur hôte afin de restaurer leur force...
Hormis un jeune garçon au teint halé, très énervé, qui agitait un sandwich de sa conception, et autre qui faisait preuve d'un sang-froid à toutes épreuves là ou n'importe qui aurait cédé a une éventuelle pulsion et baffé l'excité qui lui servait de camarade...
" Nan, mais ! qu'est ce qui l'avait cet empafé a m'ignoré comme ça !!! Vociféra le jeune garçon au sandwich maison.
- Il a dût finalement ce rendre comte a quel point tu était insupportable et aura préféré partir pour ne pas risquer de devenir sourd... Répondit l'autre jeune homme sur un ton neutre.
- Parfait ! je ne demande pas mieux ! Et toi Louka ? t'es toujours là ???
- Je te l'ai dit Zeronos... je préfère gardé un œil sur toi ! Dieu sait quelle bourde tu serait capable de faire s... "
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Sakoop'
Le dénommé Louka s'interrompit dans sa phrase, il venait d'entendre un genre de détonation... Il se demanda un instant s'il n'avait pas rêvé, mais le fait que Zéronos regarde le ciel avec attention prouvait que bruit il y avait bien eu...
Il chercha un instant l'éventuelle source du bruit mais ne vit rien... rien à part les trois soleil... quoique...
En regardant vers les trois soleil justement, il lui semblait apercevoir trois tâches noires. Utilisant ses capacités de « super calculateur », il fit une mise au point et put distingué trois Pokémon. Fronçant les sourcils et fouillant dans ses souvenir, il reconnut un Draco, un Dracaufeu (ou un Drattak), et un pokémon oiseaux qui pourrait bien être un Roucarnage. Il n'en était pas sûr a cette distance. Mais le plus important était qu'il lui semblait que sur le dos du gros Dragon, un homme s'agitait!
Un homme sur le dos d'un pokemon ? A leur connaissance, seul un dresseur pouvait monté un pokémon. Et tout ceux qu'ils connaissaient (eux compris) ne venait pas de ce monde...
Louka se mis soudain à imaginé ce qui avait vu émettre ce son se rapprochant d'une détonation l'instant d'avant... Zéronos, beaucoup plus calme qu'auparavant, fut plus prompt à exprimé sa supposition :
" Youhou! On va encore se ramassé un boulet de plus? "
Louka soupira a l'entente de la remarque, mais il avait raison... Il y avait de fortes chance pour que le bruit entendu précédemment venait d'un vortex et qu'un nouveau voyageur inter-dimensionnel venait de rejoindre ce monde...
Soudain, alors qu'il observait les nouveaux arrivant avec attention tandis que ces derniers venaient dans leur direction, il vit l'homme sur le dragon s'agité alors que sa monture commençait a oscillé de droite a gauche puis de haut en bas. Comme si le pokemon ne pouvait maintenir son altitude.
D'ailleurs, au bout de quelque minutes, le duo amorça une rapide descente vers la forêt suivi de près par les deux autres pokémons. Rendus à la cimes des arbres, Ils disparurent avec un très léger bruit de tonnerre (que seul Louka entendit) et un nuage de poussière se souleva au-dessus des arbres, sans doute projeté par un atterrissage brutale...
Louka ni tint plus; il se jeta en avant, bien décidé ne pas laissé un autre étranger à ce monde tout seul au risque que cela provoque de nouvelle escarmouche avec des soldats. Zéronos se retrouva donc seul, ce qui ne sembla pas lui déplaire.
" Enfin seul ! s'exclama-t-il en s'asseyant sur une des pelouses très entretenu de la propriété. Personne pour m'emmerder dans le coin ? "
Il avait prononcé les derniers mots de cette phrase en lançant un regard mauvais de droite a gauche, mais il n'y avait personne à part quelques gardes qui effectuaient leur ronde...
" Parfait ! Bon ap' ! " dit-il avant de mordre à pleine dents dans son sandwich
" Bordel ! Dèv ! ça va ? "
L'homme se releva prestement, couvert de poussière. Heureusement qu'il était solide, la chute avait été tout sauf douce...
Cherchant son pokémon des yeux, il le vit un peu plus loin. Le dracaufeu était a quatre pattes et ne semblait pas en grande forme. Il émit un bref grognement avant de se frotté la tête et d'étendre les ailes avec une grimace de douleur.
" Ce n'est pas ta faute ! dit l'homme en s'approchant du pokémon. Entre le stress, l'inquiétude du changement de décor et la décharge d'adrénaline provoqué par la chute, il est normal que tu te soit fait déstabilisé par une turbulence ! Ne bouge pas et laisse moi regarder ça! "
Son ton était ferme et autoritaire, ne laissant guère d'autre choix au pokémon d'obéir malgré ses réticences. Pendant ce temps, La Draco et l'Artikodin atterrissaient a coté d'eux... L'individu tâta les articulation des ailes du dragon orange quand celui-ci grogna de plus belle.
" Bon, rien de cassé apparemment ! déclara l'homme. Mais tu a dût te fouler l'aile droite en passant au travers des branchages... pas de vol avant un moment ! "
Le dracaufeu grogna de mécontentement a l'entente du diagnostic, rien ne pouvait plus le contrarier que d'être handicapé de la sorte...
L'homme l'observa, puis ses autre pokémons.
" Le mieux que vous ayez a faire est de retournez dans vos pokéballs. Pendant que vous vous reposerez, j'explorerais les alentour pour trouver une quelconque indication sur l'endroit ou nous somme. Je vous veut frais et dispos au cas où... Ou est mon sac ? "
Céleste émit un bref cris en oscillant vers le fameux sac qui était tombé à quelques mètres de là, durant leur chute. L'homme la rejoint rapidement et décrocha trois pokéballs agrippé sur les coté. Chaque pokéball arborait les couleurs du pokémon auquel elle correspondait : Orange avec de petites ailes pour le dracaufeu, Violette avec une paire d'ailes blanches et une corne pour la Draco et une bleu scintillante avec un rubis et des petite plumes bleu claire pour l'Artikodin...
" Allez tout l'monde! Revenez! ordonna-t-il "
Tous les pokémons firent un cris pour acquiescé avant de disparaître dans une lumière rouge...
L'homme, une fois seul, enfila son sac en bandoulière, frotta ses vêtement imprégné de poussière, secoua sa tresse et dégaina ses pistolet l'un après l'autre pour vérifié s'il était chargé. Il se demanda par la même occasion quand il pourrait faire le plein de munition en cas de nécessitée. Il se félicita d'avoir prévu quatre chargeurs supplémentaires, rangés dans des poches avants de son sac. Chaque chargeur accueillant 16 balles, il fit un rapide calcul, incorporant les deux chargeur déjà chargé dans ses armes...
" Quatre-vingt-seize balles ? Déclara-t-il après quelque seconde. Bien... L‘économie est de rigueur ! il va falloir joué serré... "
Rendu nerveux par la situation à laquelle il devait faire face, l'homme sortit son paquet de cigarettes, ayant perdu celle qu'il avait avant leur « changement d'endroit ». Mais avant qu'il ne puisse l'allumée, un bruit se fit entendre dans la végétation.
Aux aguets, il coinça la cigarette au-dessus du lobe de son oreille droite et, de la même main, dégaina son pistolet de l'étuis fixé a sa cuisse. Après une bref et rapide avancée dans la végétation, aussi discrètement que possible, il écarta un buisson de sa main gauche et se trouva nez à nez avec... Un autre humain ?
Louka, car il s'agissait de lui, fut tout aussi surpris que l'homme de ce brusque face-à-face. L'étonnement passé, l'individu tenta de braqué son arme vers Louka qui envoya l'arme valsé d'un revers de la main.
L'autre réagis avec d'autant plus de vélocité en attrapant le poignet de son adversaire de sa main récemment dépossédé du pistolet. Dégagent son pied en arrière pour prendre appuis il esquissa un geste en direction de sa seconde arme.
Avec un rapidité qui lui était propre, Louka étendit sa main libre vers le coup de l'inconnu et le saisi d'une poigne ferme et implacable.
" Je te tiens ! " murmura le garçon.
L'homme esquissa un sourire qui ne disait rien de bon. Louka senti quelque chose tapoté contre son estomac et, en baissant prudemment les yeux, vit qu'il s'agissait de la deuxième arme. Il n'en revenait pas, comment cet homme pouvait avoir eu le temps de saisir le pistolet a sa cuisse alors que lui-même avait fait preuve d'une grande rapidité à le saisir a la gorge ? Il avait sous-estimé l'homme.. Et les voici dans une situation sans-issue...
" Ouais ! vas-y Néo ! "
Les deux adversaires tournèrent la tête vers le nouveaux venu qui ce trouvait être Zéronos. Ce derniers ayant finalement décidé de suivre Louka.
" Bah alors Louka ? enchaîna Zéronos, visiblement ravi de la tournure des événement. Le nouveau Robinson dimensionnel maîtrise la Matrice ? Il te donne du fil à retorde ? Il est en quoi lui ? 128 bits ? "
Louka soupira à la réplique, encore une fois stupide et moqueuse de son camarade... L'homme quant à lui, releva un sourcil à l'entente de l'expression « Robinson dimensionnel ». Ces gens ne semblaient pas le connaître et cette expression renforçait sa supposition d'avoir changé de monde et lui fit comprendre qu'il n'était pas le seul.
Devant le regard interrogateur de son adversaire, Louka lâcha prise en même temps qu'il lui lâchait le poignet. Toujours menacé par l'arme, le garçon déclara alors :
" Si tu te demande si il y en a d'autres, c'est le cas. Nous somme plusieurs a venir de différents mondes et d'avoir été projeté dans celui-ci par un vortex. Tu es le dernier en date... Je t'ai vu arriver dans le ciel et j'ai accouru lorsque tu es tombé dans la forêt... Je m'appelle Louka et voici Zéronos ", conclu-t-il avec un signe de tête vers le jeune garçon qui haussa les épaule.
L'homme sembla en profonde réflexion alors qu'il menaçait toujours Louka de son arme. Au bout d'un temps qui parut interminable, il se décida finalement à ramené l'arme vers lui en pointant le canon vers le ciel.
" Dans ce cas vous allez pouvoir m'expliquer ce qu'il ce passe, répondit-il enfin. Et je m'appelle Drayke, Drayke Eternity...
- Et bien Drayke, Rejoignons la propriété de Lady Sibylle... proposa Louka.
- Pas drôle... "conclut Zéronos, visiblement déçu.
A suivre.
Nouveau chapitre issu du cru 2009 des écrivains de Pokébip, c'est cette fois-ci le talentueux (Mr Ripley) Gerardufoin, alias GDF qui contribue à encore une fois, agrandir cette équipe de dingues que vous suivez avec passion depuis près d'un an et demi...
Chapitre 34 : Une lumière dans la forêt [Gerardufoin]
Louka survola du regard le petit groupe hétéroclite qu'il avait sous les yeux. Ils étaient 8 en tout, même si pour le moment Zeronos brillait par son absentéisme. Cependant sa présence n'était pas indispensable, étant donné qu'il se contrefichait apparemment de ce qu'on lui apprenait sur ce monde. Et c'était bien une théorie que Louka voulait soumettre au groupe. Il pourrait toujours en avertir Zeronos plus tard, bien qu'il douta que l'avis du jeune homme ne se résume à autre chose qu'une tirade ironique...
Après sa rencontre avec Drayke, Louka l'avait ramené chez Sibylle dans l'intention de le présenter aux autres membres du groupe. Sur le chemin Zeronos s'était arrêté et avais déclaré qu'il partait à la recherche d'un lieu où il pourrait enfin manger son sandwich en paix. Louka avait pensé le retenir, puis avait finalement opté pour le contraire, jugeant plus pressant les présentations.
Une fois au « château », il avait rassemblé tout le monde et avait demandé à Sibylle un endroit où ils pourraient discuter au calme avec ses compagnons. A ces mots, la femme s'était rembrunie et avait déclaré qu'ils étaient avec des amis, et pouvaient donc parler sans crainte.
-Si nous sommes bien avec des amis, avait répliqué Louka avec un grand sourire, pourquoi avoir peur de ce que l'on pourrait se dire hors des regards indiscrets ?
Sibylle avait hésité un instant, puis les avait finalement guidés vers une petite pièce munie d'une table et de quelques chaises.
Sans leur laisser le temps de la remercier, elle était repartie à grands pas d'un air énervé. Louka avait haussé les épaules, et le reste du groupe avait pris place.
Tout à gauche de la table se tenait Roland, son Shaymin sur l'épaule. Puis venait Pluton - avec qui il s'entendait le mieux -, suivie de Lilian, de Lucas et pour finir de Drayke, un peu en retrait des autres étant donné sa nouveauté.
Louka se retourna à demi pour observer Marine qui était appuyée contre la porte de la pièce. Le Ponyta de la jeune fille avait été obligé de rester dehors, la pièce étant trop petite pour le contenir. De plus, le Pokémon était campé de l'autre côté de la porte et empêchait ainsi les oreilles indiscrètes de trainer là où elles n'avaient rien à faire. Marine avait refusé de s'éloigner trop de son Pokémon et s'était donc postée près de la porte.
Jusqu'à maintenant, le groupe s'était contenté d'expliquer la situation à Drayke et d'écouter le résumé de ce qui lui était arrivé... Enfin, le peu qu'il avait bien voulut leur en dire... La conversation ne s'était pas résumée à très grand-chose : Drayke avait suivit Louka dans la pièce et avait eut droit à des questions tel que : « Tiens ? On a un nouveau membre ? D'où tu viens ? Comment tu es arrivé ici ? », etc, etc...
Les seules réponses qu'avait bien voulut donner l'homme en noir avait été son nom et la manière dont il avait intégré ce monde, à savoir des arcs d'électricités fous et une explosion de lumière. Il n'avait pas pipé mot de son histoire personnelle. Respectant son silence, le reste du groupe écoutait maintenant Louka, qui avait l'intention de leur soumettre la conclusion à laquelle il était arrivé au sujet des passages inter-dimensionnels.
- Bien, si je vous ai réuni dans cette pièce, c'était non-seulement pour vous présenter Drayke, mais aussi pour vous parler des sauts inter-dimensionnels dont nous avons étés victimes. (Il s'interrompit un instant, afin d'être sûr qu'il avait l'attention de tout le monde. Une fois que ce fut le cas, il reprit) Comme tout le monde le sait, à l'exception de Drayke, les arrivées de nouveaux naufragés temporels ne se font pas de manière régulière, et sont toujours à proximité des anciens arrivants. Le fait que les arrivées soient plus ou moins fréquentes et de manière complètement irrégulière m'a fait parvenir à la conclusion que le portail n'est pas stable, et qui dit instabilité dit probabilité de disparition...
- Attends là ! le coupa Pluton. Tu es en train de nous dire qu'on pourrait être bloqué ici pour l'éternité ?
- Peut-être pas pour l'éternité, répliqua Louka, la durée de vie moyenne d'un être humain est d'une centaine d'année, ainsi, parler d'éternité est peut-être un peu exagéré.
- Tu as très bien compris ce que je voulais dire, lança la femme d'un air agacé.
- Oui, effectivement, si nous ne nous dépêchons pas de trouver un moyen de rentrer chez nous, nous ne pourrons peut-être plus jamais le faire... Mais bien entendu, l'option contraire, c'est-à-dire que le portail ne se referme pas et reste ouvert encore une dizaine d'années est toujours envisageable... Mais il faut penser au pire scénario et donc activer nos recherches.
- Je suis entièrement d'accord, ajouta Lucas, mais par où doit-on commencer à chercher ? Ce monde est probablement très grand, ce qui ne nous facilitera pas la tâche... Déjà que nous ne savons même pas précisément ce que nous cherchons...
- Oui, je sais, répliqua Louka, mais selon moi, cette Sibylle en sait probablement plus que ce qu'elle veut bien nous dire. Je propose donc de commencer nos recherches en l'interrogeant. Ah, je voulais aussi vous dire que comme le passage subit une « phase d'activité » dont l'arrivée de Drayke en est la preuve, il est probable que nous nous retrouvions avec de nouveaux membres sur les bras, donc il serait préférable que nous restions groupés, afin d'éviter un désastre diplomatique et de mieux maitriser un arrivant s'il s'agissait d'un tueur psychopathe...
- Même si nous étions séparés, je doute que nous risquions grand-chose, commenta Lilian. Chacun d'entre nous à des caractéristiques au combat qui lui sont propres, donc nous pouvons très bien nous débrouiller seuls en cas d'agression, même si c'est vrai qu'être en groupe assure une meilleure protection et nous permet de mieux appréhender un nouveau venu...
- Dans ce cas, pourquoi avoir laissé partir la jeune fille ? demanda Drayke, prenant ainsi part à la conversation.
Tout le monde regarda en direction de la porte : Marine n'était plus là.
***
Ça ne pouvait vraiment pas attendre ? demanda Marine avec lassitude.
Si bien sûr, mais je ne pense pas que la propriétaire de la grande écurie dans laquelle tu loges avec tes compagnons aurait été ravie que je me soulage au milieu de son couloir, répliqua Ponyta avec ironie.
Le cheval de feu s'était retiré dans les bois, à l'abri des regards, et vidait sa vessie sans vergogne.
Au milieu de l'explication de Louka, le Pokémon de Marine lui avait fait comprendre son besoin urgent d'aller à l'extérieur. Ne voulant pas la laisser aller seule, Marine l'avait donc accompagnée, sortant en faisant le moins de bruit possible afin de ne pas déranger les autres, car toute question l'aurait retardée et la situation était apparemment assez pressante. Elle fut tout de même surprise que personne ne la remarqua, tant ils étaient absorbés dans la conversation. Il lui avait tout de même semblé que le nouveau - Drayke - lui avait jeté un coup d'œil lorsqu'elle avait refermé la porte. Au pire il pourrait toujours prévenir les autres afin qu'ils ne s'inquiètent pas...
Ponyta fini par revenir au petit trot, la vessie plus légère.
Ça soulage, lui lança son Pokémon avec allégresse.
Je n'en doute pas, répliqua Marine. On peut rentrer maintenant ?
Oui... Je ne sais pas si ça t'intéresse, mais j'ai vu ton compagnon excité - celui que vous appelez Zeronos - assit tout seul un peu plus loin...
Que pouvait bien ficher Zeronos ? La curiosité de Marine étant piquée, elle demanda à son Pokémon de la guider jusqu'à lui.
Le chemin jusqu'à Zeronos fut vraiment court - pas plus d'une centaine de mètres. Il était effectivement seul, assis par terre et mangeant tranquillement son sandwich. A l'approche de Marine il se retourna et prit un air agacé.
- J'avais raison : il est parfaitement impossible de manger en paix dans ce foutu monde de mes deux.
Après cet accueil chaleureux, il se retourna et ne prêta plus attention à la jeune fille et à son Pokémon. Marine hésita entre lui donner un coup de pied et repartir comme si de rien était. Elle fini par opter pour la seconde solution, n'ayant pas envie de se disputer pour le moment.
Elle se retourna donc et se prépara à rentrer.
Elle n'avait pas fait trois pas que quelque chose attira son regard sur sa gauche. Un minuscule point de lumière, d'environ un centimètre de diamètre, flottait entre deux arbres.
Un bébé Muciole ? suggéra mentalement Ponyta.
Je ne sais pas, répliqua Marine avec une pointe d'angoisse qu'elle ne parvenait pas à expliquer.
Elle se retourna un instant en direction de Zeronos qui n'avait rien remarqué et se demanda s'il fallait le prévenir.
Hésitante, elle jeta encore un regard au point lumineux et se figea. Il faisait maintenant la taille de son poing.
Un MCR, probablement, lui lança son Pokémon.
MCR ?
Un Muciole à Croissance Rapide, expliqua Ponyta.
Malgré sa tentative d'humour, Marine sentit que son Pokémon était aussi inquiet quand à la nature de ce qu'elles avaient sous les yeux.
Pendant leur échange mental, le rond de lumière avait encore grossit, quadruplant de volume et faisant maintenant approximativement la taille d'une tête humaine.
Ce n'était pas bon du tout... Cela pouvait-il être un piège de leur hôte ou d'un autre habitant de ce monde ?
Marine courut vers Zeronos et l'attrapa par le bras pour le prévenir.
- Qu'est-ce qu'il y a encore ? répliqua-t-il en se dégageant sans douceur.
Marine lui saisit la tête et le força à regarder en direction de la lumière, dont la croissance avait maintenant atteint la taille d'un Grodrive adulte.
- Eh bien quoi ? demanda Zeronos avec un froncement de sourcils. Tu n'aimes pas l'éclairage extérieur ?
Sur ce, il se retourna et recommença à manger. Exaspérée, Marine voulut le forcer à se lever. Elle jeta cependant un dernier coup d'œil à la boule, et sentit son sang se glacer. Elle avait rétrécit ! D'environ un mètre de diamètre, elle avait régressé jusqu'à sa taille de départ, soit moins de 50 millimètres de rayon. Cela évoqua à Marine une bombe qui implose.
Instinctivement, elle saisit la Pokéball de Ponyta et la rappela à l'intérieur. Elle se jeta ensuite sur Zeronos et le plaqua au sol, lui arrachant un cri de surprise et lui faisant lâcher son sandwich.
- Pas d'agression sexuelle pendant les repas, s'il te plait, lança-t-il à la jeune fille, complètement inconscient du danger. Ça perturbe ma digestion.
Exaspérée, Marine lui plaqua la tête contre le sol. Ce fut à ce moment que l'enfer se déchaina. La dernière chose que vu Marine fut une explosion de lumière blanche, juste avant qu'elle ne ferme les yeux. Il n'y avait pas eut le moindre bruit, et elle ne sentit aucune douleur. Ce n'était probablement pas une bombe... Marine sentait que l'air était en train de se réchauffer sous l'effet d'une quelconque source de chaleur, et elle se demanda ce qui se serait passé si elle avait regardé la boule de lumière au moment où elle avait explosé... Elle serait probablement devenue aveugle, pensa-t-elle.
Soudain, elle sentit l'air reprendre une température normale et devina que c'était fini... Mais qu'est-ce qui avait bien pu se passer ?
Ce fut à ce moment qu'elle entendit un flot d'injures se déverser dans le silence. Elle soupira. Zeronos ne pouvait-il donc pas se taire un peu ?
Elle remarqua enfin qu'elle maintenait toujours la tête de ce dernier contre le sol, et qu'il se débattait pour qu'elle le lâche... Mais alors, qui donc était en train de parler ?
Marine ouvrit les yeux, les cligna plusieurs fois afin d'en chasser la marque qui s'était imprimée lorsqu'elle avait vu la lumière blanche, et se retourna.
Devant elle se dressait une jeune fille qu'elle jugea d'à peu près son âge, trépignant sur place les mains plaquées sur les yeux. Elle avait de longs cheveux bruns et portait des habits qui auraient bien eu besoin d'un bon lavage. Sur ses épaules reposait un sec et à sa ceinture pendaient trois Pokéballs ainsi qu'un drôle de tube en métal d'une vingtaine de centimètres. Ce détail intrigua un peu Marine, qui s'interrogea sur son utilité...
Nom
Rajfir
Prénom
Sahra
Age
16 ans
Fic d'origine
La porte des spectres.
Dans le monde duquel elle vient
Une organisation secrète menace le pays de Sinnoh et veut s'en prendre au Spiritomb de Sahra, son Pokémon et meilleur ami. Cette organisation étant partout, Sahra ne peut faire confiance à personne et est donc obligée de partir à la recherche de la vérité elle-même.
Pokémons
Trois au moment de son transfert : Spiritomb, Abra et Galekid (fraîchement capturé).
- BORDEL, cria soudain la nouvelle venue. ABRA ! C'ÉTAIT QUOI CETTE ATTAQUE FLASH DE MERDE ? LE JOUR OÙ J'AURAIS ENVIE DE PERDRE LA VUE, JE DEMANDERAIS À MES ENNEMIS, MERCI BIEN !
Marine remarqua enfin les deux Pokémons qui côtoyaient la jeune fille. A la hauteur de son épaule, un Spiritomb dardait un regard perçant sur Marine et Zeronos, alors qu'au pied de la jeune fille, un Abra lévitait en rond, l'air gêné. Apparemment, les Pokémons n'avaient pas souffert du flash lumineux.
Zeronos parvint enfin à se dégager de la poigne de Marine et se releva en râlant :
- Eh ! Ça va pas de me maintenir la tête comme ça ? Tu veux que je meure d'étouffement ou quoi ?
Puis il se retourna et remarqua enfin qu'ils n'étaient plus seuls.
Dès que Zeronos eut pris la parole, la nouvelle venue cessa de crier et tendis l'oreille. Elle écarta ses mains et ouvrit les paupières, dévoilant des yeux quasiment laiteux qu'elle plissa en vain. Si Marine s'était demandé ce qui se serait passé si elle avait regardé la lumière de face, elle avait maintenant sa réponse...
- Y'a... Y'a quelqu'un ? demanda Sahra d'une voix peu assurée. Rhaaaa, saletés d'yeux, j'y vois plus rien maintenant... Abra, attaque Soin s'il te plait.
Le petit Pokémon se mit à léviter et posa ses mains sur les yeux de sa maitresse. Une douce lumière rose s'en échappa, rendant ainsi leur couleur châtain aux yeux de la jeune fille. Celle-ci cligna un instant des paupières puis fixa enfin ce qui l'entourait.
- Houlà, soit c'est moi, soit le Mont Couronné est soudainement devenu très éclairé...
Elle jeta un regard circulaire autours d'elle, et remarqua Marine et Zeronos qui la fixait avec étonnement.
- Après l'homme en noir, on hérite d'une sauvage, commenta le jeune homme en examinant la tenue en mauvais état de Sahra. Cette aventure devient de plus en plus palpitante...
- « TU » hérites de rien du tout, je n'ai pas la malchance de te connaître, et tu m'en vois ravie, lui répondit la jeune fille d'un ton acide. Désolée de vous avoir dérangé et adieu, la sauvage salut le macho.
Sur ces mots, Sahra se retourna et partit à grandes enjambées. Marine jeta un regard de reproche à Zeronos, qui l'ignora superbement et commença à ramasser les morceaux épars de son sandwich.
- J'adore le caractère de cette fille, lança ironiquement Zeronos, je suis sûr que tu t'entendras à merveille avec elle, Marine.
Il se retourna et jeta un regard à Marine... Ce fut à ce moment qu'il remarqua qu'il parlait tout seul : Marine avait suivi Sahra.
***
Coupage de chapitre
- Tu es vraiment sûr de ne pas avoir utilisé Téléport ? Et ce n'est pas ton attaque Flash qui a causé cette lumière ?
Abra lui certifia que non au deux questions, et Sahra se replongea dans son angoisse. Où pouvait-elle bien être ? Dès qu'elle avait quitté le garçon et la fille, elle avait demandé à Abra d'attaquer Clairvoyance. Il n'y avait pas la moindre trace du Mont-Couronné dans les environs... Paniquée, la jeune fille s'était forcée à se calmer. Au moins ses Pokémons étaient avec elle, c'était toujours ça de prit...
Peut-être aurait-elle dû questionner les humains qu'elle avait croisé, mais la réplique du garçon l'avait tellement énervée qu'elle n'avait pas pu s'empêcher de l'envoyer paitre et de s'en aller... Il faudra vraiment qu'elle arrange un jour son caractère de cochon...
Soudain, un bruit de course retenti derrière Sahra. Sur ses gardes, la jeune fille se retourna et posa la main sur le tube en métal qui pendait à sa ceinture. Au moindre signe de combat, elle n'avait qu'à y clipser une Pokéball pour faire apparaître une lame de soixante centimètre constituée de l'élément du Pokémon dans la Pokéball. Elle avait une lame d'obscurité pour Spiritomb, une lame psychique avec Abra et une lame en acier avec Galekid. C'était ça le pouvoir terrifiant de sa Pokéblade.
Elle aperçut enfin la fille rousse qu'elle avait croisée lorsqu'elle était arrivée ici - où que se situe cet ici. Elle chevauchait un Ponyta et venait dans sa direction.
Ne voulant pas tourner le dos face à un ennemi potentiel, Sahra l'attendit patiemment. Lorsqu'elle fut à ses côté, le Ponyta ralentit et sa dresseuse sauta à terre.
- Qu'est-ce que tu me veux ? lui demanda Sahra avec une patience inexistante. Si c'est parce que je me suis introduit dans une propriété privée, j'en suis navrée et je m'en irais dès que j'aurais trouvé la sortie.
Son interlocutrice tenta apparemment de lui dire quelque chose à l'aide de ses mains, mais Sahra ne comprit rien.
- C'est bien ma chance, je sais pas où je suis et il faut que je tombe sur une muette...
Une expression choquée traversa le visage de la rousse, puis une expression de tristesse se grava sur ses traits. Sahra prit conscience de ce qu'elle venait de dire et regretta aussitôt ses paroles. Elle détourna le regard et repris d'une voix moins agressive.
- Désolée... J'étais dans le Mont-Couronné et je suis arrivé ici sans savoir comment... Je sais que cette histoire doit paraître folle, mais c'est ce qui est arrivé et je dois avouer que je suis un peu effrayée, et surtout complètement perdue... Je sais que ça n'excuse pas mon ton agressif, ni mes paroles, mais ça peut au moins les justifier un peu...
Elle se retourna vers la fille au Ponyta qui lui adressa un sourire, histoire de lui signifier que c'était pardonné.
- Hum... N'empêche que parler avec quelqu'un qui ne peut pas répondre va pas vraiment m'aider... Est-ce que tu sais écrire ?
Son interlocutrice hocha positivement la tête. Sahra retira son sac de ses épaules et fouilla un instant dedans. Elle en ressortit un bloc de feuilles et un crayon qu'elle tendit à la rousse.
- Tiens, j'espère que la conversation sera plus facile avec ça...
La jeune fille pris le bloc et lui sourit. Elle se mit ensuite à écrire rapidement sur une feuille et lui montra le message : Je m'appelle Marine, et toi ?
- Sahra... Mon nom à moi c'est Sahra... Et voici Spirit et Abra, continua Sahra en montrant ses Pokémons... Je ne sais pas si tu as vu une explosion de lumière quand je suis arrivée ici, mais tu ne parais pas vraiment étonnée de parler avec une inconnue qui s'est infiltrée dans ton jardin... Donc si tu sais ce qui m'est arrivé - même si ça m'étonnerais - pourrais-tu me le dire ?
La réponse ne se fit pas attendre : Tu as été transportée dans un univers parallèle.
- Eh ! s'indigna Sahra. Je ne t'ai pas passé un bloc pour que tu te payes ma tête !
L'air sérieux de Marine lui certifia qu'elle ne mentait pas. Stupéfaite, Sahra s'assit brusquement par terre. Un univers parallèle ! Comme si elle n'avait pas déjà assez d'ennui comme ça ! Non, décidément il n'y avait pas de doute : quand était venu le jour de lui attribuer une bonne étoile, les dieux devaient faire grève... Elle prit une grande inspiration et relança la conversation.
- Bien... Il me semble que tu peux m'en apprendre beaucoup sur ce que je fiche ici, ajouta la jeune fille d'une voix tremblante. Alors si tu pouvais m'en dire plus, je t'en serais reconnaissante...
C'est une histoire assez longue...
- J'ai l'air de quelqu'un qui a un rendez-vous pressant ? De toute manière, même si c'était le cas, je suis coincée ici... Alors tu peux y aller, je t'écoute - ou plutôt je te lis, termina-t-elle d'un ton malicieux.
Marine lui adressa un sourire et commença à écrire.
A suivre...
Je crois qu'on dors un peu, par-ici.
On a oublié de poster le chapitre 35 après l'arrivée des deux nouveaux, et moi j'ai déjà fini mon chapitre 36, mais je l'ai envoyé par MP à Imh', Crystal et au compte ABE pour vérifier si je n'avais pas écris de conneries avant qu'on ne le publie pour de bon.
Donc j'attends toujours qu'on confirme mon chapitre ou qu'on me dise si il y a des trucs à modifier avant de le mettre.
Et aussi, je poste le 35:
Chapitre 35: Les nouvelles règles [imhotep43]
Pendant tout le discours de Louka, Lilian avait eu un oeil distrait. Il somnolait presque alors que tout ce que faisait son compagnon de déroute, c'était énoncer des évidences et donner des pistes qui pouvaient très bien s'avérer être fausses comme il l'avait d'ailleurs souligné. Non pas qu'il ne respectait pas l'effort fait par celui qui était le plus apte parmi eux à émettre des hypothèses logiques, mais tout cela ne faisait que mettre un peu plus de pression au groupe, peut-être inutilement. Il attendait désespérément une boutade d'Antoine qui ne viendrait jamais, parce qu'Antoine était de l'autre côté du miroir, totalement étranger à ces évènements dont il ne saurait jamais rien si Lilian ne pouvait pas rentrer chez lui. Il le savait, un double de lui avait pris sa place et vécu sa vie... Non, en réalité, et c'était ce qui le gênait le plus... c'était lui le double... Pendant que l'original vivait sa vie, il avait passé des journées entières ici à essayer de survivre, sans ses amis de toujours, et sans jamais qu'ils ne se rendent compte de sa disparition. Quelques années plus tôt, quelques heures dans ce monde, donc, il en aurait pleuré. Maintenant, il se rendait compte que tout cela lui inspirait un ennui mortel. C'était une accoutumance au danger en somme.
Contrairement à ce que croyait Marine, il l'avait vue partir, ou plutôt sentie. Il ne s'était pas inquiété, voyant que Ponyta avait suivi le même chemin qu'elle, et que c'était l'excitation de la jument qui l'avait certainement intriguée. Dans sa tête, les choses étaient devenues totalement différentes depuis qu'il avait touché le pilier de Dialga. Il communiquait par la pensée, et avait des dons liés à l'espace plutôt impressionnants... Il était plus qu'un dresseur... comme la majorité des gens présents ici. Ce qui le rendait d'autant plus mal à l'aise de ne pouvoir aider ses amis.
Car en Roland il voyait le pouvoir d'Aurore, en Lucas, il voyait le calme d'Iris, en Louka la fougue de Silver, en Zeronos l'audace d'Antoine, en Pluton, la sagesse de Sorbier, en Drayke, la noirceur d'Ed... Et cette fine équipe ressemblait à s'y méprendre à celle avec laquelle il avait lié des liens plus forts que tout, que des centaines d'années ne détruiraient jamais. Il avait d'autant plus de mal à se dire qu'il ne pouvait rien faire pour eux, alors qu'il avait toujours été là pour SON équipe.
La chose la plus troublante... En Marine il voyait Eva... Le seul souvenir vraiment noir de ces quatre années qu'il n'avait pas vécu. Il n'éprouvait pas pour la jeune fille muette la même passion qu'il avait eu pour son amie désormais morte, mais il devait admettre que la ressemblance de caractère était étonnante. Il ne faisait qu'effleurer sa personnalité, et lorsqu'elle se révélait fragile, vulnérable, il faisait un choix qui les écartait tous deux, de telle sorte qu'ils ne se découvraient jamais vraiment, ne faisant que se croiser éternellement. Ce qu'il craignait plus que tout, c'était que l'histoire ne se répète...
Avec l'arrivée du nouveau venu, Lilian découvrait une nouvelle personnalité... Ed... Ed le maudit. Orphelin de père et de mère, lié à l'élément le plus noir, les Ténèbres, il était secret, et son bonheur était toujours teinté de l'ombre d'un passé tragique. L'homme en face de lui cachait lui aussi un lourd passé, qu'il ne montrait jamais, et que seul quelques coups d'oeil furtifs trahissaient. Il regardait fréquemment sa ceinture de ball sans s'en rendre compte, comme si quelque chose avait pu les lui voler et faire du mal à ses compagnons pendant qu'il avait détourné l'attention quelques microsecondes. Un comportement totalement irrationnel, mais bien plus compréhensible lorsqu'on avait perdu un être cher par la volonté d'un destin sans pitié.
Mais il manquait quelqu'un au tableau... Malgré tout ce qu'il voyait dans cette équipe, elle n'était pas complète... Il manquait la benjamine, au tempérament de feu, un calme angélique qui cachait des humeurs meurtrières. Et dans son esprit, quelque chose lui disait qu'elle arrivait.
"Mon esprit s'est éveillé, je repense à mon équipe, et voilà qu'elle ressurgit sous mes yeux. Kim n'est plus très loin..."
Comme tout le monde ici, Lilian en venait à se dire que les coïncidences étaient trop évidentes pour être ignorées. Si tout cela avait autant de familiarité pour lui, c'était parce que c'était lui le point Zéro. Il était le premier à avoir atterri ici, et s'il n'avait aucun souvenir du "pourquoi ?", ce fait était incontestable.
"C'est ma faute, tout ça..."
Plus que jamais il repensait à cette vie qu'un autre vivait. Comme lui, il était avec des gens qu'il appréciait, et qu'il avait perdu. Mais il n'avait pas connu la mort de celle avec qui il voulait passer le reste de sa vie. Il n'en avait qu'un souvenir émoussé, peut-être faux. Il était un élu, un dresseur de renom, un maître, même... Et là il ne servait à rien...
Dans la pièce, tout le monde était en train de se demander où Marine était passée. Le nouveau, Drayke, avait bien précisé qu'elle avait l'air d'être partie naturellement, et qu'il avait vu dans l'encadrure de la porte que son Pokémon l'accompagnait, mais maintenant que Louka avait dit tout ce qu'il avait à dire, la retrouver devenait une priorité pour tous... Sauf pour ceux qui étaient persuadés qu'elle ne risquait rien.
"Lilian, tu comptes partir à sa recherche avec nous ou draguer Lady d'Azrad quand on sera partis ? fit Louka d'un ton réprobateur."
Excellent idée qu'avait eu Louka, aller discuter avec Lady Sibylle.
"A défaut de pouvoirs et de combats, je vais faire la troisième chose que je sais faire le mieux... La diplomatie..."
Il n'avait laissé personne faire d'objections, repérant le lieu où était partie Sibylle, il focalisa son attention dessus avant de devenir étrangement luminescent, puis son corps commença à se déformer, prenant la forme longiligne d'un rai d'énergie pure, et il traversa le plafond, se téléportant plusieurs étages au dessus, devant les appartements personnels de la Lady.
"Non mais je rêve ? fit Louka, ce mec est gonflé ! Est-ce que je me permets de me barrer comme ça sous prétexte que je cours plus vite que les autres ?
-Il sait qu'elle va bien, tout comme moi, expliqua Drayke. Je vais vous aider pour prouver ma bonne foi, mais je suis persuadé qu'elle n'a rien. Tout au plus, le casse-pieds miniature lui raconte sa vie pleine de "Enculé", "salopes" et autres, si j'ai bien cerné le personnage.
-Oui, réenchérit Lucas. Et puis, Lady Sibylle m'a semblé frustrée que tu tiennes ce conseil à l'écart... Je sais qu'on aurait du mal à lui faire confiance, mais, surtout vu ce que tu avais à dire, je crois que ça n'aurait rien changé qu'elle assiste à tout ça. Sauf que maintenant, elle est vexée."
Louka dut admettre qu'il pouvait avoir tort sur Lilian. Mais que Marine ne soit pas en danger, sinon, il allait s'entendre appeler Léon.
Quelques étages plus haut, il toquait poliment à la porte de la Lady.
"Qui est-ce ?
-Je m'appelle Lilian, je suis l'un des voyageurs que vous..."
La porte s'ouvrit en grand, laissant entrevoir la femme dans un costume plus ample, et donc plus agréable à porter, que la tenue militaire à froufrous qu'elle arborait auparavant. Au niveau de son visage, une lame courte était tenue à bout de bras, juste sous le cou du garçon. Elle haletait.
"Je sais qui est Lilian, je connais tous vos noms, mais la question que je posais devait s'adresser à un de mes gardes, qui m'aurait averti de votre présence AVANT de vous introduire.
-Désolé, j'ai un peu du mal avec le protocole, j'ai préféré passer par l'entrée non gardée...
-Mauvaise réponse, il n'y a qu'une entrée à cette aile du palais et elle est gardée.
-Disons que je suis un passe-murailles, et que si j'avais voulu vous faire du mal, je ne me serais pas arrêté devant la porte pour frapper comme le dernier des imbéciles..."
Lady Sibylle calma sa respiration et relâcha son emprise en lâchant...
"Bonne réponse... Entrez, je vous en prie."
Pas un instant, Lilian n'avait craint pour sa vie. Le poignard court qu'elle avait dans la main aurait pu disparaître de la main de la femme pour réapparaître dans la sienne derrière, mais il avait trouvé que cette façon de lui montrer les choses aurait été stupidement agressive.
"L'autre avantage de m'avoir prévenu aurait été que je puisse me changer, je suis vêtue comme une mendiante.
-Dans mon monde, même les femmes les plus riches ne portent pas toujours des robes aussi sophistiquées que celle que vous avez, et je doute que vos mendiants soient mieux habillés que vos soldats..."
Dans une robe légère, à dominance bleu clair et ornée de nombreuses dentelles blanches sur l'encolure et la traîne, Lady Azrad semblait plus simple et surtout plus discrète qu'avec cette parure militaro-séductrice, où sa poitrine n'était retenue que par une tenue moulante alors qu'elle était totalement couverte ici. A contrario, cette robe-ci était largement échancrée dans le dos, mais les cheveux noirs de la Lady, tombant en cascade, couvraient la majeure partie de la surface visible.
"Permettez que je vous offre un verre ?
-Je vous demanderai bien un coca, mais vu la noblesse des lieux et le fait que nous sommes dans un monde qui ne connaît sans doute pas cette boisson, je vous demanderai un jus de fruit. Je laisse à votre appréciation le choix du fruit, étant donné qu'ils ne doivent même pas avoir le même nom et la même forme que chez nous.
-Plutôt sucré ou amer, le fruit ?
-Sucré, merci..."
Dans la pièce, ornée en tout et pour tout d'un petit bureau richement ornementé, qui rappelait désagréablement à Lilian celui de feu deJones, assassin de la liberté et de la raison, on ne voyait pas comment la jeune femme pouvait dormir. Une porte presque fermée au fond laissait deviner dans la pièce adjacente le pilier d'un lit à baldaquins et la descente de lit rouge coordonnée aux draps.
"Rouge ? Passionnée, ardente, Lady Sibylle est l'exemple même du chef de guerre qui croit et en l'idéologie de sa nation et en la force de ses hommes. Elle n'hésitera pas à se jeter elle-même dans la bataille pour faire pleuvoir le sang de son ennemi et recouvrir sa peau de ce liquide rouge pour montrer à ses soldats comment on doit se battre quand on est un digne représentant de la nation d'Hyméria.
-Au lieu de dresser mon portrait émotionnel, qui s'il est plutôt juste, est totalement hors de propos, si vous me disiez ce que vous me voulez ?"
Rapportant deux verres, un pour son hôte et un pour elle, Lady Sibylle semblait prête à parler affaires. Le faisant s'asseoir, elle prit place derrière le bureau.
"Je suis venu vous présenter nos excuses... Au nom de tout mon groupe, j'entends.
-Fi, vous êtes bien assez adultes pour savoir que ces choses sont futiles et...
-Pas pour moi, l'interrompit Lilian. Nous sommes perdus, issus de mondes différents, ayant des personnalités différentes, des dons différents. Le seul dénominateur commun est ce monde. Et la seule personne qui nous ait accueilli pour le moment, c'est vous. Je dois vous avouer que je partage l'idée que vous n'êtes peut-être pas quelqu'un de confiance, mais j'ai du mal à me fier à une impression aussi traîtresse que celle-ci. Peut-être parce que dans chaque visage de ce monde, j'ai l'impression de revoir ceux de l'univers duquel je viens.
-Et je suppose que le mien est celui du grand méchant contre qui vous vous battez depuis des millénaires sans jamais que cette guerre ne se finisse.
-Le vôtre est celui d'une femme ravissante, mais troublante. Mais cet endroit me rappelle un lieu sinistre où j'ai pour ainsi dire été prisonnier pendant un certain temps. Si je devais vous associer à un homme de mon monde, vous seriez le scientifique sans éthique et je serai le cobaye de vos expériences. Et vous seriez à la solde du chef d'une nation aveuglée par une idéologie fallacieuse.
-Je suis loin de maîtriser les sciences de l'alchimie, à supposer que ceci porte le même nom dans votre monde, mais tout le reste est vrai. Je ne saurai objectivement dire que le seigneur d'Hyméria, loué soit son règne, est un bon roi. Peut-être que moi aussi, je suis aveuglée par sa propagande idéologique.
-Arrêtez la comparaison tout de suite alors, Lady d'Azrad. Dans mon monde, l'un des deux mourra dans les jours à venir. Soit le Tyran, soit moi.
-Je ne souhaite aucune de ces deux morts... Et vous pouvez m'appeler Sibylle
-Soit, Sibylle.
-Vous m'intriguez, jeune homme. Avez-vous toujours vécu dans ce troublant souvenir ?
-Depuis quelques dizaines d'heures. Peu avant que nous fassions votre connaissance à vrai dire. Des évènements se sont précipités, mais rien d'utile pour nos deux camps... J'ai seulement "changé"... Je dirai même "évolué". Mais parlez-moi de votre monde, dites-moi dans quoi mes amis et moi avons mis les pieds..."
Sibylle semblait étrangement préoccupée. Avoir eu pendant l'espace de quelques jours l'apparition de ces étranges personnes à travers tout son domaine l'avait au début contrit, puis intrigué et à la fin passionné. Elle faisait la connaissance de voyageurs aux moeurs totalement différentes, issus d'autant de monde fantastiques. Mais Lilian l'avait rappelé à la réalité. Si elle était militaire, il y'avait une raison.
"Nous sommes en guerre... Ce monde est constitué de plusieurs factions belligérantes depuis la grande bataille du détroit de Xylos. Avant, on pouvait dire qu'une harmonie relative était de rigueur entre les trois peuples de Ladinn, Orfalis et Hyméria, dont je suis une des générales.
-Mais l'un des peuples a lorgné sur le bien d'un autre et la guerre s'est déclarée.
-Presque, jeune homme. Notre Terre est constituée de trois continents, que la divinité suprême, dans sa grande science a fait de taille approximativement égale. Nous sommes sous l'influence de trois soleils, alors le climat est approximativement le même sur toute la surface du globe. Rien n'était pour causer la guerre, mais les hommes ont trouvé une raison de la faire. Le détroit de Xylos est le lieu où nos trois pays sont les plus proches les uns des autres. Sur l'influence d'Orfalis, qui voulait que le détroit rempli de pirates, soit soumis à un contrôle plus strict, nous avons voulu nationaliser les mers. Mais si les Terres ont été créées de taille égale, les couloirs navigables du détroit sont presque tous situés sur le territoire d'Orfalis. Le seigneur d'Hyméria a porté ce fait à l'attention de ces chiens d'Orfalians, mais ils ont répondu avec mépris à cette demande. Nous leur avons donc déclaré la guerre.
-Impressionnant, de quoi faire des romans de guerre passionnants.
-La réalité fut bien plus tragique. Jurant fidélité à l'armée d'Hyméria, les Ladinnians nous ont tout d'abord aidé à combattre ardemment Orfalis, mais lorsque leurs forces ont été suffisament diminuées, le président de la nation Ladinniane a décidé de retourner sa veste. Nous étions affaiblis et Orfalis était à terre. Notre allié a décidé d'en profiter pour nous attaquer. Supérieur en nombre, il a fait des ravages dans nos rangs. Mais les Alchimistes d'Hyméria étaient bien plus savants. Ils ont créé une arme capable de raser des kilomètres de terre et de tuer tout être vivant dans la zone d'impact. Nous avons lutté pendant que l'on construisait des bombes Enucléantes, ainsi nommées car elle réduisait toute chose à l'état de noyaux d'atome. Le jour où nous les avons lancé, nous avons enfin pu espérer reprendre le dessus, mais à quel prix..."
***
Lilian imaginait sans peine quelle horreur avait du être cette hécatombe. Mais en même temps, si Lady d'Azrad disait vrai... Alors Hyméria était la seule nation à pouvoir se poser en état de "légitime défense." Se levant pour poser son verre sur la desserte qui traînait dans un coin de la pièce, il resta debout, intrigué par cette histoire et désireux d'apporter des précisions.
"Quel est le nom de cette planète ? Juste par curiosité...
-Curiosité et ironie alors... Notre monde a été baptisé par les anciens Harmonie.
-Ecoutez, je ne jugerai pas vos paroles, je ne chercherai pas à savoir si vous êtes effectivement la victime de tels actes, mais je crois que si vous m'avez retracé les causes historiques et géographiques de manière juste, alors il n'y a qu'une interprétation, la vôtre. Mais vous portez à mon attention un fait notable. Si vos scientifiques sont les meilleurs... S'ils ont pu créer des bombes nucléaires, ou énucléantes comme vous dites... se pourrait-il qu'ils aient réussi à créer une sorte de... portail ? Un portail dimensionnel qui à terme pourrait servir à faire évacuer le peuple d'Hyméria, ou à ramener des ressources d'un monde parallèle, à trouver des alliés dans une autre dimension ?
-Le peuple d'Hyméria s'est toujours battu avec courage, et depuis la trahison de Ladinn, nous nous battons seuls ! Et même si nous perdions du terrain, nous pourrions mourir jusqu'au dernier pour notre nation bienveillante. Quelque soit l'explication que vous donnez à votre portail, ce n'est pas la philosophie de pensée de notre peuple.
-Dans ce cas, ça veut dire que c'est l'un des deux autres imbéciles avec qui vous faites la guerre qui a le moyen de nous ramener chez nous."
Il soupira tout d'abord, laissant présager qu'il appréhendait ce fait avec une soumission qui ne lui était pas coutumière. Mais sa rage éclata, et envoyant son pied frapper contre la desserte dans un "putain !" fortement vulgaire, il fit voler le verre vide qui éclata au sol, alors que Sibylle étouffait un petit sursaut de stupeur.
"Toutes mes excuses, je vais réparer ça...
-Je comprends votre désarroi. Laissez, mes servantes nettoieront."
Pour toute réponse, Lilian leva la main qui s'entoura d'une aura rose. Au sol, les fragments de verre vibrèrent, avant de se rapprocher les uns des autres et de se recoller comme par enchantement. Une fois le verre reformé, il s'envola pour atterrir dans la main de Lilian qui le posa à nouveau sur la desserte.
Comme s'il venait de faire un geste quotidien, le plus naturellement du monde, il reprit la conversation.
"Vous n'auriez pas une idée de qui, de Ladinn ou d'Orfalis aurait pu avoir cette idée...
-Je n'ai aucune assurance, depuis la guerre, quatre-vingt dix pour cent de la surface d'Harmonie est inhabitée. Mais des espions Hymérians ont rapporté qu'à Orfalis, un incident s'était produit dans un désert avec une expérience secrète dont le nom de code est Orion. Vue leur position critique dans cette guerre, je ne serais qu'à moitié surprise qu'ils cherchent à fuir dans un monde en paix, voire un monde inhabité. C'était il y'a à peine quelques jours soit...
-Au moment précis où le premier d'entre nous est arrivé dans ce monde..."
Lilian avait une tête pleine de ces nouvelles informations sur le monde dans lequel ils vivaient alors que Sibylle restait toujours estomaquée du miracle que le garçon venait d'accomplir sous ses yeux.
"Comment avez-vous réparé ce verre ? Dites-moi tout.
-Je suis un peu "spécial", comme tous les gens qui composent ce groupe. J'ai un don unique, et même si en apparence nous sommes tous normaux, je ne crois pas qu'il y'ait un seul d'entre nous qui soit vraiment normal. C'est tout ce que je peux vous dire.
-Avec de tels pouvoirs, ainsi qu'avec ces créatures étranges que vous rangez dans vos "Pokéball" si je ne me trompe pas dans le nom, nous pourrions écraser Ladinn et Orfalis, et vous pourriez peut-être rentrer dans vos mondes respectifs si nous trouvons leur expérience.
-Pardonnez-moi, Lady...
-Sibylle, je vous en prie...
-Pardonnez-moi, Sibylle, mais tant que je n'ai aucune assurance que c'est Orfalis qui a créé ce portail, je ne peux pas mettre mes dons et la vie de mes compagnons, tant humain que Pokémon, au service d'une armée ou d'une autre. Et croyez-moi, vous ne m'en ferez pas démordre.
-Vous l'avez dit vous-même, les faits coïncident...
-Certains coïncident... Mais pas tous... Tiens, le meilleur exemple. Pourquoi avons-nous atterri chez vous ? Pourquoi pas à Orfalis ou le projet Orion, si ma mémoire est bonne, a eu lieu. On peut très bien penser vue l'instabilité flagrante des portails qu'ils ont voulu essayer chez vous, se souciant peu que quelques Hymérians soient téléportés dans des mondes inconnus. Mais on peut aussi se dire que c'est vous qui avez créé le portail.
-Et nous nous servirions de vous pour tuer un ennemi dont vous vous souciez peu. Je comprends Lilian. Je comprends votre dilemme. Je tâcherai d'en savoir plus si de votre côté vous me promettez d'étudier cette affaire et d'en parler à vos amis. Avec votre aide, cette guerre pourrait se finir bien plus tôt."
Lilian s'apprêtait à partir. Mais cette phrase fit remonter des souvenirs bien plus tristes...
"Avec votre aide, cette guerre pourrait se finir bien plus tôt."
Un écho du passé lui revint en mémoire... La voix puissante de Voltère...
"Vous verriez vos têtes, on dirait pas que c´est vous qui allez sauver le monde..."
Le jour même, Lilian apprenait que la mère d'Ed avait été tuée, que lui-même avait été fait prisonnier... Et quelques mois plus tard, Eva mourait.
"Avec notre aide, cette guerre pourrait se finir plus tôt... mais elle ne se finira pas sans sacrifices.
-Nous sommes prêts à les faire, Lilian...
-Vous peut-être... Pas moi...
-Je vous demande juste d'y réfléchir...
-Bonne journée Sibylle."
Il referma la porte. Derrière son dos, Sibylle restait immobile, debout devant le bureau sculpté. Il le savait... Il aurait presque pu dire qu'il la voyait. Il voyait aussi un point minuscule, à l'autre bout du domaine, un point qui grossissait avant d'atteindre son apogée et de rétrécir petit à petit. Quand il manipulait l'Aura, c'est exactement de cette manière qu'il arrivait à en faire une arme puissante, dont toute la force était concentrée en un minuscule point. Trois signes de vie était à sa proximité... Non, plus que deux. Ponyta était rentré dans sa ball. Marine n'aurait jamais fait ça, sauf si sa jument avait pu être en danger.
"Et merde !"
Il commença à courir, mais ses membres devinrent flous et sa course se termina en rai d'énergie passant au travers des murs et fonçant vers le jardin. Lorsqu'il passa par dessus la clairière ou Marine plaquait Zeronos contre le sol pour le protéger, il vit la lumière aveuglante irradier les environs. Même Sibylle, dont les appartements étaient situés de l'autre côté du palais, avait du voir ce flash.
Lilian avait l'expérience du téléport. Sous sa forme énergétique, il pouvait regarder la lumière la plus intense sans craindre d'être aveuglé. Pourtant, en regardant cette lumière, il sentit ses yeux qui avaient mal, puis bientôt tout son corps... Ce n'était pas qu'une lumière... Mais alors qu'est ce que c'était ?
Il trouva la réponse lui-même en touchant terre. Le rai d'énergie s'était arrêté de lui-même, et Lilian s'était matérialisé, labourant le sol dans sa chute et se tordant le poignet contre une racine. Une simple lumière ne pouvait pas lui forcer à abandonner ses pouvoirs. Seule une matière comme l'Ombre pouvait lui faire perdre momentanément ses dons. Or, il le savait, l'Ombre ne pouvait pas exister dans ce monde, elle avait du forcément venir d'un autre monde...
"Cette lumière, fit-il pour lui-même en retenant une larme de douleur... C'est un passage... Il y'en a encore un autre qui arrive."
Et au vu de la présence d'Ombre, il était quasiment sûr que c'était du sien. Il sentit la présence d'un nouvel être. Une fille, jeune... énervée... Un tempérament de feu...
"Kim... tu es finalement arrivée."
Elle fuyait Marine et Zeronos. Lilian aurait bien voulu l'intercepter, mais l'Ombre résiduelle dans l'air ambiant l'empêchait de se téléporter. Et puis il avait besoin de soins pour sa main. Ce n'était pas urgent, il s'était fait bien plus de soucis de nombreuses fois en quatre ans, mais il avait mal.
"Kim... Kim est là !"
Elle semblait plus vieille dans sa tête... De combien de temps son monde avait avancé depuis la dernière fois ? Trois, quatre ans ?
"Au diable la douleur, je vais la prévenir."
Il courut au jugé dans la forêt, tombant plusieurs fois, se relevant en retenant un cri de douleur à chaque fois qu'il s'appuyait sur sa main, mais il avançait, vers le signe de vie qui était de plus en plus proche. Marine était avec elle, et aucune n'avait tué l'autre. Kim était intelligente, elle savait ne pas s'emporter. Il y'était presque... Il allait la retrouver...
Il déboula au milieu de la conversation entre Marine et Kim. La jeune cavalière venait tout juste de commencer à écrire l'histoire de leur naufrage à travers les dimensions. Elle montra Lilian du doigt, et écrivit sur le bloc-notes:
"Tiens, il pourra mieux t'aider que moi."
De dos, Kim avait les cheveux plus longs, mais toujours aussi bruns. Elle avait au bas mot pris quatre ans... peut-être même cinq.
"Kim, c'est moi !"
Elle tourna lentement la tête. Lilian perdit son sourire et se laissa envahir par la douleur. Même avec quatre ans de plus, il y'avait un détail qui distinguait Kim de cette fille inconnue... Elle avait les yeux bridés... Pas la fille qui parlait avec Marine.
"Pardon ? Vous m'avez appelé comment ?"
Ce n'était pas Kim, loin de là. Tempérament similaire, du type "explosif instable", mais ça s'arrêtait là. Il était proprement dépité alors que Marine écrivait sur son bloc.
"Il a du croire qu'il te connaissait. Certains des passages se sont ouverts deux fois vers le même monde...
-Oh, je vois... Désolé pour la déception. Moi c'est Sahra, fit-elle en tendant la main."
Lilian ne la saisit pas. Il était bien conscient qu'arriver au milieu d'une discussion en courant comme un dératé, en appelant une fille par un nom qui n'était pas le sien, et refuser le premier contact... Il avait de quoi passer pour fou.
"Bon, d'accord, ça commence bien, fit Sahra en retirant sa main.
-Désolé, fit-il haletant de fatigue et de douleur après sa course à travers bois, une main tordue en prime. Je me suis tordu le poignet en voulant arriver ici au plus vite. J'ai vu la lumière brillante, j'ai eu peur pour Marine.
-Oh, je vois, j'ai un Abra qui peut guérir ta blessure...
-NON ! fit-il... Je veux dire... non merci désolé.
-Tu es sûr que ce n'est que physique ? Tu m'as l'air un peu..."
***
Elle ne termina pas sa phrase, laissant Lilian reprendre son souffle, la tête dirigée vers le sol. Elle fit un geste du doigt vers sa boîte crânienne, tapotant et terminant ainsi pour Marine.
"Fou ?"
Elle attrapa le bloc et écrivit dessus:
"Il est juste TRES méfiant !"
Sahra lut la note et, très bizarrement, sourit.
"On est deux dans ce cas. Mais ta blessure est douloureuse. Abra pourrait te soulager de ta douleur."
Lilian inspira une dernière fois à grandes goulées avant de lâcher en deux mots bien distincts: "Non merci !
-Je n'insiste pas... Souffre si c'est ton délire.
-Excuse-moi. Comme l'a dit Marine, j'ai cru que tu étais quelqu'un d'autre.
-Je vois... Euh, comment tu as pu lire ce qu'a écrit Marine ? Elle ne l'a montré qu'à moi !
-On est tous un peu particuliers, ici.
-Encore un deuxième point qu'on partage...
-C'est comme ça que j'ai senti ton caractère. Primal, instinctif, incendiaire... Exactement comme une amie dans mon monde.
-Ah, ton amie est orpheline peut-être ? fit-elle d'un ton à mi-chemin entre le sarcasme et l'indifférence.
-De père et de mère, en effet. Tu es vraiment sûr que...
-Non, je ne la connais pas, je ne te connais pas. Je... je parlais vraiment de moi."
Elle repensa une seconde à ses parents, à tout ce qui s'était passé depuis son départ forcé de la maison. Elle avait du mal à être nostalgique de cette vie pleine de drames.
"On est où ? C'est quoi cet endroit ?
-Cette planète se nomme Harmonie. Détrompe-toi, on est au coeur d'une guerre entre trois factions même si le nom et le cadre semblent sympa.
-Tant que personne ne nous en veut personnellement à moi et mes Pokémon.
-Notre petit groupe de voyageurs semble être le seul à connaître les Pokéball, même si plus au sud, on en a vu des sauvages. Donc je ne crois pas qu'on puisse te chercher des noises pour des créatures qui leur ont fait une forte impression."
Sahra sourit. Elle n'avait jamais imaginé les choses sous cet angle là, mais peut-être que finalement, ce changement de cadre n'avait que du bon pour elle. Elle n'avait plus de famille et aucun vrai ami autre que celui qui était à ses côtés. Si personne ne lui courait plus après, alors elle était un peu en vacances.
"Bon, dans ce cas, je crois que nous sommes enfin tranquilles, moi et mes Pokémon.
-Tu veux venir rejoindre les autres ? Je crois qu'après l'arrivée de Drayke, ça va les changer. Il est plutôt du genre discret, si tu vois ce que je veux dire.
-Vous êtes nombreux comme ça ?"
Lilian fit, pour la première fois, le compte dans sa tête, au fur et à mesure que cette journée sans fin se déroulait, il y'avait de plus en plus de monde qui les rejoignait.
"Voyons, Marine et toi, Drayke, Louka, Zeronos et Pluton, Lucas, Roland, et moi-même, ça fait neuf... Sachant qu'en toute rigueur on est treize, mais comme te l'a écrit Marine, les vortex se sont parfois rouverts. Il y'a déjà quatre personnes qui sont retournées chez elles.
-A supposer que le vortex du Giratina berserk n'ait pas envoyé Alexend et Drakness dans les tréfonds d'un monde absurde, commenta une voix... C'est qui elle ?"
Lilian se retourna, faisant face à un Louka plutôt en rogne, même s'il ne le montrait pas.
"Ma call-girl personnelle, fit Lilian avec un air cynique. Comme je m'emmerdais, j'avais demandé à Marine si elle ne voulait pas faire un truc à trois. A ton avis Louka ?
-Mon avis c'est que je t'avais prévenu que si Marine risquait quelque chose...
-Je crois que tu t'es aussi plaint que j'étais le seul à me permettre ce genre de choses pendant que vous cherchiez. Sauf que moi, je savais à chaque instant où était Marine et ce qu'elle faisait, et je te ferai remarquer que je suis arrivé le premier sur les traces du portail, qui j'y ai laissé un poignet et que j'en ai plus que marre de ton caractère de merde, Silver !
-Tu m'as appellé comment ? fit Louka interpellé.
-C'est rien, fit la nouvelle venue, il a tendance à confondre un peu ses anciens collègues et les nouveaux... Je dois avouer que j'arriverai facilement à être aussi confuse si on me transportait contre mon gré dans un nouveau monde et que j'avais à supporter la mauvaise humeur de quelqu'un que je ne connaissais pas quelques minutes auparavant."
Lilian continuait d'ignorer Louka, et ne faisait que se concentrer sur le monde extérieur comme si le jeune homme virtuel n'avait jamais été là. De son côté, Louka devait admettre qu'il n'avait peut-être pas pris tous les nouveaux paramètres en compte. Il pouvait se téléporter, communiquer en pensée avec Roland... Il devenait autre chose que le poids qu'il avait toujours plus ou moins été dans cette équipe, loin derrière tous les autres...
"Ca n'explique pas ta mauvaise foi, fit-il remarquer.
-Je vais essayer d'être concis alors. Je sors comme tout le monde ici d'une chasse à l'homme dont on était les proies. En une seconde, j'ai récupéré quatre années de souvenirs... Des souvenirs qu'un autre Lilian a vécu à MA place, des souvenirs de mort d'êtres chers entre autres. Voilà maintenant que tu débarques avec ta théorie abracadabrantesque, et que tu me reproches de ne pas agir pour le groupe... Tu veux que je sois de bonne humeur ?
-Ca va, je m'excuse, tu es content ? Vu que je n'étais pas au courant de tout ça, comment veux-tu que je te comprennes ?
-Ce serait peut-être bien de discuter avant de monter au créneau, fit remarquer Sahra.
-Je ne crois pas que tu sois apte à juger mon caractère, jeune fille dont je ne connais toujours ni le nom ni quoi que ce soit.
-Je m'appelle Sahra, je sors d'emmerdes assez importantes comme vous tous, et la remarque que je viens de faire, je viens de la lire sur une feuille sur laquelle Marine a écrit. Donc, je pense qu'elle te connaît bien..."
A plusieurs mètres, un cinquième protagoniste se fit entendre.
"Vous avez pas fini de gueuler ? On vous entend à trois kilomètres...
-Zeronos... commença Louka
-... ta gueule ! terminèrent les autres."
Partant aussi vite qu'il était venu, il grommela un flot d'injures incessants, alors qu'une infime partie de son esprit commençait à comprendre ce que c'était que subir une mauvaise humeur permanente pour laquelle, pour une fois, il n'avait rien fait.
Lilian commençait à nouveau à respirer calmement. Cette micro-altercation avec Zeronos avait fini de le calmer.
"On lui reprochera ce qu'on voudra, mais parfois, avoir une tête à claques comme la sienne, ça permet de se défouler allègrement.
-Eh, c'est ma tête à claques, fit remarquer Louka. Je supporte sa mauvaise humeur depuis qu'il est apparu ici, c'est à moi que revient tout le mérite.
-Et tu as bien du courage, fit remarquer Sahra. Bon, on va rencontrer les "autres" comme vous dites ? Parce que si c'est pour avoir une telle ambiance tout le temps, je ne vous cache pas que je resterai bien seule."
Au coeur de la forêt domaniale, les quatre adolescents se rapprochèrent des jardins floraux, croisant sur leur route les autres groupes chargés de retrouver Marine.
"Vous voilà, fit Lucas soulagé, accompagné de Pluton.
-Non pas qu'on vous aurait regretté, mais vous auriez pu nous servir à quelque chose en temps et en..."
Pluton s'arrêta. La quatrième personne, dont elle s'attendait à être Zeronos, avait les cheveux bien trop longs pour ça. Une nouvelle venue.
"Encore ?
-Non, moi c'est Sahra, mais si vous voulez me donner un petit nom, allez-y, c'est à la mode en ce moment.
-Oh, ça va, fit remarquer Lilian faussement outré."
Malgré la dispute qui avait éclaté, Lilian se sentait plus calme désormais. Il ne savait pas si pour Louka c'était la même chose, mais parfois quand la cocotte-minute avait trop chauffé il fallait qu'elle explose, parce que l'entendre siffler toute une journée, c'était encore plus agaçant.
"L'autre groupe est où ? demanda Louka.
-Drayke et Roland sont partis chercher de l'autre côté du château, et Zeronos ?
-Derrière vous, fit l'intéressé sortant d'un fourré. C'est fini la session cris et plaintes ? Je peux venir sans me faire allonger sur place parce que je suis arrivé au mauvais moment ?
-Tu peux revenir nous gratifier de ta mauvaise humeur. Le seul que je peux blâmer maintenant, c'est moi, pour m'être tordu le poignet, fit remarquer Lilian, vraiment sincère dans sa phrase."
A ce propos... S'il s'était fait mal, c'était que l'Ombre l'avait fait chuter... Et ça méritait qu'on s'y attarde encore un peu...
"Louka, à ton avis, est-ce possible qu'une substance inventée par des scientifiques de mon monde puisse avoir un équivalent dans un autre monde ?
-Sans doute oui, pourquoi ?
-Parce que j'ai perdu mes dons au moment où j'ai survolé le portail au travers duquel est arrivée Sahra. Seule une matière précise peut avoir cet effet sur moi. On l'appelle l'Ombre.
-Ca peut aussi être causé par la formation du vortex, on ne sait pas comment cette merde marche... C'est même plus probable... Je ne vois pas pourquoi cette "Ombre", comme tu dis, proviendrait du monde de Sahra plus que d'un autre. Du moins c'est mon point de vue. 53% de chances que ma théorie soit juste... C'est tout de même nettement mieux que les 17% de la théorie en deuxième place.
-Merci de tes lumières...
-De rien, c'est un plaisir, fit Louka pour la première fois vraiment ravi d'être vu comme un être de culture et plus comme une machine de guerre. Ton entrevue avec Lady Sibylle a été concluante ?
-Si ça ne te gêne pas, j'aimerais en parler après avoir remis ça en place, répondit Lilian en montrant sa main endolorie.
-Tu ne veux toujours pas de mon aide ? demanda Sahra
-Merci, dans notre groupe, il y'a quelqu'un qui peut s'en charger.
-Aussi facilement que moi ? J'en doute, fit-elle sûre d'elle.
-Je crois pourtant qu'il peut, désolé de te décevoir, fit Louka à son tour."
Le petit groupe rejoignit l'entrée du bâtiment, où les attendaient déjà les deux autres membres, qui, n'ayant rien trouvé, avaient fait demi-tour. Dans un geste dont lui seul avait le secret, Roland passa sa main curatrice sur le poignet tordu de Lilian. En trois secondes montre en main, il n'avait plus mal.
"Merci Roland...
-Ed neir. Tse'c sruojuot nu risialp ed riovuop redia. Suov ua sniom, suov en em zelûrb sap fiv rus nu rehcûb.
-Il fait trop chaud pour un bûcher... A la rigueur un barbecue, mais j'ai peur que tu donnes mauvais goût à la viande. Shaymin n'est pas avec vous ?"
Roland montra un parterre de fleurs dans le jardin, auprès duquel Shaymin faisait office de jardinier. Dévasté par on ne sait quelle folie (sans doute celle d'un Zeronos furieux de ne trouver aucun endroit où il pouvait être tranquille), le petit Pokémon officiait comme un chef pour ramener les fleurs à la vie. Le groupe était au complet.
***
"Oh, c'est mignon, commenta Lilian, un peu attendri par la situation.
-Li tse sèrt xueicneicsnoc...
-Je vois ça, Lady Sibylle sera ravie. Elle n'a jamais du les voir aussi belles.
-Une seconde, tu comprends ce qu'il dit ? Pour moi c'est du chinois... fit la nouvelle venue.
-Bienvenue dans notre monde, fit Lucas, se démarquant pour la première fois en présence des nouveaux venus. Te voici entre Roland, l'homme aux pouvoirs curateurs et à la langue incompréhensible, et Shaymin, son seul et unique confident. Lilian comprend ce qu'ils disent, Pluton aussi, même si elle est peu loquace et Louka apprend très vite... Hormi eux, tout le monde rencontre le même souci que toi..."
Sahra s'intégrait petit à petit dans ce groupe dont elle se moquait éperdument quelques minutes auparavant. Elle avait échappé à des soucis quotidiens en quittant son monde et n'avait pas l'intention de s'en trouver d'autres dans celui-ci, mais elle partageait cependant avec ce groupe une chose indéfinissable qui maintenait cette cohésion improbable entre autant de caractères différents. S'il fallait aller jusqu'au bout du monde avec tous ces gens, elle ne dirait peut-être pas non.
"Bon, je sais que ça devient une habitude, mais mes jambes sont plus endolories que mon arrière-train, alors soit on s'asseoit ici, sur les marches de l'entrée, soit on s'asseoit dans la salle que Sibylle a mis à notre disposition, mais j'ai des choses à vous dire sur ce monde. Il semblerait que tout ce qu'on ait fait jusque là n'ait été que la partie facile..."
Le groupe décida d'un commun accord de rester ici. La journée était ensoleillée, et Shaymin pouvait travailler autant qu'il le souhaitait à faire repousser les fleurs. Après avoir raconté pour la énième fois l'histoire depuis le début, la caverne, la base, la fuite dans la forêt, aux nouveaux arrivants, Lilian en arriva à la situation sur ce monde. Quand il dut raconter qu'Hyméria était en guerre contre une autre faction qui avait vraisemblablement créé le portail qui les avait tous amenés ici, un voile de déception parcourut tous les visages.
Une fois qu'il eut fini de narrer son récit, Lilian fit remarquer que même si Sibylle était accueillante et attentionnée envers ses hôtes, il se pouvait qu'elle mente sur certains faits pour profiter de leur aide précieuse.
"Aussi, avant tout choix précipité, je lui ai demandé de nous confirmer si effectivement c'était Orfalis qui avait développé le projet dont elle m'a parlé. Elle fera tout ce qui est en son pouvoir, et elle a l'air d'en avoir au sein de son gouvernement.
-Ca veut dire qu'on va devoir se battre au côté de personne qu'on ne connaît pas, qui nous ont pourchassé comme des bêtes pendant des jours pour aller taper sur d'autres gens qu'on ne connaît pas et qui auraient PEUT-ÊTRE un lien avec ce qui nous arrive ? demanda Louka.
-J'ai oublié de vous dire que nous avions toujours l'autre solution. Attirer le seul Giratina qui existe dans une infinité d'univers... Mais hormis ces deux options, je ne vois aucune solution. Drayke, Sahra, en tant que nouveaux venus, vous avez peut-être un point de vue différent sur la situation... Des idées ?
Sahra hocha la tête négativement alors que Drayke sortait de son silence imperturbable, triturant sa natte sans faire attention à ce qui se passait autour de lui.
"Je ne sais faire que peu de choses, me battre, me battre avec mes Pokémon, me battre avec mes pistolets, et hormis quelques talents annexes dont je vous parlerai en temps et en heure, c'est tout. L'inconvénient de ce qu'on s'apprête peut-être à faire, c'est qu'on peut risquer notre vie pour rien. L'avantage, c'est que si on a risqué notre vie pour rien, on saura qu'on ne peut pas se fier à Hyméria. On en sera toujours au même point concernant notre petit problème, mais on saura...
-Si quelqu'un meurt en chemin, je ne suis pas sûr que ce soit une solution avantageuse pour cette personne, nota Sahra.
-Mais si de toute façon on n'a aucun espoir, cette personne aura au moins eu une mort rapide. Dans tous les cas, même s'il l'a dit pour nous faire enrager, Louka a raison. Dans peut-être quatre-vingt ans, on sera tous morts... Les lois de la Nature nous condamnent tous. Après, ce n'est qu'une histoire de délai.
-Tous ou presque, nota Lilian en se rappelant que désormais, il avait l'éternelle jeunesse.
-Bref, conclut Drayke. Je reformulerai la question en disant tout simplement "A t'on vraiment une alternative ?""
Même si le soleil était radieux et le cadre reposant, l'ambiance n'y était plus. Seul Shaymin, finissant son travail de jardinier, semblait heureux. Quelque soit la version des faits, on en arrivait toujours au même point. Avait-on vraiment le choix ?
"Si on est bloqués, il va forcément arriver un jour où on va nous dire de nous battre parce qu'on nous a accueilli ici, reprit Louka. Je le vois venir gros comme un camion. Notre seule issue sera de quitter le camp rouge pour le camp bleu et de prouver au camp bleu qu'on est là parce qu'on veut mettre le camp rouge au tapis. Même problème, pris à l'envers.
-Stratégiquement parlant, on est dans une impasse, nota Pluton. Mais devant tant de défaitisme, je vous rappelle aussi que la solution à ce problème est là. On a une balle rouge cachée sous trois pots noirs... Pour savoir lequel est le bon, on les fait un par un en espérant tomber sur le bon dès le début.
-En sous-titré ? demanda Zeronos, bien peu enclin aux métaphores.
-On en choisit un au pif et on fonce dans le tas. Si c'est pas le bon, on passe au suivant, traduisit Drayke. Ca a le mérite d'être simple, même si ça ne résout pas le problème des "dommages collatéraux inutiles".
-Et si la partie est truquée, termina Pluton, s'il n'y a aucune balle rouge, je crois bien qu'on arrivera à percer ici. On est les seules personnes sur des milliers de kilomètres carrés de surface habitable à posséder des Pokéball. Les Pokémon existent à l'état sauvage, Shaymin en est la preuve. Vous connaissez la suite...
-Tu leur ferais confiance ? Alors qu'ils t'ont demandé de décimer des milliers de vies pour une guerre qui n'est pas la tienne ? s'étonna Lilian.
-Je n'ai jamais dit ça. On les met au tapis eux aussi, et on impose notre loi sur ceux qui restent. Croyez-moi, pour avoir été la victime de ce système, ça marche. C'est brutal, mais ce ne serait que la juste rançon de leur vilenie.
-Ou sinon, on arrête de se lamenter et on se suicide tous ? fit Drayke le plus sérieusement du monde. J'ai compté mes balles, j'en ai quatre-vingt-seize. Nous sommes neuf, dix en comptant Shaymin. Même si elle s'enraye une ou deux fois en chemin, j'ai largement de quoi tous nous offrir une mort rapide et sans douleur..."
Il semblait presque sourire en titillant sa natte machinalement. Et il leva la tête, son attitude passant de simplement sérieuse à vraiment impliquée.
"En tout cas, je trouverais ça nettement mieux que de gamberger pendant des mois, pour qu'au final, on nous impose une décision et qu'on aille mourir sur le champ de bataille, tué soit par des ennemis qui ne feront pas la différence entre nous et les Hymérians, soit par les Hymérians qui ne feront plus la différence entre nous et leurs ennemis.
-Je suis d'avis d'attendre les renseignements que nous fournira Lady d'Azrad, fit remarquer Lucas. Il y'a trois jours, enfin, soixante et quelques heures vu que le jour est éternel ici, notre seul espoir était de faire venir Giratina. Entre temps on a croisé le sanctuaire des piliers et deux de nous sont déjà rentrés chez eux. Maintenant on a une autre solution. Nous sommes de plus en plus nombreux. Qui nous dit que l'un d'entre nous n'arrivera pas avec un Giratina dans sa Pokéball, comme moi j'ai un Darkrai ?
-Espoir très limité, nota Lilian, mais je comprends l'idée. Et puis avec tous les phénomènes qui nous tombent dessus, on aurait bien du mal à penser qu'on a tout vu et entendu. On va donc faire ça démocratiquement. Qui est pour "attendre des informations supplémentaires ?""
La main de Lucas se leva, ainsi que celle de Lilian. Drayke trouvait stupide l'idée d'attendre, car c'était céder à l'inaction une première fois, qui pouvait être suivie d'une deuxième, puis encore d'une troisième... Mais des renseignements supplémentaires pouvaient changer la donne. Il leva à son tour la main.
En réponse, celle de Louka se leva aussi, les statistiques lui prouvant que c'était de loin la meilleure solution à court terme. Zeronos et Pluton, après s'être vaguement concertés d'un regard et avoir entendu dire que c'était bien par le plus grand des hasards qu'Alexend et Drakness étaient rentrés chez eux, levèrent à leur tour leur main. Marine, voyant que les personnes qu'elle connaissait depuis déjà un certain temps levaient toutes la main, elle les rejoignit dans leur opinion. Sans Ponyta, elle avait du mal à garder les idées claires, mais sans tous ces gens, elle aurait bien du mal à s'en sortir. Une fois que Lilian lui eut retranscrit tous les choix possibles, Roland, en pacifiste, préféra naturellement cette solution, qui n'engageait aucun conflit pour l'instant. Sahra, en petite nouvelle bien peu encline à rester dans son coin, suivit le mouvement, et l'idée de Lucas obtint la majorité absolue avec un score tout à fait honorable de 100 %.
"Bon, on va faire deux groupes, les rats de bibliothèque et les soldats surentraînés, fit Lilian. Vu que notre équipe est composée en majorité d'as du combat, on va faire un roulement. Il doit y avoir une bibliothèque. La géographie de cette planète qu'on appelle si injustement Harmonie ne doit plus avoir de secrets pour nous. C'est là qu'on y trouvera nos stratégies si on doit se battre, et des solutions alternatives si on peut éviter cela. Peut-être peut-on trouver l'endroit où a été créé le vortex et nous y téléporter. Il y'a peut-être d'autres sanctuaires, des Pokémon légendaires... Dans mon univers, Giratina a été exilé dans un autre monde, mais Lucas avait l'air de dire que dans le sien, il avait presque pignon sur rue. Si on peut trouver un objet, un lieu pour l'invoquer, ce serait déjà formidable. Et pour montrer à Sibylle notre volonté de participer à la vie de la communauté, on apprendra deux ou trois choses à ces soldats. Par contre, interdiction absolue de leur montrer comment capturer un Pokémon. S'ils tentent de voler vos ball, ils seront fort déconfits en voyant que ça ne change rien. Et s'ils essayent de s'enfuir avec, je suis sûre que Sibylle aura la délicatesse de les poursuivre et de les punir... Au moins pour nous faire plaisir et donner le change. Je sais bien qu'aucun de vous n'a à obéir à mes ordres, mais si on n'a pas une action coordonnée, on fonce tous droit vers le mur. Maintenant, si quelqu'un à la moindre objection à formuler, le moindre plan à proposer, on se réunit tous comme on l'a fait ici. Maintenant, si personne n'a rien à rajouter, on se bouge le derche. On a quelques jours de repos, je veux du repos actif !"
Ce n'était pas à proprement parler une collaboration... Mais qui ne disait mot consentait. Sibylle comprenait qu'ils aient du mal à admettre qu'elle puisse avoir raison, qu'elle puisse surtout faire autre chose que les manipuler à un moment où elle avait besoin de cette aide. De la fenêtre de son bureau, elle voyait la cour principale, où tout le monde adhérait à l'idée d'un des membres. Elle ne savait pas si c'était bon ou mauvais pour elle, mais ce groupe était soudé, malgré ses différences. Soit ce serait un excellent allié, soit un ennemi redoutable. Elle avait du mal à penser qu'ils allaient rester là sans rien faire.
Et puis, il fallait le reconnaître, Lilian avait par son discours abattu ses défenses psychologiques. Il avait vécu des choses, et il savait de quoi il parlait. Et si le Seigneur d'Hyméria lui mentait ? Si elle était elle aussi la victime de cette propagande ? Elle ne savait plus quoi penser. Car si elle remettait cette idée en doute, c'était toute sa vie qui n'avait plus de sens. Lilian avait brossé un portrait étonnamment proche de ce qu'elle était réellement. Il connaissait la nature humaine...
En fait, il était venu pour s'excuser, mais il l'avait troublée. Maintenant, elle leur devait au moins une chose... La sincérité.
***
Et hop fin du chapitre.
Je me tape cette fois-ci la maj... Chapitre by TOTOR
Chapitre 36: Quelqu'un comme vous et moi... Surtout moi. [Totor999]
Après un long débat sur les décisions à prendre, maintenant que le groupe était au courant de la situation actuelle du monde où ils se trouvaient et la possibilité que ce soit l'une des factions adverses qui avait provoqué leur arrivée ici, une partie du groupe des naufragés dimensionnels s'attelait à en apprendre le plus possible sur ce monde où ils risquaient de passer encore quelques temps... Voire le reste de leur vie dans le pire des cas.
Ainsi, une partie du groupe avait trouvé la bibliothèque du manoir et cherchait à rassembler un maximum d'informations en lisant les nombreux livres qui y trônaient. Louka profitait pleinement de ses capacités et lisait à toute vitesse tout ce qu'il pouvait trouver d'intéressant, on aurait dit un ordinateur en plein téléchargement d'un nouvel OS pour remplacer le précédent. Tout apprendre d'un nouveau monde qui n'a plus grand chose à voir avec celui d'où il provient risquait de prendre du temps, ainsi les autres membres du groupe "rats de bibliothèque" lisaient de leur côté, à un rythme beaucoup moins soutenu, la faute à leur condition d'humains réels et presque normaux... Surtout Zeronos, à qui on aurait bien pu demander ce qu'il faisait dans le groupe alors qu'il ne feuilletait que quelques pages d'un livre avant de le jeter à bras raccourci et de refaire de même avec le suivant. Mais avoir une énième altercation avec lui n'aurait fait que ralentir tout le monde une fois de plus...
Marine, elle, était pleinement concentrée sur un livre expliquant la géographie du continent d'Hyméria et prenait des notes sur le bloc-notes que Sahra lui avait prêtée.
Lucas avait trouvé, parmi les livres jetés par Zeronos, un tome parlant des créatures sans nom (sauf pour eux) qui grouillaient sur le continent. Il avait jugé intéressant d'en savoir plus sur ce que pensaient les gens de ce monde des Pokémons et chercha accessoirement à voir si rien n'avait été écrit à propos d'un certain monstre à six pattes capable de voyager entre les dimensions...
Ne restaient que Lilian et Roland, qui avaient découvert des magazines locaux relatant les faits récents de ce monde. Lilian avait pris le dernier en date et à en juger par les quelques fois où il se tournait vers Roland quelques instants sans rien dire, il lui faisait la lecture télépathiquement.
Tous les autres membres du groupe, faisant partie des "combattants" s'étaient dispersés dans la propriété de Lady d'Azrad afin d'en apprendre plus de manière plus concrète. Sahra avait jugé bon de se joindre à Pluton et Drayke de par leur statut de membres les plus récents et calmes du groupe, tandis que... Ah non, il ne restait plus personne. Malgré le fait que Lilian ait bien précisé qu'il y avait plus de combattants que de gens normaux dans le groupe, la majorité du groupe s'était concentrée sur la bibliothèque, alors que Lilian, Louka et Zeronos étaient eux-aussi de bons combattants, grâce aux pouvoirs du premier, des compétences surhumaines du deuxième et de la force brute du troisième...
Le trio à peine formé se trouvait ainsi en plein milieu du hall d'entrée désert du manoir, sans bouger et sans dire un mot.
-Bien... Et on fait quoi, maintenant? se décida à demander Sahra.
-Nous étions sensés nous mêler à la vie active du coin, répondit Drayke. Mais j'avoue ne pas vraiment avoir saisi en quoi ça consistait... Votre chef a bien dit qu'on pouvait tenter d'apprendre deux ou trois choses aux soldats, mais en même temps il nous a conseillé de ne pas leur montrer comment fonctionnent nos Pokéballs... Pourtant, c'est à peu près tout ce qu'on a de plus par rapport à eux.
-A l'exception des pouvoirs surnaturels de certains d'entre nous ou des pokégauntlets que Zeronos et moi possédons. intervint Pluton. Mais vu que justement nous sommes les seuls à avoir de telles choses, ce serait inutile de leur expliquer comment ça marche...
-Il aurait peut-être été plus utile qu'un membre intelligent de ce groupe ne nous accompagne... suggéra Sahra.
-Fais attention de ne pas nous traiter indirectement d'imbéciles en disant ça. répondit calmement Drayke.
-C'est bien parce que nous sommes plus des brutes qu'autre chose qu'on fait partie du groupe des combattants et pas de celui des rats de bibliothèque, que je sache...
-S'il-vous plaît, calmez-vous... intervint Pluton en se massant le front comme prise d'un mal de tête. J'ai presque l'impression d'avoir une version féminine de Zeronos et un cousin éloigné d'Alexend à mes côtés.
-Hé, avec toutes ces histoires de voyage dimensionnel, rien n'empêche que nous soyons des versions alternatives d'autres personnes que vous aviez connues chez vous.
-Oui, comme l'autre fragilisé mental qui m'a pris pour une certaine Kim...
-Je préfère ne même pas imaginer tomber sur plusieurs Zeronos venant d'univers différents... murmura Pluton. Bon, essayons de nous rendre utile et allons observer tout ce qu'il se passe dans les environs, on trouvera bien quelque chose à faire pour avoir l'air de suivre la tâche qui nous a été assignée...
Pluton partit dans le couloir de gauche, sans vraiment savoir où il menait, Drayke haussa les épaules et la suivi, ainsi que Sahra qui semblait déjà s'impatienter... Tandis que le soldat qui était resté hors de leur champ de vision en haut de l'escalier central pour écouter leur conversation se dirigea vers la bibliothèque, sachant maintenant où s'étaient dirigés les autres membres de ce groupe...
-Bon, vous trouvez quoi d'intéressant, dans toute cette paperasse? demanda Zeronos à Lilian.
-Probablement plus de choses que toi. lança Louka avant de se remettre à feuilleter un livre à toute vitesse.
-Je ne t'ai rien demandé!
-Il a raison. intervint Lucas. Tu ne lis même pas les livres que tu prends, j'en ai trouvé un parmi ceux que tu as ignoré qui regorge d'informations intéressantes. Enfin, pour l'instant aucun signe de Giratina ou de pokémons inconnus dans notre monde, mais c'est déjà bien utile de savoir quelles espèces se trouvent dans la région. Toi-même tu aurais pu le lire, d'après moi...
-C'est bien vrai. ajouta Lilian en retournant son magazine à l'envers sur la table. En quoi nous aides-tu si tu ne rassemble pas d'informations et que tu manques de te disputer avec nous toutes les 5 minutes?
-Je ne trouve simplement pas de livre sur le sujet qui m'intéresse!
-Il n'est pas question de sujet qui t'intéresse mais de sujet qui pourrait nous venir en aide. dit Louka. De toutes façons je ne pense pas que ce soit ici que tu pourras trouver des livres pornographiques.
-C'est fini de toujours me donner le mauvais rôle?! Je cherche juste à savoir si quelque chose ici parle de gens possédant des pouvoirs surnaturels!
Tous les autres membres du groupe se tournèrent vers Zeronos, soudain intrigués par ce qu'il venait d'annoncer.
-C'est vrai! Ecoutez, tout est possible dans ce monde parallèle, pourquoi est-ce qu'ici aussi, des humains n'auraient pas des pouvoirs eux-même? Je veux dire, Lilian a sa télépathie je sais pas quoi, Pluton et les frères Alexend avaient leurs pouvoirs obscurs et moi j'ai mes pouvoirs anti-obscurs donnés par Celebi. Bon, OK, on les a obtenu de façon accidentelle, pas naturelle. Mais pourquoi y'aurait pas des gens qui en ont obtenus ici ou qui en ont carrément dès la naissance? Et puis quand je pense à ces vortexs qui nous ont tous ramenés ici. Quand on voit la technologie du coin, je me demande si un truc pareil n'aurait pas pu être causé par quelque chose de surnaturel, ou encore mieux, par un mélange de technologie et de schmilblicks magiques ou je sais pas quoi! En plus, on a tous des pouvoirs spéciaux, presque comme si c'était prévu que ces vortexs tombent sur des gens comme nous et pas sur des gugusses normaux! Je sais pas si vous suivez l'idée mais...
-J'y crois pas, tu es capable d'établir une théorie? demanda Louka à Zeronos en interrompant sa lecture ultra-rapide.
-Bah y'a tellement de merdes qui me sont tombées dessus avant que j'arrive ici, et qu'ici ça continue de plus belle, j'ai de plus en plus de mal à croire que tout ça soit "juste" du hasard ou le résultat d'une expérience scientifique rationnelle...
-Ca... Ca tient à peu près debout. répondit Lilian en se grattant le menton. C'est une possibilité à envisager. Mais pour le moment, nous n'avons rien vu de tel ici...
-Ouais, mais si j'ai bien compris d'après tes explications, le projet machin qui a créé ces vortexs s'est passé autre part qu'à Hyméria, et rien n'empêche que les autres nations, ou même celle où on est; gardent des petits secrets trop importants même pour être foutus dans une biblio militaire... Enfin je dis ça, je dis rien, c'est toi qui établit les théories et l'autre superman BCBG qui calcule les possibilités, alors vous faites ce que vous voulez de mon idée du moment que ça pourra nous permettre un jour de sortir de ce trou de cul du monde parallèle!
-Et bien, il va falloir qu'on y réfléchisse... Mais pour le moment, nous devons nous concentrer sur les infos concrètes et fiables, toi tu peux continuer à chercher ce qui pourrait parler de gens dotés de pouvoirs dans ce monde si tu le souhaites, mais nous on reste sur ce qu'on a trouvé.
-Très bien! C'était donc pas la peine de m'interrompre!
-C'est toi qui est venu déranger Lilian en premier, je te rappelle. fit remarquer Louka.
-Bah! s'écria Zeronos, exaspéré.
La porte de la bibliothèque s'ouvrit soudainement, laissant apparaître une personne toute vêtue de noir dans l'encadrure.
-Drayke? demanda Lilian en observant la silhouette du coin de l'oeil.
-Trop petit, c'est pas lui. fit remarquer Louka.
-Hé, mais je le reconnais, c'est le soldat qui me regardait comme un extraterrestre l'autre fois! s'écria Zeronos. Qu'est-ce que tu veux, encore?
Le militaire avança d'un pas rapide et décidé vers Zeronos, qui prit aussitôt une posture défensive,voyant une marque d'agressivité dans ses gestes. Le soldat s'arrêta juste devant Zeronos, mais assez loin pour qu'il ne puisse pas recevoir de coup de poing depuis sa position, et fixa Zeronos, enfin, c'était apparemment ce qu'il faisait, ses yeux étant dissimulés par ses lunettes de protection.
Pendant le silence qui régna quelques secondes, Lilian, qui était juste à côté, remarqua que le soldat était approximativement de la même taille que Zeronos, c'est à dire à peine plus d'un mètre cinquante, et que la partie visible de son visage avait le même teint bronzé que le jeune homme nerveux.
-Quelles sont les chances qu'une telle chose arrive?! s'exclama Lilian en se levant de sa chaise.
-De quoi? Qu'un cinglé vienne se planter juste devant moi sans raison? Moi ça m'est arrivé presque tout les jours dans mon "monde".
Les autres membres du groupe, se rendant compte que Lilian avait remarqué quelque chose d'étrange chez le soldat, l'observèrent un peu mieux et puis, l'air incrédules, le regardèrent lui et Zeronos en alternant rapidement.
-Y'a un gros truc bien débile que je suis le seul à pas avoir cramé ici, c'est ça? demanda Zeronos.
-Enlevez votre casque, je vous prie... demanda Lilian au soldat.
L'homme casqué jeta un bref regard à Lilian puis se tourna à nouveau vers Zeronos et saisit son casque pour le retirer comme on le lui avait demandé...
-What the fu-
-Même en cauchemar, je n'aurais pas imaginé ça. lança Louka.
L'homme qui était face à Zeronos lui ressemblait à s'y méprendre, si l'on ne comptait pas ses cheveux coiffés en brosse et ses traits légèrement plus durs et matures. En fait, on aurait presque cru voir deux frères l'un en face de l'autre. Lucas et Marine restèrent silencieux à leurs tables tandis que Roland fit un petit bond en arrière, pris au dépourvu.
-Et... Et vous êtes? demanda Lilian.
-Ros. Ros Zeno. Un soldat parmi tant d'autres à la solde Lady d'Azrad. répondit le soldat d'un ton calme et neutre, et avec une voix plus grave que celle de son "double". Je voulais savoir si l'étrange ressemblance qu'il y a entre ce garçon et moi était un produit de mon imagination ou si j'avais bien affaire à un double venu d'une autre dimension. C'est visiblement la seconde possibilité qui s'est avérée juste.
-Mais je peux pas avoir de double dimensionnel! s'écria Zeronos. J'existe même pas à la base, j'ai été créé par un malade dans un jeu vidéo!
-Et pourtant, il te ressemble beaucoup trop pour que ça soit une coïncidence. fit remarquer Louka.
-Donc... Monsieur Zeno. ajouta Louka. Qu'est-ce que...
-Je n'ai rien à ajouter, je voulais simplement savoir si j'avais raison. A part le fait que cette personne soit un double de moi-même venu d'un autre monde, je n'ai à mon avis rien qui puisse vous intéresser. Je ne suis qu'un des nombreux soldats qui travaillent ici.
Sur ce, Ros fit volte-face et sortit de la pièce en silence. Tout le groupe resta sans rien dire face à cette intervention, certes étonnante, mais qui n'avait rien apporté à la situation. A part peut-être de savoir que parmi tous les doubles dimensionnels qu'ils pouvaient potentiellement croiser dans ce monde, celui de Zeronos était un soldat faisant partie de leur camp. C'était déjà ça de gagné. Cependant Zeronos lui-même ne sembla pas satisfait de la réponse de Ros concernant ses intentions et sortit de la pièce pour le suivre.
-Hé, toi, le mec qui a la même gueule que moi et qui porte en guise de nom un anagramme de MON nom! lança Zeronos à Ros en l'ayant retrouvé quelques dizaines de mètres plus loin dans un couloir désert.
-Qu'est-ce que tu me veux? Je vous ai dit que je n'avais rien de spécial à part ma ressemblance avec toi. répondit Ros sans se retourner vers son interlocuteur.
-Rien de spécial? C'est ce que je veux vérifier...
Le corps de Zeronos s'entoura d'une aura blanche alors qu'il joignait ses mains au niveau de son abdomen à la façon d'un héros de manga bien connu. L'énergie qui l'entourait se déplaça le long de ses bras et se concentra sous forme d'une sphère d'énergie, qu'il propulsa droit devant lui avec ses deux mains. Ros jeta un regard rapide derrière lui, apercevant la boule d'énergie qui lui fonçait dessus et se retourna vivement, écarta les bars derrière lui et d'un grand mouvement de ses deux bras, fit comme s'il voulait projeter l'air ambiant droit devant lui, créant, à la grande surprise de Zeronos; un tourbillon d'énergie qui fonça à la rencontre de son projectile.
La boule d'énergie lumineuse et le tourbillon se rencontrèrent au milieu du couloir, s'annulant l'un l'autre en provoquant une onde de choc assez forte pour qu'un tableau accroché au mur tombe à terre et que le béret de dresseur de Zeronos fiche le camp de son crâne.
-J'avais raison... murmura Zeronos.
-Ta théorie pourrait être juste. répondit Ros. Les gens dotés de pouvoirs spéciaux existent, mais je n'en ai pour ma part jamais rencontré d'autre, à part votre groupe justement. Soit ils sont très rares, soit ils se dissimulent, comme moi. Mais je refuse de croire que je suis le seul. Mais ce que tu viens de voir pourrait ajouter quelque chose à ta théorie: Les autres personnes qui pourraient éventuellement posséder des pouvoirs dans ce monde ont des chances d'être des doubles des membres de votre groupe. Ou pas, tout est possible, mais c'est justement parce que tout est possible qu'il faut garder cette possibilité en tête. Tu peux expliquer ça à ton groupe si tu le souhaites, mais à personne d'autre.
Ros fit à nouveau volte-face et repris le chemin qu'il avait prit avant de se faire interrompre par Zeronos, tandis que ce dernier restait pensif face à ces événements. L'intervention de cet homme n'avait finalement pas été aussi inutile que ce que l'on pouvait penser...
Ainsi, Zeronos retourna vers la bibliothèque afin d'annoncer quelques nouveaux détails au groupe...
A suivre
Chapitre 37 : Croisons le fer [YumeArashi]
Aucun membre du groupe n'avait suivi Zeronos. Aussi, chacun se trouva perplexe quand des bruits insolites agitèrent le couloir adjacent. La courte durée de ce que tous associèrent à un affrontement, dont le déclencheur devait surement être la ténacité de Zeronos, ne permit à personne d'intervenir. Et puis de toutes façons, le garçon s'était révélé quelques instants auparavant plus mature que ce que la plupart des gens pouvait penser. S'il avait eu besoin d'aide, tous espéraient plus ou moins qu'il aurait su la demander en ravalant sa fierté.
Ce Ros intriguait tous ceux que l'aventure commençait à « lasser », insufflant dans leurs esprits un motif mystérieux à expliquer, abreuvant leur soif de découverte. Lilian était rassuré. Rassuré, oui, il n'était plus le seul à avoir rencontré un « double dimensionnel » bien que les ressemblances fussent jusqu'alors en majorité plus psychologiques que physionomiques.
Zeronos revint vers le groupe, le front légèrement en sueur, partagé entre joie inexorable et cet agacement coutumier. D'un côté, il venait de prouver qu'il avait raison et cela le gonflait d'orgueil mais cela l'emmerdait aussi passablement qu'un type se balade dans ce monde avec sa propre tête et qui plus était, des capacités capables de contrer les siennes..
« Qui c'est qui avait raison ? C'est bibi ! Annonça t-il, gaiement.
- Explique toi, fit Louka, en haussant un sourcil.
- J'ai voulu vérifier un truc avec ce mec et...
- Pour ça, fallait lui casser la gueule. » Termina Lilian.
Marine et Lucas firent signe à la troupe de venir s'asseoir : cela serait plus commode pour discuter. Tout le monde s'attabla et attendit avec impatience que Zeronos consente à rompre le « suspense ». Tandis que Zeronos poursuivait ses explications, à la ceinture de Marine une pokéball ne cessait de bouger avec insistance ce qui commença à mettre la dresseuse hors d'elle.
[i]« Tu vas arrêter oui ? »
« Marine, je te préviens, fais moi sortir de là TOUT DE SUITE ! »
« Tu sais bien que je ne peux pas, tu risquerais de cramer tous les bouquins ici présents et pas que. Et ce qu'ils contiennent est bien trop précieux pour qu'ils se voient consumer suite à une de tes fichues crises de nerf ! Contrôle toi bon sang ! »
« Tu sais bien ce qui se passe quand on est séparées par cette barrière métallique de merde ! »
« Oui mais c'est pas en me gueulant dessus que ça ira mieux et peut-être que je n'ai pas envie de te voir. »
« Tu trouveras jamais de meilleur pokémon que moi. C'est pas la peine de chercher des amis partout alors que t'en as une fidèle sous le nez ! En plus d'être muette, t'es aveugle, j'aurais pas pu rêver meilleur dresseur... » Lança la jument, avec toute l'ironie possible.
« Arrête, j'en peux plus, tu me fais mal. »
« Pas assez apparemment. Si j'avais été un dresseur, je te jure que je t'aurais enfermée et fait souffrir comme tu me fais souffrir maintenant. »[/i]
Ces paroles eurent un effet ravageur sur la jeune fille. Un autre cran. Celui de la parole. Il fallait bien que ça arrive.
« Entre autres, mais quand j'ai attaqué, il a riposté avec un espèce de tourbillon et nos offensives se sont annulées l'une l'autre. Du coup on a bu en verre tranquille...
- Zeronos ! Menaça Louka.
- Ça va ! Il m'a donné des infos. Selon lui...
- Ponyta tu me soules ! FERME-LA !! » Hurla Marine se redressant soudainement, la tête entre les mains, le bras brûlant.
La « plainte » flotta un instant dans l'air, pendant que les visages se tournaient vers la dresseuse aux longs cheveux roux. Les yeux ronds comme des billes, tous la fixaient avec insistance et elle se sentit rougir, pleurer : un amalgame de choses explosaient dans son corps. Son mutisme n'avait été que de courte durée mais c'était suffisant pour l'avoir privée de nombreuses discussions, principal objet de ses regrets. Elle venait de pousser un cri à réveiller les morts au beau milieu d'une importante réunion et elle se retrouvait la, plantée debout, immobile. La gêne était à son apogée. Le seul moment où elle supportait d'être dévisagée de la sorte, c'était pendant qu'elle courrait avec Ponyta. Là, personne ne pouvait la sonder ou quoique ce fut. Marine jeta un coup d'œil à chacun des membres du groupe, elle rencontra d'abord le regard étonné de Zeronos puis ceux de Lucas, de Roland, de Louka, de Lilian...
Elle hésita entre se rasseoir gentiment ou quitter la salle à grande enjambées. Elle choisit la seconde option, certaine que quelqu'un saurait lui résumer les dires de Zeronos. Elle posa la ball gigotante de Ponyta sur la table à côté du bloc-note, l'échange mental ne se faisant que lorsque les partenaires étaient proches, et sortit en courant.
Certains, partagés entre l'envie d'aller aux nouvelles et celle d'en apprendre davantage sur ce monde, élurent finalement la seconde option et se remirent à écouter Zeronos.
« Poursuivons, Zeronos, déclara Louka, rompant le silence pensant qui venait de s'installer.
- Euh, ouais. Qu'est-ce que je disais déjà ? Questionna Zeronos, que ce coup de théâtre avait brièvement déstabilisé.
- Selon ce garçon... commença Lucas.
- Ah oui, il ne serait pas étonnant qu'on rencontre prochainement nos doubles respectifs, récita t-il lentement, heureux d'être le centre d'attention. Et quand je dis « doubles », c'est vraiment des « doubles ». Il est probable que la ressemblance soit frappante à tous les niveaux. Le contraire est aussi envisageable apparemment. Il a dit mot pour mot : Tout est possible. Je sais pas vous mais j'aime pas tellement ça. »
La nouvelle avait le mérite d'être claire. Les esprits se préparaient à croiser leurs sosies avec un mélange d'angoisse et d'excitation. La discrétion était de mise concernant ce qu'ils venaient d'apprendre mais Zeronos avait quand même oublié de préciser la mention « N'en parlez à personne »... un facteur important.
***
« C'est grand, fit remarquer Drayke en massant son menton.
- Tenez, y a un bâtiment là-bas, dit Pluton qui venait d'apercevoir le camp d'entraînement. On pourrait aller sympathiser avec ces hommes. Cela me semble être une technique d'approche honorable.
- Vous êtes sûrs qu'on a carte blanche pour se balader dans le manoir comme ça ? Si on arrive en plein milieu d'une simulation de fusillade on sera mal, s'inquiéta Sahra.
- Le goût du risque. » Marmonna Drayke qui souriait pour la première fois depuis son arrivée.
Le jeune homme prit la tête du groupuscule et le trio se dirigea d'un pas fier et téméraire, la tête haute, le dos droit et les... vers l'une des « casernes » en acier laminé : elles se détachaient du reste de paysage, sans doute à cause de leurs horribles revêtements ferrugineux, déjà grignotés de parts et d'autres par une rouille vorace. L'homme en noir balaya rapidement la zone du regard : il aperçut des véhicules dont les roues n'étaient pas familières aux trois compagnons, répondant apparemment au nom de « tanks », mais aussi des pièces d'artillerie lourde ressemblant à de gros obus, de longs tubes cylindriques... Ces soldats avaient des moyens balistiques, certes pas les plus perfectionnés existant et l'on sentait bien, au vu de l'état de l'armement que ce n'était étrangement pas le principal souci de Lady Sibylle, mais des moyens quand même. D'un autre côté, il paraissait évident qu'ils ne savaient absolument pas s'en servir à bon escient, les rentabiliser afin d'en tirer une efficacité optimale. Mince de rien, bazarder un tel arsenal dans une bataille requérait une connaissance approfondie et une minutie spécifique qui ne s'acquéraient pas dans une pochette surprise. Aucun des membres ici présents ne se voyait s'aventurer dans l'explication de telles méthodes de combat. A la rigueur, seule Pluton l'aurait pu grâce au pouvoir reçu par Crehelf. Drayke se chargerait des attaques à courte portée, il avait l'habitude des armes à feu du type de celles dont il ne se séparait jamais et était sans nul doute capable d'apprendre deux trois astuces à ces soldats. Pluton s'occuperait de la théorie stratégique, de ce qui concernait la filature et la contre-attaque, sans pour autant s'épancher à tire larigot. Ils devaient se faire à l'idée que dans ce monde, les pokémon n'étaient pas aussi familiers aux autochtones qu'ils l'étaient pour eux : cela devenait un peu compliqué ça mais restait gérable. La pire des inquiétudes était sans doute le fait que ces savoirs bientôt enseignés se retourneraient peut-être un jour contre les « apprentis précepteurs ».
« Et moi, qu'est-ce que je fais ? » Demanda Sahra, qui se sentait légèrement dépassée par les évènements.
Personne ne lui répondit, et cela la mit drôlement en rogne. Spiritomb flottait toujours patiemment à ses côtés et elle se tâtait sérieusement. Elle entreprit un mouvement de supplication envers le fantôme : il fallait qu'il rentre dans sa pokéball et comme à l'accoutumée, le convaincre n'était pas une mince affaire. En ce qui concernait Abra, la discussion fut plus aisée. Il regagna l'habitacle métallique qui lui était attribué dans rechigner. Spiritomb dut se résigner lui aussi face à l'acharnement de sa maîtresse. Il commençait à comprendre qu'elle ne faisait ça que pour son bien, dans son monde elle fuyait déjà cette foutue organisation et pour une fois que ses pokémon pouvaient être tranquilles, que personne ne leur voulait de mal... Le timing fut parfait, lorsque le rayon rougeâtre disparut, un homme en costume kaki sortit de l'une des pièces exigües reliées à la caserne, probablement les toilettes. Il reluqua de haut les étrangers, qu'il trouvait drôlement vêtus, et s'en approcha en affichant un air désagréable puant de vanité. Au ton de sa voix, il devait occuper un poste important, un des officiers les plus gradés du camp au regard des nombreuses médailles épinglées ostensiblement sur sa poitrine gonflée.
« Officier Stephen ! Hurla t-il à moitié. Vous vous trouvez sur un lieu militaire interdit au public et...
- ...qui m'a tout l'air hautement sécurisé vu la facilité avec laquelle on peut rentrer dedans... » termina Drayke non sans ironie.
Avant que ces paroles ne déclenchent une quelconque hostilité, Pluton intervint, un grand sourire aux lèvres.
« Ravie de vous rencontrer, commença t-elle en tendant la main de manière si solennelle que l'homme ne put refuser de la serrer. - Il n'était pas certain qu'il se fut aperçut de la « nature féminine » de Pluton. - Je me nomme Pluton, et voici Drayke et Sahra. Nous sommes les hôtes de Lady Sibylle et nous aurions aimé nous familiariser avec vos techniques de combat et vous en apprendre de nouvelles. Nous sommes autorisés à nous promener dans tout le domaine, autorisation accordée par Lady Sibylle d'Azrad en personne, bien évidemment. »
L'argument semblait être d'autorité et le mot « mensonge » devait être si méconnu de l'officier qu'il rabaissa son caquet oubliant de demander une autorisation signée ou quelque chose d'officiel qui prouvait les dires de Pluton. Cette dernière en profita pour donner un coup de coude sec à Drayke qui en saisit parfaitement le sens. Un point négligé de plus : prudence est mère de sureté. Le militaire les mena jusqu'au centre de la cour et rassembla ses hommes d'un coup de sifflet prolongé. Lesdits hommes s'alignèrent en rang parfait, sagement, cinq minutes plus tard. Sahra, qui au cours des dernières semaines avait du faire face à la mesquinerie humaine, la fourberie, la mauvaise foi, la peur de se sentir suivie et entre autres la mort, ne comprenait pas comment la crédulité de ces soldats pouvait être aussi insensée. Aberrant : c'était le mot. Ce sentiment de surprise insuffla une bouffée de confiance dans sa poitrine et elle se sentait prête à montrer à ces types comment on se servait d'une arme blanche.
L'officier Stephen fit un rapide speech et les membres du trio se répartirent les tâches, sans pour autant se séparer. Quoiqu'il arrivait ils devaient rester ensembles.
***
Marine était adossée à un arbre dans la cour du château, un arbre énorme dont elle aurait eu du mal à faire le tour avec ses bras. Comme c'était reposant de ne plus entendre les sempiternelles fustigations de Ponyta : chacune à sa place et. pour l'instant, tout allait très bien comme ça. Elle s'amusa à émettre des sons, puis à fredonner les paroles d'une chanson avant de la réciter à pleine voix. S'entendre à nouveau avait vraiment du bon, bien que son élocution ne soit pas encore des plus intelligibles. Elle relâcha ses muscles et mit les mains dans ses poches, dont l'une abritait son Pokédex et ses lunettes de protection ; ses doigts effleurèrent tout à coup quelque chose dans la poche vide. Marine se tut, surprise, et extirpa l'objet du recoin de tissu où il était sagement enfoui. C'était un joli collier en argent fin au bout duquel pendait une élégante petite pokéball bleu nacré incrustée de pierres luisantes, plus menue que celles que tout dresseur portait habituellement à la ceinture. Brutalement Marine se souvint de la nature du bijou. Comment avait-elle pu l'oublier aussi négligemment ? Elle aurait pu le perdre et ne s'en serait même pas rendue compte. Si son père voyait ça.
[i]« Ne t'en sépare jamais, cette chaine a une immense valeur, et elle pourrait te sauver la vie un jour. »[/i]
Il la lui avait confié la veille de son départ de l'Aire de Repos et Marine n'avait jamais réellement compris pourquoi ne voyant pas comment un pendentif pouvait être salvateur. C'était au terme d'une très longue conversation que le père l'avait glissée dans la paume tremblante de sa fille, ne tarissant pas de recommandations comme ne jamais porter le bijou autour de son cou, ne pas en parler autour d'elle et si quelqu'un remarquait le collier, arguer tout de suite que c'était du toc, le cacher très soigneusement hors de la vue des autres etc... Phil avait toujours été un peu farfelu, mais cette nuit la, il l'avait effrayée. Or, c'était son père, elle lui faisait confiance et appliquerait ses conseils à la lettre.
Elle tourna et retourna dans ses mains la petite sphère lisse, fascinée par la précision, le talent et l'évidente patience du joailler qui l'avait façonnée. Puis, certaine d'être seule, elle mit le collier. Il brillait. Il lui allait bien. Elle se sentait moins lourde, apaisée : quel drôle d'effet de que l'effet placebo. Marina souffla ; un peu de soutien aurait été le bienvenu. Elle n'avait besoin que d'une présence. Elle se leva, marcha jusqu'à la grande fontaine et décrocha une pokéball de sa ceinture, oubliant la chaîne autour de son cou.
« Allez, sors » Murmura t-elle en appuyant sur le bouton de la sphère.
Son majestueux Léviator se matérialisa gracieusement dans la fontaine, ondula dans l'eau quelques instants, ravi par le contact de son élément avant de fixer doucement sa dresseuse. Marine avait toujours aimé son pokémon, en tous cas, dès le moment où elle avait ressenti le besoin de le protéger, dès le jour où elle l'avait capturé en réalité. Et cet amour n'avait fait que croître. Sans Magicarpe maintenant Léviator, c'était comme sans Ponyta. C'était vide.
« Qu'est-ce que tu es beau... pensa la jeune femme. Lionel l'aurait mauvaise. »
S'il avait été un Persian, il aurait ronronné. Au lieu de cela, Léviator émit un grondement profond, lourd, rassurant, affectueux et avança sa grosse tête vers la main tendue de Marine : pas de doute, c'était bien son ancien Magicarpe, l'histoire du vilain petit canard transposée. Elle avait en face d'elle un magnifique dragon des mers, d'une somptueuse couleur bleu océan qui n'était quelques jours auparavant qu'un poisson presque amorphe. Peut-être même pourrait-elle s'inscrire aux épreuves maritimes désormais. Marine avait hâte de rentrer chez elle. Cela devait être plaisant d'écumer les mers à la recherche de nouvelles sensations avec pour seules contraintes, les états d'âme changeants des forces de la nature.. La course lui manquait mais curieusement cette sensation de carence diminuait d'heure en heure. Elle savait que ce monde ne la laisserait pas s'évaporer de sitôt et cela devenait de moins en moins important à ses yeux : il y avait quelque chose à faire ici, elle le sentait.
Tandis que Marine échafaudait passionnément de nouveaux projets, la confiance revint s'installer en elle. Tant et si bien qu'elle n'entendit pas le petit bataillon qui avançait dans son dos, s'approchant un peu plus à chaque seconde. Léviator observait le moindre mouvement de ces soldats et grogna férocement lorsqu'il s'aperçut que lesdits hommes ne faisaient pas que passer leur chemin. Un sentiment d'insécurité commença à croître dans le cœur de la jeune fille, et instinctivement elle fit volte face, se rapprocha de son pokémon aux aguets, prête à se défendre.
Au nombre de dix et solidement armés, ces militaires revenaient probablement d'un raid en foret ou d'un entrainement intensif. Leurs visages brunis par la terre, semblables à la palette désordonnée d'un peintre, exprimaient un mélange brouillon d'émotions primaires, un entrelacs de fils négligemment noués que Marine tenta démêler brièvement : elle y trouva de la peur, du dégoût, de la jalousie, de la fascination, de la faiblesse. La présence de Léviator ne devait sans doute pas être étrangère à l'immobile contemplation du groupuscule armé. Marine se frappa le front avec la paume. Elle ne s'exprimait pas encore comme avant, ne disposait d'aucun moyen mental pour contacter Ponyta – ce fut à coup sur une grossière erreur de se cacher derrière un « manteau défensif » ostentatoire – et ne savait pas encore maîtriser le flux psychique complexe de Léviator. Elle n'osait à présent plus le faire rentrer dans sa pokéball de peur qu'ils n'en comprennent le mécanisme. Quelle imbécile ! La seule chose qu'elle espérait à présent était un peu d'aide. Il y en avait un qui allait beaucoup lui en vouloir.
« Par contre, interdiction absolue de leur montrer comment capturer un Pokémon. »
Cette simple phrase l'empêchait de faire quoique ce soit. Elle espérait que les individus en face d'elle se satisferaient d'une observation muette et finiraient par s'en aller. Peine perdue.
« C'est quoi cet... animal ? » Demanda le plus massif des hommes.
***
Drayke avait emprunté les pistolets des soldats - il fallait bien qu'il ménage ses propres cartouches - et expliquait sans aménité à un bataillon de novices comment donner tel ou tel effet à une balle lors d'un tir, de quelle façon il était possible d'améliorer sa précision en plein mouvement etc... Certains se révélaient plutôt doués et Drayke, qui ne daignait ouvrir la bouche qu'en cas d'explications primordiales, se félicitant intérieurement de sa technique pédagogique. Pluton supervisait en discutant avec Stephen : elle apprit notamment que les forces armées dont les membres s'étaient engagés dans l'espoir de défendre leur patrie et de vivre ou même de mourir pour elle, ne pouvaient sortir que lorsque Lady Sibylle l'ordonnait et cette dernière ne mettait pas souvent les pieds dehors ces temps ci. De plus, leur arrivée représentait un « divertissement » de premier choix ; ils accordaient leur confiance a quiconque était accueilli par la maîtresse des lieux. Lady Sibylle avait toujours été une femme de caractère, une meneuse hors-pair ; elle se battait pour ce qu'elle croyait juste, elle se dévouait corps et âme à sa patrie, tant et si bien qu'elle n'avait jamais réellement eu d'amis... Et pourtant, elle luttait contre cet état de solitude, elle ne se complaisait pas passivement. Lorsqu'elle aurait pu être froide, distante, et traiter ses soldats avec mépris, elle n'en faisait rien. Partisane d'une société que l'on eût pu qualifier de démocratie à une échelle certes moindre, elle impliquait chaque être de sa petite communauté dans ses décisions par un principe de vote et malgré ses hautes fonctions, Sibylle n'était pas insensible aux états d'âme de ses hommes. Elle connaissait chacun d'eux : leurs noms, leurs aptitudes au combat, leurs grades, leurs situations familiales, leurs heures de garde... à croire que ses facultés de mémorisation témoignaient d'une autre nature, comme si elle n'était pas une simple Humaine. Personne ne pénétrait dans le manoir sans son autorisation, personne ne la dupait, personne n'abusait de sa confiance, personne ne pouvait la manipuler (ou tout du moins, c'était ce dont elle était persuadée).
Stephen, tout en dépeignant un portrait hautement dithyrambique de Lady Sibylle et brisant sciemment les frêles certitudes de Pluton, surveillait ses soldats, comme un père, ses enfants. Seul Lilian pouvait se douter d'une telle chose pour avoir rencontré la jeune femme en question. Du reste, chaque membre de la troupe des « bazardés involontaires » ne connaissait Sibylle que sous l'angle premier, sous cette facette qu'elle donnait à voir pour se protéger : ces révélations étonnaient Pluton et elle se promit d'en faire part au reste du groupe plus tard avec l'accord de Lilian. Elles avaient leur importance. Entre autres, elles lui permirent de comprendre d'où venait cette absence de méfiance au sein du domaine et elle se dit qu'il en était certainement - et cela valait mieux - autrement à l'extérieur.
« Or, tous nos hommes ne sont pas bons et sincères. Il traîne toujours de la vermine révolutionnaire dans les coins de la caserne. Nous ne les craignons pas, mais nous avons peur que ces individus se révèlent être des as de la rhétorique et qu'ils soulèvent les jeunes recrues dont l'esprit n'en est encore qu'au stade de pousse. Comme les conditions climatiques déterminent la morphologie d'un arbre, vous savez, le vent qui les fait pencher ou pas etc..., nous nous devons de leur inculquer des notions de respect, les formes en excluant toute contrainte. Ils sont dans un cadre tel qu'ils doivent allégeance à notre maîtresse et que c'est quelque chose de naturel. La plupart ne connaissent que ça et s'en acclimatent puisque vivre ici est très loin d'être une torture. Nous sommes heureux comme ça et les fauteurs de trouble n'aiment pas le bonheur des autres...
- Je comprends », acquiesça Pluton.
___
Sahra se tenait debout, droite au milieu de la cour, une sorte de katana dans la main. Elle avait tout d'abord pensé à utiliser Galekid et les propriétés acier qu'il pouvait conférer à sa Pokéblade, mais après mûre réflexion et un rapide flash où elle revit Lilian expliquer clairement qu'en aucun cas l'apprentissage ne devait toucher les pokémon, elle avait jugé nécessaire de la cacher quelque part ou tout du moins de l'oublier un instant puisque la lame requérait l'utilisation d'une pokéball et par extension d'un pokémon. L'épée qu'elle serrait entre ses doigts était plus lourde que son arme habituelle et elle dut enchaîner de nombreuses parades et assauts avant d'avoir le sentiment de contrôler l'objet. Une fois sûre d'elle, elle prit la parole face au petit groupe dont elle avait la charge.
« Bon, c'est bien beau de balourder de vous machins explosifs à tire-larigot mais si on vous envoie un raid armé pour vous descendre incognito, ça vous sera pas très utile. Alors, non, le maniement de l'épée c'est pas ringard, si ça vous sauve la vie au corps à corps, vous serez bien contents croyez moi. Oui, c'est une discipline qui demande de réfléchir vite et d'analyser précisément les mouvements de son adversaire et pour finir, je démonte la tête du premier qui critique le fait que je sois une fille. » éructa t-elle en se souvenant soudain des phrases sexistes du petit abruti qui l'avait dénoncé dans le monde d'où elle venait.
Ce discours plutôt féroce eut pour effet de clouer le bec de tous les soldats. Ravie, Sahra désigna un des hommes et lui fit signe de la rejoindre. Son premier adversaire connaissait un peu le maniement des armes mais à son grand soulagement ne semblait pas redoutable. La « patience » était un mot que Sahra avait pris en grippe. Attendre. Voilà ce qu'elle n'aimait pas faire.
« Ta garde ! On engage ! »
Elle para les assauts de « l'ennemi » avec adresse, tout en essayant de commenter ses actions avec un vocabulaire vulgarisé qui se voulait compréhensible pour tous. Plus Sahra combattait, plus elle rendait compte que son adversaire avait en fait une technique presque parfaite... pire, identique à la sienne, si particulière puisque élaborée en fonction de bases relatives : elle ne devait le fait de rester en lice qu'à une étrange vélocité qui animait ses membres, la faisait se mouvoir légèrement dans tous les sens. Ce monde décuplait-il les capacités naturelles des arrivants non volontaires ? Redescendant un peu de son nuage, le sourire du soldat l'agaçant un peu, elle se concentra davantage et après plusieurs minutes acharnées, mit finalement une raclée à son rival provisoire. Sahra jeta un coup d'œil circulaire et créa des groupes qu'elle venait voir de temps en temps. Elle se sentait fière. Tout son corps était alerte, prêt à bondir. Cette euphorie retomba vivement lorsqu'un détail frappant lui revint à l'esprit. Cet homme qui avait combattu, il avait durant une dizaine de secondes enchaîné les mêmes mouvements qu'elle. Sa technique était très personnelle, elle avait été surprise de la retrouver chez ce garçon. Elle secoua la tête et continua de tourner d'un pas hésitant, craignant de trouver chez le soldat d'autres marques de ressemblance, parmi les rangs de jeunes épéistes.
Ce topic est mort =( ... Tout comme la fanfic sur pokébip... Quand il y'a des coms c'est des coms d'un ABE à un autre (quelques rares passages de firedaan...) Mon chapitre sera publié dans le WE normalement (une semaine de retard, je sais, mais peut-être a t'on encore une chance d'avoir notre année alors autant bosser à fond...)
Bref, sur cette note légèrement défaitiste, je note que drainer toutes les personnes ayant la fibre narrative peut avoir ses inconvénients dans la mesure ou ceux qui lisent... sont aussi ceux qui écrivent...
[Chapitre 38] Bis repetita non placent
Louka commençait à trouver un brin déconcertant l'assemblée éparse qu'était devenu leur groupe soudé. Marine était partie de son côté, Sahra, Drayke et Pluton d'un autre, et il ne restait plus que son groupe disparate que Zeronos avait quitté pour prendre l'air à la suite des révélations de Ros. Si Roland lui devenait compréhensible, il se faisait plus de soucis pour Lilian, devenu plus taciturne, voire franchement inquiétant quand il prenait Sahra pour une autre...
"Tu sais, je lis aussi dans tes pensées... murmura une voix dans sa tête. Je ne suis ni fou, ni malade. C'est juste que vous me rappelez une période que je n'ai pas vécu mais dont j'ai tous les souvenirs...
-Justement, je me demande si ce pilier ne t'a pas un peu retourné la tête, répondit Louka sur le même mode de parole.
-Je vais bien, fit-il sur un ton qui se voulait rassurant. J'ai juste beaucoup changé en peu de temps..."
Louka soupira. Ce n'était pas tant qu'il aimait avoir le dernier mot... C'était juste qu'il savait ce que c'était que de dissimuler ses peines pour ne pas que les autres aient à les subir.
"Ne te sens pas obligé de te cacher pour nous épargner... Il y'a des gens qui me manquent à moi aussi. Et pourtant je ne suis qu'une machine."
Sur ce, il se leva, et quitta la pièce, laissant Roland, Lucas et Lilian à leurs recherches. Pour avoir lu des dizaines et des dizaines de livres, il savait qu'ils ne trouveraient sans doute rien de plus intéressant que ce qu'il avait déjà en tête. La géographie originale d'Harmonie était vraiment passionnante. L'océan recouvrait 80% de la surface de la planète et, telles trois zébrures s'étendant du nord vers le sud, les continents d'Hymeria, Ladinn et Orfalis convergeaient aux alentours du pôle Sud en un détroit parcouru par les glaciers austraux, et large de quelques centaines de mètres à peine à certains endroits. S'il fallait mener une guerre totale, elle serait longue et pénible. S'il fallait en plus compter sur la présence de doubles dotés de pouvoirs, ils étaient mal barrés pour différencier le faux du vrai, et l'ami de l'ennemi.
"Au moins, je suis sûr que personne ne viendra se mettre en face de moi pour me dire qu'il est un être totalement virtuel."
A cet instant, il ne se doutait pas qu'il avait tort... Et il ne se doutait pas non plus que l'être qui lui dirait cela n'était pas son double...
De son côté, Sahra commençait à se poser de sérieuses questions. Bien sûr, dans son esprit, rien n'aurait pu lui suggérer la possibilité que ce garçon soit un double d'elle même. Quand Zeronos avait eu cette révélation, il ne l'avait partagé qu'avec ceux qui étaient avec lui.
"Toi qui pares aussi bien mes attaques... Je peux savoir ton nom ?
-Harri... Harri Farjas. Il y'a un problème, madame ?"
Elle ne savait pas quoi lui demander, parce qu'elle ne savait pas quoi chercher... Peut-être devait-elle simplement se dire que c'était une simple coïncidence, mais elle n'était pas la seule à être aussi intriguée...
"Madame, si je peux me permettre, comment connaissez-vous cet enchaînement de coups ? Je l'ai mis au point moi-même, et jusque là,...
-Et jusque là, je n'avais jamais vu quelqu'un y trouver un contre..."
Sahra regarda Harri dans les yeux. Elle voyait ce visage chaque jour que Dieu lui offrait... Chaque matin devant une glace, elle voyait ces yeux...
"J'allais te poser la même question... murmura t'elle."
S'immisçant dans la conversation, Drayke tenta de dénouer la situation.
"Il y'a un problème, Sahra ?
-Aucun, j'ai juste l'étrange impression que ce garçon m'est familier... Mais c'est impossible car la seule...
-Car la seule personne à laquelle je pense en la voyant, c'est moi... J'allais dire la même chose... la coupa Harri."
Drayke, bien qu'intrigué, dut avouer son incompréhension. Il ne se rangeait pas dans la catégorie "gros lourd sans cervelle", mais il devait avouer qu'il était nettement plus doué avec les armes qu'avec la psychologie d'êtres dont il se passait volontiers pour réfléchir, seul et tranquille.
"On devrait peut-être retourner voir les autres, proposa Sahra.
-Tout cela me trouble beaucoup, répondit Harri."
Dans les couloirs du palais, Louka errait sans but. Cette demeure était immense et on pouvait passer des jours à divaguer au rythme des gravures des colonnes et des peintures murales. Richement ornés, les plafonds avaient un petit air "Versailles" très hors de propos quand on savait que le domaine était aussi un camp d'entraînement militaire...
Mais quelque chose tira Louka de sa rêverie... Une singularité que lui seul pouvait percevoir... Un son suraigu, et désagréablement familier.
"Un Impulseur ? Ici ? C'est impossible !"
Un Impulseur était un appareil capable d'émettre un puissant rayonnement électromagnétique dans plusieurs directions pendant un bref instant, grillant tout système électronique non protégé contre ce genre d'impulsions. C'était ces mêmes impulsions qui pouvaient griller le cerveau de Louka et le transformer en un tas de cellules électroniques amorphe.
"Prudence est mère de sûreté... Gallame, Mur Lumière !"
La ball a sa ceinture laissa échapper le Pokémon Lame qui dressa une barrière entourant son dresseur.
"C'est étrange, je crois que je peux localiser la source du bruit... On devrait peut-être aller y faire un tour. Qu'en penses-tu, vieux frère ?"
Gallame acquiesça. Ce n'était pas dans sa nature d'avoir peur de l'inconnu. Surtout qu'en ce moment, toute information était bonne à prendre... Enchaînant les couloirs puis les escaliers, ils se retrouvèrent dans les jardins situés devant le palais, de l'autre côté du camp d'entraînement des soldats... A leur grande surprise, Zeronos était déjà là, contemplant le vide d'un air intrigué... Alors qu'il allait demander pourquoi, Louka aperçut Simiabraz à ses pieds. Lui aussi avait entendu ce bruit...
Prenant conscience de la présence de Louka, Zeronos sursauta.
"Rah, bordel, tu ne peux pas prévenir au lieu de te la jouer furtif et de me causer la trouille de ma vie ?
-Il l'entend aussi, n'est ce pas ?
-Comment ça, aussi ? Et c'est qui "il" ?
-Ton Simiabraz. Tu étais dans les environs et il est sorti de sa ball par lui-même. Et depuis, tu le suis pour savoir ce qu'il a senti, et tu t'es arrêté ici.
-Bien, je vois que ton Gallame a fait le même raisonnement. Tu comptes m'en dire plus ?
-En fait, Gallame est juste là pour me protéger... Ce que Simiabraz et moi entendons me fait penser à une arme issue de mon monde. Capable de faire surcharger des cellules électroniques avec une impulsion électrique.
-La même chose que ce qui peut te griller le cerveau ? demanda Zeronos, pour une fois intrigué.
-Exactement. Et si tu comptes poser la question évidente "Pourquoi tu cours vers ce bruit au lieu de l'éviter ?" je vais t'épargner un peu de salive... Je suis curieux, c'est tout..."
Zeronos soupira. Bien qu'il ait envie de ruminer qu'il en avait marre de ce gars qui savait tout mieux que tout le monde, il devait avouer que le comportement de Simiabraz l'intriguait un peu.
Soudain, un point lumineux se dessina au milieu des camélias d'un parterre de fleurs. D'abord minuscule, il se mit à grossir alors que Zeronos et Louka préparaient de quoi faire face à ce nouvel arrivant... Si ce dernier avait pu assister à sa propre arrivée, il aurait su que ce portail était en tous points similaires à celui qui l'avait amené ici. Mais il n'avait aucune raison de soupçonner cela, d'autant plus qu'une silhouette apparaissait dans la lumière...
"Prépare-toi, ça va être à nous, fit remarquer Louka.
-T'as fini avec les remarques évidentes ?"
Quand la lumière blanche eut la taille maximale, le bruit était audible par Zeronos et on distinguait clairement une silhouette humaine dans le halo... Mais, à la grande surprise de Louka, elle ne semblait pas avoir de tête, ni de main gauche. On devinait seulement sa main droite par la présence sur celle-ci d'une sorte de mitaine prolongée par un dispositif ressemblant à une montre...
"Merde, c'est un extracteur ! comprit Louka.
-Un quoi ?
-Un extracteur, c'est un objet du monde duquel je viens... Je ne sais pas qui est ce gars, mais il vient pour moi !"
Le faisceau de lumière se rétracta subitement, et le bruit disparut en même temps, laissant Louka et Zeronos contempler le nouveau venu. Les parties manquantes de son corps étaient bien plus nombreuses que prévu... En réalité, sous les vêtements maintenus en forme par le halo de lumière, il n'y avait rien... Une fois celui-ci disparu, la forme humanoïde qu'avaient adoptée les vêtements disparut lorsque ceux-ci s'écroulèrent en tas, au sol, par l'effet de la gravité...
"Putain de merde, le mec à l'intérieur s'est fait dessouder ou quoi ? lança Zeronos mis en alerte par cet évènement plus qu'étrange."
S'accroupissant, Louka analysa ces vêtements avec un air de déjà vu. L'extracteur contenait une cartouche de jeu. Parmi toutes celles dont il se rappelait, peut-être que sa mémoire se souviendrait à qui était celle-ci.
"Arrête, touche pas à ça, c'est peut-être recouvert d'acide ! Si ça se trouve, le mec à l'intérieur a été totalement dissous par...
-Zero... Arrête de gémir, veux-tu ? Je crois savoir à qui sont ces fringues... Et pourquoi il n'y a personne à l'intérieur...
-Et ben, qu'est ce que t'attends ? Crache le morceau au lieu de m'engueuler ! Si tu sais quelque chose...
-Tu ne le sais peut-être pas, mais lorsque je suis arrivé dans ce monde, j'étais totalement nu. C'est d'ailleurs pour ça que je suis vêtu avec ce magnifique ensemble vert camouflage... Et ça, fit Louka en montrant le tas de vêtements au sol... Ca, c'est mes fringues !"
Zeronos contempla le tas de vêtements, ayant un étrange familiarité avec ceux que portaient nombre crétins décérébrés portant le doux nom de "dresseur Pokémon" dans son monde. Seul le pull bleu ciel était un tant soit peu original dans cet accoutrement...
"Tu me crois maintenant, quand je te dis que je viens du jeu vidéo itself ?
-Ca faisait déjà longtemps que je te croyais. Dis-moi, tu comptes vraiment porter ces habits débiles ?
-Bien que l'uniforme militaire soit un peu serré à certains endroits, il est vrai qu'il passe plus inaperçu dans ce milieu. Cependant, je vais tout de même récupérer mon sac et vérifier si l'extracteur marche encore."
Ramassant l'objet à terre, il l'enfila comme un gant. La première partie, ressemblait furieusement à une pokémontre, se plaçait naturellement au niveau de son poignet, tandis qu'une sorte de mitaine, sur laquelle reposait une galette mince et creuse en son centre, ornée de trois boutons de couleurs différentes était située au niveau de la main. Sur l'écran tactile de la pokémontre, Louka valida un logiciel. Appuyant sur le bouton bleu, il fit glisser l'extracteur vers l'intérieur de sa paume et il le passa tel un scanner à code-barres sur les balls à sa ceinture... qui disparurent toutes comme par enchantement...
"What... commença Zeronos.
-Pour répondre à la question que tu vas poser, cet objet permet de transformer des données issues d'une cartouche de jeu en véritables Pokémon et vice versa. L'écran de la Pokémontre me donne accès à toutes mes boîtes.
-Mais, c'est proprement génial ! Tu trouves ça où ? Je veux le même !
-On les a presque tous détruits dans le monde duquel je viens. Tu n'imagines le bordel avec des Pokémon envahissant le monde réel...
-J'ai comme l'impression que j'arrive à imaginer, ne me demande pas pourquoi, répondit l'éternel râleur. Avant de croiser Ros, j'avais déjà des images étranges en tête. J'ai l'impression que quelque part, une autre version de moi continue d'exister... Mais c'est flou.
-Il faut s'attendre à ce que pas mal de gens aient de tels rêves à mon avis. Le pilier de Dialga a du remuer la tête de toutes les personnes présentes. Chez Lilian, c'est le plus flagrant parce qu'il a touché le pilier, mais chez d'autres, ça doit se manifester sous cette forme... Peut-être que ça nous aidera en temps voulu..."
Louka se reprit:
"Bref... Je sais que tu n'aimes pas les paroles en l'air et les suppositions hasardeuses. Je vais te laisser... Oh... Attends une seconde, ne bouge pas !"
Louka venait de se rappeler d'un détail important. Il manquait un objet à sa panoplie.
"Est-ce que tu vois une petite bague par terre de là où tu es ?
-Anneau doré, pierre blanche ? Juste là, fit-il remarquer."
Au sol, Louka aperçut la pierre blanche sertie sur un anneau imitation or. En elle-même, elle ressemblait à du toc. Mais quiconque savait le pouvoir qu'elle recelait ne l'aurait pas balancée aussi rapidement.
"Il est intact...
-C'est quoi ? Un cadeau d'une petite amie un peu trop présente dans ton esprit ? demanda Zeronos.
-C'est un vertX. Je vous expliquerai tout en temps et en heure. Je déteste répéter les choses plusieurs fois. Je vais en parler à Lilian et...
-Et quoi ? fit Zeronos en remontant au créneau. Il a fait quoi ce type ? Que je sache, le seul titre auquel on pourrait le rattacher, c'est celui de patient zéro. Si j'ai bien compris, c'est le premier à être arrivé. De plus, monsieur développe des pouvoirs soit-disant hors-normes, mais il ne s'en sert jamais, hormis pour épater la galerie en de rares occasions. L'idée est elle venue à quelqu'un ce que soit lui qui puisse être à l'origine de tout ?
-En effet, c'est possible. Mais son statut de premier arrivant fait aussi de lui le plus expérimenté en la matière. Il ne reste que Marine, Lucas et lui qui soient arrivés avant moi. Les amoureux ont pris la poudre d'escampette et ton pote avec son jumeau maléfique aussi. Marine vient à peine de se rendre compte qu'elle pouvait parler, et Lucas n'a pas l'air très chaud pour utiliser son "piège à Giratina", quelque soit la forme qu'il puisse prendre !"
Zeronos dut admettre qu'encore une fois il avait raison. Ca devenait lassant à force... Mais il remonta une dernière fois au créneau.
"Et si on gardait ça pour nous ?
-Je te demande pardon ?
-Je veux dire... on a tous droit à nos petits secrets non ? Tu n'es pas obligé d'en parler aux autres tant que ça ne revêt pas une importance vitale. C'est pas que j'ai pas confiance en Lilian moins qu'en un autre, je vous trouve tous aussi louches les uns que les autres, mais réfléchis. Personne ne nous a vu, personne n'a senti ce vortex. Même le super-sayen, sinon il aurait accouru presque plus vite que nous !"
Louka montra l'extracteur, qui prenait presque plus de place que sa main.
"Et ça, je leur dis que c'est quoi ? Un frisbee miniature ?
-Je sais pas... Tiens, ta Pokémontre, tu n'as qu'à dire que tu l'as bidouillée toi-même ! Ou même leur dire la vérité. C'est apparu dans un vortex avec tes fringues. T'as qu'à pas leur parler de l'extracteur. Tu peux bien le ranger avec le reste de tes habits dans ton sac, non ?"
Louka se laissait tenter par l'idée. C'était physiquement faisable, et en tant qu'ordinateur, personne ne devinerait poindre le mensonge dans sa voix monocorde. Et même si Zeronos semblait adepte de la théorie de la conspiration, son message avait eu son petit effet. Lilian avait à peine quelques pour cent de chance d'être à l'origine de tout cela. Mais ça le plaçait quand même nettement devant tous les autres qui, tous confondus, n'atteignaient que quelques dixièmes de pour cent.
"Marché conclus. En cas de souci, je peux toujours utiliser l'extracteur. Et il est vrai qu'en parler autour de nous va inévitablement attirer la convoitise. Je vais juste me sortir une petite équipe de là et je le range.
-Très bien, et pour ton verteX machin ?
-Oh, j'ose espérer qu'on n'aura pas à s'en servir.
-Il sert à quoi ?
-A un peu tout. C'est ça la magie des trous noirs..."
Alors qu'il s'éloignait, Zeronos ne peut s'empêcher de retenir un "Cool !" qui en disait long sur son enthousiasme.
Pendant ce temps, dans les sous-sols du palais, une équipe de spécialistes de la communication s'affairait à décrypter des données radar et des messages des autorités d'Hyméria. Un des techniciens affairés à l'observation du radar, remarqua un point en bordure de la zone couverte par ce dernier.
"Lady Sibylle ! Nous avons un visuel !"
Dans ses habits officiels, Sibylle avait l'air encore plus dangereusement belle que dans son uniforme guerrier. Elle se dirigea vers l'écran de contrôle et écouta ce que son technicien avait à lui dire.
"Que me racontez-vous de beau, Zacharias ?
-Deux hélicoptères de classe M sont entrés dans le champ de mon radar. Attendez, en voilà un troisième.
-Sa majesté est en avance sur l'horaire... Je crois que mon histoire a du l'impressionner. Dans combien de temps seront-ils sur la zone ?
-A la vitesse actuelle, quinze minutes.
-Deux fois ce qu'il faut pour que mes soldats soient en tenue appropriée, parfait. Attendez ses codes d'identification et allez vous changer vous aussi. Aujourd'hui est un grand jour.
-Bien madame...
-Ah, au fait, Zacharias... Ma tenue me va ?
-Permission de parler franchement madame ?
-Je vous l'ordonne même...
-Le seul mot qui me vient à l'esprit est... "Wouah"
-Merci Zacharias. Je vous laisse à vos tâches."
Sibylle s'éloigna de la console à laquelle Zacharias travaillait. Le seigneur d'Hyméria allait enfin pouvoir découvrir ces héros dont elle parlait. Et ses hôtes pourraient se faire une idée de la puissance que sa nation représentait. Elle n'aimait pas presser ses invités, mais le contexte l'y forçait. Et puis de toute façon, s'ils disaient non maintenant, ce serait pareil que dans trois semaines.
"Votre attention, s'il vous plaît, lança Sibylle à travers un micro relié au système de communication. une délégation d'Hyméria est en route vers notre demeure. Une délégation officielle, j'entends. Veuillez vous présenter dans la cour d'honneur en habit d'apparat d'ici dix minutes. Tous les soldats et tous les lieutenants sont concernés par cet ordre. Les entraînement sont provisoirement suspendus à partir de maintenant et ce jusqu'à nouvel ordre."
Elle se sentait nerveuse, comme une jeune fille présentant son fiancé à ses parents. Ils pouvaient se plaire ou se détester mutuellement, mais elle n'avait pas envie de se passer de l'un comme de l'autre.
"Ici Delta Bravo 3, base d'Azrad, veuillez vous identifier s'il vous plaît."
Bientôt, son plus cher désir de voir son pays enfin libre se réaliserait. Toute sa vie, elle avait été guerrière et n'avait trouvé dans les hommes qu'une satisfaction de ses désirs primaux de femme et de générale. Mais une fois cette précipitation permanente abolie, elle prendrait peut-être le temps de vivre.
"Je répète. Ici Delta Bravo 3, base d'Azrad, veuillez vous identifier conformément au protocole 13.2 de la navigation aérienne."
Peut-être même qu'elle avait déjà trouvé parmi les hommes de cette étrange groupe d'un naufrage tout aussi étrange l'élu qui saurait l'accompagner pour le reste de sa vie. Comme elle, Lilian était fatigué de la guerre. Comme elle, ce mystérieux Drayke préférait la vraie action aux vaines discussions. Comme elle, cet étrange individu, que tout le monde nommait Louka mais qui semblait pourtant être autre chose qu'un simple humain, avait des capacités au dessus de la moyenne qui feraient de lui un homme protecteur envers ses futurs enfants...
"Madame, le groupe d'hélicoptères refuse de répondre."
Elle fut tirée brusquement de sa rêverie. Ca devenait dangereux d'être aussi détendue en de tels moments.
"Vous avez essayé toutes les fréquences usuelles ?
-J'ai même lancé le dernier appel sur toutes les fréquences que ce genre de coucou peut capter. Je crois que ce ne sont pas les nôtres."
Sibylle se maudit d'avoir été aussi distraite. Si elle avait été plus attentive, elle aurait vu plus tôt que quelque chose clochait.
"Combien de temps avant son arrivée ?
-Quelques minutes à peine. Les soldats ne seront jamais prêts...
-Enfin c'est impensable. Comment ont-ils pu percer nos frontières ?"
Un autre technicien déboula dans la salle, affolé, et chercha Sibylle du regard.
"Madame, ça vient tout juste de sortir du décodage ! Trois hélicoptères munis d'armement lourd ont fait sauter le poste maritime d'Ernod. Leur dernière direction suggérait qu'ils se dirigeaient droit dans notre rayon d'attaque.
-Appelez le poste d'armement au plus vite ! Qu'on verrouille leurs coordonnées et qu'on leur balance un missile sol-air !
-Madame, nous n'avons plus de missiles balistiques, fit remarquer Zacharias. C'était justement un des hélicoptères accompagnant la délégation qui devait nous approvisionner."
Lady Sibylle dut faire face à un choix cornélien. Elle ne pouvait pas détruire les hélicoptères ennemis sans missiles et elle ne pouvait pas s'approvisionner en missiles sans risquer de mettre en danger la délégation...
"Transmettez le message suivant au QG: Code rouge en cours. Attaque liée à celle d'Ernod. Annulez la visite de la délégation et envoyez des renforts !
-Bien Madame.
-Zacharias, ouvrez-moi tous les canaux ! Branchez-moi sur les hauts-parleurs. J'ai une annonce à faire !"
Le temps d'appuyer sur quelques boutons, et l'intéressé fit un signe de la main à Sibylle, lui indiquant qu'il était prêt.
"Ici votre commandante. Les hélicoptères qui arrivent sur notre position ne sont pas ceux de la délégation. Je répète, les hélicoptères qui arrivent sur notre position ne sont pas ceux de la délégation. Code rouge ! Tout le monde à son poste, code rouge !"
Dans la cour d'entraînement, Sahra et Drayke reçurent le message en même temps que les autres.
"Des hélicoptères ? Quels hélicoptères ? demanda Sahra.
-J'en sais rien, fit Drayke en haussant les épaules. Mais ça sent pas bon pour nous."
Autour d'eux, tout s'agitait. Des militaires en habit de cérémonie croisaient ceux en uniforme de combat au milieu de vêtements à terre et d'armes laissées contre les murs des baraquements.
"Trois hélicoptères ont été aperçus par les radars, fit la voix de Pluton derrière eux. J'étais avec Stephen lorsqu'il a reçu un message de Sibylle. Ils ont cru à une délégation Hymérianne, mais apparemment, ce sont des hélicoptères d'une des deux nations ennemies.
-Merde, lâcha Drayke. Comme si on avait besoin de ça... On va encore nous prendre à parti.
-On devrait rejoindre les autres avant que quoi que ce soit arrive sur nous ! fit remarquer Sahra.
-Dans ce cas, il faut se dépêcher, expliqua Pluton. Quand j'ai quitté Stephen, les hélicoptères étaient tous proches."
En chemin, les trois compagnons d'infortune commencèrent à se poser certaines questions.
"Pourquoi n'envoient-ils pas de missiles ? J'ai vu un dispositif de lancer dans le fond de la caserne, remarqua Drayke.
-Ils n'ont peut-être plus de munitions, fit Sahra. Vu ce avec quoi ils se battaient... J'ai pas vu un seul militaire avec un lance-roquettes alors qu'ils en ont des caisses entières dans leurs stocks.
-Il faut croire que la petite escapade des autres a du leur coûter bonbon en munitions, comprit Pluton."
Tantôt courant, tantôt s'informant, le trio parvint à rejoindre la cour d'honneur, où traînaient déjà Zeronos et Louka. De leur côté, les deux garçons avaient eu la même réaction en entendant Sibylle proclamer l'alerte générale... Un grand sourire et une furieuse envie de montrer de quoi ils étaient capables.
"Si Lilian ne veut pas qu'on leur montre comment se servir de Pokémon...
-... ça ne laisse que nous et Super-Sayen pour les arrêter, termina Zeronos. Pluton, avec nous. Les deux autres, derrière.
-Vous nous couvrez au cas où on prendrait des risques un peu trop déraisonnables, fit Louka.
-Ce qui va arriver souvent dans les prochaines minutes, commenta Zeronos avec un sourire carnassier aux lèvres."
Dans la forêt, Marine se rassurait en touchant la ball faite de pierres précieuses au travers de son maillot. En face d'elle, le petit groupe s'était arrêté, intrigué par la présence de ce dragon sans ailes. Elle parvint à lâcher quelques mots...
"A... Amie... Ne me faites pas... de mal."
Les hommes armés semblèrent la remarquer à nouveau, alors que l'un d'eux lâchait dans un accent proche de la dureté germanique:
"Langue Hymérien... On dirait que nous ne sont pas amis à le final..."
Bégayant des ordres dans une langue inconnue, Marine remarqua que leurs uniformes n'étaient pas les mêmes que ceux qui avaient rythmé sa journée dans le palais de Sibylle. De plus, leur connaissance peu familière de la langue laissait supposer qu'ils n'étaient pas Hymérians. D'un côté, elle bénissait le ciel de les avoir envoyé dans une nation qui parlait la même langue que la leur, rallongeant par la même leur durée de vie de beaucoup. D'un autre côté, si ces gens n'étaient pas d'Hyméria...
"Pas amis à le final"...
Et dire que Ponyta attendait patiemment son heure à plusieurs centaines de mètres de là... Un des hommes dégaina un couteau de combat et s'approcha de Marine tétanisée. Portant la lame au niveau de son cou, il ne semblait plus voir qu'elle.
"Nous avons un charmante otage !"
Elle avait peur, et il prenait du plaisir à ressentir cette peur. Mais un ronronnement caractéristique le rappela à la réalité. A côté de lui, se tenait un Léviator. Le genre de Pokémon qui causait la désolation autour de lui. Le genre qui n'aimait pas qu'on menace sa dresseuse...
Dans un hurlement déchirant, il plongea la tête la première sur l'intrus et tenta de le broyer dans ses crocs...
"Non, ne... le tue pas !"
Marine avait encore quelques fantômes à chasser de son esprit. Qu'à cela ne tienne. Il le saisit dans sa gueule et l'envoya voler en arrière à plusieurs dizaines de mètres. S'interposant entre sa dresseuse et les autres soldats, il avait un air plus que menaçant. Le genre à pas trop aimer se faire marcher sur les nageoires, s'vous voyez c'que j'veux dire !
Dans les sous-sols du palais, l'ambiance était quasi-apocalyptique. Alors que les techniciens regardaient les radars sans rien pouvoir faire, voici que les caméras situées aux abords du château se mettaient à diffuser des images pour le moins déconcertantes...
"Des soldats ! Il y'a des troupes à pied, les hélicos n'étaient qu'un leurre ! s'écria le garde affecté aux caméras.
-Négatif, corrigea Zacharias, il y'a des signes de vie dans les hélicos aussi. Bon sang, mais d'où ils ont pu sortir sans que personne ne les repère ? Il y'en a des centaines...
-Combien précisément ? demanda Sibylle.
-De ce que j'ai pu en voir, et d'après les relevés des caméras, il y'en a près de deux cents. Ils sont déjà plus nombreux que tous les effectifs dont nous disposons ici.
-Combien dans les hélicos ?
-Un peu moins d'un centaine... Je dirais entre soixante et quatre... Une seconde, qui a parlé ?"
Sur un des écrans, un visage apparut, lequel était familier de Sibylle.
"Louka, que nous vaut cette intrusion ?
-On peut se les faire, mais on va avoir besoin d'une petite puissance de feu. Dites à vos gardes de se replier sur l'arrière du palais et de couvrir uniquement ce secteur.
-On peut savoir comment vous êtes entrés sur le réseau ? s'étonna Zacharias.
-J'ai les outils qu'il faut, c'est tout ce que vous avez à savoir. Ca ne va pas tarder à barder ici, combien de temps leur faudra t'il pour être prêts ?
-On a été pris au dépourvu. On s'attendait à une délégation officielle de sa majesté.
-Et tout le monde est en costume de pingouin, je sais... D'autres nouvelles ?"
Sibylle sembla se concentrer, réfléchissait pour voir si elle n'avait pas oublié un détail. Mais elle fut interrompue par le tumulte des gardes amassés autour des écrans de surveillance.
"Madame, nous venons de perdre l'armurerie. Ils sont bien trop nombreux ! Il faut se barricader !
-Une seconde, tonna Sibylle. Louka, mes hommes armés... ne sont plus armés, vous pouvez vous en sortir seuls ?
-On va bien voir. Votre lieutenant a raison. Barricadez-vous dans le château. Ca va être tendu pour nous, je ne vous le cache pas. Mais de toute façon...
-... oui, soupira Sibylle alors que Louka disparaissait de l'écran, affichant de nouveau des données de terrain, de toute façon, on n'a pas vraiment le choix..."
Louka cessa de regarder sa pokémontre. A côté de lui, son fidèle Porygon-Z nommé très sobrement Zed coupait la connexion qui lui avait permis de s'infiltrer sur le réseau de Sibylle aussi facilement.
"Au dernier comptage, ils étaient deux cents, annonça t'il. On va avoir du boulot.
-De mieux en mieux, fit Zeronos, hésitant simplement entre les attaques dangereusement discrètes de Simiabraz et la puissance brute de Palkia...
-Tu comptes vraiment utiliser tous les atouts dont nous disposons ? demanda Pluton d'un ton neutre.
-Tout ce que tu peux donner sans prendre de risques démesurés. Pourquoi ? Tu comptes rester en retrait ?
-Absolument pas, mais si je donne tout ce que j'ai, j'ai peur de ne pas tout contrôler...
-Dans ce cas, dans la mesure où on ne peut pas se battre avec des Pokémon, je ne peux pas décemment t'ordonner de faire cela. Je n'ai rien à t'ordonner par ailleurs.
-Vos gueules, les hélicos sont à portée..."
Un rai de fumée passa juste au dessus de leurs têtes. Louka eut à peine le temps de voir une roquette anti-char faire s'écrouler un pan de mur juste au dessus d'eux. Certains gravats leur tombaient même sur le coin du crâne. Et un premier hélicoptère camouflé dans des tons bleus-verts apparut à la cime des arbres. Sur la queue, Louka remarqua son code.
"LAD-M-543, LAD pour Ladinn. Putain, en plus c'est pas les bons !
-Je te demande pardon, fit Zeronos, arrêté en plein dans sa montée en pression.
-C'est l'autre pays qui est à l'origine de tout ça, d'après Sibylle.
-Et alors ? demanda Drayke derrière, ça ne nous interdit pas de nous défendre.
-Non, ça me met juste encore plus en rogne..."
Louka choqua ses deux poings, exerçant ainsi une pression sur le joyau blanchâtre de la bague qu'il portait à l'annulaire gauche. Quasi instantanément, celui-ci se teinta de volutes grises, puis noires et ce fut bientôt toute la pierre qui fut de couleur nuit alors qu'une voix mécanique annonçait en épelant chacune des lettres avec une prononciation anglaise:
"v e r t... X
-Ouais, répondit Zeronos... Henshin !"