Chapitre 8 : Départ douloureux
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Le petit pokémon bleu se chargea en énergie et une large onde pourpre terrifiante s´étendit sous son petit corps. Une similaire vint se planter juste sous les sabots de Ponyta. La jument, effrayée par ce faux gouffre, tenta désepérement de s´en éloigner. Elle bondissait, attaquait la tâche, mais jamais celle-ci ne daignait lui laisser de répit.
J´étais complètement hypnotisée. Tremblante, je voulus articuler un ordre mais en vain. Ponyta était affolée... A bout de forces, elle finit par s´écrouler au sol.
- Mince ! Fis-je en courant voir le pokémon.
Okéoké sauta de joie et se tourna vers son dresseur. Mais Lionel, lui, ne souriant pas. Il y était peut-être allé un peu fort... Il décida de me rejoindre. Par chance, la jument était robuste. Elle avait juste été un peu choquée.
- Mais ça va pas ?! demandai-je en lançant un regard noir à Lionel.
- Qu´est-ce que j´ai fait encore ?
- Cette attaque ! T´aurais pu être un peu plus soft, non ? Non, Mônsieur veut prouver qu´il sait se battre et que...
- C´est bon ! Je n´ai pas fait exprès. C´est une attaque comme une autre de toutes façons.
- C´est une attaque piège ! On ne pouvait même pas attaquer Oké ! Ou c´était fini pour nous !
- Je reconnais que c´était pas cool mais... T´as un foutu caractère aussi ! Ca t´arrive de remballer ta fierté mal placée parfois ?
- Mais tu es un petit... Oh ! Et puis zut. Donne moi une baie s´il te plaît...
Il me tendis une baie jaune que je donnai à la jument. Cela ne la remit pas totalement "sur sabots" mais ça lui permis de se lever. Je restai avec elle, longtemps, dans le silence le plus absolu...
- Bon, c´est fini les combats pour aujourd´hui hein ? dis-je en souriant.
- Hiiiii... répondit Ponyta.
- Hum... Euh, je suis désolé.
Lionel se tenait derrière moi, les mains dans les poches affichant un air nostalgique.
Le soleil de fin d´été commençait à retourner illuminer d´autres continents et la plaine était innondée de couleurs chaudes et chatoyantes.
- C´est joli... soupirai-je. Dis... J´ai un peu pris la mouche tout à l´heure. Et c´est à moi de te demander pardon. Je suis trop agressive.
- J´ai l´habitude maintenant, reprit-il en esquissant un sourire.
Il profita de cet instant de calme pour examiner ma brûlure et refaire le bandage qui avait un peu souffert.
- Tant qu´on y est, je voulais te dire quelque chose... d´important.
- Oui, vas y, dis-je en me tounant vers lui.
- Bah...
- YOUHOUUUUUUUU !! !
Sur le pas de la porte, à une vingtaine de mètres de nous, se tenait Mr Nomclast qui agitait ses bras dans tous les sens, faisait s´envoler une bande de Roucoups. Cyrielle se tenait à ses côtés. Elle avait du rentrer sans que l´on s´en aperçoive.
- Bon, tu me diras ça une autre fois...
- Ouais.
J´attrapai une veste de travail de mon père pour cacher la brûlure et je rejoingnis la cuisine.
- Coucou chérie ! Salut Lionel !
- Salut maman.
- Bonjour Cyrielle.
- Vous m´avez l´air bien abattus. Tout s´est bien passé aujourd´hui ?
- Oui, oui ! Aucun problème ! répondit-on en souriant.
Je pris un verre d´eau et en tendis un à Lionel.
- C´est parfait alors. J´ai fait connaissance avec Peter ! Il m´a tout raconté ! Le dévouement de son Rapasdepic, comment il vous a aidés à réparer la nurserie...
Je m´étouffai en entendant cette phrase. Lionel m´envoya un vigoureux coup dans le dos.
- Qu´est-ce qui ne va pas ?
- Rien... ahrem... ahrem... Tout va bien. Il a été très serviable et dévoué. Ce qui était normal après l´explosion qu´il a provoquée et la desctruction partielle de la partie la plus sensible de la nurserie, fis-je en employant le ton le plus ironique possible.
- Je confirme, dit Lionel.
Le scientifique se cachait derrière un journal féminin, faisant semblant de ne rien entendre. Ma mère esquissa un sourire. Elle était loin d´être stupide. Elle décida de passer outre. Mon père rentra quelques minutes plus tard et on passa à table.
Le reste de la soirée fut assez détendu. Tout le monde riait ! Je commençais à apprécier Mr Nomclast qui malgré son air farfelu semblait être quelqu´un de bien. Jusqu´au moment où Lionel prit la parole.
- Bon, je vous annonce que je pars demain. Comme la semaine de réservation s´achève, je vais reprendre la route. Tortipouss, Oké et moi avons encore un tas de choses à découvrir ! On mettra les voiles à l´aube.
- Okéééé !
- Bien Lionel. J´espère que tu as passé d´agréables moments ici et que tu reviendras quand tu pourras, dit mon père en levant son verre. Je te souhaite bonne chance dans cette quête on ne peut plus enrichissante.
- Merci ! fit Lionel, rayonnant.
- Mouais, bonne chance.
- Marine ! Tu pourrais être plus gaie ! me fit remarquer Cyrielle en durcissant le ton.
Ils trinquèrent en affichant des visages joyeux. Je finis mon assiette silencieusement. Lionel me jetait des petits coups d´oeil de temps en temps. Je le savais bien mais je l´ignorais. Je débarassai la table et montai dans ma chambre prétextant des maux de ventre. Je refermai la porte et me dirigeai vers mon lit.
- Saleté de latte de bois, tu ne m´auras pas cette fois ci.
Je m´allongeai et me mis à étudier le plafond. J´y avais collé une ribambelle de petites étoiles fluorescentes quand j´étais plus petite. Elles s´étaient chargées de la lumière du jour et elles la restituaient à présent. Je me tournai vers la fenêtre pour regarder une dernière fois Ponyta. Elle était vraiment magnifique. Puis, je fermai les yeux.
Quand je sortis de mon sommeil, le soleil était déja haut dans le ciel... Lionel devait être déja parti...
LIONEL !! !
J´enfile une veste et prends mon fameux bandeau. Je devale les escaliers. J´entends ma mère qui me demande ce que j´ai. Je l´ignore. Je cours vers la porte. Je l´ouvre à la volée. Je m´élance dans l´allée. Je m´arrête et je fixe l´horizon.
Plus personne. Je n´allais pas le revoir avant bien longtemps... Je me maudis de ne pas m´être réveillée plus tôt. Mon seul ami s´en allait. J´étais seule maintenant... Je me retins de pleurer. Je devais être pitoyable, pieds nus sur la terre glaise. Machinalement, je jetai un coup d´oeil sur ma brûlure en soupirant.
Je revins sur mes pas, il me fallait une tasse de thé. Je franchis le seuil de la porte que une voix me héla.
- Alors. C´est pas une tenue pour sortir ça... Heureusement que tonton Lionel est encore la. Ah, les jeunes de nos jours... Aucune autonomie.
Je me retournai.
- Espèce d´abruti ! J´ai cru que tu n´allais même pas me dire au revoir ! Tu mérites une paire de gifles ! dis-je en souriant.
- Su-per... Quelle manifestation de joie agréable. Je n´en demandais pas tant ! Je suis contente de te voir moi aussi.
- Okéokééééé !
- Coucou toi ! Bon, ça y´est... C´est le moment de se dire au revoir alors.
- Y faut bien.
- Oui. Bon voyage hein ! Tu m´enverras du courrier.
- Ca va pas être possible.
- Oh, arrête... Une enveloppe, un bout de papier, un abruti d´Etourmi et le tour est joué. Je ne te demande pas la lune.
- Ca ne va pas être possible parce que j´espérais que...
- Que ?
- J´ai peur de me sentir seul. Même si j´ai Oké et Torti... Tu vois ?
Un large sourire s´étala sur mon visage. Je voyais enfin où il voulait en venir. Mais...
- Oh non... Mais je peux pas ! J´ai trop de boulot ici. Je suis désolée, mais je dois rester à la Pension.
Il y eut un moment de silence. Je ne savais pas quoi lui dire de plus. Oké aussi semblait triste...
- Allez ! Prends la route. On se reverra va.
- Ouais, j´espère ! A plus alors.
- Oui. A plus.
Il tourna le dos et marcha sans se retourner, jusqu´à ce qu´il disparaisse de mon champ de vision.
- Bon courage Lio... murmurai-je en riant.
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