Je fus réveillée vers quatre heures du matin par une désagréable odeur de brûlé. Je me levai rapidement, emmêlée dans ma couverture de fortune et les yeux cernés, pour déterminer d´où provenait ce parfum nauséabond. Je tournai difficilement la tête, légèrement effrayée.
Ponyta était couchée à côté de moi, les flammes de sa crinière, dangereusement proches de mon sac : elles le touchaient presque. Pourtant, il ne prit pas feu. Je ne ressentais aucune sentation de chaleur trop intense.
La jument endormie semblait inoffensive. Comme hypnotisée, j´approchai ma main du feu incandescent.
Lentement... Lentement... J´allais l´effleurer quand...
- AAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!!! Hurlai-je.
Ponyta, surprise par ma "tentative d´approche" s´était réveillée, levée et en un éclair avait lancé une attaque Flammèche sur mon avant-bras droit.
Je courrus jusqu´à l´abreuvoir et y plongeai le membre dont les chairs légèrement rongées formaient à présent une large tâche brunâtre et fumante. Le contact de l´eau apaisa considérablement la douleur.
"Mais quelle abrutie !" grognai-je.
Derrière moi, des pas accélérés et des bruits de bonds, se firent entendre. Lionel, encore en pyjama et les cheveux en bataille, avançait au pas de course dans ma direction. Derrière lui, sautillait Okéoké qui criait joyeusement.
- Mais qu´est-ce qui se passe ? J´ai entendu un cri à réveiller les morts ! J´ai cru qu´on égorgeai quelqu´un ! Et puis, qu´est-ce que tu fous dans l´abreuvoir ? demanda t-il incrédule.
- Je me baigne ! Ca se voit pas ? Je viens de me faire cramer le bras par cette... Grrrr !
- Mouais ! Si tu veux... Enfin, fais voir. - *Il se pencha sur la blessure* - Ouille ! C´est... Euh... Bref, bouge pas je vais chercher de quoi soigner ce truc. Je te laisse Oké, il va te tenir compagnie! dit-il en riant.
- Merci... grommelai-je.
- Okéokééé ! cria t-il gaiement.
Pendant que le petit pokémon jouait au soldat en mission autour de moi, lançant des regards provocateurs à Ponyta, postée dix mètres plus loin, j´examinai l´aspect de la brûlure. Elle n´y était pas allée de main morte. Comment allais-je bien pouvoir cacher ça à ma mère ?
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Lionel revint quelques minutes plus tard, habillé, coiffé avec une petite corbeille remplie de baies, de compresses et de diverses plantes. Il commença à retirer sa ceinture en cuir. Je le regardai faire avec une profonde inquiétude...
- Euh... Dis moi, commençai-je prudemment. Qu´est-ce que tu fais là ?
- Je me mets à poil ! Ca se voit pas ? - *Il éclata de rire* - Arrête de jouer les paranos! C´est pour épargner mes oreilles!
- Je vois pas en quoi et j´en ai pas besoin, fis-je un peu rassurée.
- Comme tu voudras.
Il fit un mélange de jus de baies, hacha quelques unes des feuilles jaunes et mixa le tout. Il en fit un cataplasme, respira un grand coup et l´apposa sur mon bras à moitié calciné. Je sentis une violente piqûre iradier et engourdir la zone en contact avec le produit. Me retenant de crier de toutes mes forces, j´attrapai la ceinture et la mordis tellement fort que j´aurais pu en arracher un bout.
La douleur cessa. Il enroula un bandage et sourit en regardant ma tête...
- Tu vois, c´était pas si terrible !
- Non, à peine ! boudai-je en lui rendant sa ceinture.
- Ouah !! ! Quelle marque ! C´est pas des dents ma paroles, c´est des crocs!
- Tu sais ce qu´elle te dit la fille aux crocs ?! maugréai-je, véxée.
- Tout doux ! Je te soigne et tu me cries dessus ! Quelle éducation ! dit-il en riant.
- Pardon... Merci.
- Pour ton bras, je pense que tu vas garder un petit souvenir de... cet adoraaable pokémon ! Tiens, j´en ai profité pour te ramener un peu de thé chaud.
- J´en ai déja !
- Oui, mais le tien est infecte ! Tu cuisines comme un pied...
- Sympatique...
Il marqua une petite pause.
- Je vais te laisser. Allez ! Mange ! Tu as du boulot aujourd´hui. T´inquiètes pas, je vais t´aider !
- Merci Lio, mais c´est pas ton boulot. T´es pas là pour ça.
- Je suis obligé ! Tu pourras pas faire grand chose avec ton bras bionique...
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Je restai seule une petite demie-heure... Ponyta n´osa pas s´approcher et je ne tentai même pas de retourner la voir.
Au bout d´un moment, je me levai, en prenant soin de ne pas frotter mon bras et risquer de rouvrir la plaie, et j´entrepris d´aller nourrir les pokémons.
Cela me prit deux bonnes heures. Les repas étaient très réglés. Chaque espèce avait un type de nourriture particulier, sans compter les mixtures spéciales pour certains pokémons malades ou plus fragiles. Etant donné l´immensité des parcs, on ne pouvait pas nourrir les pensionnaires à nous seuls.
Ma mère avait alors imaginé un système efficace et très simple pour allèger la charge de travail.
Avec mon père, elle avait dressé une dizaine de Roucarnage qui prenaient des chargements dans leurs serres et les distribuaient de par et d´autre du Domaine.
Une fois ma besogne accomplie, je décidai de tenter une approche avec Ponyta. Je n´allais quand même pas la laisser me prendre pour une cible vivante.
Je pris d´abord le soin de prendre quelques pokéball de mon père afin d´attraper un pokémon aquatique dans la rivière, histoire de me protèger.
J´en "empruntai" une dizaine (que je lui rendrais un jour, peut-être) et entrepris de me rendre près du cours d´eau.
Je n´avais aucune idée de comment on attrapait un pokémon mais qu´à cela ne tienne ! Je m´assis sur une grosse pierre et attendis.
Comment allais-je bien pouvoir en attirer un?
Je me mis à réfléchir intensément... Dix minutes passèrent, puis vingt, puis trente...
En voyant passer un Magicarpe, je me demandai pourquoi tout le monde racontait qu´il ne servait à rien. A ce moment la, j´eus un déclic. S´il était soi disant stupide, le capturer ne serait qu´un jeu d´enfant !
Je me levai, visai le pokémon qui frétillait au gré du courant et lançai une ball. Elle atterit dans l´eau et heurta la tête du Magicarpe qui fit un bond démesuré pour atterrir sur la rive.
Le poisson sautillait comme s´il manquait d´air et, complètement affolée à l´idée de tuer ou de blesser un pokémon du domaine ainsi que très hésitante à entrer en contact avec cette bestiole, j´envoyai la ball à plusieurs reprises, cognant le pauvre pokémon. Il finit par se métamorphoser en une lumière rouge qui entra dans le petit habitacle et elle s´immobilisa.
J´approchai prudemment de l´objet rond, le saisit entre mes mains et soupirai. Derrière moi, quelqu´un se mit à rire :
- Qu´est-ce qu´il y a? grognai-je en me retournant.
Lionel était écroulé par terre, mort de rire. Okéoké me regardait avec un petit air déconfit, visiblement troublé par l´attitude étrange de son dresseur.
- Dis, pourrais-je savoir ce qui te rends si euphorique?
- C´est... hahaa... la façon dont... hihihi... tu as capturé Magicarpe! HAAAAHAHAHAA!
Le frapper ou ne pas le frapper?
- Très drôle ! Je signale à Monsieur le grand dresseur, que je n´ai jamais capturé de pokémon de ma vie ! Je préfère avoir l´air d´une cinglée et attraper quelque chose que de rester les poches vides !
- Mais, tes gestes ! Tu lançais la pokéball comme on donne à manger aux pigeons ! s´esclaffa t-il.
- ET ALORS ? Au moins, je l´ai eu ! repris-je, feintant la fierté.
- Mouais... Tu as eu un Magicarpe ! Quel exploit !
- Arrête Lio ! C´est un pokémon comme les autres c´st tout !
- Sans doute... En attendant écoute ça!
Il sortit un appareil rouge qu´il pointa en direction de ma pokéball. Une voix mécanique s´éleva.
- Magicarpe!
Pokémon Poisson
"On raconte qu´autrefois, Magicarpe était beaucoup plus puissant qu´aujourd´hui. Il ne sait faire que des ronds et des bonds dans l´eau. Il est malheureusement devenu célèbre pour son inutilité… Cet étrange Pokémon a poussé de nombreux chercheurs à étudier son cas, mais aucune théorie plausible n´a été avancée."
- Tu vois qu´il ne sert à rien !
- C´est toi qui ne sert à rien !
Je pris congé. Ce n´éJe longeai la rivière un moment, et, essouflée, fis une pause. Je sortis Magicarpe de sa ball en espérant qu´il ne s´enfuirait pas.
- Magicaaarpe !
- C´est vrai que tu n´as pas l´air bien futé...
Le gros poisson sourit bêtement. Peut-être n´était-il pas très fort, mais il avait une tête bien sympatique. La joie d´avoir mon tout premier pokémon réellement à moi m´ota toute pensée négative.
- On va bien s´entendre ! J´en suis sure ! lui dis-je avec un large sourire. Allez, reviens.
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J´étais parée pour voir Ponyta, enfin, plus ou moins, si j´en croyais les dires du pokédex... J´ouvris l´enclos.
La jument me lança un regard de sadique. Je la devançai.
- Dis toi ! Je préfère te prévenir tout de suite ! J´ai, dans cette pokéball, un très puissant pokémon aquatique ! Si tu décides de te rebeller, je n´hésiterai pas à attaquer ! Alors ?
Ponyta ouvrit de grand yeux. Elle semblait comprendre, MAIS en bonne provocatrice qu´elle était, elle commença à avancer en affichant un air menaçant.
- Oh non! Non, non, non ! Je t´ai prévenue ! Magicarpe, go !
Le gros poisson atterrit dans l´abrevoir. Lui aussi tenta d´effrayer la jument avec un regard qui se voulait dissuasif.
Devant cette expression maladroite, je ne pus m´empêcher d´éclater de rire.
Les deux pokémons me regardèrent un instant, l´air de dire : "Elle est complètement tarée..."
Je me ressaisis et je commençai à parler à Ponyta, dans l´espoir qu´elle me comprendrait.
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Voili voilou...
Il est un peu long, pas trop d´action... J´arrive pas à la faire ressortir.
Espèrons que j´y parvienne un jour...