Chapitre 4: On n´échappe pas à son destin
Cela faisait déjà deux mois que le professeur Chen et moi avions découvert le message de ma mère, Lilian. Des liens très forts se sont rapidement tissés entre nous, et il m´a appris beaucoup de choses sur les Pokémons. Des choses qu´on n´apprend pas dans les livres...
Depuis des années, j´étais persuadé que la vie n´était qu´une longue succession de misères et de coups bas qui nous étaient portés en traître. Et encore plus depuis la mort de mon père. Mais depuis que je suis arrivé chez le professeur Chen, j´ai compris que le bonheur existait... Il suffisait simplement d´aller le chercher.
Ce soir-là, le professeur et moi étions en train de faire des recherches sur les Pokémon Légendaires. Nous avions terminé quand le professeur me demanda:
- Alors, quand pars-tu à Hoenn?
Je ne répondis pas tout de suite. Je ne lui avais pas dit que je comptais partir à la recherche de ma mère bientôt, mais je ne fus pas surpris de cette question.
- J´avais pensé partir la semaine prochaine, professeur, répondis-je lentement.
- Je m´en doutais, dit le professeur d´un ton ravi. Tu es le portrait craché de tes parents!
- Professeur...
- Oui, Ed?
- Mon père était-il aussi dresseur? questionnai-je.
- En effet, répondit-il avec l´air d´un père fier de son fils. J´ai eu l´honneur de lui remettre son premier Pokémon. Il n´était pas aussi talentueux que ta mère, bien entendu, mais son Dracaufeu étant très puissant, il l´a remis à ta mère pour qu´il veille sur elle.
- Je vois... Et... ses autres Pokémons?
- Et bien... Vois-tu, tous les dresseurs sont confrontés aux horreurs de la guerre..., dit-il tout en cherchant ses mots. Ses Pokémons n´ont pas survécu, à part Dracaufeu. Cependant, il allait succomber, lorsque ta mère l´a sauvé...
- Oh... Je vois. Merci, professeur.
Je sentais le regard du professeur dans mon dos pendant que je rangeai les livres.
- Professeur, dis-je soudain. Je ne veux pas vous paraitre ingrat, mais il faut que je...
- Retrouve ta mère, finit le prof. Ne t´inquiète pas. A ta place, c´est ce que je ferais aussi.
La semaine suivante, les préparatifs étaient terminés. Je devais partir très bientôt, mais j´assistai quand même à une remise de Pokémons. Des jeunes enfants de dix ans qui venaient chercher leur compagnon...
- Professeur, dis-je une fois que tous eurent reçus l´attendue pokéball, pourquoi remettre des Pokémons à ces enfants?
- Afin d´entreprendre un voyage initiatique, répondit-il.
- C´est une ancienne tradition, repris-je. Mais la guerre ne fait-elle pas rage plus à l´est?
- Elle ne ravage plus Kanto, dit-il d´une voix posée. Plus autant. A la place, elle a lieu à Hoenn et Johto.
Je m´y attendais. Je pris un air déterminé:
- Je me doutais bien qu´un jour ou l´autre je serai confronté aux horreurs de la guerre. Ca risque de rendre la recherche de ma mère plus difficile...
- Je savais que tu dirais ça, dit le professeur en éclatant de rire.
Puis vint l´heure du départ. Je devais m´envoler sur Rapasdepic et partir à Carmin-sur-Mer afin de prendre un bateau qui me mènerait à Hoenn.
- Ed, dit le professeur.
Je le regardais sans afficher quoi que ce soit sur mon visage.
- Reviens-nous sain et sauf... Une fois que tu auras retrouvé ta mère, vous serez toujours les bienvenus ici, continua-t´il.
- Merci, professeur, répondis-je toujours impassible. Je pense revenir à Bourg Palette une fois que tout ça sera fini. Histoire d´avoir un endroit où dormir avant de trouver une maison...
- Vous pourrez vivre ici définitivement, dit le professeur. Il me tarde de te voir revenir.
- On verra ça le moment venu, répondis-je en esquissant un sourire. Au revoir, professeur. Merci pour tout...
A ce moment, mon visage n´était plus aussi impassible.
A Carmin-sur-Mer, je pris le bateau à destination de Hoenn. Arrivé dans ma cabine, je jetai mon sac sur le lit. Je pensai à la tour Pokémon... Je l´avais aperçue au loin. Elle m´a parue encore plus haute, et son aura plus sombre que jamais... Mais je pensais aussi au professeur. Pendant près de deux mois, cet homme était devenu en quelque sorte mon père adoptif. Je pensais revenir lui rendre visite quand j´aurai retrouvé me mère. Peut-être même m´installer à Bourg Palette... En tous cas, il avait raison sur un point:
On n´échappe pas à son destin.
Voilà
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