Actuellement, je suis sur mon ordinateur portable, je n'ai pas les chapitres et pas la mémoire vive disponible pour me connecter en conservant le navigateur... ![]()
Ow shit. Tu m'envoies ça au plus vite alors...
Qu'est ce que tu fais encore là ? J'ai du me résoudre à faire un chapitre trop grand pour un seul message, savoure-le au moins... Plus gros que d'habitude, c'est pas tous les jours.
Je suis en train de le lire. Au moment où Cyrus caresse les Pokémon de garde. ^^
Chapitre 43 : Tournant décisif
Le bruit perçant mes tympans. La lumière filtrant à travers mes paupières fermées. La peur rongeant mon estomac. La douleur physique et morale. Sento venait de remporter une énorme victoire contre moi, et alors que je me protégeais la tête de mes bras, je sentais que New Lavandia n’était plus qu’un gigantesque tas de gravats qui s’écroulait sur nous. Quant à ses habitants… Un frisson d’horreur parcourut tout mon corps. Mon corps, que je ne supportais pas d’avoir pu protéger, sans avoir rien pu faire pour ces innocents qui ne cherchaient qu’à se protéger de cette affreuse guerre.
Quelqu’un cria, et un énorme bruit d’éclaboussure suivi d’un sifflement retentit. Par réflexe, j’ouvris les yeux, mais je fus immédiatement aveuglé par la poussière. Je me relevai, bien vivant. Tout près de moi, dans le nuage de poussière, je vis Flora, Alizée et Damien se relever. Peu à peu, le bruit se calma et mon champ de vision redevint à peu près normal. Une voix qui m’était familière pour m’avoir accompagné loin, bien loin dans le couloir de la mort plusieurs fois se fit entendre :
« Ca veut dire que… Ca veut dire qu’ils sont…
- Morts ? Non, pas aujourd’hui, pas envie… » répondis-je.
Peu à peu, la peur laissa place à une sensation bizarre. Pas vraiment de l’indifférence, mais je crois que j’étais lassé de tout ça… Lassé de la souffrance, de la mort, de me cacher, de fuir aussi - lassé de la guerre, tout simplement. Je jetai un rapide regard alentour : toute la Nouvelle Armée était vivante, Aela et les invités de Pierre aussi.
« Ed ? C’est toi ? demanda la voix de Lilian.
- Ben non imbécile, c’est le Tyran, ça se voit pas ?
- Mais je veux dire, comment as-tu réussi à t'en sortir ? T’es vivant !
- Tu sais, rajouta Voltère derrière moi, on n'est pas encore morts, tu peux nous inclure dans le "vivant".
- Ca va Voltère, fit Pierre. Il y a des choses qui nous échappent dans cette histoire qu'il vaut mieux laisser aux professionnels...
- Quand j'ai vu qu'aucun Pokémon ne réussissait à se téléporter, j'ai vite capté qu'on avait été découverts... commençai-je. Heureusement, même si c'est pas le point fort des Pokémon ténèbres, j'ai réussi à faire quelque chose d’à peu près pareil qui a marché. Je suppose que c'est aussi en vous téléportant que vous êtes toujours là ? »
Tous ses amis se retournèrent vers Lilian. Chacun d’eux avait un regard plus ou moins accusateur, et un jeune homme blond lança :
« C'est vrai, ca aurait été nettement plus simple si tu nous avais téléporté, Lilian.
- Ca va Antoine, ca fait un peu plus de vingt-quatre heures que j'ai arrêté de prendre les pilules, et vu les doses que j'ai eu, je suis pas encore à 100% de mes possibilités. »
Je n’étais pas sûr de bien comprendre ce qui venait d’être dit. Peut-être était-ce dû au choc de l’explosion, peut-être me manquait-il certains éléments essentiels à la compréhension de cette phrase. Pierre se tourna vers moi avec un regard interrogateur, espérant sûrement qu’en tant qu’élu, je pouvais traduire le tout. Je haussai les épaules pour lui faire comprendre que je ne suivais pas non plus.
« Vous avez des choses à savoir, mais pas maintenant, dit Lilian précipitamment. D’après Silver, on est encore tous morts aux yeux de Sento. Autant partir très vite avant qu’on ne se rendre compte qu’il n’en est rien.
- Du nouveau ? lançai-je.
- Oh que oui, et du très lourd, mais on a déjà fait le tri de notre côté...
- Chanceux va, fit Spectra, nous on n'a pas eu... »
Elle s’interrompit. Le silence qui s’abattit soudain me rappela l’énorme perte humaine que nous venions de subir. Humaine, mais aussi militaire : derrière nous, les ruines de New Lavandia seraient désormais la dernière demeure du plus grand Maitre Dragon que le monde ait jamais connu, Aragon.
« Qui y est passé de votre côté ? » demanda Lilian.
Mon cœur se serra. Je refusais d’entendre dire que celui qui m’avait appris tout ce que je sais sur les dragons était mort. Un très grand du combat Pokémon, un très grand homme… Aragon était cela, et bien plus encore. Nul doute que les générations futures entendraient parler de lui en cours d’histoire. Après qu’on eut expliqué aux Elus qu’il avait succombé au poison, un homme à peu près aussi âgé qu’Aragon prit la parole :
« Quand je pense qu'on a fait l'école de dressage ensemble…
- Je crois qu'il aurait aimé qu'il vous revienne... Vous le méritez plus que moi, dit Aela en lui tendant une Honor Ball.
- Quelque soit le cadeau qu'il vous a fait, Aela, vous le méritez...
- Ouvrez-la avant de dire ça. »
Le vieil homme posa le regard sur la Ball et eut un léger sourire rempli de tristesse.
« Pas la peine. Leviator... Quand je pense que c'est moi qui l’aie convaincu d'utiliser une Honor Ball pour ce Magicarpe tout penaud...
- Justement, elle vous revient de droit. »
Celui qui était, je venais de le comprendre, le professeur Sorbier de Sinnoh, prit la Ball, des larmes coulant de ses yeux. Je détournais les yeux. Je refusais de me laisser aller à quelque chose d’aussi inutile que pleurer. Seule la mort des responsables me soulagerait : Aragon pourra reposer en paix lorsque nous nous serons occupés d’eux. Je n’étais pas le seul à penser ça. Lilian murmura :
« Il faut en finir, il faut passer à l’attaque… C’est le mort de trop.
- On y va quand tu veux… » lui répondis-je dans ma tête.
Plusieurs personnes présentes avaient l’air d’accord avec nous. Pierre rappela à tout le monde de qui nous devions avoir l’accord avant de riposter en lançant :
« Ce n’est pas à Ed de prendre cette décision pour Hoenn. Les voies hiérarchiques ont encore un peu de signification pour nous.
- Et toi-même, tu ne peux faire cela qu’avec l’accord du conseil, dit une jeune femme blonde à côté de Pierre.
- Cynthia ? » s’étonna Lilian.
La dénommée Cynthia, ainsi que le Conseil des Quatre de Sinnoh sortirent de la foule des dresseurs.
« Pourquoi es-tu ici ? Qui garde Sinnoh ?
- Ne t’inquiètes pas, je fais confiance à nos champions d’arène pour ça. Je suis là parce qu’on m’a demandé d’y être, répondit-elle en se tournant vers Pierre.
- C’était pour Aragon, toi aussi, tu as été l’une de ses élèves…
- L’une des meilleures après moi, si tu veux tout savoir, lança Pierre. Mais l’heure n’est pas à la nostalgie. Tu viens quand même de suggérer qu’on déclare officiellement la guerre à Sento.
- Techniquement parlant, ils ont déclaré cette guerre il y a longtemps, répliqua Lilian, pas impressionné le moins du monde par le Maître d’Hoenn.
- Mais tu nous demandes de lancer une offensive majeure qui, si elle ratait, mettrait Hoenn et même Sinnoh, Kanto et Johto à la merci de Sento.
- Et qui, si elle marchait, mettrait fin à tout ce cirque qui dure depuis trop longtemps. »
Je fus impressionné de voir à quel point Lilian était courageux, ou plutôt fou, de provoquer Pierre justement ce jour. Mais c’est aussi ce jour-là que je me rendis compte que nos petites actions en sous-marin ne nous mèneraient nulle part, alors que Sento faisait tomber nos meilleurs hommes et peu à peu, réduisait toutes les îles en esclavage. Pierre s’énerva :
« Qui es-tu pour comprendre tous les intérêts de cette guerre ?
- Il a raison, intervint Cynthia en faveur de Pierre. Les meilleurs dresseurs tombent au fil des jours… Nous ne sommes pas assez puissants pour mener une attaque frontale. »
Le silence retomba à nouveau, et illustra à merveille l’expression « après le calme la tempête ». Pierre et Lilian semblaient rassembler leurs forces et leur rage. Chacun n’avait qu’un seul objectif : obtenir ce qu’il voulait, d’un côté, l’offensive finale, de l’autre, un peu de temps pour réfléchir à la situation.
Plus les secondes s’écoulaient, et plus Pierre, qui jusqu’à présent était à mes yeux un modèle sur tous les points, me paraissait alors orgueilleux et têtu. Ou peut-être était-ce nous, peut-être avions-nous tort de vouloir en finir dès maintenant, en mettant toutes nos vies en péril avec si peu de chances de réussite.
« Professeur, s’il vous plait… » Dit Lilian.
Une sensation bizarre s’empara de moi. Quelque chose se passait sans que je sache quoi. Quelqu’un tira ma manche et Flora me montra quelque chose : un Nirondelle en plein vol. Ou plutôt, un Nirondelle immobile dans les airs… Le professeur Sorbier, élu des Dragons et du Temps, venait justement de l’arrêter.
« Maintenant tu vas m’écouter, Pierre. Et tu vas m’écouter jusqu’au bout, ajouta-t-il en voyant notre supérieur ouvrir la bouche. Tu viens de perdre un autre dresseur talentueux, un dresseur qui faisait partie du conseil, ce qui le porte à trois dresseurs au lieu de cinq. Tous mes dresseurs sont là, tous ceux qui ont le pouvoir de décision ici. J'ai réuni presque tous les élus, et à nous tous, on a un pouvoir immense. Et je veux faire quelque chose avant qu'ils meurent tous à leur tour, l'un après l'autre. Je veux faire ce que tu n'as pas fait, parce que suis impulsif, adolescent et borné, mais aussi parce que je suis un maître de ligue doublé d'un élu qui veut faire quelque chose...
- Tu ne connais pas cette guerre, soupira Pierre. Tes aspirations sont magnifiques, mais tant que tu n'as pas connu la mort, tu n'es rien qu'un idéaliste de plus parmi tous ceux qui veulent en finir... »
L’expression de Lilian changea du tout au tout, et soudain, je compris. Quand Lilian nous a demandé qui était mort, il a ajouté « de votre côté »… Pierre se trompait sur un point. Lilian n’était pas qu’un idéaliste de plus. Antoine, assis sur un rocher, résuma bien la situation :
« Là, Pierre, t’aurais pas dû… »
Chapitre 44 : Règlement de comptes
Je pense qu’Antoine avait bien résumé la situation. Le visage de Lilian avait pâli, il avait serré les poings et semblait bouillonner de rage. Pierre l’avait volontairement provoqué, et - consciemment ou non ? - avait touché un point sensible.
« Ed, qu’est-ce qu’il…
- Je sais pas, Flora… En tous cas Pierre va s’en mordre les doigts… Si Lilian a toujours ses pouvoirs, il se pourrait qu’il en ait plus pour longtemps. »
Mais loin d’être une quelconque boule d’énergie, c’est le poing du Maître de Sinnoh qui partit à toute vitesse en direction du visage de celui de Hoenn. Pierre le bloqua d’une main et continua à le provoquer :
« C’est tout ce que tu me donnes ? Je suis donc si insignifiant pour toi ? On m’a dit que tu pouvais être bien plus fort.
- Mon pouvoir est bien plus grand que celui que tu m’attribues, dit Lilian. Si tu ne veux pas déclarer cette guerre, je le ferai moi-même, au nom de Sinnoh.
- Et tu t’écraseras comme une mouche contre le pare-brise de Sento, parce que tu seras seul et impuissant. Tu te crois fort, mais tu n’es même pas capable de me mettre en danger, moi, un simple dresseur, un de tes homologues. »
Pierre avait bien insisté sur le mot « simple ». A ce moment-là, je compris que par-delà sa haine et le dégoût qu’il éprouvait envers la façon de faire de Lilian, trop téméraire pour lui, il voulait le protéger de la furie de Sento. Voulait-il préserver un allié puissant ou avait-il d’autres ambitions, je n’en avais aucune idée.
« Je te tue en trente secondes, toi et toute ta cliquaille de dresseurs. »
Un frisson parcourut les rangs d’Hoenn. Mais je crois que personne mieux que moi ne comprenait l’ampleur de la chose : s’il le disait, c’est qu’il le pouvait. Je restai attentif à tout ce qui se disait. Soit Pierre abandonnait, conscient du danger, soit il provoquerait Lilian, persuadé qu’il n’irait pas jusqu’au bout.
« Pari tenu, pari tenu… murmura Pierre. Je te laisse le choix des armes. Fais attention… Comme tu l’as vu, le contact, ça me connait. »
Pierre n’avait peut-être pas compris qu’il s’agissait plus d’un échange de coups de poing. Lilian fouilla dans son sac à dos et en tira un petit appareil en métal, pas plus gros qu’une carte routière, et pas plus épais qu’un téléphone portable.
« Tu comptes me battre avec un joujou métallique ? » dit le Maître de Hoenn d’un ton dédaigneux, visiblement déçu.
De là où j’étais, je pouvais voir qu’un écran s’était allumé sur l’appareil. Une voix s’en éleva :
« Ah, ça tombe bien Lilian, je voulais…
- Pas maintenant Arno, j’ai besoin de toi. J’ai un plan du tonnerre, ne discute pas mes ordres, c’est clair ?
- Bien monsieur. »
Il regarda Pierre d’un regard plein de hargne.
« Il n’a nullement été question de se battre à la loyale, Pierre…
- Je le sais bien, tu n’es qu’un lâche. »
Même étant sur le point de recevoir un coup qui pourrait l’envoyer dans la tombe, Pierre continuait de provoquer le Maître de Sinnoh.
« Mais un lâche qui peut faire très mal. Je ne veux pas te battre, Pierre. Je veux te tuer. »
Pierre le regardait fixement, sans ciller.
« T’anéantir. »
New Lavandia, notre quartier général, notre ville, des milliers d’innocents ainsi qu’un de nos plus puissants alliés, venaient de s’envoler en fumée. Mais ce fut la phrase que prononça Lilian qui me terrifia le plus :
« Arno, tous les dossiers que nous avons sur la Nouvelle Armée à Sento. Je veux qu’ils sachent tout.
- Je n’y crois pas une seconde.
- Pierre, dit Antoine, plus effrayé qu’autre chose, mais tout autant déterminé, osant interrompre la bataille psychologique entre les deux Maîtres. Il a les moyens de le faire. Mais je le suivrai jusqu’au bout. »
J’eus l’impression que tous les Sinniens s’étaient un peu plus rapprochés de Lilian, comme pour montrer qu’eux aussi le suivraient jusqu’au bout de cette folie. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine : la haine pouvait-elle pousser Lilian à faire une telle chose ?
La pression était trop forte pour le Conseil des Quatre. Spectra intervint :
« Pierre, stop, fit Spectra. Ton avis est primordial pour conserver la cohésion du conseil, mais on peut s'en passer avec Damien. Lilian a raison, et il est assez désespéré pour faire ce qu'il dit. Aragon le voulait, Marc parlera pour Glacia, et je me porte dans leur sens. On a trois voix.
- Quatre. »
Damien était lui aussi décidé à faire quelque chose.
« C’est complètement dingue, mais… A côté de l’agression que nous venons de subir, ce n’est qu’une juste réponse. Je veux plus me cacher comme un trouillard.
- C’est notre pays, et on le défendra ! renchérit Voltère.
- Au nom du Conseil de Sinnoh, dit un jeune homme aux cheveux bleus, nous approuvons la décision du Maître du Conseil. Cette annonce a valeur immédiate et officielle.
- Vous allez pas vous y mettre aussi, s’exclama Cynthia, apparemment désemparée. »
Je restai silencieux, Flora serrée contre moi. Qu’allait répondre Pierre à tout ça ? Ses dresseurs se ralliaient à l’avis de Lilian. C’était une sorte de trahison… A ma grande surprise, il se tourna vers moi, l’air désemparé.
« Quel est ton avis là-dessus, Edouard Barson ? »
Je réfléchissais. Pierre était un dresseur hors pair et un stratège talentueux. Mais d’un autre côté, j’avais tout autant envie que Lilian d’en finir une fois pour toutes avec Sento. Je sentais les regards peser sur moi.
« J'ai perdu mon père, dis-je, choisissant soigneusement mes mots afin que tous comprennent ma décision. Et j'ai rencontré Grahyena. Ma mère était "morte" selon tout le monde. Je savais qu’elle était vivante, avant qu'elle meure une deuxième fois, cette fois-ci pour de bon. Tout ce qu'il me reste d'eux, c'est… Ces Pokémon. »
D’un geste de la main, je montrai les Balls de Grahyena et Dracaufeu à ma taille.
« Je pourrais mourir demain que personne, enfin... - Flora serrait ma main plus fort que jamais - presque personne me regretterait. J'ai laissé tomber l'idée de sauver tout le monde y'a longtemps, quand on y pense : quand j'ai vu mon père mourir, quand j'ai vu ma mère, quand j'ai vu Glacia, Isaac, Aragon... Quoi que t’en dises, Pierre, personne n'est irremplaçable dans cette guerre, y compris moi. »
J’allai me placer près de Lilian et ajoutai :
« Y compris toi. »
Flora m’avait suivi après un petit moment d’hésitation. Elle jeta un regard furtif à Pierre, anxieuse de connaître sa réaction. Pierre me regardait d’un air déçu, comme s’il avait placé tous ses espoirs en moi. Il lança :
« Tu quoque, mi filii. Tu me poignardes dans le cœur.
- Mais tu n’es pas César, Pierre, dit Lilian. Il avait été élu dictateur, si je me souviens bien de mes leçons. Et toi, tu n'es qu'un conjuré, j’ose espérer que tu ne diras pas le contraire. Mais tu préfères vivre dans l'idée que tu pourras sauver tout le monde un jour, plutôt que de sauver ceux qui peuvent l'être maintenant, libre à toi. »
Un silence pesant s’installa. Personne ne savait que faire. Pierre nous regardait tous tour à tour, comme s’il se repassait le moment de chacune de nos « trahisons » dans sa tête. Je me sentais mal, comme si je regrettais d’avoir moi aussi tourné le dos à Pierre. Cette sensation s’était accrue quand il avait cité César - « Tu quoque, mi filii »… Je ne pensais pas qu’un jour, quelqu’un m’appellerait de nouveau « mon fils », même si c’était pour plaisanter.
Je fus interrompu dans mes pensées par la voix qui s’éleva à nouveau de l’appareil :
« Je ne veux pas vous gêner, mais je m’apprête à envoyer des dossiers vitaux à l’ennemi alors vous vous décidez franchement s’il vous plait.
- A trois, Arno.
- Reçu…
- Un… »
Pierre ne bougea pas, ne fronça pas les sourcils, n’ouvrit pas la bouche. Il restait là, en face de Lilian, les bras croisés. Il jeta un dernier regard sur chacun de nous avant de reporter son attention sur Lilian.
« Deux… »
Pierre esquissa un mouvement vers l’avant. Il n’avança pas, mais décroisa les bras et lança :
« Vous pouvez d'ores et déjà vider vos barillets dans vos têtes dès ce soir, ce sera la moins douloureuse des morts. Peut-être même se souviendra-t-on de vous tous comme des héros qui n'en pouvaient plus de voir leur peuple souffrir. »
Flora serra ma main. Elle tremblait plus que jamais et essaya d’ouvrir la bouche pour dire quelque chose, mais n’y arriva pas. Je resserrai moi aussi mon étreinte sur sa main, pour essayer de la rassurer, de lui dire que tout irait bien… Mais tout ce que je réussis à faire, c’est lui faire comprendre que j’avais aussi peur qu’elle. Lilian reprit la parole :
« Content de t’avoir connu, Pierre. Je penserai à toi quand tout sera fini. Arno…
- Ca suffit ! »
Le Maître en avait eu assez. Une larme roula sur sa joue. Je poussai un profond soupir de soulagement : Pierre avait enfin accepté la défaite.
« C’est bon, puisque c’est ce que vous voulez tous, on a qu’à aller mourir maintenant au lieu d’attendre plus longtemps… »
Il essuya d’un revers de la main la larme qui avait coulée sur sa joue, puis, sans crier gare, envoya son poing en direction de Lilian qui lui tournait le dos.
Le Maître de Sinnoh fit volte-face et arrêta le coup comme Pierre l’avait fait quelques minutes auparavant.
« N’oublie pas que quel que soit le jugement que tu as sur moi, je suis AUSSI un Maître… dit Lilian.
- Et toi, n’oublies pas que tu m’as humilié devant mes subalternes, tu as une dette envers moi.
- Vue la dette que tu avais envers Cynthia, on va dire que Sinnoh et Hoenn sont quittes. »
Pierre se détourna de Lilian avec une curieuse expression sur son visage.
« De quelle dette parle-t-il ? demanda Spectra.
- Laisse tomber, c’est pas important, répondit le Maître. Bon, puisque vous avez voulu vous faire tuer, on va se faire tuer, mais il vaut mieux être bien préparés.
- Au cas où ils seraient trop forts ?
- Non, au cas où on irait en Enfer au lieu d’aller au Paradis. On dit que c’est un endroit plutôt mal famé.
- Tu exagères, dit Marc, nous avons des chances de réussite.
- Ah oui ? Peux-tu me dire de combien elles sont ?
- Ecoute, arrête d’être aussi négatif. Si on attend encore, ils nous tueront les uns après les autres. Là on peut les prendre par surprise et frapper un gros, très gros coup avant qu’ils ne se rendent compte qu’on les attaque. »
Tout le monde se prépara à partir. Ce qui pouvait être récupéré dans les débris le fut. Flora fouillait dans un tas de pierres et se redressa brusquement, avant de s’approcher de moi.
« Ed, sors ton Tarsal.
- Mais…
- Allez. »
Je sortis Tarsal de sa Ball. Il leva sa petite tête vers nous et poussa un petit cri. Flora posa une pierre devant lui… Une pierre qui se mit à bouger et cria « Racaillou ! ». Flora m’ordonna d’attaquer ce Racaillou avec Tarsal.
« Mais pourquoi ?
- Je crois qu’il est sur le point d’évoluer. »
Il ne m’en fallut pas plus pour me convaincre de combattre ce Racaillou.
« Choc Mental ! »
Le Pokémon pierre ne fit pas long feu, et s’écroula après avoir reçu l’onde psychique de Tarsal. Mon Pokémon poussa de nouveau un cri et se mit à briller. Tous les regards se tournèrent vers lui alors qu’il brillait de plus en plus intensément. Il se mit à grandir et changea de forme, et lorsque la lumière se dissipa, un magnifique Kirlia se tenait devant nous. Flora me tendit une pierre.
« Utilise ça sur lui…
- Mais qu’est-ce que c’est ?
- Une pierre Aube. Si tu veux qu’il évolue en Gallame, c’est maintenant. »
Je regardai Flora dans les yeux. Elle savait exactement quel type de Pokémon je voulais et quand j’en avais besoin. Je pris la pierre de sa main et m’accroupis devant Kirlia. Je tendis la pierre vers lui sans trop savoir quoi faire, mais bientôt Kirlia recommença à briller. Il grandit encore un peu plus, et changea de forme une nouvelle fois. Le Pokémon se tenant devant moi n’avait plus grand-chose à voir avec le frêle Tarsal qu’il était quelques secondes auparavant. Des lames avaient pris la place de ses avant-bras, et des espèces de cornes lui avaient poussé dans le dos, la poitrine et sur la tête. Plus grand. Plus puissant. Plus dangereux pour Sinnoh. L’évolution de Tarsal illustrait bien ce que Hoenn était devenu, ce que j’étais devenu.
Il était temps de mettre un terme à cette guerre.
Nous volions à travers Hoenn. Pierre avait envoyé Owen en mission juste avant notre départ. D’après ce que j’avais compris, il devait ramener au conseil que nous allions tenir trois de nos plus puissants alliés. Je n’avais aucune idée de qui ils étaient, mais ils seraient les bienvenus. Quant à nous, nous nous dirigions vers un camp de réfugiés où, d’après ce que j’avais compris, d’autres élus se joindraient à notre cause.
Rapasdepic volait derrière le Nostenfer de Lilian, sur lequel son dresseur avait de nouveau sorti l’appareil avec lequel il avait menacé Pierre. Il était décidément plein de ressources… Mais nous amenait-il vers la victoire ou vers la mort ?
Nous atterrîmes finalement devant un camp de réfugiés peu accueillant. Des gardes étaient postés un peu partout, certains d’entre eux portaient des uniformes de Sento, sûrement volés sur des cadavres.
« Vous entrez en zone démilitarisée, veuillez justifier de votre identité où nous ferons feu ! hurla un garde d’un arbre, aménagé en mirador. »
Nous levâmes tous les mains en l’air pour montrer que nous n’avions aucune intention malsaine. Tous sauf Lilian et ses amis bien sûr. Alors qu’Antoine s’approchait pour… « parlementer », Marc vint me parler à l’oreille.
« J’ai discuté avec Lilian… On sait qui est l’élue de Glace.
- Et c’est qui ?
- C’est… Enfin, c’était Glacia. »
Mon cœur se serra. Une élue de moins qui était de notre côté…
« Mais on a trouvé son successeur.
- Hein ? Y’a eu passation de pouvoirs ?
- Ouais… C’est Cynthia. »
La nouvelle me redonna courage : au final, on avait gagné une élue, puisqu’on ne savait pas que Glacia en était une au moment de sa mort. Devant nous, un grand bruit nous fit sursauter : les gardes du camp avaient les yeux levés vers le ciel. Devant notre groupe, Antoine avait un air satisfait et lança d’un ton joyeux :
« Pourriez-vous aller, dans la mesure du possible, chercher Dante ainsi que ses invités au plus vite, dans l’optique d’une discussion très importante entre eux et nous ? D’avance, merci. »
Les gardes prirent leurs jambes à leur cou, effrayés par ce qu’ils devaient considérer comme de la sorcellerie, ou bien comme un Pokémon caché quelque part. Je me tournai vers Levy et Tatia et lançai :
« Bien joué. Très intéressante démonstration.
- Mais ce n’est pas nous, répondirent les jumelles d’une même voix.
- C’est Antoine, plutôt, dit Aurore, l’élue des Pokémon Normaux. C’est l’élu Vol. Je dois avouer que quand il nous a montré son pouvoir, il a carrément volé avec des ailes de lumière. Alors côté surprise, c’était pas mal non plus. »
Je n’eus pas le temps de répondre. C’était le branle-bas de combat à l’intérieur du camp. Un groupe de plusieurs personnes s’approchait, visiblement prêt à se battre. Un petit garçon se trouvait parmi eux, ainsi que deux jumeaux. En voyant Lilian, ils semblèrent soulagés :
« Ah, c'est vous ! Excusez l'accueil, on n'a pas tellement réussi à leur apprendre à faire des exceptions... C'est déjà un miracle quand ils nous défendent correctement. »
Lilian leur expliqua rapidement la situation :
« On déclare la guerre à Sento, c'est officiel. Et on aurait besoin de vous. »
Bizarrement, les élus se mirent tous à sourire. Un des deux jumeaux prit la parole :
« On ne peut pas parler au nom de tous les Elus, mais Dante et moi, on est avec vous.
- Et moi, dit un jeune homme d’à peu près notre âge, je parle au nom de tous les Elus ici en vous disant qu'après les risques que vous avez pris pour notre libération, on vous donnerait nos vies sans rechigner.
- Il se trouve qu'on a quelques comptes à régler avec la nation qui nous a transformé en rats de labo, ajouta une jeune fille. »
Nous nous dirigeâmes alors vers une tente plus grande que les autres. Une fois à l’intérieur, les jumeaux firent quelque chose d’étrange… Des pouvoirs d’Elus. Ils transformèrent cette pièce à vivre en une salle de réunion me faisant étrangement penser à celle que nous avions à Atalanopolis. Après que tout le monde eut pris place, Pierre lança :
« Je déclare le conseil de guerre contre Sento ouvert. »
Quinze pages ? ![]()
Prem's à commenter ?
à part qu'il s'est pas passé grand chose, bah c'est bien et y a un max de suspense.
(ah ok mon commentaire pourri
)
Pour l'instant,et d'après ce qu'on avait pû voir dans les chapitres précédent,ceux ci ne sont QUE des "petits" chapitres qui vont permettre au suivant de roxer sévère!
En terme clair,grosse révélation et suspens bien dosé sont les maitres mots des ces chapitres qui,sans trop prendre de risque,en annonce beaucoup sur la meteo des jours prochains sur Sento ![]()
Chaud l'erreur, la personne qui a filé Leviator à Sorbier c'est Sandra et pas Aela qui est à Johto.
Osayf, elle s'est téléporté car elle avait un rendez vous chez le coiffeur à New lavandia... ![]()
Bon voila, je viens de commencer la lectuire de ce Fic Et...
il est EXCELENT.
Je ne suis que au chapitre 15 mais vraiment un pur bohneur.
Moi je donne 19.5/20
Et je veux que ça continue
Merci beaucoup Niarmo-IZ-Back pour ce Fic super. ![]()
Alors ne prend pas ce que je vais dire avec insulte,cependant,depuis le temps que je suis içi à lire ces fic d'auteur...euhhh j'ai oublier le mot,hmmm...ça va me revenir c'est pas génial,non c'est l'autre truc...Hmmm voyons...AH OUI!
DIVIN
:ange
Alors c'est UNE fic,et donc "cette" fiction est à consommer sans modération,nous somme tout de même dans un lieu saint,une fic sacrée née des mains divine de notre Auteur Révéré,alors un minimum d'orthographe serait une ode constant à rajouter au louange de nos Ficeurs préférés ![]()
un minimum d'orthographe serait une ode constant à rajouter au louange de nos Ficeurs préférés
Une ode constante ou un ode constant, mais pas les deux... (il me semble que ode est au féminin)
Ch. 45 : Motivation des troupes
« Tout le monde le sait, nous sommes en présence d'une menace grandissante, dont je ne parlerai pas au vu de son omniprésence... Tout le monde connaît Sento, je suppose, commença Pierre. C'est à cause d'eux que nous avons du quitter Eternara, puis New Lavandia ce matin même. »
Tout le monde lui prêtait une grande attention : quelle que soit l’issue de la bataille à venir, ce serait notre dernier conseil de guerre.
« Ce que vous ne savez pas, et que j'ai moi-même appris totalement par hasard en passant à Atalanopolis, c'est qu'Eternara est en pleine ébullition, dit Lilian. Avec quelques-uns des Elus ici présents, on a désamorcé la plus grande menace connue à ce jour, à savoir une armée de clones dotée de tous les pouvoirs des Elus. Cependant, une telle agitation ne veut dire qu’une chose : ils préparent quelque chose de lourd, de très lourd. »
Un frisson me parcourut à cette annonce. Sento avait-il vraiment réussi à créer des clones capables de faire tout ce que nous pouvions faire ? Leur technologie était réellement effrayante… Je commençais déjà à me demander quelles autres horreurs pouvaient nous accueillir à Eternara.
« C'est pour ça que nous avons décidé, après bien des tergiversations, de lancer au plus vite l'assaut final contre Sento. Avant toute chose, je tiens à dire que ce plan pourrait coûter la vie à nombre d'entre nous, et qu'une défaite clouerait Hoenn sur la croix, et à plus long terme Sinnoh, qui jusque là avait réussi à garder le conflit hors de ses terres, nous prévint Pierre.
- Cependant, si l'on réussit, Sento est anéantie et d'ici quelques années, chacun pourra reprendre sa place avec le commun des mortels, ajouta Lilian. Avant tout chose, …
- Avant toute chose, j’ai cru entendre Atalanopolis dans ta phrase, remarqua Spectra. Je croyais que…
- Je croyais aussi, répondit Lilian. Apparemment, il y’a encore des irréductibles pour tenir le coup, là bas. Mais je crois que leur discrétion est leur meilleure arme… C’est simple, si je n’étais pas passé par la case « Prison », je n’en saurais rien non plus. Marc, je suppose que…
- Que je n’en sais rien non plus. En soit, ce n’est pas idiot. En coupant le contact avec moi, ils ne s’exposent pas inutilement. Je n’ai rien à raconter à Sento si on me capture.
- Effectivement. Ceci étant dit, je crois qu'il est bon de vous présenter… »
Je fus soufflé par le nombre d’Elus qui étaient présents. Bien sûr, je savais qu’il y en avait à peu près autant qu’il existe de types de Pokémon, mais plus la liste s’allongeait, plus je prenais conscience de l’incommensurable pouvoir concentré dans cette petite tente :
« Sont présents avec moi Cynthia, ex maîtresse de la ligue de Sinnoh et son conseil, Lucio, Adrien, Terry, et Aaron. Puis les Elus, Antoine, type vol, Aurore, type Normal, Kim, élue Feu, Iris, élue Plante, Silver, élu Acier, Agathe, type poison, Nathan, type spectre, Alex, type insecte, Xavier type combat, Nero et Dante, élus psy, Sorbier et moi-même type dragon, dit Lilian en regardant tour à tour les personnes concernées. Il est à noter qu’Ed et Cynthia sont aussi des élus, respectivement ténèbres et glace. On connaît l'élue sol, Megan, elle n'interférera pas dans nos plans, même s'il est vrai que je ne sais pas trop où elle a disparu. Il nous manque trois types, actuellement. Electrique, Eau et Roche et nous sommes à peu près sûrs que ce dernier est à la solde de Sento. On a une logistique assez bonne, un appui à Sinnoh et un satellite à notre disposition.
- J'ai avec moi tous les champions d'arène d'Hoenn ainsi que ce qu'il reste du conseil, enchaîna Pierre. Contrairement à l'équipe de Lilian, je pense que vous avez entendu parler d'eux, je ne vous les présenterai pas. Nous n'avons que peu de logistique, mais on sait se battre sans. Certains sont partis chercher leurs homologues de Kanto, et de Johto, ainsi que quelques renforts.
- Renforts du style… ? s’enquit Lilian.
- Du style puissants, organisés et assez peu connus. » lança la voix d’Owen derrière nous.
Il revenait de mission, et visiblement pas seul. Quelle que soit la mission qui lui avait été confiée, il l’a apparemment réussie avec brio.
« Tu as fait bon voyage ? demanda Pierre au fils de Norman.
- On peut dire ça comme ça. J'ai passé plus de temps à chercher l'entrée du Mont Argenté qu'à me téléporter un peu partout, sinon ca va.
- Tu nous présentes ? fit Lilian.
- Bien sûr, répondit Owen. Voici les deux leaders des Teams Aqua et Magma. »
Il montra d’un geste de la main deux hommes qui portaient sur leurs visages les traces de lourds passés. C’étaient à n’en pas douter des hommes d’expérience, des durs de durs que Pierre avait jugé bon d’avoir avec nous pour cette bataille finale. Un coup d’œil suffisait pour dire que ces deux hommes avait connu de nombreuses batailles, beaucoup de coups durs, peu de défaites.
Owen reprit la parole :
« Et celui qui m’a donné le plus de peine… »
Aussi discret qu’un Kecleon, irradiant une aura de puissance et d’intelligence, un jeune homme était appuyé contre la tente. Le souvenir d’une gigantesque bataille au sommet du Mont Argenté me revint en mémoire alors que Lilian murmura :
« Le gardien…
- C’est comme ça qu’on m’appelle parfois, mais personnellement je préfère simplement Blue…
- Très bien « Simplement Blue », j’en déduis que nous sommes tous là, dit Pierre. Dans ce cas, passons au plan à proprement parler.
- On n’attend pas Johto et Kanto ?
- S'ils peuvent se libérer, ils nous rejoindront sur place. Norman est avec eux, ils sont à l'abri dans le Pilier Céleste. En cas de mouvement massif de Sento, il nous préviendra.
- Dans ce cas, je crois qu'on peut passer à la stratégie à proprement parler. Je vais vous demander de tous sortir. Je sais, c'est un peu dédaigneux de ma part, mais vous comprendrez que si tout le monde y va de son grain de sel, on est pas arrivés... Restent seulement ici Cynthia, Pierre et moi, ainsi que Blue dont l'expérience nous sera je pense profitable. Professeur, vous pensez avoir des choses à dire sur les Pokémon qu'on va affronter ?
- Tout ce qui concerne leurs faiblesses, tu le sais déjà, répondit le Professeur Sorbier.
- Dans ce cas, je vous demanderai de garder un oeil sur tout le monde. Moins on sera ici, plus facilement on se concentrera. Si vous avez des relations à faire jouer, lança Lilian à la cantonade, c'est maintenant. On part tout de suite, et j'espère bien qu'à Eternara on sera le plus nombreux possible. Merci pour tout. »
Ne pas pouvoir participer à la réunion, me précipiter à Eternara, ou tout simplement l’idée de ne rien faire pendant peut-être plusieurs heures me mettait de très mauvaise humeur. L’envie de faire quelque chose, n’importe quoi, menaçait de me faire faire n’importe quoi, n’importe quand. Quelqu’un me tira par la manche : c’était Lilian, qui avait apparemment quelque chose à me dire. Flora restait devant l’entrée de la tente sans trop savoir quoi faire.
« Vas-y, je te rejoins tout de suite, lui dis-je. »
Elle s’éloigna et alla rejoindre Alizée, Levy et Tatia.
« J'ai une mission à te confier, commença Lilian. Ici, c'est le coin stratégie. Je pense que tu nous as expliqué tous les aspects du problème, c'est pour ça que je ne veux pas de toi ici.
- Qu’est-ce qu’il te faut alors ? demandai-je d’un ton un peu brusque.
- Ne fais pas la gueule, c'est pas le moment. T'es pas un stratège, t'es un meneur d'hommes. On va établir une stratégie globale, théorique, mais on sait pas sur quoi on va tomber. Ton boulot, c'est de les mettre en confiance. Quand je sors, je veux qu'ils soient au moins aussi pressés que toi de se battre, conclut-il. Au cœur de la bataille, quand les choses nous échapperont, car elles vont certainement nous échapper, ils devront avoir confiance en toi, car je te file la responsabilité d'un bataillon. »
Je me remis à sourire légèrement :
« Vu comme ça, effectivement, c'est ce que j'ai de mieux à faire.
- Je veux pas t'écarter, tu mérites autant que nous d'avoir un rôle ici. Mais tu as une relation à l'autre que je n'ai pas. Sorbier s'entend bien avec la Nouvelle Armée, je veux que ce soit pareil entre toi et mes Elus. »
Ses Elus. Lilian mettait le sort de ses Elus, ses amis, ce qu’il a de plus précieux au monde entre mes mains.
« Oublie pas, dit-il en avec une tape amicale sur l’épaule. T’es l’un des nôtres et je refuse d’en perdre encore un. »
Incapable de répondre quoi que ce soit, je repartis en direction de nos alliés.
« S’il vous plaît, tous ! Hoenn et Sinnoh, venez par là ! » criai-je.
Ils s’approchèrent de moi, l’air anxieux pour certains, déterminé pour d’autres.
« Bon, heu… »
A vrai dire, je ne savais pas par où commencer.
« Bon, vous savez tous pourquoi on est là. Dans très peu de temps, ça va péter entre Sento et nous. Ce sera enfin terminé cette fois…
- Oui, mais terminé dans quel sens ? lança Tatia, visiblement apeurée.
- Ca, je veux plus l’entendre Tatia. Dans ce camp de réfugiés, c’est l’élite de Hoenn et Sinnoh qui est rassemblée. On est tous dresseurs, de très, très haut niveau pour certains, et quinze Elus, ce qui est énorme.
- Mais on pourra pas tous se défendre, on a pas tous les mêmes pouvoirs !
- Et qu’est-ce que tu crois qu’ils font, là-bas ? Ils prennent pas le thé ! Ils sont en train d’établir une stratégie qui nous permettra de démolir l’empire de Sento pierre par pierre tout en garantissant la sécurité de tous ! Avant demain matin, ce sera fini, Sento sera de l’histoire ancienne…
- Ed ! Arrête, c’est qu’une enfant ! s’écria Flora indignée. »
Je pris une profonde respiration. Une enfant, oui… Mais une enfant qui a vécu la guerre de plus près que n’importe quel autre enfant. Tous les Elus et dresseurs présents me regardaient. Des personnes plus âgées, plus expérimentées, plus puissantes que moi, à qui je devais redonner confiance ? Le professeur Sorbier, les leaders des teams Aqua et Magma, les membres des deux Ligues… C’était à eux que j’étais censé transmettre quelque chose ?
« Ecoutez… Même si ça vous intéresse pas, écoutez. J’étais sur le continent y’a trois ou quatre ans, j’étais relativement en sécurité. Et deux détraqués qui aujourd’hui sont à la botte de Sento ont buté mon père. J’arrive à Kanto, et finalement j’atterris à Hoenn. Pendant tout ce temps, j’ai vécu la guerre. Elle est présente dans le sang qui coule dans mes veines, elle est présente dans ma vie de tous les jours, c’est elle qui m’a pris mes parents et c’est elle qui les remplace, c’est elle qui m’éduque. Mon sang qui a coulé, tellement coulé que je me demande comment je fais pour toujours tenir debout. Et pourtant, je suis toujours vivant. Parce que je voulais vivre. Alors demain matin, je serai toujours là. Je fêterai la victoire avec les survivants. Avec ceux qui avaient la volonté de se battre. »
Tous étaient silencieux. Tous m’écoutaient attentivement, et j’espérais que c’était plus par intérêt que parce qu’ils n’avaient rien à faire. Je baissai les yeux
« Aujourd’hui, y’a pas grand-chose qui me reste que Sento a pas détruit. Même mes Pokémon ils les ont trafiqués. Et j’en ai marre de rien faire pendant qu’eux, ils font tout ce qu’ils veulent. Ils détruisent des familles, pas que la mienne, parce que le résumé que je viens de faire, c’est grosso modo le même pour tout le monde, j’en suis sûr. »
Silence. Silence pesant. Je regardais toujours mes chaussures. Attendant une quelconque manifestation de leurs sentiments. Rien ne venait. Lilian avait raison… C’est à moi d’aller la chercher, cette manifestation.
« Qui est avec moi pour faire de Sento l’arroseur arrosé ? »
Silence. Avais-je mal fait les choses, ou…
« Bon sang Ed, ça c’est parlé ! »
Voltère ponctua sa phrase d’un de ses légendaires rires si francs.
« Il a raison ce petit, il est temps de rendre à ces saligauds la monnaie de leur pièce !
- Quelle vivacité, Voltère, s’exclama le professeur Sorbier. Je ne peux pas laisser un vieil homme se lancer tout seul dans la bataille.
- Vieil homme ? répondit Voltère d’un ton faussement outré avant d’éclater de rire.
- Et oui, tu te fais vieux, mon ami ! » répondit Marc.
Petit à petit, tous se mirent à pousser des cris de guerre, à rire sans raison particulière. Comme ça. Au cas où ils ne seraient plus là pour rire avec les survivants demain. Si on s’en tenait à ma théorie, c’était à eux de décider s’ils seraient là ou pas. J’apprendrais peu après la signification du terme « propagande de guerre ». Flora s’approcha de moi et m’embrassa sur la joue :
« Bien joué !
- J’ai fait que leur faire prendre conscience de la haine qu’ils ont tous envers Sento.
- N’empêche. Fallait le faire.
- C’est rien je te dis. »
Les jumeaux qui nous avaient accueillis à notre arrivée vinrent à notre rencontre.
« Salut. On est Nero et Dante.
- Nous c’est…
- Etre Elus psy donne quelques avantages, comme le fait de pouvoir lire dans la tête de son interlocuteur.
- Alors arrête ça, parce qu’être Elu ténèbres ça donne une fâcheuse tendance à tuer son interlocuteur.
- Sans rire ? Un point partout, dit l’un des jumeaux avec le sourire. Bon, trêve de plaisanteries, on est venus te dire qu’il y a des Elus ici.
- Je sais ça…
- On sent plus d’auras surpuissantes qu’on ne connait d’Elus.
- Ca veut dire…, dis-je, les yeux ronds.
- Ici, il y a un peu plus d’Elus qu’on ne le croit. »
Je jetai un regard alentour. Je m’occuperai de ça plus tard, j’avais déjà quelque chose à faire…
« Ce serait une chance insolente… Vous êtes sûrs ?
- Si j’ai bien compris Sorbier, remarqua l’un des deux jumeaux, on s’attire comme des aimants. C’est instinctif. La chance n’a rien à voir.
-Dans ce cas, merci de l’info, je m’en occuperai tout à l’heure. Si vous voulez m’excuser… »
Je cherchais Voltère du regard. Sans lui, je serais toujours en train de convaincre les autres. Je ne crois pas que j’aurais toujours des arguments : ce genre de choses, ça ne s’explique pas, ça se ressent. Enfin, je le vis en train de discuter avec Marc et Sorbier.
« Voltère ?
- Oui, champion ? me lança-t-il avec un grand sourire.
- Heu… Merci. »
Je lui tendis ma main, qu’il serra. Une fraction de secondes plus tard, je le serrais contre moi.
« Merci pour tout, depuis trois ans.
- Mince, déjà trois ans ?
- Je sais pas, mais merci. »
Je le lâchai enfin.
Tout se passa très vite : Marc lança un « Wouhow » d’étonnement qu’il ne chercha même pas à dissimuler, le professeur Sorbier laissa échapper un « Ca par exemple » et Flora ouvrit des yeux ronds. Je baissai les yeux juste à temps pour voir la petite lumière disparaître et l’ovale noir prendre sa place sur la main droite de Voltère. Le champion de la foudre sembla surpris un instant, puis, la stupeur laissant place à un air faussement ennuyé, il dit :
« Oh non, j’ai horreur des tatouages…
- Quoi ? Voltère, vous êtes l’Elu électrique !
- Tu crois ? »
Il regarda ses mains un petit instant puis les leva en l’air. L’éclair qui le frappa alors nous envoya tous en arrière. J’explosai :
« Yes, on a plus de chances que jamais là !
- Plus que deux Elus inconnus, déclara le professeur Sorbier, lui aussi surexcité.
- Attendez… Roche et… Eau, c’est ça ?
- Exactement. Mais l’Elu roche est - nous en sommes presque certains - du côté de Sento.
- Team Aqua… » murmurai-je bêtement.
Le leader de la Team Aqua se trouvait un peu plus loin. Je me dirigeai vers lui. Ca alors… Nero et Dante avaient raison, un Elu de plus ! C’était incroyable… Plus le temps passait, plus l’espoir grandissait. Je criai à l’attention du leader Aqua :
« Monsieur !
- Arthur, s’il te plait… Monsieur ça fait vieux.
- Arthur… Je peux vous serrer la main ?
- Un fan ?
- Plutôt quelqu’un qui veut rester en vie.
- Alors ne t’approche pas de moi. »
Sans lui demander son avis, je lui pris la main et attendis. Il me repoussa mais rien ne se produisit.
« Hé, on est alliés ok, mais je veux plus que tu me touches.
- Bon, ça va, dis-je dépité. Mais j’espér… »
Je m’interrompis. Un jet d’eau me trempa de la tête aux pieds, venant de derrière moi. Une seconde plus tard, l’eau s’était déjà évaporée. Je me retournai sans comprendre, et un autre jet d’eau m’atteignit au visage, pour s’évaporer une nouvelle fois. Je commençais franchement à m’énerver.
« Et alors Ed, tu sais plus t’amuser ? » dit la voix de Marc.
Je compris soudainement. Le professeur Sorbier se tenait à côté de Marc, qui lui se tenait à côté de Voltère. Marc me montra alors le dos de sa main droite. Un ovale d’un noir de jais. Marc était l’Elu de l’eau.
« Oh, merde…, lâchai-je, soufflé.
- Ca tu peux… L’dire ! s’écria Voltère en faisant jaillir une fois de plus un éclair au-dessus de lui.
- Deux Elus de plus… Et eau et électricité, ça risque de faire de sacrés ravages parmi les rangs adverses. »
Je regardai, interdit, les deux hommes découvrir leurs pouvoirs. Lilian, Pierre, Cynthia et Blue venaient d’arriver, et j’avais entendu Lilian hurler qu’ils avaient un plan. Un plan qui avait l’air excellent, et la quasi-totalité des Elus de notre côté…
Sento allait subir en un jour ce qu’ils avaient infligé à l’archipel pendant près de vingt ans.
Tu as un fan de plus, j'ai découvert cette fic a 23h00 hier soir...
J'ai tout lu en 7heure :P Avec une pause entre deux hein
J'adooreee franchement GG
Merci. ^^
C'est chaud, juste au moment où je me disais que j'écrivais plus que pour une ou deux personnes j'ai deux nouveaux lecteurs. ![]()
Alors de 3 choses:
1:effectivement pardonnez moi mais parfois je n'appuie pas assez fort sur une des touche ce qui donne lieu à des fautes assez pénible,c'est bien une ode constante.
2:juste pour infos GG veut dire Good Game,c'est dans ce cas GJ qui veut dire Great Job(je dis pas ça pour être désagréable mais comme tu entres dans cette communauté de gens saint d'esprit
,je te donne juste une infos à titre amicale)
et 3:Génialement bien,un vrai meneur d'homme qui sait comment faire sortir les véritable raison des gens à savoir pourquoi ils sont là et ravivé leur envie de se battre et mourrir pour cette cause et même plus que jamais:POUR L'EMPEREUR
Le moral au plus haut,un plan du tonnerre,le dit même tonnerre à trouver son élus en même temps que celui de l'eau au moment ou tout le monde se rejoint...je sais pas pourquoi mais sento va bientôt vénéré le type qui a inventé la mutuelle d'assurance tout risque
Jemprunte cette phrase à Rambo:
Maintenant,ça va CHIER ![]()
Bon... Je suis sur ce topic depuis 17h00. Un peu plus d'une heure et demi donc. J'en suis au chapitre 27, page 32.
Merci moi.
Je me remercie d'avoir laissé un marque-page pour quand je reviendrai lire la suite.
Ta fic est super.
Je l'avais déjà commencée il y a très longtemps (un an je pense) mais je ne l'avais pas suivie. Quelle erreur !
Elle est SU-PER ! J'ai encore tous les chapitres en tête ! Bref, je suis fan et je compte bien la finir demain ou, si j'ai pas le temps, après-demain.
Voilà, j'avais juste envie de te dire que je lisais ta fic. ![]()