Ca me rend triste ce que tu nous dis, Lilian. Pas sur le chapitre, parce que je suis d'accord c'était nul, mais parce que tu dis que c'est les derniers mois que tu passes avec nous. 
J'espère que ce chapitre sera plus à votre goût, comme il l'a été pour moi :
Chapitre 42 : Décisions
J’étais assis contre un mur du quartier général, les yeux fixés sur la paroi en face de moi. A ma droite, Flora avait la tête plongée dans ses bras. Elle avait longtemps pleuré. Cela ne devait faire qu’une petite heure qu’Aragon était mort, mais comme souvent en ce moment, une éternité s’était écoulée. Toute la Nouvelle Armée était là, sauf Pierre qui était toujours dans la chambre de feu le Maître des Dragons avec les personnes qui étaient déjà là quand nous étions revenus de mission. Bastien prit alors la parole.
« Spectra… Tu as trouvé ce que tu étais venue chercher ?
- … De quoi tu parles ?
- Ce que t’étais venue prendre pour la mission…
- Ecoute, j’ai pris tout ce dont j’avais besoin avant de partir, t’as dû rêver mon pauvre ! répliqua Spectra, irritée. »
Au moment où Bastien allait répondre, Marc se leva et je fis de même.
« Bravo. Vous n’avez toujours pas appris à vous méfier de tout ce qui parait suspect. Bastien, où est-ce qu’elle est allée ?
- Bonjour. »
Ayame s’avança vers nous, une sorte de grosse boîte de métal dans une main. Elle la tourna vers nous. C’était une bombe.
« Ouhlà… On est mal ! »
D’après le détonateur, il ne nous restait que cinq minutes avant que tout n’explose. Ayame reprit la parole :
« J’ai déjà essayé de l’arrêter… Mais je n’ai pas réussi.
- Spectra, téléporte-nous ! Je vais chercher le plus de monde possible ! s’écria Marc. »
Il se précipita dans la chambre d’Aragon. Pierre et ses invités en sortirent rapidement, alors que Spectra faisait sortir deux Teraclope de leurs balls.
« Accrochez-vous à eux ! ordonna-t-elle. »
Je sortis Tarsal à mon tour, mais quelque chose n’allait pas. Spectra avait l’air angoissée et se mit à taper du pied par terre.
« Mais qu’est-ce qui se paaaaasse ! Je peux pas nous téléporter !
- Quoi ?
- Y’a quelque chose qui m’empêche de me téléporter ! »
La bombe nous indiquait qu’il nous restait un peu moins de quatre minutes. Marc lança :
« Je vais faire évacuer ! »
Il paniquait. Nous paniquions tous. Pierre, par contre, réfléchissait, les yeux fermés. Je fus impressionné de voir que malgré la mort de son maître et le fait qu’une bombe lui exploserait sous le nez dans trois minutes et 48 secondes, il arrivait à se concentrer suffisamment pour comprendre ce qui se passait.
« Il doit y avoir un Nosferapti ou un Nosferalto, un Pokémon comme ça qui utilise le Regard Noir pour nous empêcher de nous téléporter ! »
Il restait seulement trois minutes et 31 secondes, et nous avions tous les yeux rivés au plafond. Aucun Pokémon chauve-souris n’était présent.
« Vous savez, dit une vielle femme qui se trouvait parmi les invités de Pierre, il n’y a pas que les Nosferalto qui empêchent de se téléporter. Un Triopikeur doit se trouver quelque part ici et nous empêche de partir.
- Pas le temps ! Moi je dis qu’on envoie la bombe au fond de l’eau ! »
Le problème, c’est que nous n’avions pas non plus le temps de faire ça… C’est alors qu’il me vint une idée. J’attrapai la bombe à la grande surprise de tous et essayai de me fondre dans l’ombre, comme je l’avais déjà fait à Merouville. Mais une fois dans le mur, je m’aperçus que la bombe ne m’avait pas suivi : je ne pouvais pas amener d’objets dans le mur. La bombe indiquait qu’il nous restait trois minutes et 4 secondes. Je sortis du mur et lançai :
« Allez, venez là, on va dégager comme ça ! »
Sans protester, tout le monde se pressa autour de moi et m’attrapa, ou bien agrippa quelqu’un qui était relié à moi.
« On va chercher le plus de monde possible et on dégage ! »
Je me concentrai de toutes mes forces, mais apparemment, plus je devais emmener de monde avec moi, plus je devais me focaliser sur l’effort. Quelques champions chuchotaient et la pression montait.
« Taisez-vous, je crois que ça vient ! m’exclamai-je sans rouvrir les yeux.
- Je veux pas te bouger mais il te reste que deux minutes et 14 secondes ! »
La panique agit comme un stimulant. L’adrénaline me donna un coup de main et je pus enfin faire rentrer tout le monde dans l’ombre que le peu de lumière nous laissait. Je pus ainsi me déplacer à toute vitesse dans New Lavandia. Je remontai jusqu’à ce qu’on pourrait qualifier de grande place de la ville. Marc était là, sur le chemin vers la place, et je dus passer sous lui pour l’aspirer avec nous. D’après une rapide estimation, il devait nous rester à peu près une minute. Ca allait être suffisant pour quitter la ville. Mais une pensée m’horrifia et me déchira de l’intérieur : tous les réfugiés de la ville allaient mourir. Tous, sans exception. Je ne pouvais pas aller les chercher, je n’avais pas le temps et de toute façon, j’avais déjà assez de mal pour garder mes amis sous forme d’ombre. Une personne de plus et j’aurais épuisé mes forces. La conséquence aurait été la mort des habitants de New Lavandia et de la Nouvelle Armée.
L’entrée de New Lavandia était devant nous… Et brusquement, mes pouvoirs me quittèrent. J’avais épuisé mes forces. Nous ressortîmes du sol brutalement et avec un grand fracas. Je voyais trouble, je n’arrivais pas à respirer normalement et j’avais mal à la tête. Cependant, j’étais assez lucide pour me rendre compte qu’il ne restait que quelques secondes.
Quelqu’un m’attrapa et me serra de toutes ses forces. Autour de nous, quelques formes s’étaient redressées. Des éclairs rouges. Des ordres criés d’une voix forte. Un flash de lumière quand les murs de protection s’activèrent. Et un cri, un énorme cri avant une énorme déflagration malgré la distance qui nous séparait de la bombe, un cri qui retentit dans mes oreilles plus qu’il ne retentit dans la ville-grotte :
« BOOOOOOOOOOOMBE ! »
Fin du chapitre