Chapitre 31 : La guerre continue
Horrifié, je reculai de quelques pas, jusqu’à sentir le bois dur et froid de la porte sur mon dos. J’entendis alors Paul s’adresser à quelqu’un :
- … Sais bien. J’ai envoyé Dardargnan et Apireine les rattraper… D’accord, j’y vais.
J’entendis alors un bruit sec, comme une connection coupée, puis des bruits de pas qui s’évanouirent rapidement. Je me retournai alors vers la chose qui m’avait tant horrifié. Surpris, je vis alors que Dracaufeu s’était approchée de la croix géante à laquelle était attachée une femme vêtue de haillons, avec les cheveux longs, par les poignets et les chevilles. Elle n’avait aucune chance de s’échapper. Une Pokéball s’agita alors à ma ceinture : dans une pluie d’étincelles, Grahyena sortit de sa ball. Les autres, qui regardaient avec horreur la prisonnière, se tournèrent vers le chien qui s’approcha lui aussi de la croix. Soudain, il se jeta dessus.
- Grahyena ! Arrête ! criai-je.
- Tais-toi, tu vas nous faire repérer ! chuchota Damien.
- Grahyena !
Je courus vers lui pour l’éloigner de la croix, puis je compris : Grahyena n’essayait pas d’attaquer la femme, il essayait de la libérer. Les liens étaient en train de céder. La femme ne bougeait toujours pas.
- Il faut la… libérer, murmura Christophe.
Je montai alors sur le dos de Dracaufeu pour atteindre le haut de la croix. Au bout de quelques minutes, les poignets de la prisonnière étaient libres. Je la plaçai sur mes épaules et descendis du Pokémon feu.
- Allez, on dégage maintenant ! chuchota Bastien.
Nous ouvrîmes la porte de la salle et courûmes vers les escaliers qui menaient à l’étage inférieur, quand une attaque passa à quelques centimètres du visage de Flora pour aller se ficher dans le mur. Si Bastien ne l’avait pas retenue, le trou ne serait pas dans le mur, mais à la place de Flora.
- Hé bien, hé bien, où allez-vous ?
Paul s’avançait vers nous, derrière son Dardargnan et son Apireine. Ce dernier venait de décocher une attaque dévastatrice.
- Heureusement pour moi, ce petit idiot s’est mis à hurler ! lança notre ennemi en me désignant d’un signe de tête. Sinon, je serais monté jusqu’au 80ème étage et vous auriez pu quitter la Tour…
- Assez parlé.
C’était Voltère qui venait de dire ça. Il regardait Paul sans sourire, sans avoir le regard qui pétille. C’était un autre homme qui se tenait ici, deux Pokéballs à la main.
- Tu parles beaucoup, mais est-ce qu’il t’arrive d’agir ?
De ses deux Pokéballs surgirent des Pokémons que je ne connaissais pas, mais qui ressemblaient étrangement à Magnéton et Elektek.
- Allez, Voltère, montre-moi ce que tu vaux !
- Elekable, Poing-éclair, Magnézone, Tonnerre !
Elekable se jeta alors sur Apireine, et une fantastique attaque Tonnerre se dirigea vers Dardargnan. Le combat était si fascinant que j’en oubliais momentanément ma blessure, Christophe en train d’agoniser dans les bras blessés de Marc.
- Allez, filez d’ici !
La voix de Voltère agit comme un stimulant pour notre groupe.
- On y va ! s’écria Damien.
- Mais Voltère…
- Il s’en sortira très bien tout seul, Flora ! s’exclama Bastien.
Nous courûmes alors vers les étages inférieurs. Je ne pus m’empêcher de me retourner pour voir Voltère : ses Pokémons s’en sortaient très bien, mais des morts-vivants sortaient des tombes dans tout l’étage, et des formes floues apparaissaient. Terrifié à l’idée qu’il ne puisse pas s’en sortir, je faillis m’arrêter, mais Bastien m’attrapa le bras avec force et m’entraîna avec lui.
- Allez, Ed, c’est pas le moment de se reposer !
Je courus alors avec les autres, aussi vite que nous le pouvions. Parfois des détonations retentissaient au-dessus de nos têtes, nous faisant douter des chances de survie du Champion de la Foudre. Arrivés au cinquième étage, un mur de Pokémons Spectres nous barra la route.
- Allez, Spiritomb, Séisme ! ordonna Agatha.
Son Pokémon sortit de sa Ball et fit déguerpir les ennemis. Malgré la peur qui m’habitait, la douleur de mon bras, je ne pus m’empêcher d’admirer la capacité d’Agatha à se faire oublier jusqu’au moment où on a besoin d’elle.
- On y est presque !
Enfin, l’entrée de la Tour se dessinait devant nous. Nous la franchîmes, mais, emportés par notre élan, il nous était impossible de nous arrêter à temps pour sortir des Pokémons Ténèbres afin de franchir la barrière d’énergie.
- Ouaaaah, attentioooooon ! hurla Bastien.
Cependant, je traversai aussi facilement que lui et les autres la barrière. Sans prendre le temps de m’étonner de ça, je cherchai Marc des yeux. Le soleil venait de se coucher : nous avions passé toute la journée dans la Tour. Il surgit enfin de l’aura, Christophe sur ses épaules.
- Marc, comment il va ? demanda Damien.
- Il a de plus en plus de mal à respirer !
- Je vais le soigner.
Mr Pokémon avait accouru en nous voyant sortir.
- Oh, mais… C’est lui ! Avez-vous donc trouvé d’où sortait cette aura ?
- Non, répondit Marc, hors d’haleine. Mais il faut le soigner, vite ! Ed, passe-moi cette femme…
- Je vais t’aider, dit Bastien en prenant la femme sur son dos.
Ils se hâtèrent en direction de la maison de Mr Pokémon. Dracaufeu les suivit, mais je ne cherchai pas à en comprendre la raison. Je me tournai une fois de plus vers la Tour.
- Allez, Voltère, vous ne pouvez pas mourir ici…, dis-je dans un murmure à peine audible.
Mon bras me faisait plus mal que jamais. La douleur que je ressentais n’était cependant rien comparée à celle qui menaçait de me submerger si Voltère ne s’en sortait pas.
- Ed, ton bras…, commença Flora.
- Pas avant que Voltère soit là, répliquai-je sèchement.
C’est alors qu’un gigantesque bruit d’explosion retentit. Nous levâmes tous les yeux : un gigantesque rayon d’énergie déchira l’aura sombre, comme l’attaque de Paul avait détruit le mur quelques dizaines de minutes plus tôt. A travers le trou de l’aura, on pouvait voir que la façade de la Tour avait été détruite sur au moins quatre étages.
- VOLTEEEEEEEEERE ! hurla Damien.
L’aura se reforma, nous empêchant de voir quoi que ce soit de plus. Je courus vers l’aura, mais tout s’écroula alors : mes jambes, l’espoir que Voltère s’en sortirait vivant… Il n’avait quasiment aucune chance de s’en sortir. Ce ne pouvait pas être vrai… Ce guerrier, ce héros, que tout le monde pensait invincible, intouchable, inattaquable, celui que tous dans son camp respectaient, que tous ses ennemis craignaient, mort ? Je ne pouvais pas le croire… Et cependant, l’explosion avait été terrible, si terrible, que sa mort ne faisait quasiment aucun doute. Les larmes menaçaient de couler, mais je devais garder la tête froide, me relever et aller le chercher.
- Ed…
- Flora, aide-moi à me relever, s’il te plait…
Grâce à elle, je pus me hisser sur mes jambes. Le rire de Voltère, franc et motivant. Il était lointain… Si lointain… Mais j’avais pourtant l’impression qu’il se rapprochait.
- Vous entendez ça ? demande Agatha.
Ce n’était donc pas dans ma tête… Mais il se rapprochait toujours plus, et finalement, un cri se fit entendre :
- YAAAAHOUUUUUUU !
Je m’écartai juste à temps pour ne pas me faire renverser par Voltère, sur une porte, qui surgit de l’aura à toute vitesse. Il s’arrêta quelques mètres plus loin.
- Voltère !
- Hahaha, alors la jeunesse, quoi d’neuf ? s’exclama-t-il joyeusement.
Le soulagement me poussa à éclater d’un grand rire avec lui.
- Mais comment vous en êtes-vous sorti ?
- Comme vous êtes partis avec le Scope Sylphe et que des Spectres apparaissaient, je me suis d’abord occupé de paralyser les morts-vivants. Ensuite j’ai combattu Paul tout en évitant les Spectres, mais j’ai été obligé de déclencher cette attaque…
- C’était vous ? demandai-je, impressionné.
- Bien sûr, dit-il en éclatant à nouveau de rire. En tous cas, ça a mis Paul KO et les spectres ont disparu. J’ai dévasté quatre étages par contre, et je n’en suis pas fier du tout… Les pauvres Pokémons méritaient de reposer en paix, dit-il avec une voix solennelle.
- Et la porte ? demande Flora, amusée.
- Elle a été arrachée de ses gonds, s’exclama Voltère. Pour je ne sais quelle raison, elle glissait sur le sol, alors j’ai décidé de sortir de la Tour d’une façon fracassante !
Une fois de plus, nous éclatâmes de rire. Ensuite, après avoir fait nos adieux à Agatha, nous rejoignîmes la maison de Mr Pokémon.
C’était un endroit très simple, mais rempli de photos de Pokémon. Dans une chambre étaient soignés Christophe et la femme que nous avions libérée.
- Voltère ! Vous êtes vivant !
Bastien lui sauta dessus, fou de joie. Marc étreignit son vieil ami, puis se tourna vers moi.
- Allez, faut soigner ton bras.
Il m’entraîna dans la chambre, où une infirmière me fit un bandage après avoir désinfecté la blessure. Je regardais Christophe et demandai :
- Est-ce qu’il va s’en sortir ?
Je trouvais injuste que le seul général honorable de Sento meure ainsi.
- Oui, miraculeusement, aucun organe vital n’est touché. Nous avons traité la blessure de façon à ce qu’il puisse vivre jusqu’à ce qu’on puisse la refermer.
- Très bien, dit Damien qui venait de rentrer dans la pièce.
Dracaufeu était au chevet de la femme. Je ne compris pas pourquoi jusqu’à ce que, à nouveau, Grahyena sorte de sa ball.
- Qu’est-ce que… ?
Le gros chien s’approcha précautionneusement du lit de l’ancienne prisonnière. Il s’allongea alors au pied de son lit et posa sa tête, comme montant la garde.
- Grahyena ? Descends, tu vas la réveiller.
Il ne bougea pas. Je devinai que quelque chose clochait.
- Grahye…
Je m’interrompis. Je levai les yeux vers le visage de la jeune femme. Quelqu’un lui avait passé un gant sur la figure et on pouvait voir qu’elle était extraordinairement maigre. Elle ouvrit lentement les yeux, et posa alors son regard sur moi. Je la regardai droit dans les yeux… Ses yeux étaient les mêmes que les miens. Grahyena se redressa, l’air joyeux.
- C’est… Impossible…
La femme avait parlé d’une voix incroyablement rauque, comme si elle n’avait plus rien dit depuis plusieurs semaines. Tout le monde se tut dans la pièce et tourna son regard vers elle.
- Tu… Ressembles tellement… A ton père.
Fin du chapitre 
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Morts au combat contre les boulets : Nyarno et Charismatic. 
Blessés : Nyarno_iz_back devrait bientôt être "back" au front, NyarNoLife vient de se faire faucher par une rafale de balles ennemies. 