Or donc, aprés beaucoup de retard, voilà le nouveau chapitre. Il est un peu plus long que les autres, mais je vous devait bien ça...^^
"Un Entraînement Mouvementé"
Le soleil se levait.
Elouan sortit avec Méphisto sur la terrasse.
Après une semaine de cohabitation, le Malosse avait fini par accepter la présence du jeune homme, même si celui-ci avait la main encore un peu endolorie.
Mais l’heure du premier entraînement avait sonné.
Tout fier de sa détermination, Elouan se rappela pour la énième fois que s’il réussissait à dresser convenablement le Malosse, il pourrait le garder.
« Bon ! Méphisto ! On va commencer par… Voir si tu peux marcher ! Alors, euh… Vas-y, maintenant que je t’ai retiré l’atèle, tu dois pouvoir marcher…
Le Malosse le regarda d’un œil sombre et fit quelques pas en avant. Tout heureux de voir le petit fauve se déplacer sans gémir, Elouan continua :
-Très bien ! Tu es presque rétabli, c’est à peine croyable ! J’aimerais savoir si tu peux courir…
Le Malosse trottina tout doucement, puis, ayant l’air ravis de sa mobilité retrouvée, il s’élança dans la colline herbeuse.
Ce fut au moment où Elouan le vit disparaître dans un bosquet d’arbre qu’il prit conscience du fait que son autorité était quasiment nulle.
-Méphisto ! Reviens, Méphisto ! cria-t-il en se mettant à sa poursuite. Raaaah ! Saleté de… Méphisto !
Parvenu aux arbres, Elouan se décida à pénétrer dans la masse végétale.
Après quelques minutes de recherche silencieuse, Elouan voulu recommencer ses appels.
C’est alors qu’il aperçut le Pokémon. Méphisto était couché sur ses appuis, immobile, et fixait le buisson en face de sa truffe.
-Te voil…
Le Malosse lui lançât un regard perçant qui l’interrompit dans sa phrase . Apparemment, le Pokémon était très concentré et il entendait bien poursuivre son observation sans être gêné par l’adolescent.
Alors Elouan s’accroupit et chercha à distinguer ce qui captivait tant Méphisto.
Tout d’abord, il ne vit rien. Puis, ses yeux arrivèrent à distinguer les différents tons de vert et il compris qu’il se situait à la lisière d’une petite clairière.
Ce fut à cet instant qu’il remarqua deux hommes debout face à face dans l’herbe.
Le premier était un petit homme corpulent vêtu d’une cape. Le second était tête nue, et son visage clairement visible. Chauve, l’air un peu fou et des lunettes de soleil rondes sur son nez aquilin, Elouan le reconnut tout de suite : « Auguste !» pensa t’il.
Qu’est-ce que cette personnalité célèbre faisait dans le coin ? Mias les deux hommes parlaient tout bas, et Elouan dû se concentrer pour tout entendre :
-…à l’usine désaffectée de Lavanville. Fais attention, c’est désert, et la Tour n’est plus contrôlable. Pierre est déterminé, et je le suivrais partout…
Auguste le coupa :
-Moi aussi, évidemment. Je ne fais pas partie de leur mouvement, au cas où tu en douterais encore. J’y serais. Mais il me faudra des hommes… Cette opération risque de coûter très cher en vie humaine. Dans un mois, tout devra être prêt.
-Exact. Si Groudon revient par ici, ce sera…
Elouan ne put entendre la suite. Un hululement perçant venait de retentir juste derrière lui. Se retournant avec effrois, Elouan aperçut un énorme Noarfang qui le considérait d’un œil mauvais.
Méphisto se mit à bondir et aboya férocement sur le rapace.
Soudain, Elouan entendit un sifflement, non, deux sifflements perçants monter en puissance. Levant les yeux, il vit foncer vers eux deux énormes Rapasdepic. Ne sachant plus vers où se tourner, il ne put qu’observer les deux hommes courir et sauter sur le dos des deux oiseaux. Dans un battement d’aile effréné, les Rapasdepic s’enfuirent, et avec eux les deux hommes.
Un aboiement plus fort que les autres fit revenir Elouan sur le plancher des vaches. Le Noarfang n’entendait pas les laisser tranquilles pour autant.
Ne sachant comment réagir, Elouan se mit instinctivement derrière le seul rempart à sa disposition : Méphisto.
Le molosse lui jeta un bref coup d’œil et recentra son attention sur le gigantesque hibou.
Ce dernier écarta ses ailes et commença à brasser vigoureusement les ailes. Aussitôt, Méphisto lui bondit à la gorge. Mais le Noarfang avait vu le coup venir, et il se recula vivement d’un bond. Alors, Méphisto fut brutalement rabattu au sol. La tornade avait eu le temps de naître. Éperdu, Elouan se retrouvas projeté en arrière. Démunis et sans défense, il ne put que constater avec horreur que le rapace s’approchait de lui en se dandinant sur ses deux serres. Le Noarfang plissa les yeux, et Elouan fut saisit d’un violent mal de crâne. Hurlant de douleur, il se roula au sol en se tenant la tête par les mains. Sa douleur devenait insoutenable.
Puis, tout à coup, elle cessa. Sous le choc, Elouan ouvrit les yeux et constata que le Noarfang gisait dans l’herbe. Ses ailes brûlaient et son cou était maintenu dans les mâchoires de Méphisto. Dans un craquement horrible, le Noarfang perdit la vie.
Méphisto le lâcha et laissa tomber lui aussi.
Sur le chemin du retour, Elouan faisait face à milles idées. Portant celui qu’il considérait à présent comme son Pokémon, il ne pouvait s’empêcher de se sentir honteux. Honteux de s’être protégé derrière Méphisto, honteux d’avoir été aussi faible. Sans son petit fauve, le Choc Mental du Noarfang aurait sûrement été fatal.
Mais au fond de lui, Elouan ressassait les paroles des deux inconnus. Auguste en personne s’était tenu devant lui.
Et ils avaient tenu des propos pour le moins étranges.
« Lavanville…se disait Elouan tout en marchant, mais quel rapport avec Groudon ? »
Enfin parvenus dans sa terrasse, Elouan finit par en conclure que la réponse à cette question ne pouvait se trouver qu’à un seul endroit…
Prochain chapitre: "Le Départ"