Chapitre 24 : Enterrement et changements [Cross-Over]
Lorsque le cercueil contenant le corps de Glacia arriva, porté par plusieurs hommes, nous nous levâmes. Les femmes pleuraient. Les hommes, stupidement plus fiers, se contentaient d’afficher une expression sincèrement douloureuse. Marc ne paraissait toujours pas avoir accepté que Glacia soit morte. Il semblait être le plus affecté par la mort de l’ex-Maîtresse des Glaces et n’avait pas répondu à Pierre lorsque ce dernier lui avait annoncé qu’il prendrait la place de Glacia au Conseil.
Quant à moi, la douleur que je ressentais commençait à devenir familière. Je ne pouvais pas plus croire que les autres que tout était fini pour elle. Une personne de moins sur laquelle on pouvait compter, avec laquelle on pouvait plaisanter, s’entraîner – une personne de moins avec laquelle on pouvait vivre. Je résolus à ce moment-là de la venger.
Nous nous rassîmes. Plusieurs personnes prononcèrent un discours, sincère et prenant pour Pierre, hypocrite et presque forcé pour le général. C’est celui-là même qui se trouvait à Nénucrique. Je fus révolté de voir qu’il était passé au grade de chef de toutes les armées de Hoenn, à la suite du meurtre de son supérieur. C’est le seul poste au-dessus de celui de général, à Hoenn. On sentait que le discours de Pierre était empreint d’amitié envers feu la Maîtresse des Glaces, qu’il parlait de ses qualités humaines. Le chef des armées ne parlait que de son talent au combat. Après cette scène, eut lieu la mise en terre. J’avais le sentiment d’enterrer une partie de ma propre vie en jetant ma poignée de terre sur le cercueil.
La cérémonie était terminée. Marc resta debout devant la pierre tombale, Pierre lui parlant derrière lui. J’aperçus alors Flora, s’en allant derrière une tombe. Je fis un pas en avant pour aller la rejoindre, puis me ravisai : elle n’aurait sûrement pas envie de me voir, et cette pensée me mit encore plus mal à l’aise, si c’était possible.
Le ciel était gris, il n’allait pas tarder à pleuvoir… Malgré ça, je m’assis au pied d’un arbre et plongeai mon visage dans mes mains. Je ne savais plus quoi penser… Lorsque je vis une lumière derrière la tombe, à l’endroit où Flora se situait. Je me précipitai vers cet endroit, convaincu que ça ne présageait rien de bon, et vit un garçon blond, avec une écharpe autour du cou, avec les yeux fermés. Il semblait très concentré et murmurait. Il rouvrit les yeux au moment où je l’attrapai par le col et le plaquai contre un arbre.
- Hé ! Mais où je suis ?
- Qu’est-ce que tu as fait à Flora ?
- Qui est Flora ?
- Réponds-moi au lieu de jouer les imbéciles !
- Commence par me lâcher, t’as pas l’air de faire partie de la Team Galaxie ! répliqua-t-il.
Je lâchai un peu ma prise lorsque Pierre arriva.
- Ed ! Qu’est-ce qu’il se passe ?
- C’est ce gars bizarre, répondis-je. Flora est venue ici, j’ai vu une lumière et il se tenait ici à la place de Flora…
- Quoi ?
L’autre personne ne semblait pas comprendre la situation plus que nous. Il nous regardait d’un air bizarre, puis regarda autour de lui.
- Hé, mais… Où je suis, là ?
- Bienvenue sur l’île Excavation, maugréai-je. Cimetière de guerre.
- Mais non, répliqua l’autre, l’île Excavation c’est une zone de combat…
- Elle a été détruite il y a un peu moins de trois mois, répondit Pierre. On en a fait un cimetière…
- J’y suis venu y‘a trois mois ! répondit l’autre. Et j’en aurais entendu parler si elle avait été détruite !
- Bon, dit Pierre. Calme-toi, dis-nous qui tu es et ce que tu fais ici...
- Je suis Lilian, répondit-il. Maître de la Ligue Pokémon de Sinnoh…
Pierre eut l’air légèrement surpris.
- Rien que ça, dit-il. Tu en as une preuve ?
Lilian sortit sa carte de dresseur. Pas de doute : c’est bien le Maître de Sinnoh.
- Je suis Pierre, Maître de Hoenn.
- Rien que ça ? demanda Lilian.
Après que Pierre lui ait montré sa carte de dresseur, il nous expliqua d’où il venait.
- De Sinnoh ? m’exclamai-je. Bien sûr, tu t’es téléporté ici. Ca nous dit pas où est Flora !
- Je suppose, dit lentement Lilian, que nous avons changé de place… C’était pas prév…
Il prit un air bizarre.
- Qu’est-ce qui se passe ?
- Je capte les pensées du prof Sorbier, s’écria-t-il.
- Il est fou, murmurai-je.
- Elle n’est pas dangereuse, murmura-t-il, apparement très concentré. Juste très perturbée… Il faut essayer de la calmer… C’est une alliée.
Je commençais sérieusement à me dire qu’il pouvait être dangereux lorsqu’il répondit :
- Votre amie a été téléportée auprès des miens, dit-il. Ils savent maintenant qu’elle n’est pas dangereuse.
- Ben tiens, ça me rassure, lançai-je, amer.
- On va chercher un moyen de la faire revenir, dit brusquement Pierre.
Je me tournai vers lui.
- Parce que tu crois son histoire de pouvoir, toi ?
- Disons que ça m’intrigue, répondit-il. Tu ne sais pas d’où te vient ce pouvoir de maîtriser l’espace ?
Lilian parut réfléchir. Il dirigea lentement sa main vers une ball – j’attrapai une des miennes – et il sortit un énorme Pokémon rose, se tenant sur deux pattes. Une impression de puissance émanait de lui. J’avais le sentiment de l’avoir déjà vu…
- Palkia, dit Lilian. Pokémon Légendaire maîtrisant le temps.
A ce moment, je me rappelai l’avoir vu dans un des bouquins du professeur Chen, le soir où nous avions étudié les Pokémons Légendaires. Lilian rappela son Pokémon.
- Ed, me dit Pierre. Tu l’hébergeras chez toi, il pourra nous être utile dans la guerre contre Sento…
- Ah mais non, je peux pas rester ici ! Si je ne retourne pas chez moi rapidement, le monde sera détruit !
- La belle affaire, répliquai-je. T’as une idée de comment rentrer chez toi ?
Lilian resta silencieux.
- Je peux t’assurer que si un bon dresseur est tout ce qu’il faut pour sauver le monde, Flora conviendra parfaitement, renchérit Pierre.
Le maître de la Ligue de Sinnoh parut se faire un sang d’encre.
- Bon, OK, dit-il finalement. Mais c’est bien parce que j’ai pas le choix…
Quelques heures plus tard, Lilian et moi rentrâmes dans mon appartement. Je quittai mes clés sur un meuble, lorsque j’entendis Lilian dire :
- Tu es en avance.
- Quoi ? répondis-je distraitement.
- On est pas en novembre, continua-t-il, mais bien en Aout…
- A ton avis, il fait un temps estival ? Bien sûr qu’on est en novembre.
- Mais alors…, dit Lilian, frappé d’horreur.
- Quoi ? répétai-je, agacé.
- J’ai voyagé dans le futur ?
Fin du chapitre 
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Nyarno, Charismatic
Arnaud Johnson, JVPW Champion