me revoila je venais de partir en vacances et en rentrant a ma grande surprise pas 1 mais 2 chapitre a ce mater
super chapitre x2
ici y a toujours quelqu´ un mouhhhhaa ![]()
Chapitre 33 : Diversion
Partout où l’on se trouvait, on entendait au loin des explosions ou, plus rares, des coups de feu. Les douze coups de minuit annonçant une nouvelle année qui promettait d’être funeste avaient retenti depuis longtemps, loin de nous. Je n’avais aucune idée de l’heure qu’il était, mais nous devions rejoindre au plus vite l’îlot au milieu du lac près de Lavandia. De là, un trou dans un rocher nous permettra de rejoindre New Lavandia, aménagée pour nous recevoir en cas de coup dur.
- On y est ! dit ma mère, qui volait toujours sur Dracaufeu.
La piste cyclable apparaissait peu à peu. Je regardai par-dessus mon épaule et vit des dizaines de soldats voler sur des Pokémons oiseaux. Je devinai qu’ils devaient être là depuis longtemps. Heureusement, ils ne semblaient s’être aperçus que je les avais vus.
- Maman, je vais déposer Mr et Mme Seko à New Lavandia, puis je vais repartir pour faire diversion et allumer ces abrutis.
- Tu es bien le fils de ton père, soupira-t-elle. Je viens avec toi ?
- Je préfèrerai que tu me laisses Dracaufeu, pour leur faire croire qu’aucun de nous n’est resté à New Lavandia, répondis-je. Je m’en sortirai…
- Je viens avec toi, dit aussitôt Flora qui était derrière moi.
- Pas question, répliquai-je en amorçant la descente. C’est trop dangereux…
- Hé, je suis dresseuse depuis bien plus longtemps que toi, rétorqua-t-elle. Je suis bien meilleure que toi…
- C’est pas une question de les vaincre, répondis-je brusquement, mais plutôt de les distraire !
Elle ne trouva rien à répondre et nous nous posâmes sur l’îlot. Tous descendirent des montures volantes, mais Bastien sauta derrière moi.
- Je savais que tu comptais faire une ânerie, et j’adore m’amuser, lança Bastien. Décolle, champion !
- Et ta ville ?
- Trop de soldats, on a dû abandonner… Allez, on y va, continua-t-il, l’air refroidi.
Comme prévu, une fois de nouveau en vue, les soldats nous prirent en chasse. Nous devions les amener vers un vaste endroit désert pour essayer de nous en débarrasser et ensuite retourner à New Lavandia. Un tel endroit apparut bientôt, et nous nous précipitâmes vers un arbre, pour nous cacher. Dracaufeu s’arrêta, comme je le lui avais demandé, au beau milieu du champ. Les soldats, estimant qu’ils ne craignaient rien, se posèrent et s’approchèrent prudemment du dragon.
- Alors, où sont tes compagnons, à toi ?
- On y va ! chuchota Bastien.
Hariyama et Grahyena en tête, nous quittâmes notre cachette. Les soldats ne bougeaient plus : l’effet de surprise avait du bon.
- Hey, alors les affreux, on a oublié de regarder dans son dos ? s’exclama Bastien.
- On pourrait en dire autant de vous.
Nous nous retournâmes. Des dizaines de soldats, sortant de Lavandia, au loin, où une bataille faisait apparemment rage. Voltère et ses dresseurs n’avaient pas abandonné.
- C’est bon, on se rend, dit simplement Bastien.
- Hein ? Comme ça ? demanda le chef des renforts, pris au dépourvu.
- Nous, on se rend, continua Bastien. Mais pas eux !
En quelques secondes, Mackogneur, Kapoera, Torterra, Leviator et Rapasdepic se dressaient entre nous et les ennemis. La bataille éclata et Dracaufeu poussa un rugissement à réveiller les morts, enflammant tout ce qui se trouvait à proximité. Les armes à feu ne servaient à rien contre moi et Bastien, entourés d’une protection végétale de Torterra, et les Pokémons étaient trop forts ou rapides pour se laisser avoir.
- Dracaufeu, attaque Tornade de flammes !
En quelques secondes, l’énorme dragon s’était placé au centre des forces adverses, et, tournant sur lui-même, fut enveloppé d’une véritable tornade de feu qui carbonisa nos ennemis.
- Super ! s’écria Bastien.
Malgré notre supériorité en ce qui concernait la force, toujours plus de soldats arrivaient de Lavandia. Plus aucun bruit ne provenait de la ville et je craignais pour la vie de Voltère et ses dresseurs, une peur panique qui m’envahit.
- Regarde qui arrive ! s’exclama Bastien.
Je regardai dans la direction qu’il m’indiquait et une vague de soulagement me fit pousser un rugissement de joie.
- VOLTERE !
En effet, le Champion de la Foudre se précipitait vers nous. Les soldats restants, à l’idée d’affronter un autre dresseur fou furieux, tentèrent de s’échapper. En vain : nous étions encerclés par des Magnéton qui nous empêchaient de partir grâce à un mur d’électricité. Voltère et ses dresseurs pénétrèrent le cercle et s’en donnèrent à cœur joie : les Elecsprint, Raichu et autres Lainergie paralysèrent tous les soldats. Torterra arrêta la protection et nous nous précipitâmes vers eux.
C’est à ce moment-là que ça s’est passé. Un coup de feu retentit et nous nous retournâmes… Trop tard. Je ne sais pas combien de temps s’écoula entre la détonation et le moment où la balle pénétra dans la poitrine de Bastien, mais ce n’était sûrement pas aussi long que ce que ça me parut être.
- BASTIEN ! NOOOON ! hurla Voltère.
« Tu es un tueur. »
Je me précipitai sur l’assassin du Champion du Combat et le tuai de sang-froid. Il était déjà bien blessé et ses brûlures me firent penser qu’il était une victime de Dracaufeu, ce qui lui avait permis de ne pas se faire remarquer et de ne pas se faire paralyser. Une fois de nouveau dans mon état normal, je courus rejoindre Voltère et ses dresseurs.
- Bastien ! Dis quelque chose mon vieux…
- Aaaah… Est-ce que je suis mort ?
- On va pas te laisser mourir ! Vite…
Je rappelai ses Pokémons dans leurs balls. Ils avaient apparemment compris que ça n’allait pas. Après avoir rappelé les miens, nous montâmes sur Rapasdepic et Dracaufeu qui volèrent à toute allure vers New Lavandia. En quelques minutes, nous avions pénétré le trou dans les rochers.
- Vite, quelqu’un ! Bastien est en train de mourir !
J’avais du mal à garder l’esprit clair. Des bruits précipités se firent entendre et Timmy accourut. Il avait changé depuis l’attaque de Clémenti-ville.
- Va dans cette direction, Ed ! me lança-t-il. On s’occupera de lui là-bas !
- Ok…
- Où tu cours comme ça ? demanda Voltère.
- Christophe et Sandra ont un peu de mal à la Ligue avec Marc, je les rejoins !
Leurs voix s’évanouirent alors que je courais le plus vite possible dans la direction que m’avait indiquée Timmy. J’arrivai dans une très grande salle, dans laquelle s’alignaient des lits sur lesquels étaient allongés des dresseurs blessés.
- Ed !
L’infirmière de Eternara se précipita, deux Leveinard sur ses talons.
- Pose-le ici ! m’ordonna-t-elle en m’indiquant un lit.
- Accroche-toi à la vie ! suppliai-je Bastien en le déposant sur un lit.
Alors que je reculai sans parvenir à détacher mon regard de cet homme qui, une demi-heure plus tôt, pétait la santé et débordait de bonne humeur, une main se posa sur mon épaule. Je me retournai et tombai face à face avec ma mère, qui me serra dans ses bras. Ce que je vis alors me remplit d’effroi : plusieurs corps étaient recouverts entièrement par des draps blancs, ce qui signifiait…
- … Qui est mort ?
Ma mère soupira longuement. Puis elle se tourna vers un lit :
- Ici, Roxanne, la championne des Pokémons Roche de Mérouville. Elle est morte en essayant de protéger une petite fille d’un soldat qui venait de tuer les parents de la gamine…
En effet, une petite fille pleurait à chaudes larmes près du lit, le visage dans les bras. Mon cœur se serra à la vue déchirante d’une femme morte en ne pensant non pas à sa propre vie mais à celle des autres.
- Un de ses dresseurs s’est débarrassé du soldat et les a amenés ici…
Elle se tourna vers un groupe de lits recouverts de draps blancs.
- A Clémenti-ville, des Tyranocifs ont été envoyés… Norman et un de ses dresseurs s’en sont sortis, mais les autres…
Elle essayait d’afficher un air digne, mais je savais que parler ainsi de la mort de personnes de notre camp, même si elle ne les connaissait pas, faisait souffrir Lilian.
- Ici, continua-t-elle en me montrant un autre lit, c’est Mr Marco qui repose. Ce vieil homme était un marin connu et respecté à Hoenn… Il est mort en essayant de sauver de la noyade des personnes qui fuyaient de Clémenti-ville… Un Leviator a surgi de l’eau et a utilisé la Draco-Rage, sur ordre d’un dresseur du Conseil des Quatre de Sento.
- Et les gens qu’il essayait de sauver ?
Je tentai de maîtriser ma voix, même si les larmes coulaient déjà.
- … On n’a pas retrouvé leurs corps.
C’en était trop. Je m’assis au bord d’un lit et enfouis mon visage dans les mains. Un autre visage m’apparut alors et je redressai brusquement la tête.
- Où est Flora ?
Ma mère se retourna, surprise. Elle parut gênée de cette question.
- OU ELLE EST ?
- Ne t’inquiète pas, elle est vivante ! Enfin…
- Où est-ce qu’elle est ? dis-je en détachant chaque mot.
- Elle est partie affronter le dresseur qui a tué Mr Marco.
En quelques minutes, j’étais déjà dans les airs en direction de Clémenti-ville. La peur m’envahit : s’ils étaient aussi dérangés que Sylvain, il y avait de quoi être effrayé. J’arrivais à la ville, totalement dévastée. Des soldats me tirèrent dessus, mais Dracaufeu, qui m’avait suivi sans que je m’en rende compte, leur lança une attaque Déflagration. A l’est de la ville, je trouvai enfin Flora et l’assassin : ils se livraient un combat sans merci, et l’ennemi avait l’avantage.
- DRACAUFEU, LANCE-FLAMMES SUR VACILYS !
Un jet de feu si puissant qu’il semblait brûler l’air autour de lui se dirigea sur un Pokémon ennemi, qui fut carbonisé. Notre ennemi leva la tête et eut un sourire vicieux.
- Leviator, attaque Hydrocanon !
- Elecsprint, Elecanon !
Alors que le serpent d’eau se préparait à lancer sa dévastatrice attaque, la boule d’électricité concentrée terrassa Leviator. Flora n’avait pas abandonné, et le dresseur rappela son Leviator.
- Je crois que je vais vous laisser.
- Si tu crois pouvoir partir après ce que tu as fait à Marco !
- Ce vieil homme… Ce n’est pas ma faute s’il est mort, de toute façon, s’il voulait vivre, il aurait tenté de sauver sa peau avant tout.
Il attrapa un Alakazam après avoir rappelé tous ses Pokémons et partit. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il a vraiment agi trop vite pour qu’on puisse bouger. Flora m’enlaça et se mit à pleurer. Nous retournâmes rapidement à New Lavandia. Là-bas se trouvaient tous les autres, à l’exception de Timmy, Christophe, Sandra et Marc. Je me rappelai très vite que Blanche aussi était à Eternara et j’allai les rejoindre lorsque Pierre m’attrapa le bras.
- Tu restes là, moi et Spectra on va les rejoindre. Aragon et Damien sont déjà là-bas, Spectra vient de se téléporter avec eux. Et quelqu’un voudrait te parler…
Spectra apparut alors et se téléporta avec le Maître de Hoenn. Je vis Voltère me faire de grands signes et je m’approchai. A ma grande joie, j’aperçus, sur un lit près de lui, Bastien, avec un bandage autour de la poitrine.
- Hey, t’es vraiment une force de la nature ! m’exclamai-je alors que Flora allait s’occuper de la fille de Mérouville.
- Qu’est-ce que tu crois, répondit-il avec un grand sourire. Mais c’est aussi grâce à toi…
- Hé, j’aurais laissé personne crever là-bas.
Le visage de Bastien s’assombrit.
- Malheureusement pour Roxanne, et tous les autres, personne n’a rien pu faire…
Pendant plusieurs heures, nous attendîmes le retour de nos amis. Nous n’avions aucun moyen de nous tenir informés des évènements. Enfin, vers onze heures du matin, un bruit se fit entendre à l’entrée de la grotte. Nous nous précipitâmes, et vîmes tous les autres. Cependant, quelque chose clochait. Ils avaient l’air encore plus abattus que jamais.
- Hé… Qu’est-ce qu’il s’est passé là-bas ? demanda Voltère.
- Une minute… Où est Blanche ? demanda Alizée, championne de Cimetronelle.
Spectra leva un regard embué de larmes vers nous.
- … Le Tyran… Il est arrivé, et…
- Blanche nous a permis de nous téléporter, dit Pierre, comme s’il ne voulait pas croire ce qu’il disait. Mais elle est restée là-bas.
Fin du chapitre ![]()
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A new era that is Rated RKO.
Bon, le chapitre est bien, il tient à peu près la route. Mais sans plus. Franchement, je dirais pas que je suis déçu, mais par rapport au niveau qu´ont les autres chapitres, y´a un truc en moins.
Par exemple, ton gars est un psychopate né et en 3 secondes il laisser ressortir son côté dark, il tue le gars et il redevient normal. Ca a un petit goût d´inachevé. Un truc du genre "attends, je deviens méchant, je lui pète la tête et après on ira boire une bière si tu veux..."
Voilà, c´est mon humble avis et t´en fais ce que t´en veux. De toute façon, c´est toujours l´inconvénient avec ces chapitres de transition, ca ne vaut jamais les chapitres au coeur de l´action.
encore un super chapitre pour toi nyarno j´ attend la suite avec impatience
ca merite un petit
^^
la suite la suite la suite la suite !! !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ![]()
quand pense tu le prochain stp
Bonne question.
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A new era that is Rated RKO.
la suite !!
En cours.
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A new era that is Rated RKO.
AAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHH,que dire
.
C´est bien.
alors Nyarnopour quand ce chapitreb car ca fait lomgtemps que tu n´ en a pas poster
Ce week-end, j´ai beaucoup de travail en ce moment.
ok merci ![]()
Une PREVIEEEEEEW!
Je vous balance quelques phrases du futur chapitre au hasard... Parce que je pourrais peut-être pas le finir aussi tôt que prévu.
Je m´engage à le finir aujourd´hui, par contre.
"- Tu dois "les" tirer de la retraite."
"- Elekable, Magnéton, attaque Fatal-Foudre!"
"- Combo Glaçon Végétal!"
"- Alaric, du Conseil des Quatre de Sento."
![]()
Okay les gars, hier ma connexion Internet a foiré mais aujourd´hui c´est du tout bon, voilà le chapitre!
Chapitre 34 : Combats et recrutement
Nous étions abasourdis. Un silence plus pesant que jamais régnait dans la caverne. Au bout d’un temps qui me parut être une éternité, Marc dit :
- Est-ce qu’on y retourne ?
Il essayait de contrôler sa voix, mais elle tremblait tout de même. Connaissant Pierre, j’étais persuadé qu’il refuserait. Cependant il répondit :
- Pas tout de suite… On attend quelqu’un puis on y retourne.
- Qui ça ? s’énerva Bastien. Comme si le Tyran allait attendre ce quelqu’un pour buter Blanche !
- Sans lui, on a aucune chance.
L’angoisse était toujours présente, mais la curiosité me piqua. De qui Pierre parlait-il ? Qui était si puissant que notre victoire dépendait de lui ? Je n’eus pas à attendre longtemps car au dehors, une voix hurla :
- … Surpuissance !
Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Surpuissance était l’attaque de Regigigas… Lilian était-il de retour à Hoenn ? Mais avant que je puisse faire un geste, quelqu’un pénétra dans la grotte. Je fus déçu de constater qu’il ne s’agissait « que » d’un garçon de mon âge, c’est-à-dire 18 ans. Il portait une veste noire sur un jean de même couleur. Ses cheveux, en revanche, étaient blancs. Il avait un bandeau noir sur le front, comme Flora, et tenait une Hyper Ball à la main.
- Quelle plaie, ces soldats, se plaignit-il. En plus ils ne savent pas nager, ajouta-t-il en regardant par-dessus son épaule.
- Suffit les blagues, Owen, dit Pierre. J’ai une mission pour toi… Tu dois « les » tirer de la retraite.
- Bonjour l’accueil, répondit le nouveau venu en haussant les sourcils. Et pourquoi ?
- Parce qu’on te le demande, répliqua Norman.
Je m’étonnai que Norman, aussi puissant fut-il, s’adresse comme ça à un dresseur apparemment aussi puissant que Pierre. Mais le dénommé Owen répondit, à ma grande surprise :
- Ok, papa. Où je dois vous retrouver ?
- A la Ligue Pokémon, répondit Pierre en se relevant. D’ailleurs, Spectra va nous y téléporter.
- Avant que j’oublie, dit Owen, y’a un paquet à l’entrée de la grotte.
En effet, lorsque j’allai vérifier, un colis était posé près de l’entrée. En le rentrant, je remarquai qu’une photo était posée dessus : elle représentait un ancien livre, avec des gravures. En plissant les yeux, je reconnus une forme qu’on n’oublie pas. Palkia était représenté là.
- Tiens, c’est un colis de Lilian, lançai-je.
- Super, pose-le là, on a pas le temps.
Je laissai le paquet dans un coin et m’approchai des autres, conscient qu’on courait peut-être droit vers la grande Faucheuse. Mais peu importait : si on avait une chance de ramener Blanche avec nous, il fallait aller la défier –aller défier l’armée de Sento. Owen quitta la caverne alors que nous nous apprêtions à partir. Flora dit alors :
- Hé, écoutez ça !
Elle écoutait la radio sur son Pokénav. La voix du Tyran s’éleva alors dans la caverne :
- … Vous répète que Blanche est seulement prisonnière de guerre.
L’émission se termina à cet instant. Au-dehors, le soleil se levait déjà. Tandis que les dresseurs voulant se battre se rapprochaient de Spectra, les autres repartaient dans les profondeurs de New Lavandia. Nous étions tellement nombreux qu’il fallut plusieurs voyages à la maîtresse des Spectres pour nous téléporter à la sortie de la Route Victoire. En sortant de la grotte, une vision de totale dévastation s’offrit à nous. Les statues étaient détruites. Leurs têtes avaient volé contre les rochers. Les arbres n’étaient plus que de petits tas de cendres encore fumants.
- Allez, on y va, lança Pierre. Il ne servirait à rien de jouer sur la discrétion, alors on va y aller à la manière de Bastien…
- La baston ! s’écria celui-ci.
- Hé, mais t’étais censé rester à New Lavandia ! T’es blessé ! dit Damien.
Finalement, Bastien nous accompagna. Nous nous précipitâmes vers le bâtiment de la Ligue, gardé par plusieurs dizaines de gardes qui n’eurent pas le temps de bouger avant que Voltère les paralyse. Nous pénétrâmes le bâtiment, gardé par d’autres soldats et dresseurs. La bataille s’engagea, mais nous étions trop nombreux pour eux.
- Elekable, Magnézone, attaque Fatal-foudre ! lança Voltère.
- Hariyama, Mackogneur, Close Combat ! ordonna Bastien.
Il ne fallut que quelques secondes aux Pokémons pour mettre nos adversaires HS. Etant donné notre grand nombre, Pierre consentit à ce qu’on se sépare en plusieurs groupes. Le gros des personnes présentes partiraient avec lui dans les salles du Conseil pour aller affronter le Tyran pendant que deux autres groupes partiraient à la recherche de Blanche. Mon groupe, qui allait monter dans les étages, comprenait ma mère, Bastien, quelques dresseurs des arènes de Hoenn et Damien. Le groupe descendant au sous-sol était composé de Voltère, Alizée, Timmy, quelques dresseurs d’arène. Les autres partaient avec Pierre.
Chaque groupe partit dans sa direction. Nous montâmes les escaliers rapidement pour arriver au premier étage. Là se trouvaient une dizaine de dresseurs qui vinrent à notre rencontre. Ce fut une bataille corsée : Dracaufeu tirait des jets de feu partout où ma mère en avait envie, Grahyena attaquait tous les Pokémons adverses sans qu’on puisse le voir, et Leviator et Torterra restaient sous mes ordres pour affronter un dresseur.
- Combo Glaçon Végétal !
Torterra libéra alors une puissante Tranch’Herbe, que Leviator glaça d’un Laser Glace. La glace tranchante entra en contact avec le Noadkoko ennemi, qui s’écroula aussitôt. Autour de moi, Bastien s’en donnait à cœur joie contre deux dresseurs, les dresseurs d’arène s’alliaient pour en finir plus vite. Je me relançai dans la bataille plus férocement que jamais. En quelques minutes, les dresseurs ennemis furent vaincus et paralysés par un dresseur de Voltère. Il n’y avait malheureusement pas trace de Blanche ici. En bas, les explosions et hurlements m’angoissaient. Flora était partie avec Pierre…
- Ed ?
Après avoir combattu à tous les étages, nous arrivâmes au cinquième et dernier étage, ou des soldats se trouvaient en plus des dresseurs.
- Ce serait ici qu’ils la cachent… ?
- On peut pas y aller comme ça, il nous faut un plan, dit ma mère.
- Un plan ? Quel type de…
- ILS SONT LA !
- Dracaufeu, Lance-flammes !
Les réflexes de ma mère étaient impressionnants. En quelques dixièmes de secondes, la fumée qui sortait de la gueule du grand dragon orange se transforma en une rafale de flammes qui carbonisa plusieurs soldats… Tous, en fait. Le feu allait entrer en contact avec le mur lorsqu’une attaque Hydrocanon traversa la gerbe de flammes et terrassa Dracaufeu. Un Leviator, la gueule encore dégoulinante d’eau, se tenait à côté de son dresseur, celui-là même qu’avait affronté Flora le soir où Hoenn tomba sous la coupe de Sento.
- Toi ! cracha Damien.
- Moi, répondit simplement l’autre. Alaric, du Conseil des Quatre de Sento pour ceux qui ne me connaissent pas.
- Aucune importance, à nous ! lança Bastien.
Aussitôt, Grahyena, Mackogneur et Démolosse se positionnèrent devant nous.
- Vacilys, Alakazam, go ! lança-t-il.
- Grahyena, Charge Obscure !
- Démolosse, Déflagration !
- Mackogneur, utilise Annule Garde et Giga-Impact !
Grahyena se précipita vers Alakazam, alors que Démolosse lançait une croix de feu vers Vacilys, et que Mackogneur se servait de sa capacité Annule-garde pour infliger un maximum de dégâts à Leviator. Le résultat fut sans appel : Alakazam terrassa Grahyena, Vacilys sortit de la tempête de feu et utilisa un Hydrocanon qui vainquit Démolosse et Leviator utilisa une attaque Lance-Flammes qui mit KO Mackogneur.
- QUOI ? m’écriai-je.
- On avait l’avantage du type ! s’exclama Damien.
- Ca, ça reste à déterminer, rétorqua Alaric, impassible.
Il s’avançait vers nous, marchant au milieu des cadavres de soldats, calmement, comme s’il s’imaginait que rien ne pouvait lui arriver.
- Absol, Ténèbres Supersoniques ! ordonna mon maître.
Le Pokémon surgit de sa ball en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et s’élança à la vitesse de l’éclair vers notre ennemi. Une fois encore, Alakazam le stoppa. Est-ce que je rêvais, ou Alakazam avait-il vraiment utilisé Casse Brique ? C’est pourtant une attaque combat, et un Pokémon Psy ne pouvait pas l’apprendre…
- Ed, me souffla Damien. On dégage vite fait. On rejoint les autres et on évite Alaric…
- Alors… Quelle attaque vais-je utiliser ? demanda Alaric, l’air faussement songeur. Poing Karaté, ou bien…
- ON FILE !
Alaric sembla pris au dépourvu lorsque nous commençâmes à nous enfuir vers les escaliers. Nous l’entendîmes hurler :
- LEVIATOR, DEFLAGRATION !
La croix de feu s’écrasa contre le mur à côté des escaliers, au moment où nous nous précipitâmes dedans et commença à envahir l’étage.
- Cours, cours, COURS !
Bastien agrippa par le col un dresseur de l’arène de Levy & Tatia et le jeta en avant alors qu’il trébuchait. Nous dévalâmes les marches et déboulâmes dans le hall, où une bataille avait détruit la moitié des murs. Des dresseurs des deux camps s’affrontaient partout dans la salle. Je cherchai Flora du regard, mais ne la voyant pas ici, mon cœur se serra. La panique embrouilla mon esprit et bien que n’arrivant pas à réfléchir posément, je savais que je devais pénétrer les salles des Maîtres de Hoenn.
Dans la première salle, Norman affrontait trois dresseurs en même temps, et Alizée et Adrianne affrontaient un membre du Conseil des Quatre de Sento. Dans la deuxième salle, deux combats de titans avaient lieu : Voltère affrontait Paul, le sadique de la Tour Pokémon, et Marc affrontait Sylvain. Dans la salle semblait se déchaîner une tempête d’éléments. Des éclairs se mélangeaient aux attaques d’eau de Marc, alors que le feu lancé par les dragons et fossiles de Sylvain faisait briller les murs d’une étrange lueur orangée. Le tout était rendu encore plus impressionant par les différentes poudres relâchées par les insectes de Paul. Mes poumons semblaient se vider sans que je puisse reprendre mon souffle. J’avais de plus en plus de mal à respirer et à bouger : je le devais sûrement aux poisons et poudres paralysantes.
- Ok, à nous !
Timmy, Sandra et Christophe se jetèrent dans la bataille. Christophe se lança à l’assaut de Paul et ses insectes avec son Absol, Sandra et Timmy partirent à l’attaque des Pokémons de Sylvain, qui commençait à prendre la bataille au sérieux.
- J’en ai marre de plaisanter, lança-t-il. Allez Ptera, attaque Ultralaser sur Ed !
Je me demandais si ma dernière heure était arrivée alors que l’énergie se concentra dans la gueule de Ptera. Le visage de Flora s’afficha dans mon esprit…
- Attaque, Ptera !
Le fantastique rayon se dirigea vers moi. Je fermai les yeux et attendit la mort… Qui ne vint pas.
Lorsque je rouvris les yeux, je vis le Dracolosse de Sandra tenter de prendre le dessus sur Ptera avec son propre Ultralaser.
- Sandra… !
- Fonce, Flora est là-bas !
C’est Timmy qui avait parlé.
- Gardevoir, Psyko !
L’attaque fut interceptée par un Drattak. Ils se lancèrent dans une bataille sans merci. Dans toute la salle, les Pokémons se déchiraient mutuellement, et j’étais là, à les regarder bêtement au lieu d’aller chercher Flora. J’arrachai mes pieds du sol et me mis à marcher vers la prochaine salle. Je devais y arriver…
- Apireine, Rayon Gemme sur le gars là-bas !
Une lumière contre le mur m’indiqua que l’attaque fut lancée. Je ne m’arrêtai pas. Je n’accélérai pas. Sur le mur, l’ombre de Elekable m’indiqua que le Pokémon de Voltère m’avait protégé.
- Ptera, Pouvoir Antique !
Cette fois-ci, un grand bruit se fit entendre et le Magnéton de Timmy passa devant moi et alla s’écraser contre le mur. Enfin, je parvins à la salle suivante.
Ici, la salle était engloutie par les flammes. Partout où on posait les yeux, il y avait des flammes. Où était Flora, je n’en savais rien, mais je savais que le bâtiment tout entier serait bientôt envahi par les incendies.
- Flora !
Je n’entendis qu’un très faible son, le crépitement du feu m’empêchait de distinguer l’endroit d’où il provenait.
- Leviator, Hydrocanon !
Le puissant jet d’eau combattit ardemment les flammes… Mais ce n’était pas suffisant.
- Hydrocanon ! HYDROCANON !
Je commençais à perdre espoir. Flora allait-elle mourir ici ?
- Leviator, Milobellus, Lovdisc, Serpang, Hydrocanon !
Les puissants Pokémons de Marc relâchèrent une énorme quantité d’eau. En quelques secondes, la taille des flammes avait considérablement diminué – suffisament pour que je puisse apercevoir Flora à genoux devant son adversaire, qui nous regardait en agitant la main comme pour dire « Au revoir ». Un Arcanin se préparait à porter le coup de grâce, au milieu des masses inertes de Wailord, Gardevoir, Brasegali et des autres Pokémons de ma petite amie.
- Leviator, attaque Hydrobazooka !
Les Hydrocanons des Leviator, combinés, terrassèrent le chien de feu, et le sourire de notre adversaire s’évapora.
- On dirait qu’on a comme un problème, lança-t-il.
- Exactement, Pat, et on va le résoudre.
Les Pokémons de Pierre et mon Leviator se lancèrent dans une bataille acharnée contre un Feunard, un Galopa, un Volcaropod, un Chartor et un Pyroli. Les attaques fusaient, et malgré notre avantage de type, les Pokémons ennemis nous donnaient énormément de fil à retordre.
- Laissez tomber !
- Rêve, hurla Marc, la voix pleine de haine. Leviator, Milobellus !
- Leviator, lançai-je. Attaque Hydrobazooka !
L’attaque, plus puissante encore que précédemment, fit des ravages : tous les Pokémons feu furent terrassés. Un soulagement intense succéda à la peur dans ma tête, et Marc lança :
- Rends-toi !
- Plutôt mourir, répliqua Pat.
Sur ce, il rejoignit la prochaine salle. Marc le poursuivit alors que je m’agenouillai auprès de Flora.
- Flora…, murmurai-je. Flora !
- Ca va, répondit-elle. Va les aider…
- Mais…
- Vite.
Je me levai et me précipitai vers la salle suivante. Là, un spectacle d’horreur s’offrit à moi.
Des corps de Tyranocif –morts ? seulement blessés ? – jonchaient le sol. Il me paraissait invraisemblable que Pierre avait à lui tout seul vaincu toute une armée de Tyranocif, et pourtant, Airmure, Lucario et Galeking se tenaient près de lui, ainsi que Marc et ses Pokémons, face au Tyran, à Tyranocif Shiney et à Pat. Je me plaçai près d’eux et vis que Pierre transpirait à grosses gouttes.
- Haha, alors voilà les amis de Pierre, s’écria le Tyran. Autant en finir avec vous tous ! Ultralaser !
L’énergie se concentra alors que Pierre, Marc et moi réagîmes ensemble :
- Queue de Fer, Aile d’Acier, Aurasphère !
- Hydrobazooka !
Les attaques partirent ensemble à l’assaut de l’ennemi. Le plafond, qui tremblait déjà beaucoup, trembla encore plus. De la poussière tombait et conjuguée aux attaques, elle nous empêcha de voir ce qui se passait, mais nous pensions avoir remporté la bataille.
Pensions seulement.
L’Ultralaser nous rata de peu, mais creusa un profond cratère dans le sol. Le Shyney était toujours debout et le Tyran jubilait.
- On bouge de là ! hurlai-je. Blanche est pas ici, de toute façon !
Pierre, une rancœur extrême sur son visage, consentit à prendre la fuite après avoir rappelé nos Pokémons. Cependant, une attaque Rayon Gemme nous manqua de peu : Paul s’était joint à nous.
- Pauvre Christophe, lança-t-il ironiquement. Il faudra que je pense à aller fleurir sa tombe.
Non… Christophe était mort… Impossible…
« Tu es un tueur. »
L’habituel mal de crâne me saisit alors que je me précipitais vers Paul. Il ordonna à son Apireine de m’attaquer, mais je n’entendais pas ce qu’il disait.
- Meurs !
Ce fut la seule fois où il m’obéit. Je passerai les détails sur la mort de cet horrible sadique. Je m’élançai alors vers Pat et le Tyran.
- Ultralaser !
L’attaque perfora cette fois-ci un mur, dont les débris volèrent partout. Un gros morceau de roche me heurta à la tête, et je repris lentement mes esprits.
- Flash !
La voix de Voltère derrière nous précéda une lumière incroyablement aveuglante.
- On dégage d’ici !
Je sentis la main de Marc se refermer sur mon bras et nous quittâmes la salle. Derrière nous, le Tyran hurlait sa rage.
Les incendies s’étaient presque éteints. Quelques flammes subsistaient dans la salle où j’avais laissé Flora. Je me précipitai vers elle et la hissai sur mes épaules avant de suivre les autres. Dans la salle suivante, j’aperçus le corps de Christophe…
- Ed, on peut pas… Pas le temps, me lança Voltère.
Le fait de devoir laisser ici la dépouille de ce dresseur honorable et vertueux me déchirait de l’intérieur, mais nous n’avions pas le choix. Dans le gigantesque hall du bâtiment, seul un dresseur de notre côté se battait encore : ma mère. Dracaufeu de nouveau sur pattes, elle carbonisait quiconque était assez fou pour l’approcher.
- MAMAN !
- Je m’débrouille, lança-t-elle.
Elle n’avait pas compris que mon cri était pour la protéger du soldat qui la visait dans le dos.
- MAMAN ! MAMAAAAAAAAAN !
Mes cris s’évanouissaient dans le vacarme. Rien ne comptait plus : je passai Flora à Marc et pris seulement le temps de dire :
- Prends bien soin d’elle… Je suis désolé.
Il me regarda une fraction de seconde, puis une explosion derrière nous le força à quitter le bâtiment. De notre armée, seuls restaient dans le bâtiments les morts – Christophe, qui n’aurait plus jamais l’occasion de démontrer au monde qu’un Sentonien pouvait être vertueux, Adrianne, qui ne rendrait plus jamais le sourire à personne, et une douzaine de dresseurs d’arène, qui avaient suivi leurs maîtres jusqu’à la mort, et ma mère, qui venait de perdre sa partie de cache-cache avec la Mort –, Bastien, qui était agenouillé devant des soldats, les mains derrière le dos, et moi, qui me cramponnai au corps de ma mère. Les larmes coulaient et me brûlaient les joues, le sang de ma mère tâchait mon visage, alors que les soldats m’encerclaient, armés, et que, je le savais, le Tyran arrivait en courant.
Fin du chapitre ![]()
Je crois qu´il va falloir qu´on parle Nyarno... Très sérieusement même. Ce ne sont plus de simples idées qui fusent dans mon esprit mais un véritable carnaval...
Ah, et pour information, ca veut dire que j´adore, je suis à fond dessus, voire même plus. Un chapitre plus que parfait, (voire même conditionnel présent), des combats de titan, du sang.
[Mode poète On]
Ici la mort est tellement sollicitée qu´elle devrait abandonner sa faux au profit d´une moissonneuse.
Merci. ![]()
Chapitre 35 : Une nouvelle alliée
- Ed, ta blessure saigne encore.
- Et m… Merci, répondis-je en examinant mon bras.
- Il t’a pas raté avec son couteau.
Deux mois. Déjà deux mois que Bastien et moi croupissions dans cette prison isolée de tout, quelque part à Sento, séparés de nos Pokémons dont nous supposions qu’ils avaient été emmenés dans un centre de dressage. Deux mois que notre armée avait subi une de ses plus grosses défaites. Deux mois que nous avions découvert que Blanche et Sophie, la capitaine du bateau de Hoenn, étaient prisonnières dans cette prison mixte. Enfin, deux mois que Bastien, Blanche et moi étions torturés chaque jour pour dévoiler la cachette de la Nouvelle Armée.
Isaac, mon compagnon de cellule, était un grand homme noir originaire de Hoenn. Il était un homme très calme et sage et je ne pouvais m’empêcher de penser à Pierre lorsque je le regardais. Son seul crime fut d’essayer d’empêcher, il y a une dizaine d’années, un garde de tuer des enfants en le tuant lui-même. Depuis, il était là. Je ne sais pas pourquoi nous n’avions pas été exécutés, l’un et l’autre, tout comme Bastien, Sophie et Blanche.
- Attrape.
Isaac me lança un chiffon que j’appuyai sur la plaie pour éponger le sang. Après quoi je déchirai un morceau de mon drap pour m’en faire un pansement. Je m’allongeai sur mon lit en ruminant mes pensées, comme toujours.
Qu’attendait donc la Mort pour venir me chercher ? Etait-elle retenue par la guerre ? Qu’en était-il de Flora, Marc, Pierre, Voltère, tous mes amis ?
Et d’autres questions encore : comment les Pokémons d’Alaric avaient résisté à nos assauts, malgré leur faiblesse ? Et Tyranocif Shiney ?
- Allez les deux rebelles, c’est l’heure de la pause !
Dans la cour de la prison, Isaac et moi retrouvâmes Bastien, Sophie et Blanche. Bastien avait une marque de brûlure au cou, encore rouge, et son pantalon était tâché de sang.
- Salut, dis-je. Ils t’ont encore interrogé ?
- Oui, répondit Bastien. Mais encore une fois j’ai rien dit, alors... Ils m’ont menacé de s’en prendre à Blanche.
- Tu rigoles ?
- Non, dit Blanche en haussant les épaules. Mais ils ne me font pas peur…
Elle fut interrompue par une jeune femme qui se dirigea vers nous.
- Salut ! De quoi est-ce que vous parlez ?
Nous la dévisageâmes tous. Elle n’avait pas l’air d’avoir plus que la vingtaine. Avec ses cheveux blonds qui tombaient en cascade sur ses épaules, son très joli visage, son teint frais et sa voix claironnante, elle avait l’air très déplacée dans cet environnement. Bien qu’ayant l’air mal à l’aise, elle continua :
- Je… Je vous vois souvent traîner ensemble, et je me demandais pourquoi vous alliez pas avec les autres ? Si on devenait amis ?
Aucun de nous ne répondit. Elle parut vraiment très craintive d’un coup, nous regardant tous les cinq à tour de rôle. J’avais l’impression d’être dans une cour de récréation, et d’avoir devant moi une nouvelle élève qui essaye de s’intégrer dans un groupe d’amis déjà bien solide. Sa sympathie me paraissait trop excessive. Peut-être était-ce dû à l’agacement que je ressentais : sa présence nous empêchait de parler de ce que l’on voulait. Un nuage découvrit le soleil, et un rayon éclaira ses cheveux soignés, comme de longs fils d’or brillant. Elle continua courageusement :
- Je… Je m’appelle Ayame… Et vous ?
Elle parut se ratatiner sous les regards qu’Isaac et moi lui jetâmes. Blanche nous regarda, l’air de dire « On lui donne une chance. » puis dit à l’attention de la jeune femme :
- Moi c’est Blanche, lui Bastien, Ed, Sophie et Isaac.
- Enchantée, répondit Ayame, soudainement radieuse. Alors, vous parliez de quoi ?
- … De la bouffe, répondit Bastien. C’est vraiment dégueulasse ce qu’on nous donne.
- Vraiment d’accord avec toi !
Isaac et moi échangeâmes un regard style « Mais c’est pas possible d’être débile comme ça ». Pourtant, plus elle discutait avec Blanche, Bastien et Sophie, plus elle apparaissait comme une simple d’esprit.
De retour dans notre cellule, Isaac lisait un livre dans son lit, au-dessus du mien.
- Hé… Ed…
- Quoi ?
- T’y crois, toi, à son histoire ? demanda-t-il en passant la tête par-dessus le bord de son lit.
- Qu’elle soit là parce que ses parents étaient des riches qui se sont rebellés ? Pas une seconde.
- Moi non plus.
Il se redressa sur son lit avant d’ajouter :
- On va devoir faire gaffe…
Une semaine et d’innombrables séances de torture plus tard, Bastien, Sophie et Blanche étaient devenus très amis avec cette Ayame. A mon grand dam, Bastien allait très loin. Ce jour-là, il allait commettre l’irréparable :
- Qu’est-ce que vous faisiez avant d’être emprisonnés ? avait demandé la jeune femme.
- Oh, nous ? On était dans la Nouv…
Je l’interrompis d’un coup de coude avant de terminer :
- La Nouvelle Pâtisserie. Tu sais, c’est cette pâtisserie qui avait ouvert après la prise de pouvoir de Sento ? – elle acquiesça – Ils nous soupçonnaient de faire du trafic de drogue, et d’en utiliser à la place de la farine…
Ayame hocha la tête gravement, apparemment convaincue. Bastien me regarda d’un air bizarre qui me fit penser qu’il avait compris : je ne faisais pas du tout confiance à cette Ayame. Isaac partageait mon point de vue, mais pas Bastien, ni les deux filles.
Une heure plus tard, dans notre cellule, je dis à mon ami :
- T’as remarqué ?
- Aucune Nouvelle Pâtisserie. Soit elle voulait pas passer pour une idiote…
- Soit ça l’arrangeait de nous faire croire qu’elle gobait tout.
- En tous cas c’est louche…
Le lendemain, je revenais d’une séance de torture particulièrement douloureuse. Je n’ouvris pas la bouche pour ne pas vomir, escorté par deux gardes qui me ramenaient dans ma cellule.
- Alors, tu comptes pas parler ? me demanda un garde en me tirant les cheveux.
- Tu sais qu’on va pas te tuer… Peut-être pas.
- Oui, on a peut-être pas besoin de te tuer, pas comme tes petits potes résistants.
Je le regardais dans les yeux. Deux mois de rancune envers tous les gardes, deux mois de haine et de souffrance me submergèrent. Je ne parvins cependant pas à laisser sortir mon côté psychopathe… Peut-être que j’étais trop faible. En tous cas, j’avais suffisamment de forces pour cracher à la figure du garde qui venait de dire que mes amis étaient morts.
Son ami me jeta à terre et me roua de coups, avec un autre garde qui patrouillait. J’entendis alors un grand cri et un bruit sourd, comme un homme qu’on jetait à terre.
Je relevais la tête : les deux autres gardes essayaient de maîtriser une furie dont les longs cheveux blonds cachaient le visage qui, de toute évidence, devait déborder de fureur.
- On ne touche pas mes amis…
- Mais qu’est-ce qu’elle fout dehors, cette folle ?
- J’en sais… Rien, répondit un garde en se prenant un poing dans la face.
Je me jetais aussi dans la mêlée, oubliant ma douleur au profit de la fureur, trop content de pouvoir frapper nos bourreaux pour une fois. Des renforts arrivèrent et on emmena Ayame dans sa cellule, d’après ce que je pus entendre. Quant à moi, quatre hommes me maitrisèrent rapidement et m’emmenèrent dans le bureau du commandant de la prison.
- Entrez, répondit une voix après qu’un garde ait frappé à la porte.
Nous pénétrâmes tous les cinq tant bien que mal dans le bureau.
- Qu’est-ce que c’est ? demanda le commandant.
C’était un homme grand, très gros. Son regard était froid et impitoyable, comme celui d’un Tyranocif. De plus, sa bouche était comme agitée de convulsions, ce qui lui donnait un air encore plus sadique. J’avais déjà eu affaire à lui à mon incarcération ici. Ce jour-là, il m’avait promis de me faire dire où se cachaient les membres de la Nouvelle Armée. Bien sûr, ils ne les ont toujours pas trouvés, sinon ils arrêteraient de nous torturer et nous supprimeraient.
- Ce sale résistant a craché à la figure d’un de nous avant de se battre, répondit un garde dont l’œil était poché.
- Je vois, je vois…, répondit son chef. Hé bien, je dois dire que depuis que tu es arrivé ici tu n’as causé que des ennuis, te rebellant et refusant de coopérer. Tu as même envoyé un de nos gardes à l’infirmerie il y a bien un mois…
- Il y est toujours ? plaisantai-je, malgré l’amertume et la douleur qui me rongeaient. J’aimerais lui envoyer des fleurs…
Un garde me frappa au ventre avec une telle violence que j’en eus le souffle coupé. Le commandant me releva le visage et approcha le sien. Je pouvais sentir son haleine à donner la nausée à un médecin légiste et il me frappa au visage. Le sang coulait à présent de mon nez et les soldats riaient grassement. Le commandant ordonna :
- Emmenez-le en isolement… Il sera exécuté demain à six heures du matin.
Fin du chapitre ![]()