Chapitre3: Une mauvaise rencontre en forêt
Les premiers rayons du soleil illuminaient déjà la forêt. Sous la coupole de feuillage des arbres, le petit camp de fortune s’éveillait doucement, éclairait par quelques rayons qui dardaient au travers de la barrière verte.
Lucianus s’était déjà levé. Bien avant le soleil. Quand les étoiles, belles et scintillantes brillaient dans la voûte céleste.
Dans sa main droite, pendait une perdrix. Et, dans l’autre, un magnifique couteau de dépeçage en ivoire.
- La journée s’annonce clémente, s’exclama t-il. La Cité Impériale ne doit plus être loin à présent, j’y arriverais sans doute dans l’après-midi.
Il commençait à dépecé sa prise. Le sang pourpre coulé doucement, se jetant dans une gourde de couleur ocre avec de jolis filaments dorée tressés sur le cuir rapiécé tandis que les rebus de peaux s’étalait autour de la carcasse encore chaude.
- Le sang, pour Hircine, murmura t-il tout en rapiéçant grossièrement un morceau de peau ; en remerciement de m’avoir permit d’attraper cette proie, sans qui, je ne pourrais pas me nourrir et les morceaux de peaux plumés, sans doute, les vendrai-je dans un négoce de la Cité Impériale.
Le soleil était pleinement levé. Lucianus était prêt à partir. Il prit dans sa main creuse et légère, sa gourde de cuir et éteignit les dernière braises encore rougeoyante qui était autrefois un feu dont les flammes venaient lécher les morceaux de perche.
Au loin, haut dans le ciel, ployait la magnifique tour d’or blanc du palais impériale. Belle, avec une silhouette disgracieuse qui se découpait au milieu du paysage. Sa pointe disparaissait dans les nuages grisâtres. Sa façade, disait-on, était orné de magnifique arabesque et autres enluminures qui couraient sur ses murs. C’était le plus bel exemple architectural de l’ancienne civilisation nommé Ayléide.
Mais Lucianus n’avait encore jamais mis les pieds dans la capitale impériale et semblé tout excité à l’idée de s’y rendre, même si le but n’est pas pour faire du tourisme mais il aurait le temps d’aller à eux, trois adresses vivement conseillé par son grand frère, un assassin de niveau 5. C´est à dire trois niveaux et années au dessus de Lucianus ainsi que par son oncle, qui tient une taverne dans un quartier. L’auberge des marchands dans le quartier du marché, il y passerait la nuit gratuitement et pourrait revoir son oncle qu’il n’avait plus fort longtemps.^
- Ta bourse ou la vie, ma p’tite coquine !
Un orque à l’air ahuri se tenait droit et fier devant Lucianus, bouchant de sa carrure le petit sentier qui filait droit vers la route. Il se montrait menaçant avec sa grosse masse en fer, du moins il essayait car on aurait plutôt dit une danse de villageois.
- Ecarte-toi de mon chemin si tu ne veux pas perdre la vie. Répliqua sèchement Lucianus qui commençait déjà ç glisser sa main dans sa robe pour y chercher sa dague.
L’orque fut surpris de la réponse d’un aussi jeune garçon qui osait sans aucune arme le défier. C’était d’une grossièreté qu’il commençait à en rire.
- Petit, vociféra l’orque, écoute-moi bien, je suis un brigand, tu es un gosse et pour l’instant, je suis assez clément pour te laisser la vie alors prend cette chance et retourne dans les jupons de ta mère.
Le jeune assassin semblait perdre patience et l’éclat argenté de la lame commençait à se voir, brillant au milieu de la robe.
Il ne tremblait et rester là, serein, attendant le moindre faux pas du pachyderme pour lui enfoncer la lame glaciale dans la jugulaire. Seulement, l’orque se tenait devant et Lucianus n’était pas non plus à l’abri du faux pas qui le conduirait droit au cimetière, avec la masse encore encastré dans son crâne. Mais il était entrainé pour garder son sang froid, son regard ne quittait pas une seule seconde la masse de l’orque et son corps était prêt lui aussi à faire toutes les figures pour neutraliser la cible.
- C’est la dernière fois que je le répète…Ecartez-vous de mon chemin ou je vous expédie six pieds sous terre, me suis-je bien fait comprendre ?
Lucianus avait un plan et un plan bien huilé. Ce ne serait pas lui qu’attaquerait mais l’orque. Pour cela, il devra pousser l’orque à le tuer, du moins essayé. La colère prendrait le dessus et aveuglerait le peu de réflexion qu’il possède dans sa cavité de vide. Simple mais astucieux.
- Tu sais l’orque ou plutôt le gros artichaut, si vous permettez. Si vous m’approcher, je vous tue avant même que vous ayez sentis la lame se planter dans votre gorge. Second choix, beaucoup plus sain pour nous deux, vous vous écartez et moi je continue ma route.
S’en était trop pour l’orque. Il s’élança, masse à la main, ne se rendant pas compte qu’il était tombé dans un piège dont les sorties se refermaient déjà au fur et à mesure de ses pas lourds qui déplaçaient les montagnes de l’ignorance.
Lucianus se saisit de sa dague et la glissa au creux de sa main et s’élança à son tour, un petit rictus de pré-victoire mêlé à une satisfaction de son intelligence. Tous deux, irait jusqu’au bout mais au final, un seul des deux s’en sortirait vivant. L’orque ne vit que trop tard, le bond fulgurant que dessinait dans les airs l’assassin qui lorsque l’orque fut à son côté, n’hésita pas une seule seconde et lui planta la lame dans la jugulaire.
Un flot de sang éclaboussa les troncs des arbres et le sol poussiéreux. L’orque s’étala par terre. Inerte. Uneflaque de sang qui commençait à entourer son cadavre.
Le visage froid et inexpressif, Lucianus retira la dague et l’essuya sur le pantalon en peau de biche de l’orque malchanceux qui déjà devait regretter fortement. Il adressa un dernier regard sur le cadavre et s’en alla, toujours avec ce petit rictus de satisfaction.