Chapitre 2: L´antichambre de l´Enfer
Quand j´ai vu ce sinistre spectacle j´ai tout de suite su ce qui m´attendait, une fuite désespérée en avant face à une horde démoniaque déchainée. J´ignorait si je pourrait sauver quelques civils et même si je pouvait sauver ma propre peau. Je n´avait pas la moindre idée de ce qui m´attendrait à l´extérieur mais ce stupide instinct de survie m´incitait à essayer de rester en vie.
Les gardes luttaient au corps à corps contre les daedras. J´ai sorti mon arc et décoché une flèche en pleine tête d´un d´entre eux qui s´est effondré sur le champ. Je m´apprêttait à décocher une autre flêche quand j´ai entendu des pas venant dans ma direction, j´ai juste eu le temps de tirer dans la jambe de mon assaillant avant de sortir mon épée de son fourreau. Ce salaud utilisait une grande épée imposante comme je n´en avait jamais vu avant qu´il maniait comme des katanas akaviri du poids d´une plume. Je n´avait jamais été un combattant particulièrement brillant mais là c´était différent, comme si toutes les forces de la haine et du désespoir s´étaient réunies dans mes bras faisant de moi leur esclave et leur serviteur.
L´adversaire était déchainé mais je réussisait à tenir le coup avant de lui planter mon épée dans le corps.
J´aurait du passer à gauche de la chapelle mais j´avait encore ce mince et stupide espoir que je pourrait sauver quelques civils que les démons n´auraient pas encore tué. J´ai couru vers le champ de bataille pour aider mes alliés même si je savait bien qu´il n´y avait plus grand chose à faire. J´ai rencontré un nouvel ennemi, il avait dans ses mains une hache grande et lourde et tranchante comme les dents d´un poisson carnassier, et venait de décapiter un garde de cette ancienne ville de Kvatch qui ne serait bientôt plus qu´un gigantesque cimetière à ciel ouvert. Ses coups étaient autoritaires et sans pitié, j´esquivait comme je pouvait avant de coller mon dos au mur et de lui transpercer le flanc. Un démon qui avait vu la scène a couru vers moi, sa tête était nue et je pouvait voir dans son regard une haine et la soif de sang que seule la mort pouvait calmer. Son Il portait une claymore, ses coups encore plus amples et dévastateurs. J´ai à peine pu bloquer son premier coup avec mon bouclier que je sentait déjà mon corps pris par les glaces d´un hiver à Bordeciel.
Le froid réveillait mon corps tout entier me rendant encore plus fébrile et déterminé, j´essayait tant bien que mal de frapper l´adversaire mais mes tentatives étaient inutiles, chacun de mes coups échout systématiquement et lamentablement tandis que les siens manquaient à chaque fois de me transpercer. Mon adversaire était déchaîné, prêt à mener 15 combats à mort de suite face à 15 seigneurs minotaures en armure d´ébène. Un de ses coups m´a fait tomber par terre et perdre mon épée. J´était là allongé au sol, la pluie glaciale me fouettant le visage, le démon s´aprêttait à planter sa claymore dans mon corps mais j´ai fait une roulade, récupéré mon arme et je lui ai planté dans les jambes, je l´ai entendu pousser un cri horrible envahi par la douleur. Il a tenté de répliquer mais je me suis relevé et d´un mouvement net et précis je l´ai décapité, j´ai vu sa tête voler dans les airs puis s´écraser au sol satisfait. Malheureusement je n´ai pas eu le temps de me reposer, un civil allait se faire assassiner sous mes yeux, j´ai foncé et planté mon épée dans le flanc d´une araignée daedra. Mais tu as beau faire quoique ce soit tu t´aperçois que c´est toujours la même chose, tu crois pouvoir sauver quelqu´un et il y a toujours une flèche qui part de nul part pour se loger dans la tête d´un innocent, son sang éclaboussant ton visage, tes mains continuant de tenir le corps sans vie avant qu´il ne s´effondre au sol dans un bruit sourd. Tu fermes les yeux, tu réfléchis et tu t´aperçois tout d´un coup de la triste réalité: tu n´es qu´un pion sur un champ de bataille avec la mort au dessus de toi qui manipule les vies à son style: imprévisible et sans pitié, tu ne contrôles rien, autour de toi c´est le chaos et rien de ce qui ne se passe autour de toi n´est explicable. La mort frappe qui elle veut, comme elle veut, quand elle veut et tu ne peux rien contre ça. Quand tu rouvres les yeux tu as un tueur fous aux yeux rouges et au regard vitreux devant toi qui s´aprêtte à te trucider avant qu´une flèche ne lui transperce le bas du torse et qu´il ne te crache son sang au visage. J´ai couru à toute allure tué un faucheclan et franchi les portes de Kvatch. J´était là coincé entre la porte de l´enfer grande ouverte et les portes de son antichambre grandes fermées. J´avait réussi à m´enfuir et à tuer quelques démons mais ça ne suffisait pas. Au fond de moi je savait que j´avait échoué. Une fois dehors je n´avait qu´une idée en tête mais une mauvaise surprise m´attendait.