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[Fic] Le Mécréant et l'Inquisiteur

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
14 octobre 2007 à 18:32:16

Le Mécréant – Chapitre 1 : Retour à la société

13 Vifazur 4E55, un peu après midi

« Il me faut des forces avant de me mettre en route : je bois une gorgée de bière et fait cuire mes grains de riz d´un geste rapide, manquant de les carboniser. Au bout d´environ quatre heures de marche, j´arrive à l´Université Arcanes. Il s´agit d´une sorte de forteresse, une immense tour entourée de petits bâtiments, une minuscule enclave dans laquelle les membres de la Guilde peuvent enfin se sentir et sécurité, et continuer à ignorer le monde extérieur dont ils ne connaissent absolument rien. Il y a en tout huit mages de guerre qui patrouillent à l´intérieur de l´enceinte, et il doit y en avoir autant pour faire le service de nuit, sans compter ceux qui font leur ronde autour des murailles. Je demande à l´un d´entre eux si il est possible d´en apprendre plus sur la façon de combattre les nécromanciens, mais il me rétorque d´un ton sec que seuls ceux qui ont reçu les recommandations de chaque chef de guilde des autres villes de Cyrodiil ont accès aux Archives Mystiques, et que les ouvrages à propos des Arts Noirs étaient consultables uniquement par l´Archimage et les Investigateurs. Je ne suis pas encore assez puissant pour défier tous les mages de guerre de l´Université Arcanes, mais ce jour arrivera. Quand je franchirais à nouveau ces portes monumentales ornées d´ébonite, j´apporterais les recommandations des dirigeants de toutes les guildes de Cyrodiil. Accompagnées de leurs têtes, et ce misérable Archimage se prosternera au bas de mon trône, fait des ossements des imbéciles qui auront tenté de me barrer la route !

Déçu, je me rabats vers la Cité Impériale. Il est six heures passées, je finis ma bière et mange mes deux pommes de terre. Il va falloir que je trouve un lit pour y passer la nuit, et de l´argent si je veux manger demain. Je me renseigne auprès du premier mendiant que je croise afin de savoir quel Quartier est le plus riche, et j´apprends qu´il s´agit de la Place Talos. Je vais devoir préparer mon attaque soigneusement, et je m´y attelle alors que la nuit commence à tomber. Je cherche dans tous les recoins, et je finis par trouver un autre mendiant. Lui perforant la nuque de ma dague, je cache le corps dans un coin et récupère ses trois pièces d´or. Je m´embusque près de l´entrée de la ruelle, dans un recoin sombre, et j´attends. Enfin, je vois une silhouette s´avancer. Psalmodiant silencieusement l´incantation impie, j´insuffle ma volonté au corps sans vie de ma victime, qui barre le passage et commence à étrangler le passant. Je m´élance dans la nuit, et alors que je m´apprête à frapper, le Dunmer fait apparaître une étrange armure dotée d´un masque métallique contre lequel ma dague rebondit, ainsi qu´une masse d´arme. Il enflamme ma créature avant de se tourner vers moi.

J´utilise le toucher glacial et tente de lui percer le poignet, mais il ne lâche pas son arme et me frappe violemment au ventre, le choc me plie en deux et je tombe à genoux. Je riposte en le touchant à la jambe, j´en profite pour me relever et frappe à l´épaule, puis au ventre. Il titube, j´en profite pour lui lancer un sort, le faire tomber à terre et lui briser la nuque d´un coup de talon. Son étrange attirail disparaît, je lui prend ses vingt-et-un septims, l´habille des guenilles du mendiant et le cache dans les égouts.

Un garde risque d´arriver à tout moment, je dois faire vite : je disperse les restes calcinés du mendiant derrière un groupe de buissons et me demande ce que je pourrais faire de la clé... Je devrais peut-être attendre le lendemain, afin de questionner les passants pour connaître son adresse et ainsi dévaliser sa maison. Oui, attendre le jour suivant me semblait être la bonne solution, et il n´était pas question de dépenser mes rares pièces d´or pour louer une chambre dans une auberge. Épuisé, je me laisse tomber sur la paillasse du mendiant. Une paillasse... Un jour, tous les lits de cette misérable Cité Impériale, de Cyrodiil, de Tamriel, de Nirn tout entier et même au delà n´appartiendront qu´à moi ! J´en fait le serment sur tous les noirs secrets de la Nécromancie. Avant de sombrer dans le sommeil, je repense à l´équipement invoqué de ma victime. Il faut absolument que je sache quel sort elle a utilisé, et que je l´apprenne.

Ce sort m´apporterait le Pouvoir.

Du Pouvoir. Il me fallait plus de Pouvoir. »

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L´Inquisiteur – Chapitre 1 : Présentations

14 Vifazur 4E55, à l´aube

« Nous nous levâmes vers sept heures, et profitâmes d´un petit déjeuner frugal, étant donné qu´il s´agissait des dernières réserves. Après que chacun eût fini de manger, la Maître-Investigatrice prit la parole :
«Bon, à présent il est trop tard pour revenir en arrière, alors autant y aller complètement. Commençons par les présentations : je suis Karrinare, le Conseil ne m´a pas jugée assez... coriace pour devenir Mage de Guerre. Je ne supportais pas le port de l´armure complète d´acier et les entraînements à la hache de guerre, pas plus que de servir la Guilde de façon aussi calme que la plupart. A présent, je voudrais te présenter...
Enchanté. Mon nom est Hastres, le second de Dame Karrinare, enchaîna le Bréton, lui coupant la parole. Si tu n´oublies pas qu´elle est ta supérieure, bienvenue parmi nous. Oh, encore une chose, l´Archimage ne m´as pas nommé son second pour rien.
Donc, comme je disais, rétorqua l´Altmer en fusillant l´humain du regard, je voulais te présenter Dranas, dit-elle en adoucissant subitement la voix et en jetant un coup d´oeil timide au Dunmer. Mon... ami, continua t-elle en hésitant sur le terme à employer. D´enfance, se rattrapa t-elle précipitement. C´est un bon archer, et un duelliste exceptionnel, sans compter son talent incomparable au niveau des sorts de destruction.

Hastres jeta au dénommé Dranas un regard méprisant, qui le lui rendit.

« Je suis heureux de te rencontrer, gamin, dit il en reportant son attention sur moi. J´en ai vu trop comme toi périr pour te promettre que ça n´arrivera pas, mais pas assez pour ne pas m´émouvoir quand tu mourras de la plus atroce des façons.
Bon, passons à présent à Idroliane, reprit subitement Karrinare, c´est notre alchimiste et traqueuse, assez douée pour la guérison, l´altération et l´illusion. Elle s´occupera de toi si tu es blessé, ou si tu as une question à poser et que je n´ai pas le temps de m´en soucier.
Bienvenue parmi nous, mon garçon. Nous aurons le temps de mieux nous connaître en chemin, alors autant se mettre en route.
Hastres et Dranas, vous viendrez avec moi pour faire notre rapport à l´Archimage. Idroliane et Matthias, allez commencer l´enquête. Rendez-vous devant le Temple de l´Unique à une heure, conclut l´Altmer.»

Alors que nous allions franchir la porte de la Cité, la Bosmer engagea la conversation :
« Je suis désolé pour ton village et pour tes parents.
Mon père est mort alors que j´avais six ans, et je n´ai jamais connu ma mère. C´est le prêtre des Neufs de Wawnet qui m´a recueilli et éduqué. Je suis triste pour lui et tous ceux que je connaissais. Quelle mort horrible... Je me demande si leurs âmes seront bien accueillies en Aetherius.
Moi, je suis partie de chez mes parents alors que j´avais vingt ans. Après un peu moins d´un siècle d´études à Cyrodiil, je suis revenue à Val-Boisé. Ils étaient tous morts depuis longtemps, tués et ressuscités par des nécromanciens fuyant la justice cyrodiilienne. Les vingt-huit années qui suivirent, je me suis consacré aux spécialités ancestrales de mon peuple : le tir à l´arc et la traque en milieu sauvage. Puis je suis revenue voir l´Archimage Traven. Enfin son successeur, Raminus Polus, Hannibal était mort depuis quelques temps déjà... J´ai été incluse dans la toute première équipe d´Investigateurs. Depuis, je passe ma vie à accompagner ceux qui ont eu un parcours semblable au mien, à pourchasser tous les mages noirs qui ont le malheur de croiser ma route, de près ou de loin. Traverserais-tu tout Tamriel, de Hauteroche au Marais Noir, puis de Val-Boisé à Morrowind, aller et retour, que tu n´aurais pas parcouru le tiers de la distance sur laquelle j´ai erré depuis ce jour. »

Je restai un moment silencieux, plongé dans mes pensées. Tous les membres de cette équipe étaient ils passés par de tels évènements ? Idroliane et moi, oui. Pour parler de morts atroces et de souffrances d´innocents de manière aussi désinvolte, Dranas aussi. Il avait dû voyager beaucoup avec Karrinare, si j´en croyais ses mots, elle était donc aussi à inclure dans cette liste. J´étais à ma place, entouré de gens semblables à moi, mis à part deux choses : ma loyauté allait d´abord aux Neufs et non à l´Archimage, et leurs blessures dataient de nombreuses années, ne laissant que de cicatrices douloureuses. Mon coeur, lui, saignait encore abondement, mais la toute-puissance des Neufs empêchait les fléaux de la Haine ou de la Vengeance d´infecter mes plaies. Il fallait toutefois que quelqu´un fasse quelque chose, qu´il contre les actions impies des nécromanciens, et je le ferai. Dès que je reverrais Karrinare, je lui demanderai l´autorisation de devenir un assistant-investigateur.
« Je comprends. Oui, je comprends enfin. Merci de m´avoir éclairé, Idroliane, ajoutai-je avec un sourire.
De rien. Si tu tiens à me remercier, considère moi comme ta grande soeur.
D´accord, grande soeur, concluais-je avec un clin d´oeil. »

Je contemplais la Cité. Ses rues et ses trottoirs étaient pavés et nettoyés impeccablement, les bâtiments étaient ordonnés, des dizaines de gens se promenaient, discutaient, achetaient et vendaient. Certains d´entre eux étaient richement vêtus. Cette ville était bien le centre du monde. Il y avait même un journal, que me tendit un Impérial. Le parchemin était tiré « Double meurtre place Talos », et il était question de l´assassinat d´un riche Dunmer et d´un mendiant. Les corps n´avaient pas été retrouvés. Qu´est ce qui pouvait pousser quelqu´un à commettre de telles atrocités ? La réponse ne tarda pas à arriver.

Ce meurtrier était le Mal.

Le Mal. Il fallait éradiquer le Mal. »

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
14 octobre 2007 à 18:32:57

Le Mécréant – Chapitre 2 : Première journée dans la Cité

14 Vifazur 4E55, à l´aube

« Je me lève à l´aube, le dos quelque peu malmené, mais la paillasse n´était guère moins confortable que celle de la grotte où j´ai dormi durant tant d´années. Une nouvelle journée m´attend, avec son lot de surprises, de richesses, de récompenses, de vols et peut-être de meurtres. Peu importe. Je me dépêche d´entrer dans les égouts afin de mettre le corps de ma dernière victime et de mon futur serviteur en lieu sûr, loin de la trappe d´entrée. J´erre quelques temps dans les conduits infects, et je finis par trouver la sortie. Je ressorts par la ruelle, mais je ne suis pas dans le Quartier de la Place Talos... Après avoir observé quelques peu les alentours et vu plusieurs boutiques, j´en conclu que je suis dans le Quartier du Marché. Il va falloir que j´attende que la disparition soit remarquée, et cela risque de prendre un moment. En attendant, je choisis de satisfaire mon estomac vide et mon gosier desséché à l´Auberge des Marchands. Les prix de la Cité Impériale étant ce qu´ils sont, je me contente d´une bouteille de bière et de quatre miches de pain, soit de quoi me nourrir pour aujourd´hui et demain en me rationnant, cela me coûte quinze pièces d´or, et il ne m´en reste plus que seize. Quand je sors, il est environ dix heures. Soudain, un Impérial m´aborde en me tendant un morceau de parchemin. Il m´indique qu´il s´agit du courrier du Cheval Noir. Je le lis attentivement :

Double meurtre Place Talos ?

Tous les indices laissent supposer qu´Ulen Athram et Francus le Mal-Payé, résidant tous deux Place Talos, le premier au numéro 3 de la place en question, le second sur un paillasse dans un recoin donnant sur une bouche d´égouts, ont été assassinés durant la nuit du 13 au 14 Vifazur. C´est sa femme, Dralora Athram, qui a signalé sa disparition à cinq heures du matin, car elle s´était couchée sans lui en attendant qu´il rentre, vers minuit. Les corps n´ont pas été retrouvés, et les recherches dans les égouts ont commencé. Il s´agit sans aucun doute d´une personne dérangée ou d´un désespéré cherchant à le détrousser, car comme nous le rappelle Galtus Senariel, le commandant de la Légion Impériale, la Confrérie Noire n´est qu´un mythe, et dans le pire des cas elle a cessé ses activités depuis plusieurs décennies. Il a même démenti le fait que ses deux prédécesseurs, dont Adamus Phillida, aient été assassinés par cette Confrérie. D´autres se rappellent tristement la sinistre vague de meurtres qui avait emporté tous les membres de sang royal durant la nuit du 26 au 27 Vifazur 3E433, à l´exception de l´empereur Uriel Septim VII et de Martin Septim Ier, dont certain disent qu´il est un fils illégitime. Quoi qu´il en soit, les gardes chargés de l´enquête ont assuré qu´ils parviendraient rapidement à identifier le coupable et que nul n´était en danger, mais qu´il vallait mieux ne pas sortir à la nuit tombée, ne jamais être seul, n´ouvrir à personne la porte de sa maison et penser à renforcer toutes les serrures.

Parfait. Numéro trois, place Talos. Cette nuit, je pourrais tranquillement piller sa maison, après avoir tué sa femme. En attendant, je vais pouvoir faire mes recherches sur la nécromancie. Par où commencer ? Peut-être par le Quartier du Sanctuaire... Oui, cela pourrait être une bonne idée. Je pourrais me faire passer pour un prêtre ou un moine voulant les éradiquer. Quand j´y arrive, il est midi. Je vais me renseigner auprès des prêtres du temple de l´Unique. Il a été très largement agrandi depuis l´attaque de la cité par les hordes daedriques et la destruction de son dôme par Méhrunès Dagon, et l´ancien temple n´est plus que le sanctuaire secret, réservé aux Primats, les dirigeants de l´Elise des Neufs, et il abrite à la fois la soit-à-disant preuve de la puissance d´Akatosh et les Feux de Dragons, rallumés par Athradius Septim II, le second Prophète de l´Unique, prétendue réincarnation de Martin Septim et Élu d´Akatosh, le nouvel Empereur. Il est entouré par un gigantesque Temple richement décoré. J´y rencontre Tandilwe, Primat d´Akatosh et maîtresse de ce sanctuaire, elle était là lorsque, quatre-vingt-onze ans plus tôt, Martin Septim avait détruit l´Amulette des Rois et s´était transformé en avatar d´Akatosh pour éliminer définitivement le Prince Deadra, avant de se changer en statue et selon le Credo, se réincarner en Athradius Septim Ier, qui offrit son sang et sa chair pour créer la nouvelle Amulette des Rois.

Elle m´apprend que celui qui se faisait appeler Mannimarco n´était que le Roi des Vers, l´avatar de l´immortel Dieu des Vers, et que cela expliquait la recrudescence des mages noirs malgré la défaite du Culte Nécromancien par le successeur d´Hannibal Traven, Raminus Polus, et le prédécesseur de Sannenal, l´actuel Archimage. Malheureusement, elle ne sait pas où se situe la Crevasse Noire. Avant de partir, elle ajoute que je ferais mieux de devenir assistant d´un Investigateur si je veux les combattre. Comme si j´allais me soumettre aux ordres d´un incapable ne sachant pas où se trouve le Pouvoir... Mais les informations de la vielle Altmer m´ont été utiles. Je la remercie et me dirige vers le numéro trois de la Place Talos, croisant au passage une Bosmer vêtue de la robe investigatoriale et un jeune Dunmer, sans doute son assistant. Ils sont partout, et il me sera dur de les éviter, mais si ils font obstacle entre moi et le Pouvoir que je mérite...

Quand j´arrive enfin devant l´imposante bâtisse, il est presque trois heures. Je vais devoir me contenter d´un repas par jour, aussi est-il inutile de me fatiguer, je dérobe la paillasse du mendiant et m´allonge dans les égouts, près du cadavre du vieux Dunmer. Je m´exerce à la nécromancie sur son corps et relis plusieurs fois la Lune du Nécromancien à la recherche d´une quelconque indication sur la façon d´atteindre cette Crevasse Noire et l´Autel du Nécromancien. Je n´y découvre qu´une chose, à la lumière des révélations de cette journée : je dois continuer à m´exercer en attendant que le Dieu des Vers revienne une nouvelle fois à la surface de ce monde. Enfin, la nuit tombe. J´ouvre discrètement la porte de la maison grâce à la clé en m´engage silencieusement dans la magnifique maison, qui semblait être décorée dans le seul but de démontrer l´incommensurable richesse de son propriétaire. En dérobant les meilleures bouteilles de vin et les livres les plus intéressants, sans oublier une généreuse portion de nourriture acquise dans le garde-manger. Enfin, je passe à l´étage : sa femme dort. Je sors ma dague et enlève délicatement le drap de soie, dévoilant le corps nu de ma victime. Caressant du doigt la peau lisse et douce de son dos, je détecte la position exacte du centre son coeur, entre deux côtes, et y plante ma lame jusqu´à la garde en même temps que je glace le sang des artères de son cou. Elle est morte au bout de deux secondes, sans avoir crié. En la regardant, je me rends compte qu´il s´agit de la troisième personne que je tue en l´espace de vingt-quatre heures. Je monte au grenier, y prends le livre rouge qui trône sur le bureau et emporte le corps de Dralora Athram avant de le poser à côté de celui de son mari, qui commence à attirer les rats du fait de son entrée en décomposition. Fourbu, je m´endors, le livre volé attendra bien demain.

Peut-être recélait-il un quelconque pouvoir ?

Le Pouvoir. Il me fallait plus de Pouvoir. »

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L´Inquisiteur – Chapitre 2 : La Traque reprend

14 Vifazur 4E55, vers onze heures du matin

« Que pense tu de ces assassinats, Idroliane ?, lui demandais-je après lui avoir tendu le journal.
- Pas grand chose. Il faudra juste que tu dises à Dranas combien il y avait d´habitant à Wawnet et rajouter ces deux là à leur compteur, dit-elle d´un ton froid.
- Tu veux dire que...
- Bien sûr. Connais-tu assez de gens suffisement dérangés pour tuer deux personnes en faisant disparaître les corps pour un usage ultérieur ? Désormais, tu n´est plus le dernier sur la liste de ceux qui ont perdu quelqu´un à cause d´eux.
- D´accord. Je comptais justement devenir l´assistant de Karrinare... Tu es déjà venue souvent par ici ?, répondis-je, à la fois désireux d´en savoir plus sur elle et de changer de sujet.
- De temps en temps... Après mes études à l´Université Arcanes, j´y ai été absente longtemps, puis j´étais censée y revenir tous les ans, mais c´était en général tous les dix ans, une fois que j´avais commencé la traque des mages noirs. »
La traque. Tout ce qui touchait à elle, de près ou de loin, semblait y être mêlé. Sa vie avait dû être remplie de souffrances, les siennes et celles d´autrui, et pourtant, elle représentait l´espoir et la seule possibilité de rires et d´amitié pour moi. Les nécromanciens auront à répondre de nombreux crimes, et la peine de mort me semblait être bien dérisoire pour de tels écarts envers les saints Commandements des Neufs. Étais-je en train de les suivre en ce moment ? Le dixième et dernier, le plus important, celui qui faisait leur unanimité, était : « Avant tout, sois bon avec ton prochain. ». Comment pouvais-je être bon avec ces êtres vils et dépourvus de tout sentiments, voués à faire le Mal depuis tant d´années ? Les Investigateurs ne devaient pas se poser ce genre de questions, mais moi, si. Peut-être que les âmes immortelles des nécromants pouvaient être pardonnées et rejoindre Aetherius si leurs corps corrompus étaient purifiés par les flammes ? Oui, je pouvais être bons avec eux en les combattant.

Nous nous arrêtâmes à l´Auberge de Tous les Saints, au Quartier du Temple, pour manger et dépenser les dernières pièces de l´équipe pour reconstituer nos réserves : à chaque passage dans la Cité, la Guilde leur fournissait quatre cent septims mais pas les aliments. En discutant de choses et d´autres, nous nous sommes dirigés vers le Temple de l´Unique, notre point de rendez-vous avec Karrinare, Hastres et Dranas. Un pauvre Dunmer, sans doute de sang mêlé, dévisagea Idroliane en sortant du temple. Il avait sans doute peur du meurtrier, ou plutôt des nécromanciens. Il s´attendait à ce que nous le protégions. Une fois dans le Temple, je priais longuement chacun des Neufs de me guider, et les remerciait d´être toujours en vie. Je m´attardais tout particulièrement devant le Grand Autel d´Akatosh, et celui d´Arkay, ennemi de la Nécromancie et maître de la vie et de la mort. Leurs deux Commandements, « Sers ton empereur et obéis-lui. Étudie les conventions. Vénère les Neuf, fais ton devoir et observe les commandements des saints et des prêtres » et « Honore la terre, ses créatures et les esprits des vivants et des morts. Protège et entretiens les bienfaits du monde mortel et ne profane pas les esprits des morts. », je pensais les avoir respectés. Je m´agenouillais une dernière fois devant la porte qui mène au Sanctuaire des Feux de Dragon en murmurant la première prière que j´avais apprise : « Loués soient Akatosh et tous les Divins ». Puis, j´ai discuté de choses et d´autres avec la Bosmer en attendant que les autres arrivent, ce qu´ils ne tardèrent pas à faire.

« Karrinare, je souhaite devenir ton assistant. Tous les ennemis d´Arkay être ramenés dans le droit chemin, et je compte vous aider à vous en charger.
- Bien. Idroliane, Hastres, Dranas, renseignez vous, fouillez la Cité. Ils doivent être là, nous ne pouvons pas nous permettre de les laisser s´échapper. Je vais à l´Université Arcanes avec Matthias, rendez-vous ici-même dans trois heures. »

Sans ajouter un mot, les trois Investigateurs s´éloignèrent. Les formalités se déroulèrent sans aucun problèmes, et je devins Associé de la Guilde des Mages, uniquement dans les registres, m´assura la Maîtresse-Investigatrice : l´accès à l´intérieur de l´Université Arcanes me serait ouvert dès que je deviendrais Investigateur. Sur le chemin du retour, nous discutâmes de mes talents magiques : je pourrais apprendre la Destruction et le Mysticisme avec Dranas et la Guérison avec Idroliane. Mon rôle théorique en cas de combat était de protéger la Bosmer des zombies et des squelettes, et d´obéir à tous ses ordres. Il était quatre heures quand nous nous retrouvâmes. Hastres et Idroliane étaient là, mais à la place de Dranas se trouvait un jeune Impérial qui dit à Karrinare : « Le Frère du Vent Mortel a trouvé la honte de l´anathème du Tisseur chez l´Elu du Dragon. ». Hastres prit un air agacé, tandis qu´Idroliane donnait quelques pièces au garçon. Karrinare se mit en route sans dire un mot, suivi de nous quatre. Elle ne tarda pas à arriver à la Place Talos, où se tenait le Dunmer, revêtu d´une armure de cuir. Il prit la parole : « Ils sont à l´Hôtel Tiber Septim. Il y a encore la patronne et deux clients à l´intérieur, que faisons nous ?
- On attend. Laisse nous nous équiper, peut-être que d´ici là, les clients seront sortis. »
Au bout d´une heure, un seul des deux occupants était sorti, et les premiers locataires risquaient d´arriver : il était temps de passer à l´assaut. Dranas portait une armure et un bouclier de mithril et une épée longue en argent, Idroliane une tenue de cuir et un arc elfique et des flèches d´argent, Hastres une hache d´armes en argent et Karrinare un bâton doré finement ouvragé d´entrelacs d´argent. Quand à moi, je portais toujours ma masse d´armes et mon bouclier de fer, et me souvins amèrement de la promesse que je m´étais faite d´obtenir une cuirasse le plus tôt possible. Allais-je finir ma vie ainsi, comme le précédent assistant de Karrinare ? Mon âme rejoindrait-elle Aetherius, ou serait-elle soustraite à la loi d´Arkay ? Retrouverais-je mon père adoptif et mes amis après ma mort ? Je dus faire un grand effort de volonté pour rejeter ces questions. « Loués soient Akatosh et tous les Divins », murmurais-je alors que Karrinare entrait dans l´hôtel, suivi de Dranas et d´Hastres, puis de moi et d´Idroliane.

Les nécromanciens ne se trouvaient pas dans la grande salle, majestueusement ornée de tentures brodées de fils d´or, aux tables d´ébène vernies et garnies d´innombrables plats d´argent sur lesquels étaient disposés artistiquement des mets succulents. Nous fîmes évacuer le dernier client et la patronne alors que Dranas se ruait à l´étage, arme à la main. Hastres déverrouilla la porte de la première chambre d´un sort : elle était vide. La fenêtre de la seconde chambre était ouverte, et une corde faite de draps noués menait jusqu´en bas : ils s´étaient échappés. « Les issues du Quartier sont bloquées. Vite, aux égouts ! », s´écria la Dame-Inquisitrice en se laissant glisser le long du drap alors que Dranas et Hastres redescendaient l´escalier au pas de course. Idroliane et moi passèrent après elle, et nous nous retrouvâmes à l´entrée de la bouche d´égouts. « Dranas, Hastres, partez à gauche. Idroliane, Matthias, à droite. Je vais au milieu. Restez en contact télépathique, et bonne chance. ». Dranas voulut formuler une objection, mais l´Altmer s´était déjà élancée dans l´obscurité fétide des égouts de la Place Talos. La Bosmer prit une flèche à son carquois et garda son arc à la main avant de me demander de la suivre. Les parois des conduits étaient crasseuses, les dallages gras et souillés par le sang et le excréments. C´était un endroit désolé, abandonné, l´abominable dernier refuge des proscrits et des parias de la société. Les quelques rats qui erraient dans mes égouts ne nous posèrent pas de problèmes, et la plupart des Gobelins et des malfrats avaient été chassés quelques années plus tôt. Où se cachaient donc ces ignobles sorciers ? Étions nous de taille à lutter contre eux, moi et Idroliane ? Je ne tarderais pas à le savoir.

J´allais peut-être enfin libérer ces hommes du Mal qui les rongeait.

Le Mal. Il fallait éradiquer le Mal. »

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
14 octobre 2007 à 18:34:15

Le Mécréant – Chapitre 3 : Les Voies du Mécréant

14 Vifazur 4E55, un peu avant minuit

« Je viens à peine de m´endormir qu´une secousse me tire lentement des brumes du sommeil. Au dessus de moi se tient une Khajiit femelle. Elle me parle de sa voix carresante et féline : « Vous dormez profondément pour un meurtrier C´est bien. Il vous faudra avoir la conscience tranquille pour ce que j´ai à vous proposer. ». Je la dévisage en silence : sa fourrure pâle et ses yeux rouges démontrent sans aucune ambiguïté qu´elle est un vampire. Elle ne porte pas d´arme et est revêtue d´une robe noire et d´une capuche de la même couleur. Elle ne tarde pas à reprendre la parole : « Vous préférez le silence, alors ? Tout comme moi, mon cher enfant. Tout comme moi. Car le silence n´est-il pas la symphonie de la mort, l´orchestration de Sithis ? Il est ironique, alors, que je me présente devant vous maintenant en tant qu´Annonceuse de la Confrérie Noire. Je m´appelle Kiseen et ma voix est la volonté de la Mère de la Nuit. » Elle marque une pause pendant que je m´efforce de démêler le sens de ses paroles. « Elle vous surveillait. Vous examinant lorsque vous tuez, vous admirant lorsque vous prenez une vie sans pitié ni remords. La Mère de la Nuit est très contente... C´est pour ça que je suis là. Pour vous faire une proposition. L´opportunité pour vous de rejoindre notre famille si unique.
- Je n´ai jamais eu de famille, et je doute d´en trouver une un jour. Veuillez cesser de m´importuner. Comment m´avez vous trouvé ? Qui sont Sithis et la Mère de la Nuit ?
- Chaque chose en son temps, mon enfant. Rendez vous à Bruma, au nord de la Cité Impériale. Vous y trouverez un mendiant du nom de Svodrelth. Tuez-le pour achever votre initiation dans les rangs de la Confrérie Noire.
- Je ne suis plus à une vie près. Marché conclu, mais dans le cas où vos réponses ne me satisferaient pas, vous savez quel sort vous attend.
- Je vous dit au revoir, et j´espère que nous nous reverrons. »

Puis elle s´élance dans les ténèbres à une vitesse prodigieuse. Il doit être près de minuit, et il sera toujours temps de réfléchir demain. Je tombe à nouveau dans les bras de Vaermina, qui m´offre une nuit emplie de vampires, de robes noires, de meurtres et de mystérieux livres à la couverture écarlate. Quelques heures plus tard, alors qu´une immense Khajiit se prépare à me déchirer de ses longues griffes pour se repaître de mon sang, je m´éveille en sursaut. Je ne pourrais pas dormir sans avoir lu ce mystérieux livre, et je m´y attelle immédiatement :

Commentaires de Mankar Camoran sur le Mysterium Xarxes, volume 1

Salutations, novice, et n’aie crainte : Mankar Camoran était comme toi, somnolent, incon«S»tant et inconscient. Nous, mortels, quittons les entrailles maternelles dans le même appareil, vêtus de la seule symbiose avec notre créatrice… A force d’efforts, nous abandonnons le foyer, forts d’un regard nouveau, sans crainte de laisser notre mère derrière nous. C’est alors que nous la détruisons à jamais pour pénétrer dans le domaine du seigneur Dagon.
Lecteur, ce livre t’ouvre la porte de ce domaine. Tout destructeur que tu es, tu dois présenter les clés. Le seigneur Dagon n’accepte que ceux qui save«N»t s’arrêter. Les autres seront pris par Aurbis dans leur course folle. Marche. Écoute les conseils. Maîtrise cette impatience qui te dévore.
Viens comme le seigneur Dagon l’ex«I»ge : avance lentement, muni de quatre clés. Sache qu’en toi coule maintenant un sang royal, tu appartiens à une nouvelle race de destructeurs, dont le jardin est inondé de fleurs connues et inconnues, comme à l’Aube mythique. Puisses-tu pousser ton cri primal et revenir au monde transformé. Il s’établirait cette fois une néosymbiose, le maître semblable au Maître, né de miasmes putrides.
Nulle part nous ne sommes inconnus. On tremble sur notre passage. Peut-être nous as-tu rejoints par la guerre, l’étude, l’ombre ou l’alignement de certains serpents. S’il n’exi«S»te pas deux voies identiques, la récompense n’en est pas moins unique. Bienvenue, novice, ta présence ici témoigne de ton sang royal. Glisse la main dans ta poche et regarde ! Tu y découvriras la première clé, brillant des feux d’une nouvelle aube.
La nuit succède au jour… Sache que cette première vision se noiera dans les eaux agitées du soir mettant la foi à l’épreuve. Encore une fois, n’aie crainte : même l’usurpateur a sombré dans les abysses avant de se redresser pour réclamer sa flotte. Que tes cra«I»ntes soient apaisées. La mise à l’épreuve de tes croyances n’est pas vaine : dans le jardin de l’Aube, nous serons baignés par la lumière de la réalité.
Viens comme le seigneur Dagon l’exige : avance lentement, muni de quatre clés. Notre Ordre est fondé sur les principes de la doctrine suprême : Novice, Ch«E»valier, Chapelain et Maître. Que les mauvais se brûlent les ailes dans sa lumière comme par l’excès de notre vision. Et que notre savoir arrive ! Toutefois, n’oublie pas que ta vision est encore étroite. Tu est invité, mais ne sais pas encore où.
Mon injonction émane d’un livre rédigé dans les déserts de rouille et de sang par le seigneur Dagon en personne. Il est intitulé Mysterium Xarxes, compilation d’Aldmeretada, ancêtre de l’amante de tout secret. Chaque parole est secrète et effilée comme le rasoir, vaporeuse mais violente telle un cataclysme, teintée telle un rouge breu«V»age. Voilà qui atteste de ton nouveau rang, mon enfant. Ton nom est maintenant taillé dans sa masse.
Palais, cabane ou caverne… Tu as quitté les brouillards de la conception. Nu-mantia «!» Liberté ! Réjouis-toi des promesses du paradis !
Se formeront et se déformeront sans cesse autour de toi les exploits uniques, accomplis une heure seulement avant leur éclosion à néant, s’épanouissant comme des habits sacerdotaux, tenues divines revêtues pour danser aux pieds d’or du seigneur Dagon. Dans un bras, un orage, dans l’autre, une pluie diluvienne, dans le troisième, tout l’amadou d’Anu et dans le quatrième, les yeux même de Padonnay. Rayonne de joie, toi qui possèdes la première c«L»é car la foudre s’abat dans la pourriture des faux paradis.
J’ai erré en chantant des cantiques à en perdre la voix. J’avais lu les mystères du seigneur Dagon et, noyé par le souffle du renouveau, je me suis fait emporter par la folie. Mes paroles ne trou «V»aient prise, il m’a fallu me cacher. Ce n’étaient pas des paroles pour le commun de Tamriel, dont le clergé simulait autrefois l’existence de l’aube. J’ai tiré leçon de mes erreurs. L’humilité était la sagesse profonde de Mankar Camoran. Avance lentement, muni de quatre clés.
Le don de moi-même à l’Aube a permis au germe de grâce de me maî«T»riser. Lorsque ma voix me revint, je parlais une langue nouvelle. Trois nuits plus tard, ma langue était de feu.
Rouge comme un breuv«A»ge, effilé comme un rasoir. J’avais aperçu le chemin menant au jardin. Je savais que pour guider les autres vers le port, je devais me noyer dans un océan de recherches. Sache que j’ai trouvé ma flotte et que tu es le vaisseau amiral de mon espoir. Salu«T»ations, novice, et n’aie crainte : Mankar Camoran était comme toi, somnolent, inconstant et inconscient, mais ce n’est plus le cas. Maintenant, j’attends de me délecter avec toi de l’observation de tous les mondes du cosmos. Nu-mantia ! Liberté !

Cela ressemble fort aux divagations d´un fou, mais il me semble que ce livre recèle un message caché, un pouvoir inconnu. Je sais fort bien que Méhrunès Dagon est mort et l´Aube Mythique anéantie, mais les lettres majuscules rouges qui semblent avoir été rajoutées ultérieurement m´intriguent. Forment-elles un mot, une phrase ? « Snisievlvtat ! » ne veut rien dire. Je les lis une nouvelle fois, dans un ordre aléatoire : « Itsnavivlst ! » n´avait aucune signification, à moins que...
« st »... Est ? « viv »... Vivant ? Quelles lettres restaient encore.. Il ? ... Mis dans le bon ordre, cela donnait : « Il est vivant ! ». Ce livre affirmait que le seigneur Dagon était vivant, et il restait au moins un membre à l´Aube Mythique, du moins avant que je ne le tue. Même si Méhrunès est mort, les sanctuaires daedriques me semblent une excellente possibilité, encore restait-il à les trouver, et je n´ai pour cela d´autres choix que de battre la campagne au hasard. Au moins, il doit exister une piste menant à l´Aube, sans doute les quatre clés citées dans le texte. Je suis censé posséder la première, et j´ai le volume 1 des Commentaires sur le Mysterium Xarxes, il doit donc exister trois autres livres. Alors que je tente de me rendormir, j´entends des bruits de pas précipités. Est-il donc à ce point impossible de dormir tranquillement ? Silencieusement, je prépare ma dague et fait pénétrer ma volonté dans le cadavre pourrissant d´Ulen Athram. Un Bréton s´engouffre dans la salle, suivi d´une Altmer.

Tous deux portent des robes noires ornées d´un crâne et de deux os pourpres entrecroisés. Je frappe la Haute Elfe au visage d´un crochet du gauche, laissant mon serviteur s´occuper d´elle et pose le fil de ma dague contre la gorge de l´humain alors qu´un Impérial arrive à son tour : « Nécromanciens, hein ? Je cherche à approfondir ma connaissance des arts noirs. Prenez moi avec vous ou votre compagnon n´aura plus jamais l´occasion de servir le Dieu des Vers.
- Tu crois nous faire peur, imbécile ?, s´exclame le cyrodiilien en se ruant vers moi. »
J´égorge le premier mage noir et utilise mon sort de protection contre la hache du second, qui me touche à l´épaule. Un sort de froid et un coup de dague au ventre, suivi d´un poing en plein visage, le fait tomber à terre. Tandis que l´originaire de l´Archipel de l´Automne se débat vainement afin d´échapper à l´étreinte du Dunmer mort-vivant, je pose mon pied sur le visage de mon adversaire vaincu : « Arrêtez ces imbécillités, ou je vous tue tous les deux. Compris ?, conclus-je en lui écrasant le nez alors qu´il se prépare à lancer un sort.
- C´est d´accord, répondent les deux nécromanciens alors que leur confrère finit de se vider de son sang dans la fange qui recouvre le sol et que mon serviteur s´effondre, inanimé. Nous sommes Adamus Inventius et Ardaline, des Investigateurs sont à nos trousses. Venez avec nous, ajoute l´Impérial d´un ton sec.
- Attendez ! Je dois rassembler ce que je possède, et je n´ai pas l´intention de laisser ces trois cadavres sans qu´ils ne servent. Que chacun ressuscite le sien, et attendons-les ici.
- Pourquoi pas. Je prends Astav, utilise la femme, dit l´Altmer en s´adressant à son compagnon. »
De faibles bruits de pas ne tardèrent pas à se faire entendre, suivis d´un léger sifflement. Je reçois une flèche d´argent dans le ventre, tandis que le nécromant fraîchement ressuscité disparaît dans un tourbillon de flammes.

Si je survis à cet affrontement, j´aurais plusieurs voies pour accéder au Pouvoir.

Le Pouvoir. Il me fallait plus de Pouvoir. »

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
14 octobre 2007 à 18:36:18

L´Inquisiteur – Chapitre 3 : Première Confrontation

15 Vifazur 4E55, vers deux heures du matin

« Nous finîmes par les trouver. Je connaissais mon rôle : garder ma puissance magique pour soigner Idroliane et la protéger, mais je ne pus m´empêcher de sauver l´âme d´au moins un des nécromanciens. Je lançais une boule de feu en direction du premier alors qu´Idroliane tirait sur leur acolyte, le touchant au ventre. Nous nous jetâmes à couvert alors qu´un trait d´énergie impie jaillissait vers notre direction. Idroliane me regarda rapidement, mais ne semblait pas en colère contre le fait que j´aie désobéi à ses ordres. Des chuchotements nous parvinrent, alors que la Bosmer encochait une seconde flèche à son arc. Elle ouvrit le feu sans prendre le temps de viser puis se remit à couvert, et un gémissement nous indiqua qu´elle avait atteint sa cible. Deux cadavres ambulants s´approchèrent, l´investigatrice décocha une flèche au premier d´entre eux avant de se replier, me laissant contre mon adversaire, une Dunmer fraîchement tuée. Je lui asséna un coup de masse d´armes sur le crâne, suivi de deux frappes rapides dans les côtés.

Un coup de bouclier fit reculer mon second adversaire, qui succomba à la flèche qu´il venait de recevoir dans la gorge. Les mages noirs me gratifièrent d´une boule de feu et d´un trait de froid, mais alors que je pensais ma dernière heure venue, Idroliane les renvoya vers leur lanceurs d´un éclat d´énergie voilette. Tandis que j´envoyais la seconde dépouille à terre, la Bosmer tira une nouvelle fois, vers l´homme qui se dirigeait vers moi en courant. Il s´enveloppa d´une protection juste avant que le trait ne le touche à la jambe, et je pus lever mon bouclier à temps pour parer son coup de dague. Il esquiva habillement mon attaque avant de riposter en me touchant à la jambe, m´arrachant un cri de douleur alors que je le désarmais. Des bruits de course se firent entendre, et mon ennemi, le visage couvert par ses longs cheveux sales, me jeta un sort de froid avant de s´enfuir tandis qu´une paire d´éclairs me passèrent juste à côté du visage.

Karrinare arriva, invoquant une créature pour bloquer la route des adversaires. Elle m´ordonna de soigner Idroliane en passant devant moi, avant de lancer un sort de feu dont je pus sentir la chaleur tandis que je m´efforçais de fermer les blessures de ma nouvelle amie. Les bruits de pas s´éloignèrent, et une fois mes réserves d´énergie vidées, je ne pus que rester assis à côté de la Bosmer en pleurant tandis qu´elle partait rejoindre Aetherius, dans l´ombre et à proximité des deux corps putréfiés. Enfin, Dranas et Hastres arrivèrent. Le Bréton se précipita vers le corps sans vie de sa coéquipière en se préparant à la soigner, mais il comprit qu´il était trop tard et s´agenouilla, en couvrant son visage de ses mains. Même le Dunmer semblait touché, et il restait debout, le regard dans le vide, un peu à l´écart. Enfin, il prit la parole : « Je suis vraiment désolé, petit. C´était la personne qui était la plus proche de toi, et vous n´avez passé guère plus d´une journée ensemble.
- Il faut vite sortir son corps des égouts, ou ils risquent d´arriver à avoir leur trentième victime. Personne ici n´en a envie, et surtout pas si c´est Karrinare qui y passe. Dranas, prends le corps d´Idroliane, j´essaye de rétablir le contact télépathique. Toi, tu ouvres la marche, m´ordonna t-il. »
Nous nous mîmes en route dans l´obscurité fétide des égouts impériaux, en nous demandant si la Maître-Investigatrice allait survivre.

Quand nous sortîmes enfin des égouts, Hastres déclara : « Deux d´entre eux s´en sont sortis. Elle nous attend à la Prison Impériale le plus tôt possible. Dranas, laisse le corps ici.
D´accord. Allez petit, viens !, s´exclama le Dunmer alors que j´allais rendre un dernier hommage à la Bosmer. ». Nous courûmes le plus vite possible vers la prison, sous les regards étonnés des passants et des gardes. Au moment où nous arrivâmes, il était environ cinq heures du matin. Karrinare nous attendait devant la Prison, et elle s´élança dans la nuit, suivie de nous trois. Les traces nous menèrent jusqu´au Lac Rumare, où elle s´arrêtaient : ils avaient traversé à la nage. L´Altmer tomba à genoux devant le lac qui flamboyait des milles feux de l´aube nouvelle, et resta un moment ainsi, à contempler l´astre solaire naissant, tout comme moi. L´âme de la Bosmer reposerait en paix à Aetherius, et j´avais sans aucun doute sauvé l´un des nécromanciens, mais toutes ces consolations me semblaient bien maigres. Si j´avais gardé mon énergie pour la soigner, elle ne serait pas morte. Si elle ne m´avait pas sauvé des sorts qui m´étaient destinés, elle aurait pu se protéger. Mais elle était morte, et pour de bon. Pendant que je détachais mon regard du soleil, je vis Dranas se diriger vers elle. Ma Dame-Inquisitrice se laissa tomber dans ses bras, puis ils finirent par se lâcher. « Nous allons traverser le lac. Hastres, occupe-toi de Matthias pendant que j´aide Dranas.
- Compris. Je te conseille de courir si tu ne veux pas couler, me dit le Bréton d´un ton dur avant de projeter vers moi un éclat bleuté et de suivre le couple elfique qui se mettait en route. »

Alors que nous courions à la surface de l´eau dorée, face au soleil levant, regardant les berges sablonneuses opposées, vides et dépourvues de végétation, je me demandais ce qui avait bien pu pousser cet acolyte à s´associer avec de tels ignobles personnages. Son âme était elle déjà perdue ? Sans doute.

Cet acolyte était le Mal.

Le Mal. Il fallait éradiquer le Mal. »

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Le Mécréant - Chapitre 4 : Fuite dans les égouts

15 Vifazur 4E55, vers deux heures du matin

« Immédiatement, la dénommée Ardaline étend sa main droite, projetant un faisceau écarlate vers nos agresseurs, qui se jettent à couvert. Pendant que je retire la flèche qui m´avait touché et déchire un morceau de ma manche pour me faire un bandage de fortune, Adamus me chuchote d´envoyer Ulen vers les Investigateurs alors qu´il faisait de même avec sa femme. Alors que nos créatures commencent à avancer, un nouveau trait fend l´air pour venir se ficher dans l´épaule de l´Impérial. Enfin, nos serviteurs se jettent sur nos ennemis. L´un d´entre eux tire sur mon esclave avant de s´enfuir tandis que le second s´attaque à la Dunmer. Je m´avance discrètement vers le combat pour surprendre le combattant qui se défend vaillamment, achevant l´Elfe Noir rongé par les vers. Afin de distraire le guerrier, mes compagnons jettent chacun un sort sur lui, mais l´archer vêtu de cuir utilise un contre-sort avant de m´apercevoir et de me tirer dessus. Le sort de bouclier appris par ma mère et l´obscurité me permettent de n´être que légèrement touché à la jambe.

Je frappe mon adversaire, qui me semble vaguement familier, mais a eu le temps de se défaire de son second opposant et lève donc son bouclier à temps. Il riposte, mais j´esquive avant de le toucher à la jambe. Son patéthique cri de douleur faillit me faire éclater de rire, tandis que deux éclairs fendent l´air en direction de l´archer, me frôlant le visage. Puis soudain, une forte lumière apparaît en face de moi, dévoilant la forme d´une Altmer qui invoque un Drémora afin de nous bloquer la route. Je jette un sort à mon adversaire, me retourne, et commence à battre en retraite, avant de me jeter à terre en entendant une boule de feu fuser dans ma direction. Me relevant précipitement, je décoche un coup de coude en plein visage au Deadra, permettant à Adamus de l´achever d´un coup de masse d´arme dans la nuque. La Haute-Elfe vengeresse se rapproche dangereusement, préparant un nouveau sortilège. Nous nous enfuyons tous trois et finissons par gagner du terrain. « Je crois que c´est bon, dit Ardaline au bout d´un bon moment en se penchant pour reprendre son souffle
- Je n´en suis pas aussi sûr, répondit l´humain. Elle n´est pas loin, et m´a semblé en pleine forme, je doute que nous soyons de taille à lutter si elle nous rattrape.
- Séparons nous. Je propose que nous nous rejoignons à Bruma. Adamus, va à droite, nous prenons le conduit de gauche, proposais-je.
- Et pourquoi n´irais-tu pas seul ?
- Parce que tu est vieux, faible et blessé, rétorquais-je en le prenant à la gorge.
- Tu me le paiera, misérable !
- Pas « misérable », « mécréant ». Mraaj le Mécréant. Maintenant, pars, et pas de faux mouvement ou je t´offre un aller direct aux pieds du Dieu des Vers. »
Il me jeta un regard haineux avant de partir. « Parfait. Merci de m´avoir débarrassé de ce mollusque, Mraaj, me dit l´Altmer en souriant légèrement.
- De rien. Si il s´en sort vivant, je le tuerais de mes mains. A moins que tu préfères que l´on ne s´en charge ensemble ?
- Comme tu veux. Mais je doute que cet incapable réchappe de cette escapade. Mettons nous en route, où l´investigatrice va nous tomber dessus. »

Notre voyage se déroule sans encombres, et nous finissons par sortir à l´air libre par une grande bouche d´égouts donnant sur le Lac Rumare. « J´espère que tu sais nager, me dit-elle en me jetant un regard en coin.
- Oui, bien sûr, répond-je en omettant de préciser que j´avais passé ma vie à chasser les crabes des vases. »
Et si je ne savais pas nager, tu m´aurais abandonné sans aucun scrupules, faillis-je ajouter. Elle est sympathique et son corps étonnement bien conservé malgré son âge, comme je peux le juger grâce à sa robe mouillée, mais elle est presque aussi assoiffée de pouvoir que moi. Nous nageons longtemps et lentement, cherchant à ménager nos forces. De temps à autres, elle lance un sort permettant de marcher à la surface de l´eau, à moi et à elle, mais ce n´est pas par bonté : elle sait qu´elle aura du mal à survivre si elle se retrouve seule de l´autre côté. Enfin, nous parvenons à terre, et nous écroulons, fourbus, tandis que le soleil a quitté l´horizon.

J´étais en route vers une source de Pouvoir accompagné d´une autre.

Le Pouvoir. Il me fallait plus de Pouvoir. »

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
14 octobre 2007 à 18:37:40

L´Inquisiteur - Chapitre 4 : Exploration des berges

15 Vifazur 4E55, vers huit heures du matin

« Tu vois, Matthias, la Guilde ne peut en théorie rien nous refuser, et il s´agit d´une des institutions les plus puissantes de Tamriel : des objets magiques aux potions, en passant par les autels de création de sorts et le rechargement des armes enchantés, sans compter qu´elle dispose de chevaux, d´une petite armée de mages de guerre et d´une quantité assez impressionnante d´or, elle possède tout ce dont nous avons besoin. Et pourtant, nous ne sommes que quatre, sans destriers et avec peu de nourriture, me dit Karrinare en courant à côté de moi.
- Pourquoi donc ?
- Car la rapidité et la discrétion sont les clés de la réussite. Tu n´attraperas jamais quelques nécromanciens isolés avec une douzaine de mages de guerre derrière toi, revêtu d´une énorme armure scintillante et d´une gigantesque hache de guerre en verre, et de plus tout cela ne pourra que te ralentir. C´est pourquoi nous menons souvent une existence quasi-solitaire, toujours sur les routes, refusant le luxe auquel nous pourrions avoir accès, afin de ne pas attirer l´attention. Un investigateur doit savoir chasser, s´orienter dans les régions sauvages, et avoir de bons contacts parmi la population des villes. Tout est un savant dosage de subtilité et de puissance, d´ombre de et de lumière. Travaille seul et mal équipé, tu ne vaincras jamais tes ennemis; dévoile toi au grand jour et tes proies t´échapperont. C´est un travail difficile.
- Effectivement, les membres typiques de la Guilde doivent avoir une vie bien plus simple et tranquille, répondis-je. »
Enfin, nous arrivâmes sur mes berges du lac. Peut-être allions-nous nous reposer ? « Allez, petit-déjeuner. Nous devons prendre des forces pour la route, dit l´Altmer en jetant à chacun une miche de pain et une pomme.
- Nous ne nous arrêtons pas pour dormir ?, demandais-je.
- Oh non, petit, me répondit Dranas. Nous nous coucherons bien avant le soleil ce soir, mais pas question de s´arrêter maintenant. Nous avons encore encore environ cinq heures devant nous avant de tomber de sommeil, si ils se sont arrêtés pour dormir nous les aurons.
- Et si ils ne se sont pas arrêtés ?
- Alors la traque sera longue. Très longue pour eux, si leur provisions sont mouillées, continua Karrinare. Allez, dispersion. Matthias, part avec Hastres, je vais avec Dranas de l´autre côté. Rendez-vous ici dans quatre heures.
- Ne devrais tu pas plutôt prendre ton assistant avec toi, Karrinare ?, demanda le Bréton en fronçant ses sourcils noirs et broussailleux.
- Hastres, tu est mon second et tu m´obéis. Tu vas aller avec Matthias de ce côté afin et tu me feras ton rapport. Compris ?, rétorqua l´Altmer d´un ton énergique.
- D´accord, ne te mets pas en rogne pour ça. C´est toi qui commande, comme toujours. Allez, l´assistant, on y va. »

Cet homme était étrange. Je pouvais deviner en lui un grand ressentiment, qu´il semblait diriger contre Dranas. Que lui reprochait-il ? Je ne le savais pas. Cette escapade était l´occasion d´en savoir plus sur lui, mais il répondit à aucune de mes questions. Alors que j´allais utiliser mon sort de détection de vie pour les repérer, il se tourna vers moi et me dit calmement : « Inutile de faire ça. Je peut sentir les âmes des créatures ou des personnes beaucoup plus loin que toi, et cela ma fatigue bien moins. Garde tes forces pour le moment où on les trouvera.
- Comment as tu su ce que j´allais faire ?
- Vouvoies moi. Je ne te connais pas, tu ne me connais pas, alors pas de familiarités.
- Comment avez vous fait ?
- La télépathie est très utile. Peut-être que Karrinare prendra le temps de te l´apprendre quand on sera au calme. »
Il était pour le moins antipathique, mais ses talents semblaient considérable : altération, mysticisme, guérison, hache de guerre... En affirmant qu´il méritait sa place de second, il ne s´était pas vanté. Je connaissais pas les pouvoirs de la maître-investigatrice, mais il me semblait que les rôles auraient dû être inversés. Nous longeâmes les berges du lac, nous écartant de temps à autres quand il détectait une créature vivante, mais il s´agissait uniquement d´animaux. Un couple de loups fit d´ailleurs les frais de sa hache de guerre qu´il maniant avec une force et une dextérité impressionnante pour un mage. Enfin, après avoir marché environ deux heures, il secoua la tête et nous rebroussâmes chemin. « Pourquoi ne pas continuer encore un peu ?, demandais-je, étonné de son manque de persévérance
- Parce que ou ils ne sont pas de ce côté-ci, ou ils ne se sont pas arrêtés pour dormir. Fais moi confiance, la distance à parcourir est beaucoup trop grande à partir d´ici, et je doute qu´ils aient pu marcher sur l´eau. Ou alors ils se sont noyés en chemin. Quoi qu´il en soit, je n´ai pas envie d´arriver en retard au rendez-vous.
- D´accord. Vous êtes très expérimenté, votre place de second n´est pas usurpée, remarquais-je.
- J´ai passé suffisement de temps à faire ce maudit boulot pour ne plus commettre d´erreurs. Et encore une chose : la flatterie ne prend pas avec moi. »
Le chemin du retour se déroula sans qu´un seul mot fut prononcé.

Aucun des deux groupes ne les avaient trouvés, ils ne s´étaient pas arrêtés. « Il est temps de prendre une bonne nuit de sommeil, commenta Dranas après le copieux déjeuner. Réveil avant l´aube, le plus tôt sera le mieux.
- A votre avis, vers où se dirigent ils ?, demandais-je.
- Je n´ai pas d´avis, mais je dirais qu´ils vont aller vers Bruma pour refaire leurs provisions puis rejoindre un de leurs repaires, sans doute une ruine ayléide ou une grotte située dans les montagnes de Jerall, voire peut-être dans les massifs boisés du nord de Chorrol. Nous verrons bien, peut-être ont-ils une réunion de prévue avec leurs semblables, et elle peut-être se situer n´importe où. »
Sur ce, nous tombâmes de sommeil tandis que l´astre solaire arrivait à son zénith.

Le Mal semblait pouvoir se cacher n´importe où.

Le Mal. Il fallait éradiquer le Mal. »

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Le Mécréant – Chapitre 5 : Première ruse

15 Vifazur 4E55, vers deux heures de l´après-midi

« Ardaline me secoue sans ménagement. « Viens, il est temps de se mettre en route. Ils ne nous ont pas attrapé, ils croient sans doute que nous ne nous sommes pas arrêtés pour dormir. Le problème, c´est que si ils ont deviné notre destination, ils y seront avant nous...
- Cheydinhal et Chorrol sont bien plus loin que Bruma. Et je préfère vraiment y aller.
- Tu connais quelqu´un là bas ?
N... Plus ou moins. Quelqu´un m´a recommandé de rendre visite à personne qui habite là bas, dis-je. »
Après tout, c´est la stricte vérité. Mais j´avais un peu hésité, et elle semble s´en être rendu compte.
« Pourquoi veux tu donc tant aller à Bruma ? J´attends une réponse concrète.
- D´accord, j´abandonne. Sais-tu où se trouve la Crevasse Noire ?
- Pourquoi devrais-je le savoir ?
- Je pense que ça a un rapport avec la nécromancie. Je l´ai lu dans un... »
Le livre. Mes deux livres. Je les ai oubliés dans les égouts !
« Laisse tomber. J´ai trouvé comment leur échapper.
- Comment comptes-tu faire ?
- Revenons à la Cité Impériale pendant qu´ils sont en route vers Bruma.
- Excellente idée, Mraaj. Il n´y a qu´un seul problème : je n´ai pas l´intention de retraverser le Lac Rumare à la nage.
- Il existe bien un pont, non ?
- Oui, répond-elle en éclatant de rire. Il y a un pont. Près du village de Wawnet, ou du moins ce qu´il en reste. Il devrait y avoir un bon nombre de corps utilisables.
- Superbe. Allez, en route. Il y a une auberge sur le chemin ?
- Oui, il y a un tout petit hameau, le village de Roxey. Combien te reste-il de pièces ?
- Sept septims, et toi ?
- Une douzaine environ. Nous aurons largement de quoi manger convenablement, du moins pour aujourd´hui. »

Nous marchons assez rapidement, et en un peu plus d´une heure nous arrivons en vue des quelques bâtiments qui composent cet endroit. Nous achetons six miches de pain et en mangeons la moitié avant de repartir en suivant la route. Quand la nuit tombe, nous sommes en plein milieu des ruines de Wawnet : seuls les murs de pierre sont encore debout, au milieu des cendres et des poutres calcinées. Au centre se trouve une petit pancarte : « Ici furent assassinés les onze habitants du village de Wawnet par trois vils nécromanciens. Paix à leurs âmes et à leurs cendres. ». Paix à leurs cendres ? D´un coup rageur de sa masse d´armes, Ardaline fracasse le fin panneau de bois. Plus de cadavres sous la main. « Allons à la Cité. J´ai quelques petites choses à récupérer dans les égouts.
- Tu veux dire que nous avons fait tout ce chemin pour que tu récupères tes babioles ?
- Nous avons échappé aux Investigateurs, c´est ce qui compte, non ? Et que comptes tu faire seule ?
- Retourner à Fort Cendre, ou mieux, à Miscarand. Je me joindrais au prochain groupe de nécromanciens qui passera et tout sera réglé.
- Et où se trouvent ces endroits ?
- Fort Cendre n´est pas très loin d´ici, environ trois ou quatre heures de marche vers le nord-est. Miscarand est une ruine ayléide, bien plus à l´est, à une ou deux heures au nord-ouest de ce qu´il reste de Kvatch. Là, nous trouverons à coup sûr des confrères.
- Bien. Je te laisse deux morceaux de pain et je prends le troisième. Va à Miscarand, et donnons nous rendez-vous avec ceux que tu auras rejoints près de l´église de Skingrad, si tu ne meurs pas de faim, des mains d´un bandit ou d´une bête sauvage en chemin.
- Dans combien de temps ?
- Dès que tu pourras. Je pense y arriver avant toi, j´attendrais. Mais avant... Donne moi ta robe de nécromancienne.
- Pourquoi le ferais-je ?, répond-elle.
- Je te la rendrais à notre rendez-vous, dis-je en lui tordant le poignet alors qu´elle s´apprêtait à me lancer un sort.
- C´est d´accord, tu as gagné, dit-elle en me la donnant. Je t´attendrais devant la statue de Julianos. »

Alors que l´astre solaire mourant descend lentement, je cours à toute vitesse vers la bouche d´égouts de la Place Talos. Quand j´entre à nouveau dans l´obscurité fétide des conduits, il fait déjà nuit dehors. Je reconnais le chemin sans trop de peine, y retrouve ma dague, la Lune du Nécromancien et le volume Un des Commentaires. Parfait. Au passage, je dépouille le cadavre rigide de la vielle Bosmer de son équipement de cuir, de son arc elfique et de ses flèches d´argent avant de m´endormir sur ma paillasse. Demain, je partirais vers Bruma, ce Svodrelth mourra et j´en saurais enfin plus sur la Confrérie Noire.

J´étais écartelé entre les différents moyens d´accéder au Pouvoir, mais je les utiliserais tous.

Le Pouvoir. Il me fallait plus de Pouvoir. »

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Niveau 10
14 octobre 2007 à 18:38:28

L´Inquisiteur – Chapitre 5 : Bruma

15 Vifazur 4E55, en début de soirée

« Nous finissions de prendre notre repas autour d´un petit feu de camp. Chacun semblait d´humeur assez maussade, nous avions fini de discuter de mon apprentissage : Hastres m´entraînerait au combat et à la guérison et Dranas au mysticisme et à la destruction. Mais pour le moment, il était temps de se mettre en route pour arriver à Bruma à l´aube. Nous avions bien mangé et dormi suffisement, aussi Karrinare insista-elle pour que nous allions le plus vite possible. Le feu éteint, nous nous élançâmes dans la nuit, telles les ombres vengeresses des victimes de nos proies. Les seuls sons que nous produisions étaient nos pas : démarche gracieuse et discrète de Karrinare, pas lourds des grandes bottes de marche de Hastres, grandes enjambées rapides et silencieuses de Dranas. Parmi les bandits et les bêtes sauvages, peu nous aperçurent et aucun n´eurent le courage de nous attaquer.

Alors que nous approchions de Bruma, la neige commença à tomber, enveloppant les pins défraîchis et le chemin défoncé de son blanc manteau. L´Altmer frissonna, uniquement vêtue de sa robe grise de voyage, et je regrettais de n´avoir pas eu de vêtements plus chauds sur moi quand j´étais parti de Wawnet pour ma patrouille. Nous interrogeâmes discrètement les gardes : nul n´avait vu passer une vielle Altmer et un jeune Dunmer venant du sud. Ils s´étaient sans doute arrêtés pour chasser ou pour se reposer, et peut-être avaient-ils été attaqués. Nous prîmes un solide petit-déjeuner à la taverne d´Olaf avant d´envoyer Dranas espionner à l´auberge de la Vue de Jerall et de partir, moi et Karrinare, chez le forgeron des Vents Nordiques afin de m´acheter une cuirasse et des bottes de fer : il venait de perdre son père et était revenu précipitamment afin de reprendre le magasin et n´était donc pas assez doué pour forger des armures d´acier trempé. C´était toujours ça de gagné, le moindre coup de dague ou d´épée ne risquait plus de m´éventrer et je pus tout de même ménager mes chaussures en cuir de biche qui commençaient à être usées par les frottements contre les pierres de la Route d´Argent. Quand ce fut fait, et après avoir questionné à nouveau les gardes des deux portes, nous nous retrouvâmes pour déjeuner à l´auberge. Ces derniers temps, nous avions dû nous contenter de pain, de pommes de terres cuites à la va-vite et de fruits secs, et ce fût pour nous un véritable festin. « Profites en, petit, déclara Dranas. Tu ne sais jamais quand tu vas de nouveau devoir repartir sur les routes. Et si jamais tu te fais avoir, autant mourir le ventre plein, les vers auront plus à manger.
- Ne t´inquiètes pas. Cette fois, c´est nous qui allons les avoir, répliqua ma dame-inquisitrice.
- J´aimerais bien garder la vipère qui a eu Idroliane pour le bûcher. Quoique, leur acolyte ferait bien l´affaire aussi, dit le Bréton en se crispant sur sa chope de bière. »

Une fois le repas fini, Karrinare nous envoya, moi et Hastres, nous entraîner à la Guilde des Mages. Un espace d´entraînement au combat avait été construit, une première à Cyrodiil. Il m´expliqua qu´il s´agissait de l´unique Guilde des Mages a dater de moins de deux siècles car elle avait dévastée en 3E434 par Mannimarco et ses nécromanciens. « Heureusement que Raminus Polus était là pour les vaincre », me fit-il remarquer. Une fois arrivés au sous-sol, nous commençâmes l´entraînement : je pensais que le Bréton était fort et doué au maniement de son arme, mais j´ai tout de suite abandonné mes préjugés. Cet homme était un véritable expert de la hache de guerre. Il se battit uniquement avec une arme en bois, mais restait largement capable de me vaincre alors que j´avais gardé mon équipement. « Je doute que tu puisses m´infliger des blessures sérieuses, et au pire je me les guérirais. Tu souffriras sans doute bien plus que moi... », m´avait t-il déclaré d´un ton sinistre avant de passer à l´assaut. Et il avait eu raison. Je ne l´avais touché que trois ou quatre fois, principalement aux bras, et il retenait à peine ses coups : au bout d´une demi-heure je venais de tomber par terre pour la cinquième fois, et il décida que s´en était assez pour aujourd´hui. Ensuite, nous passâmes à la guérison. Il m´aidait à mieux me concentrer, me renseigna sur la position des doigts à adopter, les formules plus efficaces pour les contusions que celles qui refermaient les blessures, et cela pendant près d´une heure, le temps que mes énergies magiques se régénèrent entre deux essais. Enfin, il me soigna une légère fracture et nous partîmes « retrouver les deux tourtereaux », selon son expression.

Effectivement, nous les trouvâmes en train de se promener ensemble sur les terrasses qui surplombaient la ville et accueillaient les bâtiments les plus importants. Karrinare déclara qu´ils étaient en train d´aller demander une nouvelle fois aux gardes si ils n´avaient pas vu quelqu´un correspondant au signalement des deux nécromanciens entrer. Encore une fois, la réponse fut un « Non ! » retentissant, démontrant clairement qu´il en avait assez d´être questionné toutes les trois heures. Que faisaient-ils ? Où étaient ils ? C´était une bonne question. Nous décidâmes de placer un mendiant à chaque porte : un dénommé Svodrelth à la porte nord, l´autre nommé Hrold le Faussaire au sud, avec pour mission d´aller nous chercher si un des deux nécromanciens entrait dans la ville. Le salaire convenu était d´un septims par heure et d´une prime de vingt si ils les voyaient passer. L´utilisation des mendiants était très prisée par l´Altmer : « Ils connaissent toutes les rumeurs, sont pleins de bonne volonté pourvu qu´on les paye et ils méritent bien quelques pièces. », me dit-elle. Ensuite, nous visitâmes la cathédrale de Talos, du haut de laquelle nous pouvions voir un fort, au loin. J´appris plus tard qu´il s´agissait du Temple du Maître des Nuages, l´antique place-forte des Lames. Nous vîmes aussi la statue du Champion de Cyrodiil et Sauveur de Bruma, le Capitaine Baurus, devenu Grand-Maître de l´Ordre du Dragon et des Lames.

Puis Dranas vint avec moi à la Guilde pour m´entraîner. Il m´apprit tout d´abord un sort de boule de feu peu puissant mais facile à lancer, afin que je puisse m´exercer plus facilement. Ensuite il me fit faire des exercices de tir, en adaptant la position des doigts pour avoir la meilleure trajectoire possible. « Tu vois petit, si on utilise des sorts plutôt puissants, comme toi, mieux vaut ne pas rater sa cible, et surtout éviter de toucher l´un de ses coéquipiers... », me dit-il à la fin. « Il est temps de rentrer, à ce que je vois, l´autre ne t´a pas ménagé...
- Oui, je crois que ça vaudra mieux. Qu´allons nous faire ?
- Dormir, tiens donc. Je te rappelle qu´on a marché toute la nuit. Et puis ce serait bête que le Bréton nous démolisse à coups de hache parce qu´il nous as pris pour des zombies, dit-il en riant. »

Pour la première fois depuis trois jours, le Mal était loin de moi.

Le Mal. Il fallait éradiquer le Mal. »

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Le Mécréant - Chapitre 6 : Examen d´entrée

16 Vifazur 4E55, au lever du jour

« Je m´éveille aux premières lueurs de l´aube, à cause du froid nocturne des égouts impériaux. J´ai récupéré toutes mes possessions, et il est temps de me mettre en route vers Bruma ; mais mon estomac gargouillant et ma bourse vide me poussent à mettre en quête d´une riche proie afin d´acheter de quoi me nourrir. Je croise, entre la place Talos et le Quartier du Marché, un jeune héritier particulièrement malchanceux. Il y a peu de passants à cause de l´heure matinale, et dès que je suis hors de vue des gardes, je plaque ma main gauche sur sa bouche et plante ma dague dans son dos. Je le dépouille de ses cinquante-deux septims et les utilise pour acheter trois pommes et deux miches de pain, que je mange en gardant les fruits pour le déjeuner. Il me reste trente-neuf pièces, j´aurais également de quoi me nourrir durant le trajet du retour. À présent je connais le chemin et je n´erre que peu de temps dans l´humidité malsaine des conduits. Je traverse une nouvelle fois le Lac Rumare à la nage, mais avec le ventre plein et pleinement reposé. Après une courte pause sur les berges sablonneuse et avoir mangé mes pommes, je me remets en route. Alors que je venais de m´engager sur la Route d´Argent, je suis attaqué par un grand loup qui me blesse à l´épaule. Je dégaine ma dague en même temps que je lui lance un sort de froid pour avoir le temps de reculer. Tandis qu´il se jette à nouveau sur moi, je roule de côté en lui laissant une longue estafilade sur le ventre. Alors qu´il tente de me mordre, je le prends à la gorge, et ne prêtant aucune attention à ses griffes qui lacèrent mes vêtements, je lui enfonce ma lame en plein coeur. Je prends le temps de le dépecer, sa fourrure pourrait m´être utile pour me protéger du froid ou si j´ai besoin de quelques pièces d´or en plus. La Route d´Argent grimpe inlassablement, ses pavés anciens et usés semblent monter indéfiniment, comme si son but n´était autre que le ciel grisâtre. Les quelques vieux frênes moussus balisent le chemin de façon répétitive, sentinelles infatigables ayant vu des temps à présent révolus.

Je croise également une bandit Khajiite, portant des jambières de mailles et des bottes de fourrure, ainsi qu´une lame courte. Elle me repère et sort son arme tandis que je fais de même. « Je vais faire comme d´habitude. Donne moi un bon paquet de septims et je te laisse la vie sauve.
- Tu peux le voir toi-même : j´ai été chassé de la Cité Impériale pour dettes. Je n´ai rien, mis à part ce que je porte sur moi.
- Mais qu´ai-je donc fait au Neufs pour me récupérer des pouilleux à tous les coups ? Allez, passe, je ne suis pas comme certains qui tuent les misérables pour le plaisir
- Merci pour tout, dis-je en tentant de dissimuler la rage qui m´envahissait. »
Comment pouvait-elle oser me traiter ainsi ? Ne voyait-elle pas que le futur maître de Tamriel tout entier se tenait devant-elle ? Je m´éclipse avant de revenir discrètement. Elle ne m´observe pas, et je m´approche silencieusement, comme une ombre, et de lui perforer le poumon gauche. Tandis qu´elle se retourne en criant, je lui donne un coup de coude en plein visage, suivi d´un coup de genou dans le ventre. Elle tombe à terre, et je lui écrase le nez d´un coup de talon avant de la dépouiller de ses protections, la laissant agoniser à moitié nue dans la poussière du chemin. Son épée courte de fer pourrait m´être très utile, mais je garde aussi ma dague, au cas où. De même, ses jambières et ses bottes ne sauraient mieux tomber. Elle n´avait malheureusement pas de pièces d´or sur elle, elle avait vraiment dû tomber sur des pouilleux jusque là.

Alors que le soleil commençait dangereusement à se rapprocher de l´horizon, un deuxième criminel, un Rougegarde, se trouve sur la route : il porte un bouclier de fourrure, une hache et de grandes bottes de cuir. Je me rapproche sans faire trop de bruit, sort doucement ma nouvelle arme de son fourreau et la prends par derrière pour l´égorger, mais elle se débat et elle s´en sort avec une blessure entre les deux clavicules. Un coup de tête en arrière me fait lâcher prise tandis qu´elle sort sa hache et se protège derrière son bouclier. Je me précipite sur le côté gauche avant de la frapper à la jambe droite, mais elle me touche au ventre et je tombe à terre. Elle me désarme alors que je tente de me protéger de son coup final, et je jette ma dague, qui vient se ficher dans son abdomen. Je ramasse mon arme et profite de sa douleur pour lui la planter juste sous le sternum. Cela fait le septième cadavre que je laisse sur ma route, et bizarrement j´espère qu´avant demain je tuerais quelqu´un d´autre.

Je prends tout son équipement et ses huit pièces, je garderais le bouclier et les bottes tandis que je revendrais la hache, qui semble de bonne qualité, en arrivant. Quand Bruma apparaît enfin dans mon champ de vision, l´astre solaire commence presque à se coucher. J´allais entrer par la porte sud, mais au cas où les investigateurs seraient toujours là, je préfère prendre celle du nord. A peine entré, je vois un assez jeune mendiant, blond aux yeux bleus. Il part à mon approche, mais je le rattrape en le prenant par le poignet. « Quel est ton nom, mon ami ?, lui demandais-je.
- Svodrelth. Je viens d´arriver ici, alors je n´ai pas encore reçu de titre...
- Que dirais-tu de Svodrelth le Bon ? Je cherche de dangereux nécromanciens, ils ont tué des investigateurs pour prendre leurs robes, et je pense qu´ils sont arrivés avant moi.
- Euh..., hésite-il.
- Je vois, dis-je en riant. Tu veux aussi une récompense financière ? J´ai trente septims pour toi, si tu veux, dis-je en lui les montrant.
- D´accord, pas de problèmes, je les ai vus à l´Auberge de la Vue de Jerall. Vous savez où c´est ?
- Non, pas vraiment. Pourrais tu me guider jusque là ?
- Oui, bien sûr. Suivez-moi, dit-il avec entrain. »

Au bout de plus de dix minutes de marche, nous passons entre deux maisons. Pas de gardes, pas de témoins, je lui tranche la gorge avec ma dague et sors de la ruelle, en marchant normalement afin de ne pas éveiller l´attention. Je décide d´aller dormir et prendre mon dîner à la Taverne d´Olaf, pour une fois mes finances me permettent de passer la nuit dans un lit alors autant en profiter. Je dépense six septims pour un repas frugal et dix pour la chambre. Il m´en reste encore trente-et-un, sans compter que je vais pouvoir vendre les bottes de fourrure et la hache d´acier. Parfait. La chambre en question est petite, son parquet grossier et son matelas malmené et aplati par les corps d´innombrables hôtes, mais reste infiniment plus confortable que les paillasses sur lesquels j´avais dormi depuis ma naissance, ou presque. Mais ces temps heureux étaient révolus, y repenser ne m´apporterait rien. Malgré tout mes efforts, le visage rassurant de ma mère s´imposa à moi. Que dirait-elle ? J´avais tué sans aucuns remords sept personnes, sept êtres vivants, chacun ayant ses rêves, ses espoirs, ses amis. Sept vies réduites à néant en si peu de temps. La révélation vient lentement à moi : je suis le Mécréant. On m´avait forcé à vivre reclus dans la misère depuis bien trop longtemps. La société m´avait méprisé, humilié, rejeté. Il était temps pour elle de payer. Et elle paierait au centuple tout le mal qu´elle m´avait fait subir, à moi et à ma mère !

La seconde visite de Kiseen allait-elle m´apporter le Pouvoir ?

Du Pouvoir. Il me fallait plus de Pouvoir. »

SonOfKhaine
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Niveau 10
14 octobre 2007 à 18:39:00

L´Inquisiteur – Chapitre 6 : Seconde rencontre

16 Vifazur 4E55, au crépuscule

« Dranas, comme les autres Investigateurs, semblait bien connaître Bruma. Alors qu´il empruntait une petite ruelle pour gagner du temps, je vis un homme allongé par terre. Tandis que je m´approchais, je pus constater qu´il s´agissait de Svodrelth. Il avait la gorge tranchée, et le sang affluait encore lentement : il venait d´être tué seulement quelques minutes auparavant. Je pensais immédiatement aux nécromanciens, mais je ne comprenais pas pourquoi ils avaient laissé le cadavre ainsi sans l´utiliser. Comptaient-ils brouiller les pistes ? Ou alors, peut-être qu´ils n´avaient pas trouvé d´endroit où l´entreposer. Qui d´autre gagnerait quoi que ce soit à assassiner un mendiant sans le sou ? Quoi qu´il en soit, Dranas s´élança sans attendre, suivant les traces dans la neige, mais elles ne tardèrent pas à rejoindre une des grandes allées de la ville, dont la couche neigeuse avait été piétinée d´innombrables fois. Où avaient-ils bien pu aller ? « Va prévenir Karrinare et Hastres, ils doivent être à l´Auberge de la Vue de Jerall. Vite ! », me dit le Dunmer. Apparemment, il savait quoi faire. Je courus le plus vite possible retrouver les autres Investigateurs.

Je trouvais uniquement le Bréton au lieu prévu, il se rua vers la sortie en attrapant au passage son immense hache et en m´indiquant que l´Altmer se trouvait à la Taverne. J´eus du mal à le suivre tellement il allait vite. Sa détermination indiquait qu´il était prêt à tout pour les attraper. Pas étonnant, après tout ils venaient de tuer sa coéquipière avec laquelle il devait voyager depuis plusieurs années. La nuit était déjà tombée lorsque nous arrivâmes chez Olaf, et les deux elfes virent juste après nous, la Maîtresse-Investigatrice étant allée voir Hrold. La tavernière nous indiqua qu´un elfe noir de sang-mêlé était arrivé il y avait peu de temps de cela, avait commandé un repas et pris une chambre. Nous nous regardâmes, puis Karrinare prit la parole : « Pas question de les laisser s´échapper une fois de plus. Nous les tenons, mais de soyons pas trop confiants. Dranas, surveille la façade, au cas où ils sortiraient par la fenêtre.
- Non, Karrinare. Je veux venger Idroliane, et être là pour te protéger.
- Ils ont déjà eu une de mes coéquipières, pas question de te mettre en danger. Tu seras bien plus utile de l´autre côté, et Hastres saura me protéger.
- Elle a raison. Ne discute pas les ordres de ta supérieure. De plus, tu ne ferais que nous gêner, les chambres ne sont pas aussi spacieuses qu´à l´Hôtel Tiber Septim, dit le Bréton.
- Matthias, va avec Dranas. Nous serons assez de deux en haut, ils auront bien plus de place pour s´évader au dehors, décréta l´Altmer. »

Enfin, nous les tenions. Nous tenions les meurtriers de Svodrelth et de Coeurgris, d´Ulen Athram et de Francus le Mal-Payé, de Svodrelth et de mon père adoptif, de tout Wawnet et de nombreux autres innocents. Bizarrement, quand je pensais à eux et au Mal, je ne voyais que les contours du visage de leur acolyte, sa barbe mal rasée et ses cheveux en bataille, le reste de ses traits baignées dans la pénombre. Ma blessure à la jambe n´était pas encore totalement cicatrisée, et je pouvais encore me souvenir du froid dévorant qui m´avait empli au moment où il m´avait jeté un sort. Sortant ma masse d´armes et mon bouclier, je me plaçai à côté de Dranas qui s´était accroupi, une flèche encochée à son arc. Ils n´avaient pas préparé de corde, leurs chances de s´enfuir étaient donc minces, mais nous préférâmes nous en tenir au plan prévu. La lune venait de commencer un nouveau cycle, la nuit allait être noire. Alors que j´étais plongé dans mes pensées, j´entends un très faible grincement, suivi d´une déflagration déchire la nuit, puis le cri de guerre du Bréton. Mais, dans un craquement d´outre-tombe, les volets se brisent en mille morceaux et une forme noire tombe du second étage. La silhouette saisit au vol la flèche du Dunmer, et alors que les flammes l´illuminent faiblement, je peux distinguer sa robe noire dotée d´une capuche, ainsi que ses traits félins. Elle porte quelqu´un vêtu de bottes de cuir sur son épaule, qu´elle jette au moment où j´envoie ma boule de feu. Elle roule de côté et rattrape son fardeau avec une habilité incroyable avant de disparaître dans la nuit à une vitesse surnaturelle, suivi par Dranas qui tente péniblement de rattraper la forme inhumaine. Tous deux disparaissent dans la pénombre, et me laissent seuls.

Indifférent aux cris de panique des clients du bâtiment en proie aux flammes, Hastres sort me rejoindre, portant l´Altmer dans ses bras. Il la pose à terre devant moi, me disant de veiller sur elle, avant de partir dans la même direction que Dranas. Elle respire avec difficultés et a le regard dans le vague, mais n´a pourtant aucune blessure ouverte ni contusion que je puisse soigner. Elle tente de me parler, mais s´étrangle. Elle ferme les yeux, puis cesse de respirer. Je ne sens plus son âme si les battements de son coeur, elle s´en est allée vers Aetherius. Poussant un cri de rage et fondant en larmes, je m´effondre. Ils se sont échappés, nous avons failli une fois de plus. Les ennemis d´Arkay sont à nouveau libres, ma Maîtresse-Investigatrice est morte, et la Taverne part lentement en cendres. Des cendres, des cendres, tout n´est que cendres. Tout est fini. La Mort a vaincu, ma vie n´est qu´un immense brasier. Tout n´est que cendres. »

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Le Mécréant – Chapitre 7 : Sauvé par la Mère

16 Vifazur 4E55, environ deux heures avant minuit

« Je suis en train de franchir lentement le mur irréel qui sépare le monde des songes et le nôtre quand j´entends un cliquetis métallique familier. Ce n´est rien d´important, et je ne tarde pas à reprendre ma traversée somnolente alors qu´un faible grincement parvient à mes oreilles. Ce n´est rien d´autre qu´une porte qui est en train de s´ouvrir, après tout. Une porte en train de s´ouvrir ? Je m´arrache brusquement à l´emprise de Vaermina et ouvre les yeux pour entrevoir la silhouette tant attendue de l´Annonceuse. Elle referme brusquement la porte et bondit vers moi en plaquant sa main velue contre ma bouche et me chuchote à l´oreille de sa voix féline : « Nous n´avons pas le temps de discuter. Habillez-vous vite et armez-vous, vous êtes en danger. ». Je ne trouve rien à lui répondre et enfile précipitement mes jambières et mes bottes tout en ceignant ma dague ainsi que mon épée. J´attrape rapidement mon bouclier au moment où des bruits de pas se font entendre. La porte vole en éclats et laisse passer une immense boule de feu, esquivée par la Khajiite qui se jette sur notre adversaire. Le second opposant tente de la frapper avec sa hache, mais elle bloque l´arme avant de l´arracher des mains de son porteur. Les flammes commencent à dévorer la pièce, et Kiseen saute vers la fenêtre en m´attrapant au vol. Les volets éclatent en milles morceaux au moment où elle passe, et elle se réceptionne sans problèmes malgré sa chute de deux étages.

Le sifflement d´une flèche parvient à mes oreilles, mais ma sauveuse l´attrape au vol. Un nouveau sort de feu fuse, dévoilant les silhouettes des deux Investigateurs, un Dunmer et le lanceur, sans doute celui que j´avais affronté dans les égouts. Ma porteuse me lance en l´air puis me rattrape avant de courir à une vitesse surprenante à travers l´obscurité, malgré son fardeau. Arrivée derrière une maison, totalement semblable aux autres, en bois décoré sur un dais de pierre, elle me pose à terre, ouvre la porte de la cave à l´aide d´une clé et me tire à l´intérieur avant de verrouiller à nouveau le lourd cadenas. « Suivez-moi. Vite ! », s´écrie t-elle avant de continuer sa course et de se laisser tomber du haut d´une échelle. Nous sommes à présent dans de sombres souterrains, et elle me mène jusqu´à leur issue avant de me parler : « Je ne serais pas toujours là pour vous tirer d´affaire, cher frère, mais peu importe, passons à l´essentiel pour vous laisser le temps de fuir à nouveau...
- Dépêchez-vous.
- L´exploit à été accompli. Comment le sais-je ? Vous verrez que la Confrérie sait beaucoup de choses. Car vous faites à présent partie de la famille.
- Sauf si je le refuse.
- Non, car vous embrassez votre destin. Ce meurtre ratifie un pacte, la mise à mort est votre signature et le sang de Svodrelth l´encre utilisée pour apposer votre marque.
- D´accord, arrêtez vos divagations et venons-en a l´essentiel.
- En tant que porte-parole de la Main noire, je suis directement responsable d´un groupe de membres de la famille. Vous allez rejoindre ce groupe et vous remplirez les contrats qui vous seront confiés. Vous devez désormais vous rendre à Leyawiin et plus précisément à la maison abandonnée qui fait l´angle sud-est de la ville. Descendez au sous-sol et tentez d´ouvrir la porte noire, une question vous sera posée. Répondez-y en ces termes : « Noir, mon frère ». Vous pourrez alors accéder au sanctuaire. Une fois à l´intérieur, adressez-vous à Jorundr Jambes-Spectrales.
- D´accord. Mais répondez à mes questions : qui sont la Mère de la Nuit et Sithis ?
- Notre Mère impie nous a tous vus naître, elle nous surveille en attendant l´instant où nous réalisons que nous sommes faits pour tuer au nom du Père de la Terreur, et elle veille tendrement sur nous. Quand à Sithis, il est le Prédateur. Ce n´est ni un Daedra ni un Aedra, c´est... le Chaos. La Discorde, l´Envie, la Mort, la Destruction. Il se réjouit des atrocités que commettent ses fils.
- Tout cela est aussi incompréhensible qu´à l´ordinaire. Mais je sens... quelque chose... Enfin peu importe.
Partez, à présent, vos proies vous attendent. Je suivrai votre progression. Bienvenue au sein de la famille. »

Et elle disparaît dans les ténèbres, me laissant seul avec mes pensées. Sans oublier les Investigateurs à mes trousses, bien entendu. En soupirant, j´emprunte la sortie et débouche à l´air libre. Par où aller ? En observant le ciel, je trouve la direction du nord, à mi-chemin entre les constellations du Destrier et de l´Ombre. J´en déduis la direction approximative de Skingrad et me mets en marche dans l´obscurité glaciale alors que le funèbre glas de la cloche de la Cathédrale de Talos annonce minuit. Ma nouvelle vie dans la Confrérie vient de commencer.

Sithis m´apportera le Pouvoir.

Le Pouvoir. Il me fallait plus de Pouvoir. »

SonOfKhaine
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Niveau 10
14 octobre 2007 à 18:41:51

L´Inquisiteur – Chapitre 7 : L´équipe est dissoute

16 Vifazur 4E55, environ une heure avant minuit

« Un garde me tira soudain hors de mes sombres pensées :
« Qui es-tu, petit ? Que fais-tu là ?
- Je suis Matthias l´Inquisiteur, Assistant-Investigateur. Cette dépouille est celle de Karrinare, ma Dame-Inquisitrice et Maîtresse-Investigatrice. Apportez son corps à la Guilde des Mages.
- Ce... ce sera fait.
- Bien. Ses assassins sont de dangereux nécromanciens, l´un d´entre eux est un Dunmer, il porte de longs cheveux clairs et une barbe; deux Investigateurs sont partis à leurs trousses. Je compte sur vous pour retrouver les premiers et aider les seconds, si ils n´ont pas quitté la ville.
- Nous sommes à vos ordres.
- Et bien mettez-vous en route ! Fouillez la ville, appelez des renforts, mais faites quelque chose !
- Nous nous y attelons de ce pas. »

Quand à moi, je ne savais que faire. Où pouvaient bien être Dranas et Hastres ? Où se trouvaient mes proies ? D´où venaient les mystérieux pouvoirs de cette créature, et quels étaient ses liens avec les mages noirs ? Pourquoi était-il seul dans sa chambre, sans sa collègue ? Pourquoi les Neufs avaient-ils permis cela ? Toutes ces questions restaient sans réponses. Je n´avais pas dormi ni mangé, était seul, ne savant où étaient les nécromants, et n´avait pas un sou en poche. Il ne me restait plus qu´à aller à la Guilde des Mages, ce que je fis, honteux et confus d´avoir échoué. Je ne parlai à personne, ruminant mes sombres pensées tandis que je mangeai. Après avoir demandé au mage de guerre en faction de me prévenir si jamais des investigateurs arrivaient, je me dirigeai vers ma chambre sans ajouter un mot. Le sommeil fut long à venir malgré ma fatigue, très long. Je ne pouvais qu´espérer que tout irait mieux le lendemain.

Quand je m´éveillai, il était neuf heures du matin. J´étais bien reposé, prêt à me racheter. Après un copieux petit-déjeuner et avoir pris avec moi une bonne quantité de pain, de riz et de pommes de terre, j´allai entendre le rapport des gardes :
« Qu´ont donné vos recherches ?
- Elles n´ont guère été fructueuses. Peu après minuit, un Bréton armé d´une hache est passé par la porte Nord. Et, je ne sais si cela vous intéresse, mais on recherche un Dunmer pour le meurtre d´un mendiant nommé Svodrelth.
- J´étais au courant pour la seconde information. Merci pour la première. Savez-vous où pourraient être passés les nécromanciens et le second Investigateur ?
- Les bruits courent comme quoi des cavernes permettraient de sortir de Bruma en passant par les caves de certaines maisons jusqu´au dehors de la ville, vers l´est. Même si c´était vrai, nous ne savons pas quelles habitations sont reliées...
- Ce n´est pas grave, merci. Assurez-vous que les funérailles de Karrinare l´Inquisitrice se déroulent bien.
- A vos ordres. »

Je m´élançais au dehors des murs, à la recherche de l´extrémité des souterrains. Je ne tardais pas à trouver l´entrée, ou plutôt la sortie, d´une grotte, deux paires de traces de pas en sortaient. Il n´y avait aucun doute à avoir : les rumeurs étaient fondées. Je me mis en marche en espérant que la neige ne se mette pas à tomber de nouveau. Je grelottais dans le froid mordant tandis que je progressais entre les arbres et les rochers. J´avais de très nombreuses heures de retard sur eux, et j´avais assez peu de chances de les rattraper, mais je persévérais. Il n´allait pas s´échapper, et Dranas n´aurait pas à l´affronter seul. Dranas ne mourrait pas, nous allions enfin avoir l´acolyte. J´allais l´avoir. Il allait payer pour ses crimes, et j´allais l´envoyer au très sain jugement des Neufs. Par Arkay, je l´aurais ! Je continuais à avancer, quittant la région de Bruma pour arriver sur une route, sans doute la Route Orange. La neige ne tombait si au sud, mais je pouvais deviner qu´il se dirigeait vers l´ouest, sans doute en direction de Chorrol. L´astre solaire était déjà très haut dans le ciel quand je m´accordais ma première pause, au bout de trois heures de marche. J´en profitai pour boire et manger, car il devait être dans les alentours de midi. Je me remis rapidement en marche, fermement décidé à parcourir le plus de distance possible avant le coucher du soleil. Mon bouclier pesait lourd, mes bottes me semblaient être de plomb. Mais je continuai. J´avançais en marchant, je marchais en priant, je priais en pensant, et je pensais et avançant.

Quelques heures plus tard, je fus forcé de m´arrêter à nouveau. Après m´être allongé environ dix minutes dans l´herbe, je me relevai, plus déterminé que jamais. Sur le chemin, je rencontrai un bandit impérial. Il était équipé de métal aux jambes et aux pieds, mais ne portait qu´une tunique sur le torse. Alors que celui-ci se ruait vers moi, je me contentai de lui envoyer une boule de feu en plein visage et de l´achever d´un coup de masse d´armes dans la nuque. Je n´avais pas le temps de l´enterrer convenablement et je le laissai là, à la merci de la première bête sauvage, dépouillé de ses jambières d´acier. Vie de malfaiteur, mort de malfaiteur. Rangeant mon arme, je me remis en marche, continuant mes prières à Arkay. Je finis par arriver sous les branchages des immenses chênes de la Grande Forêt, dont le dense feuillage ne laissait filtrer qu´une lumière diffuse, plongeant le chemin dans une semi-obscurité au travers de laquelle résonnait le chant des oiseaux et les milles et uns petits bruits de course des chevreuils et des biches. Au bout de longues heures, Chorrol se dévoila à ma vue, à la lueur des étoiles et de la nouvelle lune, mince comme une rognure d´ongle. Ses murs de grès légèrement rose reflétaient doucement la faible lumière des cieux, illuminant la porte de bois magnifiquement ouvragée, ornée du symbole du Chêne bleu sur fond d´argent, symbole de la ville et de son passé glorieux.

J´allai attraper le Mal.

Le Mal. Il fallait éradiquer le Mal. »

Ayé, c´est fini. Qui a encore ses yeux ? XD

darkness-stone
darkness-stone
Niveau 10
14 octobre 2007 à 21:29:28

J´ai enfin touts lu, et j´ai encore (enfin il me semble) mes deux yeux

Je nai que trois ou quatres choses à dire :

1) Des petites fautes d´accordes, de grammaire et de frappes
2)
:bave: :coeur: :bravo: :ok: :ouch: :ouch2: :snif2: :snif:

3) J´adore le Mécréant
4) Je ne sais pas pourquoi, mais les passages du Mécréant sont mieux écrits que ceux de l´Inqusiteur.

PS : encore une fois, bravo

Tonton-Galvez
Tonton-Galvez
Niveau 9
14 octobre 2007 à 22:10:40

Très bon, c´est bien d´avoir remanié.

haku72
haku72
Niveau 6
21 octobre 2007 à 16:45:45

Super! Franchement, c´est beaucoup mieux qu´avant!

J´ai toujours mes yeux mais ça me fait mal quand je regarde fortement en haut ou en bas!! :sarcastic:

Tu décris super bien l´ambience, c´est magnifique. Et on ressent bien les émotions des personnages!

Bon, bin..que dire à part qu´on attend tous la suite!

darkness-stone
darkness-stone
Niveau 10
29 octobre 2007 à 16:57:32

Bon, ne vous éonnez pas, SoK ne peut plusse co àJV, onc, il ´a gentillement demandé de poster pour lui, voilà.

Le Mécréant – Chapitre 7 : Sanglantes retrouvailles

17 Vifazur 4E55, à minuit

« Je marche le plus vite possible afin de ne pas laisser le froid me dominer, mais je ne puis empêcher de grelotter dans la fraîcheur nocturne. Il n´y a guère d´autres bruits que le crissement des restes neigeux sous mes bottes. La nature est endormie, silencieuse. Les seuls êtres vivants que je risque de croiser sont les prédateurs de la nuit, bêtes malfaisantes ou sinistres malfaiteurs tels que moi. Un trait vient se ficher dans mon avant-bras, heureusement protégé par mon gantelet de fourrure. Je me précipite derrière un arbre, incapable de voir le tireur. Qui pouvait-il être pour réussir à m´atteindre à travers la noirceur opaque de cette nuit sans lune ? Je tend l´oreille, en vain. Soudain, quelques aiguilles provenant du sapin sous lequel je me tenais me tombent délicatement sur l´épaule. Instinctivement, je lève mon bouclier au dessus de ma tête au moment même où le mystérieux tireur lâche la corde de son arc. Je lance ma dague vers mon ennemi, qui s´est soudain dévoilé à la clarté diffuse des étoiles, qui la reçoit dans le ventre, mais parvient à conserver son équilibre. Tandis qu´il encoche un nouveau projectile, je lâche mon bouclier et saute le plus haut possible avant de me hisser sur une des branches basses de l´arbre. L´archer, un Bosmer, tire une troisième flèche, quelque peu stoppée par mon sort de protection avant d´être, elle aussi, amortie par mon gant gauche, m´arrachant toutefois un rictus de douleur.

Je bondis vers ma proie, atterrissant juste devant elle afin de lui enfoncer ma lame entre les côtes jusqu´à la garde à travers sa cuirasse, ce qui ne fit couler qu´un mince filet de sang. Dans un dernier sursaut d´agonie, mon opposant surhumain plante ses crocs effilés dans mon épaule. Je lui glace les vertèbres puis lui brise la nuque avant de lui détacher la mâchoire à l´aide de mon épée et de le faire chuter de l´arbre. Je traîne le corps déjà glacé du vampire un peu plus loin pour brouiller les pistes à l´intention des Investigateurs après l´avoir soulagé de ses sept septims et de son armure de cuir. Les flèches n´ont pas pénétré profondément, mais je me fais tout de même un rapide bandage à l´aide de ses vêtements pour panser mes plaies et ma morsure à l´épaule, dont le sang peine à coaguler. J´espère ne pas avoir contracté la malédiction du vampirisme, la simple idée d´être dépendant de quoi que ce soit, fut-ce seulement du sang de mes proies, m´est insupportable : la liberté est mon unique trésor, et je ne tiens pas à la perdre de cette façon. Après m´être un peu plus éloigné de Bruma et de son climat quasi-hivernal ainsi que de la Route Orange, je m´accorde une petite heure de repos.

Quand je m´éveille, la nuit est déjà bien avancée. Je reprends mon chemin, encore quelque peu ensommeillé, mais prêt à arriver à Skingrad avant midi. Si jamais je manque à mon rendez-vous avec Ardaline, je risque bien de laisser la nécromancie m´échapper pour toujours. Je corrige ma trajectoire à l´aide de l´étoile du Vagabond. Je comprends à présent son nom, cette lueur est véritablement ma soeur dans le ciel, à la façon de la Lune du Nécromancien pour le Dieu des Vers. Elle est le Destrier et l´Ombre, Celle-qui-erre-dans-la-Nuit. Durant l´heure qui précède l´aube, la plus froide, tandis que je m´étais déjà profondément aventuré sous les frondaisons des imposant chênes de la Grande Forêt, j´entendis de lourds bruits de pas, couvrant quasi-totalement les craquements des brindilles. Un troll se trouvait là, tout proche de moi, se repaissant d´une carcasse de biche à moitié dévorée. Je m´accroupis et me place contre le vent avant de m´avancer précautionneusement de la créature et de ficher mon arme dans son dos. Voyant qu´il se débat encore, je lui gèle l´arrière du crâne avant de me replier pour éviter ses coups de griffes frénétiques. Je tire ma dague de sa ceinture et attends qu´il se lance à l´assaut, erreur qu´il ne tarde pas à commettre. Je me jette de côté, m´enveloppe de mon sortilège de bouclier en enfonce ma dague sous sa mâchoire, lui transperçant la langue. Je bondis en arrière pour ne pas être blessé par ses gestes vengeurs, mais ses griffes le lacèrent le haut du torse, heureusement couvert par le plastron de cuir du Bosmer. Je retire mes armes de son cadavre, en extrayant la précieuse graisse, puis défaits les pansements de mes avants-bras pour les appliquer sur les estafilades sanguinolentes avant de m´accorder une nouvelle pause. Cyrodiil est devenu une contrée dangereuse...

Je suis tiré de mon sommeil par une atroce douleur dans mon dos. Me retournant, j´aperçois un Dunmer, un arc à la main. Il encoche immédiatement une second flèche, que j´esquive en roulant de côté. J´éveille le troll à la non-vie et l´envoie attaquer l´Investigateur pendant que je me relève en bondissant. Avec une puissance extraordinaire, le guerrier de Morrowind déchaîne une véritable tempête de flammes en direction de ma créature tandis que je me maudis intérieurement d´avoir combiné l´inflammabilité des cadavres avec celle des trolls et que je dégaine mon épée. Jetant son arc, le Dunmer sort sa longue lame de son fourreau, la saisissant à deux mains. Je m´enveloppe de mon sortilège de protection et continue ma course. Alors que je me prépare à le frapper, il frappe si vite que j´aperçois à peine son geste. Levant mon bouclier rudimentaire au dernier instant, je protège ma gorge de justesse, la fourrure étant tranchée en deux en déviant à peine le long sabre d´argent qui m´entaille la peau juste sous la clavicule droite. Je tente de lui planter mon arme dans le torse, mais sa cuirasse de mithril ne laisse passer que la pointe de ma lame, lui infligeant simplement une blessure superficielle. Il me frappe au visage avec la garde de son épée puis m´électrocute à bout pourtant. Hurlant de douleur, je le gratifie d´un coup de genou au ventre, le pliant en deux, puis utilise mon toucher glacé. Tandis que je prépare à l´achever, il saisit à mains nues ma lame courte, la réduisant en poussière. Je lui brise le nez d´un coup de coude et le fait chuter dans l´herbe, puis prend la fuite au moment même où il récupère son sabre.

Je ne pouvais lutter contre lui uniquement armé d´un dague, je n´aurais pas eu le temps de la sortir de son fourreau et de l´achever, il m´a eu par surprise et j´étais blessé. Toutes ces excuses défilent dans mon esprit alors que je cours désespérément en direction de Skingrad. Nul ne peut me vaincre. Il ne peut être plus puisant que moi. Il a simplement eu de la chance, et s´était payé un bon équipement aux frais de cette misérable Guilde des Mages. Nul ne peut me tenir tête. Je suis le plus puissant ! Je n´avais qu´une envie : retrouver Ardaline et ses compagnons, afin de pouvoir enfin mettre fin à la vie de ce misérable qui a osé me défier, moi, Mraaj le Mécréant, futur maître de Tamriel ! J´arrive enfin en vue des remparts de Skingrad, tristes et répétitifs, mornes et usés, flanqués à intervalles réguliers de tours coniques et identiques, construites de la même roche qui semblait avoir été blanche un jour, mais qui était à présent d´un brun terne, attaquée par les affres du temps et des guerres; trônant au sommet d´une colline désolée et vide de toute vie qui grimpait désespérément vers le ciel grisâtre dans le futile espoir se s´évader hors de ce déprimant paysage, dont seuls quelques rocailles brisaient, çà et là, la sinistre monotonie des brins d´herbe desséchés. Les poumons brûlants, tous mes muscles douloureux, mes plaies pour la plupart rouvertes, je suis forcé de m´arrêter. M´affalant le dos contre un arbre, les jambes dans les feuilles mortes décomposées et les brindilles, je m´assoupis.

A mon réveil, midi approche, je mange mes dernières provisions et m´élance dans un dernier effort vers le promontoire couvert de son ciel toujours voilé, rien n´avait changé durant mes quelques heures de sommeil. Le pont d´accès au dessus du gouffre semblait être un simple variante d´un pan de mur courbé afin d´enjamber le ravin, dont le fond était aussi morne que tous les autres éléments qui le surplombaient. La porte était faite d´un bois impossible à identifier, rongé par la moisissure et renforcé par de solides barres d´acier sombre qui commençait à être attaqué par la rouille. Il n´y avait ni emblème, ni étendard, ni garde. Les habitants de Skingrad devaient s´enfermer lentement dans une démence au delà de toute aide, je ne pouvais envisager d´y passer ma vie alors que le simple fait d´y passer quelques heures ne m´enchantait guère. Les gardes en cottes de mailles rouge sombre, renforcées de de solides protections d´acier terni et ornées des deux croissants de lune m´indiquèrent à contre-coeur la position de la Chapelle de Julianos. A côté de sa statue se trouve Ardaline, habillée de sa robe de voyage brune. Elle tenait son poignet droit maculé de sang et était désarmée. Elle sourit en me voyant, et me dit : « Je pensais que tu serais plus rapide, Mraaj, mais peu importe. Tu es enfin de retour...
- Moi aussi, je suis heureux de te revoir en vie, réponds-je avec un sourire factice. Elle est si facile à berner, la pauvre...
- Peux-tu me rendre ma robe de nécromancienne s´il te plaît ?, demande t-elle poliment. La robe. Elle avait sans doute brûlé avec la taverne de Bruma.
- Je l´ai oubliée à la Cité Impériale, en passant pour me ravitailler, mentis-je.
- Tu es vraiment tête en l´air, mon cher. Mais tes qualités compensent largement ce défaut..., dit elle avec un nouveau sourire alors qu´un Altmer en robe de mage arrive face à moi. Il porte une dague à la ceinture, et je remarque qu´Ardaline est en train de passer sa main, visiblement miraculeusement guérie, dans son dos. »

Je lui assène un crochet dans la mâchoire et lui tranche la gorge de mon fidèle poignard. Le sorcier de l´Archipel de l´Automne m´envoie une boule de feu qui va s´écraser contre la statue couverte de lierre de Julianos derrière laquelle je m´abrite. Un couple d´Impériaux se rapproche en courant, armés respectivement d´une hache et d´une dague. Je lance mon arme sur l´homme qui le reçoit prés du coeur et s´écroule. Ramassant la masse d´armes d´Ardaline, Je leur fait face. Aucun de mes deux opposants n´esquisse un mouvement, et je prend la parole : « Les serviteurs du Dieu des Vers ne devraient pas s´entre-déchirer inutilement. Rangez vos armes et acceptez moi dans votre groupe. Attaquez-moi et je vous tue, tous autant que vous êtes.
Nous sommes d´accord, capitula le Haut-Elfe après avoir inspiré profondément. Dépêchons-nous de quitter la ville, les corps ne vont pas tarder à être découverts. Où allons-nous ?
- A Leyawiin. »

J´éliminerai ainsi tout obstacle entre moi et le Pouvoir.

Le Pouvoir. Il me fallait plus de Pouvoir. »

SoK, merci à dakness-stone

darkness-stone
darkness-stone
Niveau 10
29 octobre 2007 à 17:13:55

:snif: c´est bien écris :snif:

J´ai rien à dire, c´était tout simplement divins, j´ai adoré, le seul repproche que je peuxte aire c´est que c´est trop cours ^^, n´en veux plus, na.

Sinon, une ou deux petite fautes.

Bonne continuation

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
30 octobre 2007 à 10:24:04

Tiens tiens, aujourd´hui Alice a décidé que je pouvais aller sur JV ^^

Merci à toi d´avoir posté. A mon retour des vacs, z´aurez quelques screens, j´en ai pas moins de trois en réserve. De quoi vous faire patienter avant le prochain chapitre, qui risque de mettre un bon moment à pointer le bout de son nez. Si vous vous demandez pourquoi, allez questionner D-Stone (dsl pour l´abréviation... mais t´as qu´à t´appeler SoD comme sur MSN). Interdit de le lyncher par contre :p

SoK, d´ailleurs c´est à qui d´écrire le prochain chap´ pour Saryth ?

haku72
haku72
Niveau 6
30 octobre 2007 à 15:04:30

Chapitre vraiment bien écrit! Et ta phrase de la rocaille qui brise la monotonie des brins d´herbe est magnifique!
Inutile de te dire que je VEUX la suite!

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
07 novembre 2007 à 12:39:06

http://img262.imageshack.us/img262/4769/0i7kg6.png

Matthias face à face avec le bandit alors qu´il est en route vers Chorrol.

Les autres je les garde en réserve pour vous faire patienter... J´ai trop de choses à faire pour pouvoir poster un nouveau chapitre avant un bon moment, alors autant vous les mettre peitt à petit.

SoK, j´ai tout de même la très vague impression que vous n´avez rien à taper des screens et que la seule chose qui vous intéresse ce sont les chapitres XD

Oncle-du-singe
Oncle-du-singe
Niveau 5
07 novembre 2007 à 12:44:38

J´aime bien les screens :(

haku72
haku72
Niveau 6
07 novembre 2007 à 14:33:27

On aime bien tes screens! Ils sont bien fait mais personnellement, je préfère les chapitres! XP

Mais tu as trouvé un bon moyen pour nous faire patienter! :-)

haku72
haku72
Niveau 6
30 novembre 2007 à 20:08:47

Ouhlala.! ça va faire un mois que plus personne n´a posté!
SoK, réveille-toi. XP
Allez, :up:

Elie[the]duck
Elie[the]duck
Niveau 10
30 novembre 2007 à 22:14:25

Risque pas d´avoir de suite avant longtemps haku, je prend le temps libre de SoK pour que l´on puise écrire ensemb ^^.

darkness-stone, J-1 avant le retour du geek du forum, trembe forum.

PS : darkness en pleine crise de tuerie à la pichenette sur on haster.

La vidéo du moment