CHAPITRE X : Préliminaires.
- Ce soir nous allons planifier une grande attaque. Nous allons frapper fort.
La voix de Frejerus résonnait dans la cave d’une maison abandonnée, dans la campagne de la Cité Impériale. Nous étions tous réunis. Les plus grands démons d’Oblivion étaient là. Les autres étaient mort. J’étais le seul vampire. L’intrus, presque. Et je me demandais en quoi j’allais leurs être utile.
- Cette fois, nous visons haut. Notre dernière menace est Hieronimus Lex, le capitaine de la garde. Impossible pour nous d’entreprendre quoi que ce soit, tant que ce pantin sera là pour nous mettre des bâtons dans les roues. Comme vous le savez, la Cité Impériale recrute de plus en plus de guerriers pour refouler notre menace. Je ne sais pas comment il fait, mais ce Lex à un programme d’entraînement du tonnerre. Chaque apprenti qui entre dans son école en ressort en véritable guerrier. C’est notre bête noire et nous devons l’abattre.
- Mais je croyais que vous étiez invincible ?
Je l’avait coupé dans son élan. J’avais pensé trop fort, mais maintenant que c’était dit, j’attendais la réponse. Il y eut des rires discrets, avant que Frejerus ne me réponde :
- Nous ne sommes pas sans points faible. Nous sommes forts et particulièrement résistants pour avoir pu survivre dans ce monde hostile. Mais depuis que Lex forme aussi bien ses troupes, nous avons perdues quelques frères. Sa tactique est l’attaque en groupe. Il envoie toute une armée de garde impérial prêts à croiser le fer. Dans ses conditions, la balance penche cela devient David contre Goliath.
- Mais pourquoi vous obstinez-vous à vivre ici si vous en êtes exclus ? les plan d’Oblivion sont si terribles que ça ?
Cette fois, personne n’osa me répondre. On fit mine de m’ignorer et un autre démons continua son explication du plan d’attaque. Je devina que ces plans d’Oblivion étaient réellement invivables. Je tentais tant bien que mal d’écouter la conversation peu captivante et au lieu de cela, j’examinais la tablée. Il y avait beaucoup de grands êtres musclés dont on aimerait pas avoir à faire. Leurs visages étaient tous plus ou moins marqués par de terribles douleurs passées. Il y avait ensuite les plus petits. Ceux qui, sans doute s’occupent du côté stratégique et étudient tous les moyens d’attaque efficace possible et probablement de fuite. C’est alors que je reconnus la fameuse vielle femme que j’avais rencontré dans la grotte, il y a quelques jours de cela, et qui m’avait donné ce fameux médaillon de résorption, que je porte toujours sur moi, d’ailleurs. Elle m’avait remarquée et me fit un hochement de tête qui semblait vouloir dire ‘‘ Tout va bien se passer ’’ .
Une bonne demi-heure passa ainsi à écouter tout ces gens parler de cette fameuse attaque dont je ne savais toujours quel rôle j’allais jouer. Puis, quand Frejerus donna enfin l’autorisation aux protagonistes de s’en aller, il me prit à part et attendit sagement que la cave soit vide. Nous assistâmes alors à l’écoute d’un silence des plus glaçant, et se décida finalement à le rompre :
- Tu dois te poser des tas de questions.
- Bien entendu. Et je ne comprend pas vraim…
- Et puisqu’on doit commencer quelque part, sait-tu qui ta mordu ? Qui ta transmis le vampirisme, cette nuit où tu dormais comme un loir dans ta petite cabane ?
- N…Non. Vous en savez quelque chose ?
- Tu sais, il a sans doute était capturé par un chasseur à l’heure qu’il est.
- Mais… Vous le connaissez, sérieusement ?
- Non, on ne sait même pas son nom mais je peux te dire que sans lui, tu ne serais pas là. On a besoin de toi, car notre attaque se déroulera la nuit. Et si tu n’étais pas héméralope, notre plan serait à refaire.
- Hémèr… qui ?
- Héméralope. Ou nyctalope, si tu préfère. Bref, c’est ta capacité à distinguer des sources de chaleurs humaines dans le noir le plus complet.
- Ok et comment ça va se passer, concrètement ?
- Et bien nous allons mettre le feux au quartier de Lex et son école de formation. Nos sources indiquent qu’il sera chez lui tout à l’heure, à dormir sur ses deux oreilles. Tous ceux qui tenteront de s’échapper seront éliminés, pour peu que ces personnes soient à la botte de Hieronimus.
- Ca risque rien ?
- Bien sûr, que c’est risqué ! C’est même à double tranchant. Nous ne sommes jamais à l’abri d’une embuscade ou d’un autre coup monté. Qui sait si Lex sait déjà ce que nous sommes en train de faire et qui sait si il prépare déjà une offensive ? Notre fort est bien gardé, mais un bon espion peut s’y glisser.
- Mais je n’ai pas envie de mourir !
- Mais nous non plus. Honnêtement, nous ne cherchons pas à conquérir la Cité Impérial. La campagne environnante bien que dangereuse pour l’homme nous aurait suffi, à nous. Seulement voilà, Lex exécute sûrement des ordres, mais tant qu’il sera présent dans cette cité, nous serons condamnés à retourner sur Oblivion. Et ça, c’est inconcevable. Nous avons déjà maintes fois tenter de le convaincre par la parole mais ce clown ne veut rien entendre. Il veut être ‘‘ le héros qui a débarrassé les démons de Tamriel ’’ . Son image, sa carrière. C’ets tout ce qui lui importe. Et tant que son programme pour entraîner des ‘‘ super soldats ’’ sera présent, nous n’avancerons pas. C’est pour ça qu’il faut agir et vite avant qu’il ne lève une armée.
- Il va vraiment lever une armée ?
- C’est dans ses cordes. Mais maintenant, repose-toi. C’est dans quelques heures que l’attaque sera menée. Olaf va t’emmener dans ta chambre. Ce n’est pas le palace, mais tu as le minimum syndical. Rendez-vous dehors dans les environs de deux heures du matin.
Olaf était un gros molosse qui grommelait dans sa barbe. C’était pourtant un gringalet face à Frejers et sa clique. Il m’emmena en fredonnant un air dans ma chambre au hasard des couloirs et des escaliers. Une fois en face de ma porte il daigna ouvrir la bouche et me dire en pointant du doigt :
- La sortie.
Elle se trouvait juste en face de ma cellule. On pouvait voir d’ici un grand salon éclairer de chandelles et au fond une immense porte en bois. Olaf s’enfuit. J’ouvrit ma porte et la referma à clef. La chambre était certes spacieuse mais horriblement mal décorée. En fait, il n’y avait pas de décoration, si ce n’est un tapis à motif planté au sol et un coffre vide au coin de la salle. Je me jetait sur le lit, les mains croisés sur la nuque, à regarder le plafond. Impossible de s’endormir. J’étais à la fois excité, fier et prêt à en découdre, mais peu à peu, l’espoir et la confiance firent place à l’angoisse, la peur et la détresse. Je vivais peut-être mes dernières heures. Frejerus avait l’air sincère, mais il avait peut-être tué Igouraf, mon seul allié, mon seul appuis, après tout. Et ça, ça m’étais complètement sorti de la tête lors de cette entrevue. Et dire que je m’étais promis de l’enterrer avec les honneurs. Au lieu de cela, il est certainement encore dans ce coin sombre de la tour du Roi en train de pourrir. Peut-être même as-t-il été jeté dans les catacombes sans même le moindre respect ? Les conséquences qui s’ensuivirent ont fait que je n’ai pas pu reprendre son corps, mais qu’est-ce que je le regrette, maintenant.
Mais ce n’était pas le moment de pleurer sur le passé. Ce n’est jamais le moment. Il fallait que je me tienne prêt. Je le suis depuis longtemps, mais il va tout de même falloir que j’attende encore 3 ou 4 heures. Attendre que le soleil se couche pour que je me lève. Je vais essayer de dormir. Je ne vais pas y arriver. Je sais que je ne vais y arriver. Je m’assois alors au bord du lit et compte les fissures qui entravent le mur d’en face.