CHAPITRE VII : Prendre son courage à demain.
Dans les rues de la ville, je m’entretenait avec mon compagnon. Nous décidâmes de nous renseigner sur l’état du Roi. Un garde passait par là, j’entamais la conversation :
- Bonjour, nous n’avons plus de nouvelles du Roi, comment gère-t-il cette mystérieuse attaque ?
- Le Roi se porte bien, me répondit sèchement le garde.
- Mais il n’essaie pas de rétablir l’ordre ? intervint Igouraf.
- Ecoutez, nous veillons bien sur la ville. Théoriquement, vous êtes en sécurité. Le capitaine de la garde impériale, Lex prend la place du Roi pendant quelques jours car il se trouve actuellement dans sa maison de campagne, vers Anvil.
- Vraiment ?
- Oui, et maintenant excusez-moi mais je dois partir, nous devons élucider le mystère de cette attaque.
Le garde nous abandonna. Ce qui était certain, c’est que son discours sonnait faux. Comment le Roi pouvait-il s’absenter en telle période de crise et de peur ? Aucun doute possible, le Roi n’était pas Anvil, il était ici, dans son château et ce soir je le mordrais. De plus, il avait même bâillonnait les médias. Tous les journaux mentionnaient le Roi ‘‘ en train de se reposer dans sa villa ’’. Bref, il fallait que je parvienne à Frejerus. A moins que ses ‘‘ épreuves ’’ n’étaient là que pour me dégoûter de m’approcher de lui ?
La nuit tomba sur Tamriel, les commerçants quittaient leurs boutique. Si nous voulions rencontrer le Roi ce soir, il nous fallait un plan. Passer par l’intérieur du palais n’était même pas imaginable. J’avais fait un tour de repérage tout à l’heure et m’était aperçu que rien que le hall grouillait de garde, ce qui accentuais mon idée que le Roi était bien dans le bâtiment. La seule façon d’accéder à la chambre du Roi sans trop de danger, c’était de passer par la Vielle Voix, celle qui nous oblige à passer par les égouts. Je communiquais mon plan à Igouraf qui répliqua aussitôt :
- Les égouts ? On peut remettre ça à demain, non ?
- Certainement pas, nous devons agir vite et prouver que nous ne sommes pas des larves insouciantes face à Frejerus !
- C’est pourtant ce que nous sommes...
- Tait-toi.
Nous nous trouvâmes dans le quartier de l’Arène. Par chance, la plaque d’égout se trouvait dans un coin où les gardes ne faisaient pas souvent leurs ronde. Ce fut sous un magnifique clair de Lune que nous entrâmes dans les profondeurs de la ville. Les égouts. Sinistre endroit oublié, habité à présent par les rats et les cafards. On était souvent dans le noir complet. On ne voyait pas à trois mètre et on avait de la chance quand un brouillard ne se manifestait pas pour nous boucher la vue. Seul des grilles, haute dans le plafond, laissaient passer la lumière de la Lune. C’est alors qu’une ombre fondit sur moi. Pris de panique, je gesticulais dans tout les sens jusqu’à ce que je trébuche. Igouraf se moqua de moi. Ce n’était qu’un garde qui marchait sur le grillage. Je pris conscience que j’avais peur.
Igouraf non plus n’était pas très rassuré. Cela faisait plus d’une demi-heure que nous errions dans ce formidable dédale. Nous avions trouvés des rats et des crabes sans aucun danger, mais nous prenions tout de même soin d’éviter les salle éclairés par un feu de camp. On disait que des vampires y séjournaient nuit et jour en quête d’intrépides héros qui s’aventuraient dans les égouts afin d’assouvir leurs besoin en sang. Les intrépides héros, c’était exactement ce que nous étions, sauf que moi j’étais déjà vampiriser.
Nous trouvâmes enfin une sortie qui semblait mener vers le cœur du palais. Il devait être 3:00 du matin, j’ouvris la porte avec la dextérité d’un voleur et entra à pas de chat. J’atterrissait dans le dortoir. Tout le monde était coucher. Je traversais la pièce, toujours suivi de mon fidèle partenaire. Je rouvrit une porte et tomba sur un immense couloir circulaire aux multiples portes. Impossible de s’y retrouver sans le plan des lieux. Je retournais dans le dortoir en demandant à Igouraf de m’attendre dans un coin sombre du couloir.
Il devait y avoir une vingtaine de gardes endormis, tout les lits posés les uns à côté des autres avec pour chacun une table de nuit avec tiroir. Il devait bien avoir une carte dans une de ces commodes. Je pris un lit au hasard et me dirigea vers le tiroir se trouvant exactement devant la tête du garde. Par chance, pas de verrou. Je l’ouvrit avec une extrême lenteur, de peur qu’un bruit de coulissement ne me trahisse. Grâce à ma vision nocturne, je voyais le fond du tiroir se découvrir peu à peu. Un coup d’œil vers le lit. Le garde était toujours endormi, mais le fait qu’il puisse me voir rien qu’en ouvrant les yeux me perturbait terriblement. Je n’y pensait plus. Le tiroir renfermait une bourse, des clefs, un livre sur la religion et un parchemin. Je tendit ma main très doucement vers l’intérieur du tiroir.
- Je n’aime pas les voleurs.
Merde ! Je fit volte-face et vu que le garde venait de m’adresser la parole, me surprenant en plein délit. Je ne savait pas où me mettre. A ce moment-là, je voulais être à des kilomètres d’ici. Je restait pourtant figé, ruisselant de sueur, attendant que quelque chose se passe.
- Tu parles ! Ils s’introduisent dans les chaumières pour y subtiliser tout ce qui leurs passe sous la main rien que pour les beaux yeux du Renard Gris.
- Je... je ne travailles pas pour le Renard Gris, je dit dans ma barbe.
- Qu’est-ce que tu dit ?
- J’ai rien dit, c’est toi qui vient de parler !
Ouf, le garde à qui j’allais dérober son plan parlait en fait avec un autre. Et comme un imbécile, je leur avait répondu. Une chance que les Dieux étaient avec moi, ils ne s’étaient même pas doutés de ma présence et le garde ne m’avait pas vu dans l’obscurité. Une fois rentré chez moi, j’irais brûler un cierge, mais avant ça, il fallait sortir d’ici sans bruit. Et en ouvrant la porte, la lumière du couloir circulaire trahirait ma présence. Je subtilisais le trousseau de clef et le parchemin, referma délicatement le tiroir et me dissimula sous le lit en attendant la fin de la discussion. Elle se termina vite par l’intervention d’un autre garde qui, souhaitant dormir, lança une chaussette sale sur la tête d’un des bavards. Un quart d’heure plus tard, une fois que j’étais assuré que tout le monde dormait, je me faufila vers l’extérieur.
Le couloir avait des parties éclairés et des parties obscurs. Je vis Igouraf couché. Il est vrai que je fut long. Il n’y avait pas de garde dans cette partie du couloir.
- He ! Réveille-toi, je suis revenu. Je chuchotais à Igouraf.
Pas de réponse. Il devait avoir le sommeil le lourd. Je m’approchais de lui et le secoua un peu. Toujours pas un mot. Décidé à prendre les grandes décisions, je lui ouvrit les yeux. Ils étaient d’un blanc écarlate, la pupille regardant ailleurs.
Il était mort.