Chapitre LIX : Visions
Je me retournai à ce moment précis.
Un grand cheval noir, équipé d’une armure d’obsidienne. Plus haut, un grand cavalier, armé d’une lance et équipé d’une armure d’acier noir et d’un heaume magnifique.
Il lève son bras et le replie, il me montre le signe du Roi Des Tréfonds, imprimé en lettre d’or sur son bras.
Il lève son arme, et la tend vers les akavirois.
Son cheval partit au triple gallot. Une foule des grands cavaliers noirs le suivirent.
Dans tout ce bordel et ce piétinement, un grand cavalier noir sur un cheval brun s’arrêta devant nous. Il a une armure de la légion impériale et l’inoubliable et magnifique casque balais.
Il enlève son casque, pour nous montrer sa tête.
C’est Sado ! Je le reconnaîtrai parmi des milliers.
Il dégaine une épée d’argent et saute sur moi.
A son arrivé, Dreetja se retourne.
-Sado ! Cria Dreetja.
-Dans quelle pétrin vous êtes vous fourrés ?
-Dans une sacrée merde !
Sado se coucha sur moi et il leva son épée en l’air. Une énorme sphère bleue nous entourait.
Des centaines de flèches commencèrent à arriver de tout les sens. Les cavalier, autour de nous se les prenait les unes après les autres. La plupart tombaient à terre, d’autre moururent et disparaissèrent, tel des invocations.
Aucune des ces flèches, participant à ce mitraillement intensif ne rentrait dans notre bouclier du magicien rougegarde.
-Vous êtes de la légion ! Pourquoi protégez-vous et vous battez-vous avec Le roi Des Tréfonds ? Demandais-je à Sado
-Je t’expliquerai, mais je suis là pour toi.
-Merci…merci
-Ce n’est rien.
Les akavirois commencèrent à foncer vers nous, et les flèches s’étaient arrêtaient de pleuvoir.
On les apercevait seulement vingt mètres devant nous.
Sado se leva et il fonça directement sur les premiers hommes serpents.
Dreetja fit de même, et je les suivait finalement.
Je sortis mon katana et trancha finement en deux le premier serpent qui vint vers nous.
Les autres foncèrent vers nous.
Un m’attaqua, et il n’eut pas le temps de se rendre compte que sa tête n’était plus sur son corps.
Un troisième me lance une hache que je rattrape en vol. Je la relance et fais se propulser son corps plus loin, gênant un archer.
Le sol commence déjà à être couvert de corps.
Dreetja les massacrent pendant que Sado les fracassent.
Un ninja serpent sauta sur moi.
Il me met à terre et s’apprête en me rentrer une dague dans la tête.
Je m’aperçois qu’il n’est pas comme les autres.
Les hommes serpents habituels n’ont pas de casque, celui-ci en possède un, un casque d’or, magnifique, moulant son visage à la perfection. Son torse musclé est aussi caché sous un sombre et profond habit de cuir noir, alors que les akavirois normaux n’ont pas d’habits sur le torse.
Sa dague, qui s’apprête à me frapper est une dague de platine qui brille comme mille lames d’argent, et sur la lame il y a écrit quelque chose en or, mais je n’arrive pas à lire ce qu’il y a écrit.
Les corps qui se battent, sur mes côtés ne bougent plus, ou très lentement, le sang ne tombe plus, il se glisse, un silence générale me fait taire.
Un homme, qui tendait son arc depuis quelques secondes, a enfin lâché la corde.
La flèche part, lentement, mais va tout droit sans s’arrêter.
La flèche ne doit bouger que de quelques centimètres par secondes, et je m’aperçois alors qu’en fait, je vois tout en noir et blanc.
Je vis au ralenti, je sens au ralenti, mais je réfléchi normalement.
La flèche, partie depuis tout à l’heure a enfin touché un lézard de dos.
Le recul le fait se tordre en deux, mais en dix longues secondes.
Une ombre pèse sur moi.
Je lève tourne la tête, et j’aperçois devant mon corps par terre, un homme.
Il est dans un drap noir, qui se fait déplacer par le vent, et il pointe une longue épée noire vers moi.
Mes yeux n’arrivent pas à discerner s’il ne s’agit là que d’une hallucination, d’un sort ou d’un rêve.
Pourtant il est bien là.
Ses longs cheveux noirs couvrent son visage, et quand le vent le décide, je vois enfin sa tête.
Il n’a pas de visage, pas de nez, pas de bouche, pas de yeux, juste une peau blanche bien pâle cachée par son arme.
Il pointe sa longue lame vers moi, comme s’il attendait quelque chose.
Regarde si je n’ai pas d’arme sur moi, mais rien.
Mon katana n’est plus là, mon arc je ne sais où.
Le lézard me pointe toujours le visage avec sa dague.
Je retourne ma tête du côté de l’homme au sabre et là, il prend son élan, il est en position de frapper. Et avant même que je n’ai le temps de me poser la plus simple question, il donne un coup.
Touts le monde autour de moi tourne au ralenti, même Dreetja que j’aperçois est terriblement lent, mais cet homme-là, lui, et rapide, aussi rapide que moi.
Sa lame s’avance, rapidement, et rentre sa longue et fine lame sur le casque plus solide que de l’os du pauvre lézard, qui n’a le temps de ne rien faire.
Je vois en couleur. Le corps du lézard se prend quelque chose dans la tête et recule subitement.
L’homme au linge noir a disparu.
Mais le lézard est bien mort.
Je me lève subitement, et regarde autour de moi.
Soudainement, les corps autour de moi commencent à ne plus bouger de nouveau.
L’homme est encore là, tout près, je le sens…