Chapitre 4
Jominirus était terriblement mal en point et il lui fallait de l´aide rapidement. Caius et Fibus le portèrent et Bastir, qui était un homme secret, préférait couvrir nos arrières. Ils me considéraient comme le chef du groupe en l´absence de Jominirus.
J´étais un Dunmer de 21 ans, et je commandais le groupe probablement le plus illustre qui soit actuellement. J´étais plutôt maladroit au combat, mais je comptais bien m´améliorer pour mériter ma place dans le groupe.
Bastir prit la parole pour dire qu´il connaissait une sorte de petit village nommé Aleswell situé sur la route de Bruma, à deux pas d´ici.
Ils me regardèrent. Je devais prendre la décision. J´acceptai de nous y rendre et nous continuâmes la route.
Peu après, nous arrivâmes à Aleswell. Je me présentai seul dans l´auberge et j´entendis un homme dire :
- Quelle joie d´être à nouveau visible !
J´étais tombé sur un village de fous. Je demandai poliment à l´aubergiste si quelqu´un ici pouvait soigner notre ami.
Il me répondit qu´un marchand lui avait un jour vendu un remède miracle contre tous les maux, mais il réclamait quelque chose de cher et rare en échange.
Il me dit qu´il aimait beaucoup mon casque. Je déclinai froidement.C´était un cadeau de mon père, un objet de grande valeur que notre famille possédait depuis des générations; Je lui proposai tout notre argent, la somme de 700 septims, fournis par l´armée. Il éclata de rire et refusa. Il refusa tout ce que nous avions à lui offrir.
Une sourde colère m´envahit. Je n´aimais pas l´idée de prendre par la force, mais notre groupe primait sur tout. J´appelai les autres, puis j´empoignai l´aubergiste. Deux hommes tentèrent de m´en empêcher, mais Caius et Fibus les immobilisèrent.
J´approchai ma bouche de l´oreille de l´aubergiste et lui murmurai :
- Donne moi le remède.
Il secoua la tête en tremblant. Je criai :
- Donne le !
Il montra du doigt son buffet en tremblant. Bastir l´ouvrit et en sortit une potion couleur vert sombre.
Je pris la potion, saisis un des deux hommes de l´auberge à la gorge et lui fit avaler une partie du contenu. Celui ci s´étrangla et mourut sur le coup, le visage crispé par la souffrance.
Je me tournai vers l´aubergiste. Mon regard devait être véritablement effrayant car il se cacha la tête entre ses mains.
Je lui pris la tête doucement et lui dis :
- J´ai fait souffrir et fait ployer un chef Ogre pour sauver cet homme, et je n´hésiterai pas à recommencer avec vous.
Je commençai à lui enfoncer les doigts dans la boite crânienne. Il hurla, bien plus de peur que de mal.
Arrêtez, je vous en supplie ! C´est la bouteille bleue nuit parmi les alcools forts,là bas, sur l´étagère ! Je le jure !
Bastir la prit, l´étudia, puis me la tendit en opinant de la tête.
Je remerciai l´aubergiste qui sanglotait sur le sol, prit le remède et força Jominirus, qui délirait, à le boire.
Le délire s´arrêta instantanément. Il respirait encore. Nous attendîmes quelques heures. Il se réveilla. Je lui fis manger une pomme de terre.
Nous étions à nouveau fin prêts à repartir.
Jominirus décida que nous devions suivre la route, que c´était bien plus prudent. C´est ce que nous fîmes. Il faisait beau, et d´après la position du soleil, je me dis qu´il devait être près de 14 heures.
Sur le côté, une sorte de grand oeil rouge tira mon regard. Son rayonnement était flamboyant, presque infernal. Jominirus me prit par l´épaule et me dit que nous ne pouvions pas perdre de temps.
Je murmurai :
- C´est une des portes démoniaques dont tout le monde parle, n´est ce pas?
- Oui, c´est une porte du monde parallèle connu sous le nom d´Oblivion...
- Notre mission aura t-elle un rapport avec ces portes ?
- Je ne pense pas, on dit qu´un héros s´occupe déjà de ce cas. Il est connu comme le favori de Martin Septim...
- Cela me rassure. Ces portails me donnent la chair de poule.
- Oh ne te leurre pas. Il est possible que notre mission soit liée aux Daedras ou à d´autres démons de la sorte...
Je me remis à marcher en silence. Jominirus m´avait donné matière à méditer.
J´imaginai ces Drémoras, connus comme étant les plus dangereux des créatures daedriques, puis mon esprit dériva et je me vis en tuer un, puis en torturer un autre, je me voyais en décapiter un, en dépecer un autre...
Je chassai ces pensées de ma tête. Je devais rester concentré sur ma tâche.
Voila 
qu´en pensez vous ? 