Si près du but
Je rentrais chez Graming, il m’avait beaucoup manqué. Alors que j’entrais chez lui, je le vis sur le lit. Il lisait. Je lui criais :
_ Graming !
Il se leva et me pris dans ses bras.
_ Mon garçon, si tu savais ce que j’ai dû endurer à Bruma ! Une bataille a éclaté ! J’étais là, dans les rangs, à protéger Martin Septim.
J’étais étonné :
_ Qui est ce Martin Septim ?
Il sauta comme un diable dans la pièce :
_ Martin Septim est ton futur empereur petit. Celui qui mènera Tamriel dans une ère de paix. Hélas mon garçon, je ne reste pas, je dois aller rejoindre Martin à Bruma sans plus attendre.
Non ! Graming venait juste de rentrer et il repartait pour je ne sais quelles aventures avec le dernier des Septim. Il me regarda tout le corps et me conseilla :
_ Va prendre un bain dans le lac ! Tu es sale comme un sanglier pouilleux !
Il m’enleva la chemise, et là, il vu peut être ce qui n’aurait jamais dû voir :
_ Qu’est ce que c’est ? Ce bandage ?
Mon estomac se noua, je ne savais pas quoi répondre. J’inventais :
_ À l’hôtel, de l’eau bouillante sur le ventre. Bête non ?
Sauf que lui, il n’était pas bête pour croire une histoire aussi banale. Son visage devint rouge, il hurla :
_ Montre moi ça, menteur !
Il arracha mes bandages, et vit la longue cicatrise de l’épée. Il souffla :
_ L’Arène…
Puis son ton redevint fort et il cria :
_ Tu es allé à l’Arène, depuis mon départ tu te bats pour la Gloire… Alors tu es devenu celui que je n’espérais pas. Je pensais que tu aurais une vie correcte, une femme, des descendances sauf que tu as choisi la violence et la mort. Ceux de l’Arène sont des brutes, ils sont heureux de voir des gens mourir et ainsi de suite pour voir finalement celui qui avait le pâle espoir de devenir le Grand Champion, se faire massacrer par le Faiseur de Veuves. Tu es devenu un homme dangereux. Puisse ta conscience prendre une tournure un peu plus intelligente !
_ Vous étiez à l’Arène tout à l’heure ! Je vous ai vu en train de regarder le combat ! Vous n’êtes pas innocent non plus Graming, dites moi qu’est ce que vous faisiez là !
Sa mine devint triste et il murmura :
_ Je regardais mon fils tuer, pour quelques pièces d’or, et des applaudissements…
Il prit son sac puis, s’apprêtant à sortir, il dit :
_ Je pars pour Bruma, j’espère te retrouver en vie à mon retour…
Puis il sortit. J’étais seul, honteux. Mais dans mon étrange tristesse, quelqu’un entra, c’était Parnazal, affolé qui cria :
_ Fuis mon gars ! Dépêche toi ! Ils sont…
Une flèche lui traversa les poumons, et il tomba à terre, mort.
_ Non ! Criais je.
Des soldats impériaux entrèrent, armés de grandes épées. Un homme, me jeta :
_ Monsieur, je vous déclare coupable du crime de Fradus Bazius, mort il y a dix minutes. Quelqu’un, que vous devriez connaître, vous a vu.
Un homme entra, dans une armure d’argent. Il me salua :
_ Salut assassin.
Il s’agissait d’un garde de Leyawiin. Mais je le connaissais, il était dans la Première Edition. Je les croyais tous morts. Je criais :
_ Mais enfin c’est eux les assassins ! Ils ont capturés des milliers d’Argoniens sur les ports de Leyawiin. Le comte de Leyawiin est un esclavagiste !
Un garde m’écouta quelque peu, et dit à ses collègues :
_ On ne peut pas négliger cette information, en revanche, as-tu des preuves ou des témoins ?
J’en avais. Graming.
_ Oui.
_ Alors ? demanda un garde, perdant patience.
_ Il s’agit d’un nordique, dans une armure d’acier avec une hache. Il est à Bruma, il devait rencontrer un certain Martin Septim.
_ On enverra quelqu’un, mais en attendant, tu vas nous suivre sans résistance car je suppose que tu n’as pas Deux milles Septims sur toi ?
_ Non.
_ Alors suis nous !
Ils m’emmenèrent dans la prison Impériale. Je partageais ma cellule avec un bréton nommé Grados Fernat. Il faisait sombre, j’allais pourrir dans cette cellule pendant dix ans. J’appris par la suite que Fradus faisait parti de la garde impérial, ce qui, augmenta ma peine. Pendant 3650 jours, j’allais être un prisonnier, tombé bien bas.
Une bataille inattendue
Ca faisait déjà quatre jours que j’étais dans la prison. Grados me parlait de sa vie, de ses crimes, pour en être arrivé là. C’était un ancien nécromancien. Il me parlait souvent de choses qui ne m’intéressaient pas du tout, comme de son premier cadavre ressuscité. C’était vraiment un homme ennuyeux. Le matin, alors que je prenais le maigre repas qu’ils nous donnaient chaque jour, des fracas retentirent… je lâchais mon petit déjeuner et je reculais. Des gardes couraient dans le couloir, deux s’arrêtèrent devant ma cellule et dirent :
_ On en fait quoi de ceux là ?
_ On n’a pas le temps de les prendre avec nous. Talos leur pardonne tous leurs méfaits !
Et ils partirent en courant, le plus vite qu’ils pouvaient. Puis le silence retomba dans la prison, sauf ce bruit de pas énorme qui marchait. Il arriva devant ma cellule. Ses yeux rouges brillaient d’une malveillance effrayante. Armé d’une hache en ébonite, il s’apprêtait à entrer. C’était bien un xivilai. Il asséna un coup de hache sur Grados, qui mourut sur le coup. Pendant qu’il avait tué Grados, je pris l’opportunité de fuir. Je pris une épée sur un garde mort et sortit de la prison. Tout était en flamme. Les gens criaient et se faisaient tué par des deadras. Certain fuyaient, d’autre tentaient en vain de défendre leurs familles par les armes. Les magiciens de l’Université Arcane offraient la plus grande résistance au Deadras d’Oblivion. Mais alors que je courais, pour sauver ma peau. Un géant de feu, avec quatre bras, et une immense hache, se dirigeait vers le Temple. Il écrasait les mendiants trop faibles ou les gens qui espéraient fuir en paix. Il cassa le temple. Mais alors, un immense dragon surgit et un combat féroce s’engagea. Un villageois cria de joie :
_ Akatosh nous vient en aide ! Loué soit les Divins !
Il se fit piquer ensuite par une araignée deadra qui le mangea doucement. Moi, j’étais bouleversé, un monde si vert et si beau allait finir sous les pieds de Merhunes Dagon, luttant contre Akatosh. Un drémora se dirigea vers moi. Je parais rapidement son attaque, essayant d’enchaîner de nombreuses combinaisons pour le tuer. Mais il se défendait suffisamment bien pour qu’une de mes attaques ne le touchât. J’essayais donc d’utiliser la voie de la ruse. Je courus à travers la Cité Impériale, lui, naturellement, me suivit. Soudain, d’un coup puissant, je me retournais et lui coupais la tête. Quelqu’un courait vers moi, avec une masse d’armes :
_ Tu vas payer sale esclave !
C’était le soldat de Leyawiin qui m’avait dénoncé aux gardes impériaux. Il hurla :
_ Quoiqu’on ai fait, tu nous a toujours échappé ! Heureusement que je t’ai découvert par hasard, pour en informer le comte ! C’est à cause de moi qu’ils sont à nouveau sur tes traces, qu’ils te pistent comme un vulgaire chevreuil ! Non, Fradus n’y était pour rien et tu l’as tué !
La rage, la tristesse me donna une force incroyable. D’un coup sec après une parade presque ratée, je lui envoyé ma lame dans le ventre, et lui coupais le corps dans le sens de la longueur. Je pris son épée de verre, et continuais à fuir. J’arrivais devant l’Arène, j’entrais. Orias gisait, là, agonisant. Il avait reçu un morceau du plafond de la Salle Sanglante sur le ventre. Il souffla :
_ Le Faiseur de Veuves est là ! Dans l’Arène ! Il t’attend.
Et il mourut. Je courais dans l’Arène. Le Faiseur de Veuves était bien là, au milieu de onze cadavres deadriques. Il me lança :
_ Alors Argonien ? Crois tu vraiment me battre ? Je suis bien plus fort que toi alors qu’est ce qui te pousse à essayer de me battre ? L’Arène est vide, il n’y a que toi et moi.
Dans mes pensées, j’étais réellement énervé, je lui dis :
_ Des milliers de Deadras tuent tes spectateurs ! Et toi, tu restes ici à ne rien faire !
Il s’approcha de moi :
_ Ma place n’est pas sur le terrain, ma vie est dans l’Arène, j’ai tué le Prince Gris, alors maintenant que vas-tu faire ?
_ Je vais te tuer, je compris beaucoup de choses, l’Arène est une source de pouvoir et de violence, dans la vie, pour être vraiment un bon guerrier, il faut défendre une cause, or, toi, tu n’en défend aucune. Tu n’es pas un bon guerrier et je vais te tuer. Mon père te déteste, et maintenant, moi aussi.
Il éclata de rire :
_ Alors viens mettre fin à mes jours !
Il saisi son marteau et commença à venir vers moi, en le faisant tourner si vite, qu’un drémora n’aurait pas vu passer sa mort. J’évitais la puissante attaque du Faiseur de Veuves, il frappa mon poignet gauche d’un geste adroit. Alors que j’hurlais, il me donna un coup de marteau sur l’épaule. J’étais à terre, bientôt mort. Il se pencha sur moi :
_ J’aurais espéré plus que toi. Tu me déçois. Mais toi ? Croistu que tu as défendu une cause en allant à l’Arène. Graming te l’avais pourtant défendu. Tu aurais fait un magnifique guerrier, mais tu as finalement préféré la voie de la mort, sur le sable de l’Arène. Et maintenant, tu vas mourir.
Je n’avais plus aucune force en moi, j’allais donc mourir. Il prépara on marteau pour me donner le coup final. Mais il annula son coup. Je saisi cette occasion pour m’emparer de ma lame et lui enfoncer dans le ventre. Il souffla :
_ J’aurais penser que tu agirais autrement, mais en fin de compte, tu l’as fait… te voilà Grand Champion, comme je le fus. Je peux maintenant enlever mon casque.
D’un geste douloureux, il ôta son heaume. Devant son visage, j’hurlais, et pleurais, je venais de tuer mon père de toujours, Graming. Il continua :
_ Je ne pouvais pas vivre éternellement. Vois jusque où peuvent aller les erreurs humaines, jusqu’à construire des bâtiments pour que des gens s’entretuent. Pourquoi ? La gloire, la renommée, mais finalement, tout ce qui monte dois tomber…
Dans un dernier soupir, il rendit l’âme. Ainsi mourut Graming, serviteur de Martin Septim. Mes pleurs augmentèrent.
Epilogue : la fin de toutes choses
La Cité Impériale était désertes, elle jonchait de cadavres de galopins et d’autres créatures deadriques. J’allais vers le port, où déjà de nombreux bateaux avaient fait voile vers une autre ville. Trois drémoras gisaient dans la maison de Graming, ainsi que le cadavre de Parnazal. Tout avait commencé ce beau jour, dans mon village et tout finissait aujourd’hui, à la fin de toutes choses. Meruhnes Dagon avait échoué, Martin Septim s’était sacrifié pour son peuple et Tamriel était sauvé. Néanmoins, pas pour moi, j’avais tué un innocent : Fradus, qui était aussi un ami, depuis mon enfance j’étais ahi par les soldats de Leyawiin, pour finalement tuer celui qui m’avait recueilli, nourri, caché, éduqué, celui qui avait fait de moi un homme, mais qui, malheureusement, l’idée de la gloire et de la fortune avait emparé. Mon grand père Daz-Rezan était sûrement mort, et mes parents n’avaient probablement pas eu meilleur destin. Si je décidais de rester à la Cité Impériale ou même dans Tamriel, le comte de Leyawiin me retrouvera un jour ou l’autre et je ne pourrais pas vivre avec la conscience de tous ces morts sur les épaules. C’est pour ça, qu’en ce jour, où le destin de l’Empire s’était scellé, je me suis pendu.