Décision
19 ans. C’est l’âge où je devais prendre une décision importante de Graming :
_ Mon garçon, que va tu faire maintenant ? Je ne pourrais pas vivre et tu n’auras pas de quoi gagner ta vie. Alors je dois t’aider tant que la vie me retient.
J’y avais longuement réfléchi et après l’entraînement quotidien, je dis à Graming :
_ J’ai trouvé. Je voudrais être gladiateur à l’Arène.
Son visage devint sombre :
_ Non, tu peux tout faire, faire l’Université Arcane, la guilde des Guerrier, devenir mendiant ou même marchand de vin de Surilie mais pas gladiateur.
Je fus réellement vexé :
_ Et pourquoi ?
_ Parce que l’Arène est un lieu dangereux ! Il n’y a là bas que des gens violents qui s’entretuent pour de l’argent. Et puis, à part des rats et des poissons carnassiers, tu n’as jamais tué. Ainsi, lorsque tu seras dans l’Arène et que la peur prendra ton corps, que le regret te fera pleurer, que feras tu ? Combattre vaillamment ? Non je ne crois pas. L’Arène est le domaine des brutes, mon garçon.
Cette fois, j’étais furieux. Je criais soudain :
_ Ah bon ? Et la gloire ? Et le prix de la victoire ? J’ai envie de faire gladiateur alors je le ferais ! Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour moi jusqu’à maintenant, mais il me semble que je suis assez âgé pour prendre mes propres décisions.
C’était la première fois que je criais après Graming. La première fois que je lui faisais face. Je m’attendais à ce qu’il me crie dessus et m’humilie. Et pourtant, il soupira simplement :
_ Moi qui croyais que tu défendrais une cause…
Et il sortit de la maison, visiblement déçu. Moi, j’étais honteux, j’avais blessé mon maître de toujours, celui qui m’avait hébergé, nourri et sortit du destin horrible de l’esclave clandestin. Malgré ça, je voulais faire gladiateur, je voulais combattre. Je réfléchis longuement sur le problème, soit je faisais ce que m’avait dit mon père d’adoption, soit ce que j’avais envie. Je voulais opter pour la seconde solution, mais cela déshonorerait Graming, j’eus donc une idée qui pourrait satisfaire moi et Graming : être gladiateur (anonyme) et faire croire à Graming que j’ai peut être trouvé un travail pour gagner un peu d’argent : un vieux pêcheur a besoin d’aide.
Voilà qui pouvait tout satisfaire.
Le lendemain, Graming avait son absence habituelle, je suis donc retourné à l’Arène, mais au lieu d’emprunter le passage dans les tribunes, j’ai pris celui de la Salle Sanglante, le rendez-vous de tous les gladiateurs. J’ai fait la rencontre avec un maître d’armes plus…brutal au premiers abords : Orias. C’était l’entraîneur de tous les matchs de l’équipe jaunes, quand je suis arrivé vers lui, il grogna :
_ Qu’est ce que tu fais ici chien ?
Poliment, quoique agacé, je répondis :
_ Je souhaiterais devenir gladiateur.
Il explosa d’un rire gênant avant d’ironiser :
_ Pour venir me supplier de vous achever devant l’humiliation dont vous allez avoir droit ? Soit, vous serez dans l’équipe jaune.
Je souris. Il poursuivit :
_ Viens me voir quand tu es prêt pour ton premier massacre.
Je retournais à la maison, trouvant Graming :
_ Tu es en retard ! Où étais tu ?
Je mentis :
_ J’étais à l’Hôtel Tiber Septim, il parait qu’il recherche un réceptionniste.
Il n’en ajouta pas plus. J’ajoutais :
_ Je ne serais pas là cet après midi.
_ Pourquoi ?
_ Je dois aller voir pour peut être mon futur travail !
Il sourit, visiblement satisfait. En moi-même aussi, je souriais. Une fois le dîner fini, je partis à tout vitesse, dans le quartier de l’arène. J’entrais dans la Salle Sanglante quand un homme de grande taille, couvert d’une armure de mithril me cria :
_ T’allais me barrer le passage ? Personne ne barre le passage à Grudog Piol Redac !
Et il me bouscula si fort que je fus projeté aux pieds d’Orias :
_ Alors ? Je vois que tu as fait connaissance avec ton tueur.
_ Quoi ?
_ C’est celui que tu dois affronter imbécile, hurla le maître d’armes, à moins que tu es là pour abandonner !
Cet homme m’agaçait beaucoup, je lui répondis sèchement :
_ Je suis prêt à combattre.
Il sortit une armure simple. C’était la tenue de gladiateur.
_ Voilà ton armure durant les combat, lézard ! Choisi ton arme et va te faire tuer !
Pour éviter de continuer cette conversation avec lui, je pris un casque et une épée courte accrochée. Aussi, j’accrochais ma dague à ma ceinture. Je vis un intéressant bouclier rond sur le mur, je le pris et me tenu droit en attendant les ordres de Orias qui furent simplement :
_ Allez ! Le public t’attend.
Sur ce, je me mis à avancer dans le couloir couvert de sang, de tripes. J’étais plutôt angoissé. Je pensais à la brute que j’allais devoir affronter, cet orc sans intelligence, vantard et violent. Mais je me souvins des paroles de Graming : « L’arène, c’est la violence ». Mais je pris mon courage à deux mains et j’avançai d’un pas décidé vers la grille. La même voix habituelle retentit :
_ Bienvenue dans l’Arène, peuple de la Cité Impériale. Aujourd’hui, ce sera un Argonien vaniteux et un orc puissant. Qui restera ? C’est l’issue de ce combat qui en décidera !
Sur ce, les barrières se baissèrent et l’orc me fonça dessus avec de féroce rugissements. J’étais mort de peur mais je me souvins le jour sur le bateau, les pirates, la dague, la mort. Soudain, l’orc m’asséna un coup de hache qui vint briser mon bouclier. Je me mis à bouger, à éviter ses attaques, qui, si elles me touchaient, me couperaient en deux. J’essayai alors en vain de lui trancher la main ou de lui briser une côte avec mon épée courte, mais ces parades trop rapides me faisaient défauts, et à ce rythme là, je serais bientôt épuisé, donc mort. Après plusieurs coups de haches, il me donna un coup de poing qui me fit tomber à terre et me désarma. Il éclata d’un rire sadique :
_ Un gladiateur sans arme et un gladiateur MORT. HA HA HA ! Tu aurais mieux fait de travailler chez Tamika ! Tuer un crabe des vases aurait été plus difficile. Meurs !
Il prépara sa hache pour me donner le coup de grâce. Là, sans réfléchir, je pris ma dague et d’un geste vif, elle s’enfonça dans son œil. Il arrêta son geste net. Pour moi, c’était comme la première fois, une étrange sensation. , s’était emparée de moi. Puis, avec une célérité qui me convenait, je lui perforais le ventre. La situation me fit sourire. C’était un sourire sadique, et alors que qu’il commençait à tomber, je lui murmurais :
_ Ne sous-estime jamais celui qui n’est pas encore mort, orc stupide…
Dans un dernier soupir, il me cracha un peu de sang puis dans un dernier soupir, il mourut. Je rengainais ma lame et attendais les acclamations du public. Rien de se passait pendant trente bonnes secondes, puis, soudain, un vague d’applaudissements retentit. Et alors que la voix reprenait, je regagnais la Salle Sanglante. Orias me félicita, quoique qu’à contrecœur :
_ Beau combat, et surtout, ce retournement de situation inattendu. L’équipe jaune est fière de vous gamin !
Je lui répondus modestement :
_ Merci.
Il me donna cinquante Septims et partit se charger du prochain match.
Un Dunmer, dans une armure de cuir me salua :
_ Bonjour Argonien.
Je lui rendis son salut.
_ J’ai vu votre match, poursuivit-il, cet orc était prêt à vous mettre en pièce. Je fais partie de l’équipe bleue et c’est moi votre prochain adversaire, dans moins de quinze minutes… Que le meilleur gagne. Mais en attendant, allons boire une petite bière.
Nous nous assîmes à une table ronde, le Dunmer commanda deux bières. Une fois les bières en notre possession, il complimenta :
_ Votre match était très… original. L’improbable s’est produit ! Je vous trouve très…imprévisible ! En plus de vos immenses compétence en matières d’armes…
Il m’agaçait, je ne savait pas pourquoi il me disait ça, mais je n’étais pas dupe, je demandai alors brusquement en lui coupant la parole :
_ Mais où voulez vous en venir ?
Il fut apparemment offensé, mais il avoua simplement :
_ Je dois gagner le match contre vous. Or, avec le spectacle que vous nous avez démontré précédemment, je suis plus si sûr de ma victoire…
Il fit une pause, puis reprit :
_ Voici le marché, je vous envoie un coup, vous faîtes semblant d’être blessé, je vous déclare mort, je gagne le match, ensuite les gardes emmènent votre « dépouille » sur les autres, vous partez !
J’éclatai de rire :
_ Pourquoi devrais-je faire ça ?
Le Dunmer murmura :
_ Après le match, retrouvez moi à l’Auberge des marchands, vous aurez une récompense conséquente…
_ Quel genre de récompense ?
Il se pencha un peu plus :
_ Quatre-vingts Septims…
_ Seulement !
_ Quatre-vingts dix…
Je me levai, et lui répondu sèchement :
_ Je suis navré monsieur mais je combats pour l’argent mais aussi pour la gloire et je ne mange pas ce pain là ! Au revoir, on se retrouve sur le sable de l’Arène.
Il avala et se leva pour partir en courant.
Je patientais et Orias me dit :
_ Allez gamin c’est à toi !
J’étais heureux, cet imbécile de Dunmer devait être effrayé. Je pris une deuxième épée courte sur le mur et je montais dans le même couloir sanglant. Derrière les barrières, pendant que la voix faisait son discours, je ne quittais pas des yeux les iris rouges de mon adversaire terrifié. Les barrières s’abaissèrent, et cette fois, je courus vers mon ennemi en brandissant ma lame, la main gauche libre. Il para ma première attaque faible et essaya de faire un coup de taille. En vain, il chercha d’autres possibilités, et les seules qui s’offraient à lui étaient celles trop lentes pour moi, celles qui me permettraient de garder l’avantage. Il chercha donc à m’intimider du regard et à me transpercer le dos. Sa lame longue, frôla mon épaule. Je reculais alors qu’il faisait des moulinets avec son épée pour me forcer à battre en retraite. Mais d’un geste décidé, je bloquais son enchaînement, ce qui nous donna une position de confrontation. Il forçait de tout son corps contre ma lame. Soudain, la même sensation reprit corps en moi, cette sensation de courage… Je sortais ma dague avec ma main gauche et lui coupais rapidement la gorge. Il vacilla, se vidant de tout son sang, pour finir affalé sur le sol. Ce n’était plus qu’un cadavre. Alors que je brandissais mon épée, les acclamations et les applaudissements redoublèrent. J’étais un meurtrier, déjà plein de gloire. À vrai dire, ça ne me dérangeait pas…
Dès mon entrée dans la Salle Sanglante, Orias dit :
_ C’était excellent ! Tu es toujours présent propice pour tuer ton adversaire ! Ca t’avantage ! La preuve ! Deux matchs, deux victoires. Maintenant je voudrais t’apprendre deux ou trois trucs… J’aimerais que tu manies l’arc. C’est un grand allié.
J’opinais alors qu’il allait chercher un arc et un carquois. Il encocha une flèche au ralenti pour bien me montrer la marche à suivre pour bien bander un arc. Il le refit deux fois puis me conseilla :
_ Pour bien toucher ta cible, vise un peu au dessus, tu verras, ça marche.
Puis, d’un geste vif, il décocha la flèche qui vint se planter à côté du centre de la cible.
_ Pas trop mal, murmura t-il pour lui-même.
J’essayais cinq fois. Une fois, la flèche ne partit pas, la deuxième se cassa contre un mur, la troisième ne vola pas assez loin, la quatrième se planta en haut à droite de la cible et la cinquième dans la cible également. Orias reconnut :
_ Evidemment, ça demande de l’entraînement. Reviens demain ! On continuera ce petit entraînement après tes matchs, enfin si tu reviens…
Oui j’allais revenir. Je commençais à aimer le combat et l’Arène.