L’Arène
Le lendemain, j’étais seul dans la maison. Au dessus de la cheminée où flambait avec peine une bûche, se trouvait un mot. Je m’habillais et pris le mot. J’eus du mal à lire l’écriture de Graming avec mon manque d’entraînement à la lecture, mais je parvins à déchiffrer ceci
« Je suis parti faire trois courses, prend les vingt-cinq Septim sur la table et va t’acheter à manger, je ne serais pas de retour avant 14h ».
Sur ce, j’empochais les vingt-cinq Septims et je sortais de la maison. Je traversais les quais et me rendit dans le quartier de l’Arène. Depuis tout petit, on me racontait les exploits des gladiateurs et Grand Père Daz-Rezan me contait souvent les prouesses du Prince Gris. Mais, à ce qu’il parait, il se serait fait tuer par un homme, dont le nom et la race me sont inconnus. Mais tout le monde le connaissait sous le nom de « Faiseur de veuves ». Je me dirigeais donc vers l’immense Arène. Normalement, un homme devait être à l’entrée, afin de comptabiliser les paris et de renvoyer les indésirables. Discrètement, je l’aperçu en train de boire non loin et de parler à un Nordique. Saisissant l’occasion, je me faufilais furtivement dans l’Arène.
Je n’aurais su décrire le spectacle. Un immense bâtiment circulaire où acclamaient des centaines de spectateurs s’étirait devant moi. Je pris place sur une chaise confortable et commençait à grignoter les fraises sur la table ronde en attendant le spectacle. Soudain, les spectateurs se turent et une voix claire et forte retentit:
_ Bienvenue dans l’Arène, peuple de la Cité Impériale. Aujourd’hui, le Faiseur de veuves va affronter bêtes et créatures féroces de Cyrodiil. Acclamez bien fort notre champion !
Je joins mon excitation à la vague d’applaudissement et d’hurlements du public. Puis se fut le silence, alors que le Faiseur de veuves faisait son entrée dans l’immense arène, dans sa fière tenue de valeur. Il portait un lourd casque, un puissant marteau de verre. Dans son dos, un bouclier ainsi qu’une petite hache de fer. J’étais émerveillé. Cet homme allait combattre deux gobelins et un loup ! Les barrières se baissèrent. Et d’une rapidité extrême, il fonça vers les gobelins en faisant virevolter son puissant marteau. Seul un cri atroce déchira le silence de l’arène. Celui d’un gobelin mort, la tête écrasée sous le poids d’un énorme marteau. Alors que l’autre s’apprêtait à lui déchirer le dos à l’aide de son épée, le Faiseur de veuves jeta son marteau sur sa jambe et attrapa son bouclier. Le gobelin, blessé gravement, donna quand même un coup puissant sur le bouclier du Grand Champion, ce dernier, donna un grand coup dans le visage du gobelin à l’aide de son écu. Il saisit ensuite sa hache et lui coupa le ventre et les tripes. Il se dirigea vers le loup, qui grognait atrocement. Un coup de hache bien placé permit de faire mourir l’animal sans souffrances excessives. Le Faiseur de veuves hurla :
_ Quand aurais je enfin un adversaire à ma taille ?
Le peuple de l’arène applaudit et félicita le grand champion en de grands cris. Moi, j’étais émerveillé. C’était vraiment extraordinaire ce qu’il venait d’exécuter. Des hommes virent chercher les cadavres des deux gobelins et du loup discrètement. Voyant l’heure sur le cadran solaire de l’arène, il était temps que je rentre. Je traversais alors le quartier de l’Arène en liesse pour regagner la modeste maison que tenait Graming. En passant, j’eus le temps d’acheter quelques légumes avant de regagner la maison. Dans la maison, je commençais à faire cuire deux carottes et un peu de viande trouver dans un buffet, en attendant le retour de Graming. Il ne tarda pas :
_ Bonjour mon garçon ! Tu vas bien ? Oh ! Mais je vois que tu nous prépare un met délicieux.
Je ne pu m’empêcher de lui adresser un large sourire.
_ Bonjour, répondis je.
Il sortit deux écuelles d’un placard et versa le ragoût dans chacune d’elles. Alors que j’entamais le dîner, je lui demandais :
_ Qui est le faiseur de veuves ?
Il failli s’étouffer, puis furieux questionna :
_ Tu es allé à l’arène !?
_ Non, mais son nom est partout dans les quartiers, mentis je.
Son visage fut plus calme quoique toujours tendu :
_ Le Faiseur de veuves est un assassin, un ancien prisonnier qui a abandonné le devoir pour la Gloire de l’Arène. Il a juré de ne pas montrer son visage tant qu’il n’y aurait pas un homme capable de la détrôner.
Je restais silencieux. Il changea de sujet subitement :
_ Tu sais ce que nous allons faire cet après midi ?
_ Non.
Il sourit :
_ Nous allons nous entraîner à l’épée !
Un futur guerrier
J’étais impatient. J’avais toujours rêvé de devenir un chevalier sans peurs, qui défendrait une belle princesse. Graming, m’emmena dans une barque, de l’autre côté du lac. Une fois là bas, il me conduisit à une petite cache dissimulée dans les rochers. L’intérieur était sombre et humide. Je pris sa main pour qu’il me guidât. Nous arrivâmes bientôt dans une salle, éclairée par des torches, où se trouvait des mannequins et des cibles prêtes à être utilisé. Ici et là, des tables avec des armes scintillantes. Il me lâcha, prit une dague et me la donna :
_ Voilà, prend cette dague et montre moi ce que tu sais faire sur un mannequins.
J’étais gêné. L’ordre me prit au dépourvu, alors doucement, je commençais à picoter l’homme de paille. Il soupira. On frappa à la porte de la cache. Il alla ouvrir. Ne sentant plus de présence, je commençais à frapper le mannequin plus fort, plus j’essayer de lui couper la gorge, j’enchaînais des coups que j’avais retenus du combat entre Graming et Kristaa Sombre-Malice. J’étais maintenant pris dans une concentration extrême, j’étais plongé dans une sensation de force et d’orgueil. Alors que, d’un geste lent, je faisais comme si je lui avais transpercé le cœur. Alors que j’allais m’asseoir, je découvris que deux hommes avaient suivi la totalité de mes actions sur le mannequin. Graming et un Impérial jeune et content. Honteux, je m’assis en silence. Grming m’annonça :
_ Mon garçon, voici Fadrus Bazius, un de mes nombreux amis. Il sera là de temps à autre pendant l’entraînement.
_ Bonjour Monsieur.
_ Maintenant allons nous entraîner Graming ! Mon marteau commence à rouiller. Je retenus beaucoup de coups qu’exécuter Graming et Fadrus, que je referais bien sûr avec beaucoup moins de précision. Graming s’entraînait à la hache et donnait de violent coup sur un homme de paille alors que de son côté, Fradus faisait tournoyer son marteau. Les techniques de Fradus me rappelaient quelque chose… Lui, son allure…
Nous quittâmes la salle d’entraînement le soir, vers 19h. Fradus rentra chez lui, et Graming et moi entamions un repas frugal. Il me dit simplement au cours du souper :
_ Tu as bien combattu tout à l’heure, contre le mannequin.
J’étais flatté. Mais la fatigue s’empara vite de moi, et je partis me coucher.
À ce rythme, les saisons et les années se succédèrent. Le matin, j’allais voir le Faiseur de veuves, l’après midi je combattais. Graming m’enseigna l’art de la hache et de l’épée courte. Je devins rapidement très fort en matière de courte lame. Après cela, il m’habitua au poids excessif d’une armure, mais avec le temps, je devins vite habitué.
Au fur et à mesure, Fradus était une personne que j’avais l’impression d’avoir déjà vu, son allure de fier guerrier et de soldat sans peurs, m’avait à plusieurs reprises, fait douter de quelque chose. Moi aussi je grandis, mes dents poussèrent et mes écailles devinrent plus résistantes. Ma force s’améliora, ainsi que mon endurance. J’étais devenu un jeune Argonien de 19 ans.