Depuis le temps que je silence, faudrait peut-être que je poste pour faire savoir que je suis là...
:troll:
Chapitre VII
Le monstre de pierre me dévisagea, plongeant son regard devenu vert dans le mien.
<< Frère ? Petit frère ? C'est bien toi ? >>
Un amas d'idées me traversa l'esprit. Je me revis, soudainement, assis dans une caverne, alors tout petit, jouant avec un autre chien de même apparence que moi.
Ce chien... c'était Celosia, mon grand frère, mon meilleur ami, mon modèle. Toujours calme, toujours fort, toujours sain et jamais malade.
Notre mère était alors partie chercher à manger...
Et puis il y a eu ce moment. Celui qui m'avait fait tout oublier, celui dont je ne voulais plus voir le contenu.
Ce moment où des volutes noires ont envahi la caverne. C'est là que je me suis enfui. J'ai fui au dehors. Mon frère était resté à l'intérieur...et je ne l'ai plus revu depuis.
<< Grand frère ! murmurais-je, terrorisé d'une telle laideur.
Que t'est-il arrivé ? >>
Celosia regarda les murailles qu'il avait détruites, les corps éparses de ses victimes.
<< Cenobia... mon cher petit frère... >>
Il soupira, tandis que moi, je commençais à sangloter.
Je venais de me souvenir de mon ancien nom. Avant Clades Candor, avant "petit chien", avant tout, j'étais Cenobia, frère de Celosia...
Mon frère reprit la parole :
<< Si je pouvais pleurer, Cenobia, je le ferais. Mais je ne peux plus... je suis devenu un monstre, assoiffé de sang et de terreur... >>
Il me regarda avec douceur.
<< Te souviens-tu de ce jour où le feu du démon a envahi notre caverne ? Toi, tu as pu t'enfuir, mais pas moi... depuis ce jour, les flammes de l'enfer consument mon corps, rongent ma chair et assèchent mon sang... elles me déforment et me rendent fou...je suis venu ici guidé par le démon qui m'a tant enlaidi. Ce démon... il est puissant. Il veut tout détruire, et pour cela il a transformé douze animaux en monstres... il compte en créer ainsi seize. C'est aussi pour cela que je voulais te revoir. >>
Un étrange filet de lumière noire sortit de son corps et s'envola vers le ciel, l'assombrissant légèrement.
<< Je ne veux pas que tu deviennes comme moi...
Fuis, petit frère ! Je perds mes sens... je ne pourrais pas résister à son emprise ! >>
Ses yeux virèrent au rouge, et, dans un cri de guerre macabre, il se remit à détruire.
<< Celosia ! aboyais-je. >>
Mais déjà, Celosia avait disparu, laissant sa place à un monstre sanguinaire, déjà la gueule pleine de sang.
<< Fuis, petit frère ! hurla-t-il en se jetant sur moi. >>
Je ne me le répétais pas deux fois. En un instant, je sautais sur le côté pour éviter son attaque et me dirigeais vers la maison de Wanda... et de son père, le chaman.
Lui seul pouvait encore m'aider.
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Chapitre VIII :
<< Grand Chaman ! >>
Je trouvais Wanda et son père en plein cœur d'une foule apeurée et paniquée. Wanda m'attrapa aussitôt :
<< Viens, Clades Candor ! Il faut partir ! La ville s'effondre ! >>
Je me dégageais vite des bras de mon maître. Partir, et abandonner Celosia ? Jamais !
<< Allons, viens ! Ne fais pas ta tête de mule ! >>
Je mordis la tunique de Grand Chaman et aboyais fort, pour lui faire comprendre que je souhaitais qu'il vienne.
Il me regarda :
<< Clades Candor... tu veux que je vienne avec toi ? >>
Je hochais la tête. Si Grand Chaman avait pu prédire la venue de Celosia, calmer Arto et me sauver, alors il pouvait sûrement aider mon frère.
Mais il me repoussa.
<< Excuse moi, Clades Candor, mais la vie des habitants passe avant tout. Il faut que je les guide vers la sortie... >>
Rageant, je courrais vers Celosia. Si personne ne pouvait faire quelque chose, j'étais le seul à pouvoir sauver Celosia. Je devais l'aider.
Je retrouvais mon frère, la gueule en sang, debout sur des rochers, frottant frénétiquement ses pattes devenues sabots sur la pierre dure. Il cherchait les humains.
J'aboyais de toute ma voix pour l'appeler. Il se retourna et se jeta directement sur moi. Son regard avait vraiment changé, à présent. Il avait complètement changé.
Bien que ma petite taille me confère plus d'agilité et de souplesse, mes muscles étaient endoloris par les efforts que j'avais dû fournir, et mes coups de pattes devenaient inefficaces face à Celosia. je croyais le combat perdu d'avance... lorsque je remarquais une branche d'arbre, coincée sous la plaque de pierre qui recouvrait le dos de Celosia. Si seulement je pouvais...
Celosia s'approche de moi, déterminé à en finir. Il leva un sabot au dessus de ma tête, qui, si je ne bougeais pas, allait bientôt n'être plus qu'une immonde bouillie de cervelle. Il fallait agir.
Prenant appui une ultime fois sur mes pattes arrières, je bondis... et atterris comme prévu à l'extrémité exacte de la branche, cette dernière faisant office de levier.
La carapace de pierre se décolla... et valdingua à travers les ruines de la ville.
Je pouvais enfin l'attaquer de manière égale.
Bonjour à tous ! Étant donné que mon temps d'ordinateur se fait de plus en plus restreint, je mets en pause la fiction pendant quelques temps... voilà voilà ![]()
Chapitre IX :
Sous la pierre dure qui recouvrait mon frère se trouvait maintenant un tas de poil rêche qui s'étendait sur tout son dos. Un parfait support si je devais m'y agripper...
Mais mon corps ne me laissa pas faire. D'un coup, mes muscles lâchèrent, et je m'effondrais sur le sol. Par tous les diables ! Ce n'était pas le moment de faiblir !
Celosia s'avança vers moi, la satisfaction et la rage de tuer dans ses yeux. J'étais fichu. Il allait attaquer.
Celosia ouvrit la gueule, prêt à pousser une nouvelle fois son cri de guerre avant de me massacrer...
Je serrais les dents, prêt à affronter le destin... quand soudain mon frère poussa un cri. Un cri de stupeur, de frayeur, de terreur.
C'est alors que je réalisais. Un bâtiment de pierre s'était effondré, et une des pierres pointues du toit s'était enfoncée dans son dos. La blessure ainsi faite lui serait fatale.
Le silence s'installa entre moi, rendu muet par la peur, et mon frère, lui rendu muet par la douleur.
Il tomba sur le ventre, pencha légèrement la tête de côté.
Son regard se fit de nouveau vert.
<< Pardonne moi, Cenobia... pardonne moi...>>
Et ses yeux s'éteignirent, devenant des orbites de pierre vide. Il était mort.
Des fils noirs s'échappèrent alors du corps défunt, et s'élevèrent un coup, avant de se diriger brusquement vers moi.
Je n'eus pas le temps de faire un pas. Les filaments me traversèrent le corps, et une étrange sensation de mal-être m’envahit. Une voix retentit dans la ciel de pierre de notre cité.
<< Bien joué, petit être... mais la partie n'est pas encore terminée. Ces créatures sont devenues mes gardiens, seul celui qui possède l’Épée de Légende peut les vaincre et me libérer enfin. En attendant, il semble que toi aussi, tu ait été touché. Que soit maudite ton existence, pour avoir ainsi assassiné ton propre frère ! >>
Je sentit un instant mon corps se remplir d'une énergie inconnue, et me dirigeais en courant vers l'endroit où Wanda et son père s'étaient dirigés, une seule question en tête :
Etait-je vraiment maudit ?
Vraiment ? ![]()
J'ai lu ![]()
J'aime bien. Et ça a le mérite d'être court, vu que je manque un peu de temps ça me convient... ![]()
... Et moi !... T-T
Chapitre X
Tandis que je m'élançais vers la sortie de la ville, zigzaguant à travers les ruines des habitations, je sentais la tristesse et le remords me gagner.
Mon frère... Celosia... comment en étions nous arrivés là ?
Un instant, je jetais un regard en arrière, avant de repenser à mon objectif.
<<...Ne pas rester en deuil. Cesser de se focaliser sur les morts. Oublier de célébrer les défunts est hérésie, mais ne penser qu'à ceux qui sont partis est égoïste. Les vivants sont plus importants. >>
Ces mots, c'était Grand Chaman qui les avait dits. Mais n'avoir pensé qu'à son peuple, et pas à sauver mon frère qui souffrait... n'était-ce pas aussi égoïste ?
Et moi, n'avoir pensé qu'à ma propre survie, quitte à tuer mon frère, n'était-ce pas tout aussi égoïste ?
Le doute me gagnait, mais je continuais à avancer. De toute façon, le mal était fait. J'avais tué mon frère. Il était mort. Fin de l'histoire.
J'atteignis enfin la sortie. Wanda et son père, précédés par les villageois, s'étaient installés à l'entrée du tunnel de sortie. Lorsqu'il me vit, il poussa un cri de joie.
<< Clades Candor ! J'ai cru ne jamais te revoir ! >>
Il s'avança vers moi et m'étreignis. Je me sentis mieux. La chaleur de retrouver une famille...
Soudain, j'eus une étrange impression... comme si les fils noirs qui étaient entrés dans mon corps peu avant se remettaient à bouger au fond de mon être. Au même instant, Wanda poussa un cri et recula. Je vis devant moi les villageois se masser vers le fond du tunnel. grand Chaman lui même parut inquiet.
Était-ce moi qui les effrayait ? Non...
Je me retournais et compris leur peur lorsque je vis, sur l'herbe verte, des choses sombres se détacher du sol et prendre forme humaine, agitant leurs bras noirs vers moi.
Des ombres. Les ombres du mal. Elles en avaient après les habitants, j'en était sûr. Allais-je devoir de nouveau livrer bataille ?
Cela aussi, j'en étais sûr.
Je crois que je pars un peu en philosophie... à vous de juger ![]()
Merci ^^
Chapitre XI
Prêt à repartir en combat, je bondis sur mes pattes arrières et me jetais dans la bataille. Les ombres avançaient, nombreuses et effrayantes. J'envoyais un coup de tête dans la première et, piétinant son corps à terre, en affrontait une autre. Une par une, je les repoussais. Wanda, tétanisé mais emplit d'amitié envers moi, voulut me porter assistance, mais son père le retint brusquement.
<< Tu ne serais d'aucune aide, Wanda... >>
Il avait raison. Moi-même, je commençais à me demander si j'arriverais à toutes les tuer. Il me semblait qu'à chaque fois que j'en tuais une, deux autres prenaient sa place. Le combat semblait interminable... jusqu'à ce que je remarque que je n'en avais en réalité tué aucune.
Lorsqu'elles disparaissaient, elles restaient un temps à terre, pour finalement ressusciter. Tout mes efforts avaient été vains.
Vaincu par la douleur et la fatigue, je les laissèrent m'encercler.
<< Clades Candor ! hurla Wanda. >>
A cet instant, une des ombres se volatilisa, sans laisser de trace.
Était-ce Wanda qui l'avait tué ? Non....
Mon regard se dirigea vers le haut.Alors je compris.
Le soleil avait traversé une fissure du plafond et atteint une ombre. Elles craignaient le soleil... mais oui ! Si je voulais m'en débarrasser une bonne fois pour toutes, il me fallait percer un trou dans le plafond suffisamment grand pour les atteindre... mais cela n'allait-il pas détruire toute la toiture ? Tant pis, la vie des villageois passait avant l'état de la ville.
Mais comment atteindre le toit ?
Hmm... comme tout les bouts de toits ou d'arches construits ainsi sans piliers, il y avait forcément une clé de voute permettant de faire tomber une bonne partie du toit non retenu.
Zigzaguant à travers mes opposants, je me dirigeais vers le centre de la ville, donc vers le centre de la toiture. Les ombres gagnaient du terrain, mais je changeais sans cesse de ruelle pour les semer. Finalement, je parvins à mon but.
La grand-place, celle-là même où Grand Chaman faisait ses discours. Je bondis sur l'estrade... et là, victoire ! Un grand anneau en fer, planté à demi dans un bout de roche en forme de losange, presque carré. Ce devait être la clé de voûte... maintenant, il suffisait de l'atteindre.
Un grand bâtiment se dressait, avoisinant l'estrade. J'attirais un maximum d'ombres au pied de celle-ci, avant de me jeter en l'air pour atterrir devant l'entrée, et je fonçais vers l'escalier.
Gravissant les marches quatre à quatre, j'arrivais à mi-parcours lorsqu'un craquement sinistre se fit entendre vers la bas de l'escalier. Un craquement qui s'amplifia jusqu'à ce que je réalise que l'escalier s'effondrait. J'accélérais encore plus, et arrivé aux dernières marches, je bondis pour atterrir sur le seuil, le reste de la structure s'effondrant (sous le poids des ombres, j'imagine).
Le toit était plat, heureusement, mais les ombres avaient choisi de grimper au mur, et elles m'auraient rejoint d'ici peu. De l’œil, j'avisais la clé. Je devais calculer mon saut, sans quoi je risquais fort de m'écraser en bas. Ce serait le dernier saut. Je me mis à courir, ignorant les ombres qui apparaissaient derrière moi, et je m'élançais dans le vide... trop court. L'anneau échappa de peu à ma mâchoire. J'allais tomber... et me défenestrer.
Soudain, je vis que je ne tombais plus. Ma patte avant s'était coincée dans l'anneau. Dans un ultime effort, je poussais un grand coup, et accrochais une seconde patte à la clé. L'anneau ne résista pas.
Tandis que ce dernier se détachais lentement, un bruit de fissure se fit entendre.
Dans un bruit de fracas épouvantable, l'anneau entraina avec lui le reste du toit dans sa chute. Une bonne tonne de pierres se détacha du toit et tomba avec moi, fatigué mais victorieux. Les ombres reçurent le soleil en plein visage, disparaissant les unes après les autres.
J'avais gagné.
Je vais avoir du mal à être régulière sur les chapitres, alors profitez bien de celui-là !
Chapitre XII
Il était temps de rejoindre Wanda. Reprenant des forces, je me dirigeais vers l'endroit où ils m'attendaient. L'entrée du tunnel souterrain commençait à s'effondrer...
J'aperçus Wanda, debout avec son père. Il fallait que je les rejoigne...
Soudain, une vive douleur me lacéra l'épaule, et je dus m'arrêter. J'entrevis un filament noir, s'échappant d'une de mes blessures... Qu'est-ce que c'était ?
Wanda me vit.
<< Clades Candor ! Viens, vite ! >>
Son père le tenait par la main, et il lui intima quelque chose.
<< Non ! Il va venir, il est juste là ! >>
Je m'élançais de nouveau, quand soudain une secousse brutale me projeta en arrière. Une fissure commençait à se former. Si je ne me dépêchais pas, j'allais rester de l'autre côté !
J'avisais l'obstacle du regard. J'allais devoir sauter.
Je regardais Wanda. Pour lui. Il était le seul à m'avoir accepté, à m'avoir intégré dans sa famille.
Je bondis... et atteignis mon objectif. Je n'avais plus qu'à faire quelques pas pour rejoindre Wanda...
D'un coup, le père de celui-ci l'attrapa et le tira en arrière. Alors je compris.
Un bloc de pierre s'était détaché du plafond et fonçait tout droit vers le tunnel. Je ne pouvais plus rien faire, la douleur m'empêchais de bouger.
<< Clades Candor ! Noon ! >>
En un bruit assourdissant, le tunnel fut obstrué. C'était fini. Je ne pouvais plus les rejoindre.
Le plafond s'effondra , entraînant les murs et les habitations dans sa chute. Notre belle cité se désagrégeait... et mes espoirs avec.
Ainsi, j'allais trouver la mort avec cette ville où j'avais enfin pu être heureux.
Je m'écroulais sur le sol, et ma vue se troubla. J'eus juste le temps de regarder une dernière fois les rayons du soleil, puis tout s'éteignit.
Wanda... pardonne moi.
GG pour l'idée ![]()
C'est reparti pour un nouveau chapitre... j'ai eu du mal à m'y remettre, je manquais d'idées... bref.
Enjoy !
Chapitre XIII
La nuit était tombée, lorsque enfin j'ouvris les yeux. Le plafond complètement détruit laissait apparaître le ciel noir, sans étoiles, sans lune, sans rien. Rien d'autre que le murmure du vent. Jetant un regard vers le tunnel, j'observai l'immense bloc rocheux, qui avait condamné l'entrée... et avec, mes espoirs. Me levant péniblement, j'entrepris d'évaluer les dégâts. Ou plutôt, ce qui avait été épargné, c'est à dire rien. Seul un temple, à moitié effondré, et quelques murs et colonnes tenaient encore debout.
Le corps de mon frère avait disparu, ne subsistant de sa carcasse que la plaque d'armure que je lui avait arraché. Etait-il vivant, en fin de compte ? Ou alors... cet étrange entité qui m'avait parlé, peu après sa mort ? La vision de mon frère, défiguré, rongé par le mal, ses os pourris par ces filaments noirs qui le rendaient fou m'assaillaient l'esprit.
Silencieusement, dans la pénombre et les ruines de ce qui avait été mon foyer, je me mis à sangloter, puis à pleurer. Les larmes me brûlaient, et mon corps était secoué de tremblements convulsifs, que je ne parvenais pas à contrôler.
<< Celosia... Wanda... Grand Chaman... >>
Et, mutilé par le chagrin et la souffrance, je me mis à hurler :
<< Papa ! Maman ! Grand frère ! >>
<< Tous morts... tous partis.... >>
Je restai toute la nuit ici, le cœur brisé par le chagrin et les larmes coulant en torrents sur mon visage animal. Je les avais tous perdus, encore une fois...
Lentement, mon passé me revenait. Le visage de mes parents me revenait, et celui de mon frère aussi. Et avec, l'idée que plus jamais je ne les reverrai.
Après ça, je n'ai plus jamais été le même. J'ai erré dans la cité, jusqu'à en connaître les moindres recoins. J'ai tué des lézards pour me nourrir, des rongeurs et autres petits animaux. La soif, elle, ne me dérangeait pas. Un jour, l'idée me vint que, peut-être, un petit bain ne me ferai aucun mal. Je m'avançai vers les canaux d'irriguation, qui avaient jadis alimenté notre belle ville... lorsque je vis mon frère.
Il était là, à la surface de l'eau, m'observant avec silence. Par je ne sais quel sortilège, je voyai nettement son visage, ses deux grands yeux verts, et son corps déformé par le mal qui le rongeait, comme si il était de l'autre côté de l'eau et se penchait pour me voir. Je poussai un cri et reculai, secoué de tremblements. Mon frère recula lui aussi, et je crus lire dans son geste qu'il me quittait, cette fois pour de bon.
<< Non ! Attends ! >>
Je me précipitai, cette fois fort de le revoir. Il réapparut en même temps que moi, et nous nous regardâmes de nouveau. J'en profitai pour l'étudier plus précisément.
Il avait quatre longues dents de pierre, saillantes et menacantes, ses deux yeux verts et sa tête recouvertes de plaques de pierre sales et couvertes de boue. Ses deux pattes étaient posées dans la même position que moi. Je voulais les toucher, parler à mon frère. J'avancai la tête, et touchai celle de mon frère. Aussitôt, l'eau se troubla et le reflet se flouta un peu. Je reculai la tête, mon frère aussi. J'avancai la patte, mon frère aussi. Je clignai les yeux, mon frère aussi. Alors je compris.
Ce n'était pas mon frère, apparu soudainement dans l'eau du canal, non.
C'était mon propre reflet.
C'était moi, mon visage que je regardai avec tant d'insistance.
J'étais devenu un monstre, comme mon frère.
7 mois entre deux suites... YOLO ![]()
C'est à dire que j'ai eu un petit passage à vide, et il va falloir que je trouve du temps pour la poursuivre... peut-être un nouveau chapitre mercredi, comme j'ai pris mon après-midi ![]()
J'aurais été tenté de placer une sortie bien sale sur le petit passage à vide... Mais je suis fatigué là, faites-le à ma place. ![]()