Chapitre 8 :
Etait-ce un dieu ? Un fantôme ? Je ne voyais qu'une forme sombre se dessiner dans une lumière étrangement brillante.
Alors j'étais morte ? Mais pourquoi cette vision apparaissait, si je me trouvais déjà dans l'au-delà ?
Mais lorsque l'étrange chose s'arrêta à quelques pas de moi uniquement, je restai bouche bée.
<< - Ku... kuromori ? appelais-je celui qui semblait être mon aimé.
- Comme on se retrouve, Basaran. Alors ? Quoi de neuf ? >>
L'ironie pointait dans sa voix, mais je me contentai de me jeter dans ses bras, en pleurant (je l'avoue).
<< Ne me demande pas ça ! hurlais-je.
Si tu savais combien de temps... combien de sanglots...>>
Pour la première fois depuis des années, des larmes bien véritables coulaient sur mes joues.
Hé, une minute ? Des joues, des mains, des pieds ?
J'étais redevenue humaine !
En pleurant de nouveau, mais des larmes de soulagement, j'entendis la voix de Kuromori, qui me rassurai.
<< - C'est fini, le cauchemar est terminé. Tu es libérée de ta forme de pierre. Mais maintenant... tu dois mourir. Le sort en a décidé ainsi, Basaran.
- Oh, Kuromori... mais pourquoi pouvons nous parler, alors que...
- Je ne sais pas. Honnêtement, j'ai l'impression que j'étais déjà plongé dans le silence éternel et puis... l'espace d'un instant, je me suis retrouvé dans cette lumière. Et je savais. Je savais ce qu'il me fallait faire. Venir à toi. >>
C'est alors que je baissai la tête pour regarder le sol.
La lumière provenait d'un rayon, qui plongeait droit dans le sol, et percutai en bas une sorte de statue de pierre... Instantanément, je compris qui était-ce.
Mais "il" se contenta de répondre à ma place.
<< Kuromori... Basaran... Mes amis... je savais que vous auriez besoin de cette lumière...pour que vous vous rencontriez. Je... vais... épuiser toute mes dernières forces, mais écoutez moi bien... >>
La statue était celle d'un cheval. Cheval... équitaion...
<< PHAEDRA ! m'écriais-je, toute tristesse remplacée par l'horreur de ce qu'avait fait Dormin. >>
Je voulus me jeter sur le sol pour traverser la lumière te la rejoindre, mais Kuromori me retint.
<< Envoyez... toutes vos forces... à nos autres amis restés encore en vie. Qui sait... peut-être parviendrons nous à éviter un génocide... >>
Me détachant lentement de Kuromori, je me concentrai et envoyai toute ma force, toute ma haine, toutes mes émotions à Dirge, car Dormin m'avait dit que c'était le prochain à battre si on venait à m'infliger une défaite.
Kuromori se tourna vers moi.
<< J'ai tout donné à Malus. Selon Dormin, c'est le seul de nous tous capable de tuer rapidement cet effronté. >>
J'opinai du chef. Soudain, mes jambes perdirent toute leur force, mon corps se vida de son énergie.
Je m'écroulai et fut rattrapée par mon aimé, qui chancelait lui aussi.
<< - Basaran... c'est la fin, je crois.
- Oui... adieu Kuromori.
Mais avant, je voulais te dire que... que... >>
Mes yeux se fermèrent, je retombai sur le sol.
Et sombrai dans le sommeil profond, le sommeil infini.