Ouais c´est trop bien.
Dans ce décor postapocalytique, un homme, un seul, Robert Neville (Will Smith), a survécu, avec son fidèle berger allemand. Depuis trois ans, ce scientifique donne chaque jour rendez-vous dans le port, lorsque le soleil est à son zénith, à toute personne qui a entendu son message radio et qui, comme lui, est doté d’anticorps capables de résister au terrible virus ayant ravagé l’humanité. Depuis trois ans, hélas, personne ne donne signe de vie.
Des survivants, il y en a, mais ils ne sont guère sympathiques. La Grosse Pomme est infestée de vers assez répugnants, merci. Tapis le jour dans le fond des hangars, des mutants n’attendent que l’arrivée de la nuit pour répandre la terreur.
Neville a appris à connaître les habitudes de ces créatures. Il en a même capturé quelques spécimens grâce à des pièges ingénieux. Soucieux de découvrir un vaccin capable de leur redonner une apparence humaine, le scientifique mène sur eux des expériences, dans le sous-sol de sa demeure. D’une fois à l’autre, c’est l’échec.
Inspiré du roman culte de Richard Matheson (dont l’action se déroulait plutôt à Los Angeles), Je suis une légende donne à voir sur le plan visuel, mais s’avère une déception avec son peu d’originalité à développer une intrigue digne de ce nom. Une fois le choc passé de découvrir un New York hallucinatoire, le scénario de Mark Protosevich (Poséidon) et Akiva Goldsman (Le code Da Vinci) sombre dans les invraisemblances et le déjà-vu 1000 fois, au rayon encombré des films de zombies.
Choix douteux
Une attaque de mutants n’attend pas l’autre, jusqu’à la mère de toutes les attaques, qui débouchera sur une finale chantant les louanges de la foi. Un choix douteux des scénaristes lorsqu’on sait que le roman se terminait d’une tout autre façon.
Dans les circonstances, Will Smith se tire assez bien d’affaire. Pas évident de se faire convaincant lorsqu’on passe l’essentiel d’un film à donner la réplique à son chien et à des mannequins de magasins. Un rôle qui n’est pas sans rappeler celui de Tom Hanks, dans Cast Away, seul sur son île, à jaser avec Wilson, son inséparable ballon de volley. Sauf que lui n’avait pas de zombies dans les pattes...