1994 entame le déclin du beat’em up dans les salles d’arcade. La 3D s’installe et les gens la réclament. Virtua Fighter et autre Ridge Racer accapare toute l’attention.Dans ce contexte glacial ne vont sortir que 3 beat’em up. Dont Alien vs. Predator de Capcom.

Pourtant le titre fout un (premier) grand coup de pied dans la ruche grâce à un détail tout bête : on peut juggler ses ennemis. C’est-à-dire toucher leurs hitbox alors qu’ils sont en l’air. Combiné à un système de cancelling hérité de Street Fighter II aux petits oignons, le jeu invente Devil May Cry avant l’heure. Les joueurs peuvent faire preuve d’inventivité dans leurs combos et en sortir de plus en plus beaux, techniques et variés. Vous pourrez trouver de jolis exemples sur internet. Toujours est-il qu’attaquer n’a jamais été aussi fun dans un beat’em up.

Mais ce n’est pas tout. Comme dit plus haut, le titre se veut extrêmement dynamique. Et ça passe par un système de dash et de sauts à différentes hauteurs, tous réalisés via la touche B, qui permettent aux combattants hors normes que l’on peut incarner de se mouvoir avec une précision et une vitesse enivrante. Combattants qui n’ont jamais été aussi différents les uns des autres dans un jeu du genre ! Passer d’un personnage comme Linn, hyper agile et aérienne, incapable d’attraper ses ennemis au sol, au catcheur de service (Dutch) qui n’a même pas un seul vrai saut, c’est devoir complètement modifier sa façon de jouer.
Les adversaires, qui abondent l’écran, sont agressifs comme jamais. Malgré ces nouvelles possibilités de gameplay et l’efficacité effroyable des personnages, le jeu est dur, très dur, mais toujours juste. Il fait aussi la part belle aux armes à feu. Tous les personnages en ont une sur eux (actionnable avec une troisième touche) et en ramasseront fréquemment. Parfaitement intégrées, ces dernières ne transforment jamais le jeu en run’n’gun et ne viennent que renforcer la nervosité du titre. La courbe de progression d’Alien vs. Predator est énorme. Une fois maîtrisée, on ressort de chaque partie essoufflé, mais heureux.